Bonjour les gens, nous revoilà Iliana et moi même avec le chapitre 5 de notre fic délire, merci infiniment pour tous vos reviews ont adore vraiment à l'origine cela devait être le dernier mais il était si long que nous l'avons coupé en deux alors vous savez ce que ça veut dire, l'ultime chapitre est écrit, il n'en tient donc qu'a vous d'avoir la suite rapidement ! :p

Dans ce chapitre toutes les explications à vos questions.


Chapitre 5

Pendant ce temps au 12th, Ryan et Esposito rongeaient leurs freins en attendant Beckett. Du moins Kevin semblait le plus préoccupé par la sanction de leur supérieure.

« Tu ne trouves pas qu'elle en met du temps pour revenir Beckett ? » Demanda nerveusement l'Irlandais.

« Peut-être a-t-elle décidée de jouer au docteur avec lui, finalement ! » suggéra son collègue d'un air mutin « Et de lui passer de la crème là où c'est douloureux » ajouta-t-il avec un sourire entendu après s'être pencher vers son ami pour lui murmurer cette phrase d'un ton confidentiel.

« Franchement Espo, je serais toi je m'inquièterais ! Tu as vu dans quel état de colère elle était ? Ça ne m'étonnerait pas qu'elle nous fasse payer cher le fait d'avoir envoyé son écrivain à l'hôpital, on sait toi et moi que lorsqu'il s'agit de Castle, elle n'a plus aucune raison ! » S'exclama Ryan en toisant son collègue d'un air dédaigneux.

Le latino scruta son partenaire puis un sourire espiègle naquit sur sa face.

« Sauf si notre pote assure et qu'il réussit à calmer Beckett, lui faisant oublier jusqu'à son nom. » Rétorqua-t-il oscillant les sourcils de façon provocatrice.

Le jeune détective regarda son collègue avec une mine de profonde exaspération. Comment pouvait-il être aussi désinvolte ? À croire qu'il ne se rendait pas compte de la situation. Il prit son téléphone et composa le numéro de sa chef.

« Je vais quand même l'appeler pour savoir ce qui se passe ! » se justifia-t-il alors qu'Esposito lui adressait un sourire moqueur.

« Faux cul ! » Siffla Esposito en jouant nonchalamment avec une boulette de papier qu'il avait fait, la faisant passer d'une main à l'autre « T'es si pressé que cela d'avoir ta punition ? » S'enquit-il avec une grimace de dégoût en pensant à ce qui l'attendait.

« Non mais j'aimerais prendre des nouvelles de Castle quand même ». Répondit Ryan entendant la dixième tonalité sans que son correspondant ne décroche.

Mais comment cela aurait-il été possible alors que le téléphone de la jeune femme gisait sur le sol de la réserve qu'elle venait de quitter avec précipitation, perdant ainsi son seul lien avec l'extérieur.

« Ca ne répond pas ! » grommela-t-il en reposant brusquement le téléphone sur son bureau.

« C'est qu'elle doit être très occupée ! La dérange pas ou elle va être de très mauvaise humeur, encore pire que tout à l'heure ! Surtout si tu l'interromps dans le feu de l'action. » Ricana Esposito en faisant un clin d'œil à son collègue avec un air taquin sur le visage.

Ryan lui lança un regard noir, lui faisant comprendre que le temps n'était pas à la plaisanterie. Son instinct de flic lui soufflait que quelque chose ne tournait pas rond. Beckett avait beau être furieuse contre eux, elle ne les snoberait pas de cette façon, surtout pas quand cela lui donnait une occasion de leur hurler dessus. Non, décidément quelque chose ne tournait pas rond, et il devait impérativement découvrir ce dont il retournait exactement.

« Appel l'hôpital, ils te donneront des infos. » Avança Javier, exaspéré par la nervosité grandissante de son ami.

« Ouais ! » approuva Ryan avec un enthousiasme exagéré.

Ryan reprit le combiné qu'il porta à son oreille, il composa le numéro de l'hôpital mais tomba sur une boite vocale au bout de deux tonalités

« Vous êtes bien à l'hôpital St Vincent si vous appelez pour une consultation faites le 1. Pour obtenir un rendez-vous faites le 2. Pour joindre un médecin faites le 3, et pour toutes autres demandes faites le 4 »

Le jeune homme appuya sur la touche 4 de son téléphone et attendit.

« Vous avez demandez à parler au docteur Smizenberg, veuillez ne pas quitter nous vous mettons en relation. »

Ryan regarda son combiné d'un air interloqué puis le reporta à son oreille, comme pour s'assurer qu'il avait bien entendu.

« Vous avez demandez à parler au docteur Smizenberg, veuillez ne pas quitter nous vous mettons en relation ».

« Qu'est-ce que c'est que ça ? J'appuis sur 4 et ça me mets 3 ! » Grogna-t-il en sentant sa patience s'émoussée.

« T'as peut être ripper recommence ! » Dit Esposito la tête penchée en arrière émettant des bruits roques avec sa bouche tels les moines tibétains pendant les méditations.

Kevin regarda son collègue d'un air désespéré. Il recommença donc l'opération en s'assurant bien cette fois qu'il avait bien appuyer sur le 4.

« Vous avez demandé le service gynécologique veuillez ne pas quitter ! » retentit la même voix synthétique à l'autre bout du fil.

« Quoi ? Mais non ça ne fait même pas partit des propositions c'est quoi ce bordel ? »S'énerva-t-il en jetant un regard mauvais au combiné qu'il tenait dans sa main.

Du côté de l'hôpital st Vincent, deux secrétaires médicales regardaient un petit écran de télévision, le son au minimum. Elles étaient concentrées sur celui-ci, s'accrochant l'une à l'autre.

« Mon Dieu il va l'embrasser ! Mon dieu ! Après 4 ans, il va enfin l'embrasser ! » S'exclama l'une d'elle en trépignant sur sa chaise.

« Elle le ne lui dis rien regarde ! Oh elle s'avance » rajouta l'autre dans le même état d'excitation.

Le cœur en suspens, elles vivaient le moment comme The moment de leur vie. Le téléphone sonnait dans le vide sans qu'elles ne décrochent.

« Faut toujours qu'ils appellent au plus mauvais moment ces imbéciles ! » Dit l'une d'elle tout en se faisant les ongles sans quitter son écran du regard.

« Renvoi encore, l'appel ! » Ordonna l'autre en faisant les siens.

Sa collègue s'exécuta appuyant sur une touche au hasard, et le téléphone cessa toute nuisance.

« Oh mon Dieu regarde ! Ils s'embrassent enfin pour de vrai, pas pour faire diversion. » S'exclama l'une en secouant sa comparse comme un prunier, l'excitation la rendant euphorique.

« Oh mon Dieu, il la porte dans la chambre, c'est trop beau, enfin ils vont concrétiser leur amour ! » S'exclama l'autre en s'agrippant au bras de son amie, le serrant aussi fort que son exaltation était grande.

Le souffle coupé, elles observaient la scène qu'elles attendaient depuis qu'elles avaient commencés à regarder la série sans plus se préoccuper du téléphone qui ne cessait de sonner, indifférentes à tout ce qui les entourait et qui pouvait les distraire de ce petit écran qu'elles trouvaient bien plus intéressant que le monde réel.

Pendant ce temps Kate pointait son arme sur le docteur foldingue qui était sur le point d'éventrer son partenaire. Son scalpel avait déjà légèrement entaillé la peau exposée, et Kate frémit en songeant à ce qui serait arrivé à son écrivain si elle n'était pas arrivée maintenant. Instinctivement, sa main se crispa sur son arme et elle dut se faire violence pour ne pas descendre celle qu'elle commençait de plus en plus à considérer comme l'ennemi public numéro 1.

« Lâchez ce scalpel et éloignez-vous lentement de mon partenaire, les mains bien en évidence ! » déclara-t-elle d'une voix calme et déterminée.

« Ze dois finir l'opérazion, il en va de la vie de ze petit bébé ! » s'entêta cependant Uggly en approchant à nouveau le scalpel du ventre de Castle.

« Pour la dernière fois, écartez-vous de cette table ! » s'écria Kate, sa prise se resserrant autour de son arme.

D'après ce que lui avait dit la nouvelle petite amie de Josh, cette femme était très intelligente malgré sa folie, et Kate savait qu'elle ne pourrait pas la raisonnée. Elle était allée bien trop loin dans son délire pour qu'elle réalise que tout ce qu'elle voyait n'était que le fruit de son imagination. Elle devait détourner son attention suffisamment longtemps pour la maîtriser sans mettre la vie de Rick plus en danger que ce qu'elle n'était déjà. Et quelle meilleure façon de le faire qu'en l'interrogeant ?

« Dites-moi docteur, comment êtes-vous devenue médecin ? » s'enquit-elle en prenant une expression intéressée.

Prise au dépourvu par la question, la doctoresse fit volteface pour scruter Kate à travers ses hublots, battant furieusement des cils, et Kate dû faire appel à tout son sang-froid pour ne pas éclater de rire devant ce phénomène. Elle n'était pas du genre à rire du physique d'une personne, mais là, c'était plus qu'elle ne pouvait supporter. Cette femme avait tout d'une vieille chouette, et elle avait bien du mal à garder son sérieux malgré la gravité de la situation. Heureusement, un seul regard vers son écrivain, et le sang qui perlait de la légère entaille que lui avait infligée cette folle suffisait à ce qu'elle conserve son self-control. Sentant le regard de cette foldingue peser sur elle, elle reporta son attention sur elle, attendant silencieusement qu'elle réponde à sa question, son arme toujours pointée dans sa direction.

« Que croyez-vous zeune homme ? Z'ai fait des zétudes ! » S'exclama-t-elle en reniflant dédaigneusement avec un haussement d'épaules agacé.

« Je n'en doute pas, mais comment en êtes-vous venu à choisir la gynécologie ? » insista Kate en souriant en voyant la femme baisser le bras et s'écarter légèrement de Rick.

« Z'adore les enfants. Zi le monde n'était conztitué que d'enfants, il ne z'en porterait que mieux ! » Expliqua-t-elle en souriant de toute ses dents.

« Oui, je peux comprendre ! Et ça n'a pas été trop éprouvant ? » Continua-t-elle en avançant vers Rick à mesure que la femme s'en écartait.

« Oh que zi ! Ils zont tout fait pour m'en empêzer ! Pour me voler mes rêves, mais ze ne me zuis pas laizzer faire ! » S'écria-t-elle en se tournant vers Kate, la faisant se figer sur place.

« Qui a essayé de vous empêcher de réaliser vos rêves ? » la relança donc Kate d'une voix douce et apaisante.

« Les zautres médecins ! Ils zarrêtaient pas de me mettre des bâtons dans les roues, ils zétaient zaloux de moi et de mon intelligenze. Mais ze ne me zuis pas laizzer faire ! » Gronda-t-elle en agitant furieusement le scalpel devant elle, faisant se crisper Kate qui ne la quittait pas des yeux.

« Et qu'avez-vous fait ? » l'encouragea Kate en s'approchant suffisamment de Rick pour pouvoir faire rempart de son corps entre lui et Uggly Crazy.

« Z'ai attendu mon heure. Ze leur ait laizzer croire qu'ils zavaient réuzzi à me contrôler, à me brizer mais z'était du vent ! » Déclara-t-elle fièrement.

S'interrompant, elle darda son regard fou sur Kate, et son sourire s'accrut en constatant qu'elle avait toute l'attention de la jeune femme. Hochant la tête avec satisfaction, elle éclata d'un rire inquiétant, et reprit ses explications sans que Kate ait besoin de la pousser à se confier.

« Durant des années ze me zuis zentiment laizzer droguer, zoit dizant pour mon bien, et puis z'ai compris ze qu'ils zezzayaient de faire, et z'ai arrêté de prendre mes médicaments ! Et ils ne z'en zont même pas rendu compte zes idiots ! » Triompha-t-elle avec un grand sourire satisfait.

Pour le coup, Kate était assez d'accord avec elle. Comment ces médecins avaient-ils pu ne pas se rendre compte qu'une de leur patiente avait arrêté de prendre son traitement ? Ils avaient sûrement mieux à faire que de surveiller leurs patients apparemment songea-t-elle acidement. Secouant la tête, elle reporta son attention sur sa cible, et constata qu'elle était de plus en plus agitée au fur et à mesure de ses explications. Elle devait rapidement la maîtriser si elle ne voulait pas voir la situation dégénérée.

« Z'ai compris que pour reprendre le contrôle de ma vie, ze devais me faire aider ! Alors z'ai convaincu les zautres d'arrêter leur traitement et enzemble, nous nous sommes rebellés ! Z'ai attendu que ma rivale vienne dans ma zambre, et ze lui est fait subir le même zort que zelui auquel elle me condamnait depuis toutes zes années ! » Continua-t-elle avec exaltation.

Ceci expliquait cela ! Décidément, elle commençait à se demander si tous ces médecins n'avaient pas besoin d'une bonne remise à niveau avant de s'occuper à nouveau de leurs patients. Non parce que ne pas s'apercevoir qu'un patient n'était plus sous traitement, c'était suspect, mais tout un service, là c'était de la négligence pure et simple.

« Z'ai dit aux zautres de faire comme d'habitude, d'avoir l'air zous cazets ! Za a été tellement fazile de prendre le contrôle que ze me demande pourquoi z'ai attendu auzzi longtemps ! » Constata-t-elle en secouant la tête de gauche à droite, une moue boudeuse sur les lèvres.

Kate suivait son manège des yeux, et décida de rengainer son arme, préférant avoir les mains libres pour la maîtriser si elle décidait finalement de reprendre l'opération là où elle l'avait abandonnée.

« Ze me zuis amuzée comme une petite folle ! Z'ai zoué les pazientes zages et doziles, alors que ze repérais les zahitudes de zes incapables ! Z'ai été plus futée qu'eux, et ze zuis devenue la patronne ici ! » S'exalta-t-elle, son scalpel s'agitant de plus belle devant elle.

Crispée, Kate hésita à ressortir son arme, mais décida de n'en rien faire en voyant Betty s'éloigner un peu plus d'elle. Discrètement, elle retira la perfusion du bras de son partenaire, priant pour qu'il reprenne rapidement conscience.

« Z'ai donné des ordres prézis, et ils m'ont touz obéis, oui, mêmes zes crapules de viziles ! L'arzent ne fait pas le bonheur mais il y contribue grandement ! Ze leur ait fait croire tout ze que ze voulais ! Ils m'appelaient bozz ! Moi z'avais tous les pouvoirs, et z'ai pu réalizé mon rêve ! Ze zuis enfin devenue médecin, et ze ne laizzerais plus zamais perzonne me dire le contraire ou chercher à m'enfermer ! Maintenant, z'est moi qui commande, et dès que z'en aurait fini izi, z'irait régler zon compte à l'autre folle, et elle regrettera d'avoir été mézante avec moi » proclama-t-elle en se tournant vers Kate avec détermination.

Celle-ci, comprenant que son discours explicatif arrivait à son terme, et qu'elle allait devoir trouver un moyen de la maîtriser avant qu'elle ne cherche à terminer ce qu'elle avait commencé, s'interposa un peu plus entre son écrivain et l'ennemi public numéro 1. Le regard braqué sur le moindre fait et geste de cette folle furieuse, elle sursauta légèrement en entendant un gémissement retentir dans son dos. Ressortant son arme afin de maintenir Uggly Betty à distance respectable, Kate se tourna légèrement afin de pouvoir apercevoir son partenaire.

« Hum, Kate, Kate non laissez-la, Kate ! » marmonna Castle en s'agitant sur la table d'opération, comme s'il luttait contre un ennemi invisible.

La concernée s'avança vers son ami tout en pointant toujours son arme sur « Crazy Betty », inquiète qu'il ne se blesse en s'agitant trop.

« Faites un geste et je n'hésiterais pas ! » prévint-elle la pseudo doctoresse en la voyant esquisser un geste dans leur direction.

Elle posa une main sur le torse nu de son écrivain et se pencha sur lui, espérant le calmer rapidement.

« Je suis là Rick tout va bien, je vais bien, réveilles toi. » lui murmura-t-elle tendrement tout en gardant un œil sur la responsable de cette situation impossible.

Lentement les paupières de Castle s'ouvrirent. Il battit des cils puis lorsqu'il vit Kate un immense sourire illumina son visage. Se redressant péniblement, Il la prit dans ses bras et la serra fortement contre lui, comme s'il craignait de la voir à nouveau se volatiliser sous ses yeux impuissants.

« Tu es saine et sauve, j'ai eu tellement peur ! » murmura-t-il en enfouissant son nez dans la chevelure de sa partenaire, à la recherche d'une preuve supplémentaire qu'elle était bien là, près de lui.

Kate soupira en le serrant à son tour, heureuse d'être arrivée à temps pour sauver son amour. Savourant cette étreinte, elle en oublia dingo Betty qui s'agitait dans son dos. Puis Rick s'écarta enfin, sans la lâcher des yeux. Mais soudain, son regard fut attiré par quelque chose à côté d'elle, et ses yeux s'écarquillèrent d'incrédulité et de béatitude. Intriguée, elle tourna la tête mais ne vit rien.

« ! Mais il y a une autre Beckett et une ici aussi ! » Piailla le romancier surexcité« Chouette ! J'ai tout plein de clone rien que pour moi ! Toutes aussi belles les unes que les autres ! J'ai trop de chance ! » S'enthousiasma l'écrivain en jetant des regards ravis autour de lui sous le regard médusé de sa partenaire avant de rajouter, une expression canaille sur le visage « Il va falloir attendre votre tour mes amours une Beckett à la fois ! »

Il se tourna vers la psychologue qui venait de faire son entrée à la suite de Josh et pencha la tête sur le côté. Les sourcils froncés, il la toisa perplexe, une expression d'intense réflexion sur le visage. Le jeune médecin le regarda quelque peu confuse, se demandant pourquoi il la regardait avec une telle intensité.

« Non mais celui-là il est complètement loupé ! » s'exclama-t-il en éclatant de rire.

Hilare il se tenait le ventre, ne pouvant calmer son fou rire. Il riait si fort que des larmes perlèrent à ses cils, et il cacha son visage dans le ventre de Kate qui assistait à la scène avec un mélange d'amusement et d'inquiétude. Elle se sentait flattée que Rick, même dans son délire, la trouve plus belle que celle qui avait pris sa place dans le cœur de Josh, mais son comportement inhabituel l'inquiétait quelque peu. La nouvelle petite amie du cardiologue fronça les sourcils, vexée, tandis que ce dernier retenait un éclat de rire.

« Les artistes disent toujours qu'il faut un brouillon avant de réussir un chef-d'œuvre, ils avaient bien raison ! » pouffa Rick en observant la jeune psychologue en grimaçant avant de lever un regard ampli d'adoration sur sa muse.

Même si la situation pouvait prêter à sourire, Kate trouvait l'attitude excessivement puérile de son partenaire préoccupante. Non pas qu'elle n'avait pas l'habitude de le voir se conduire comme un gamin, mais habituellement, il se contrôlait un peu mieux que ça. Avait-il reçu une trop forte dose de calmants ? En fronçant les sourcils, elle adressa un regard interrogateur à son ex-compagnon sans pour autant se détacher de l'étreinte de Rick qui avait passé ses bras autour de sa taille.

« Qu'est ce qui lui arrive ? » s'enquit-elle d'une voix qui dissimulait mal son inquiétude.

Josh s'approcha de la jeune femme suivit de sa petit amie actuelle. Il regarda Castle dans les yeux puis posa une main rassurante sur l'épaule du lieutenant.

« Ce sont les drogues qui le font délirer. Ça va lui passer ne t'inquiète pas, Kate ! » L'informa-t-il avec un sourire tendre qui n'échappa pas à son actuelle girlfriend qui grimaça.

Lorsque le romancier vit le chirurgien, il resserra son étreinte autour de la taille de sa partenaire et l'attira encore plus à lui. La serrant contre son torse, il regarda agressivement le motard. Et écarta la main du chirurgien de l'épaule de l'inspectrice.

« Tu la touches pas ! Elle est à moi maintenant, c'est ma chérie à moi ! » Hurla-t-il tel un enfant à qui on tentait de prendre son jouet préféré « Et tous les clones de Beckett aussi, ils sont à moi ! » Ajouta-t-il en balayant la pièce du regard avant que celui-ci ne s'arrête sur la psychologue « Sauf elle, je te la laisse ! Je ne veux que ceux qui sont parfaits, comme ma Kate ! » Conclut-il en grimaçant un air dégoûté sur la face.

Kate se dégagea de l'emprise de son écrivain en soupirant, secouant la tête quelque peu amusée et flattée. Quant à Kimberly, elle restait en retrait bras croisés sur sa poitrine. Elle savait que Castle était drogué mais être comparée à Beckett était très vexant surtout en tant que pâle copie du lieutenant. Étais-ce pour cela que Josh avait été attiré par elle ? Parce qu'elle lui rappelait son ex dont il était visiblement toujours amoureux ?

« Za zerait bien de zortir maintenant ma paziente doit zêtre opérée ! » retentit soudain la voix aigrelette de Betty, leur rappelant à tous sa présence.

Kate se retourna et toisa sévèrement le professeur foldingue. Davidson, lui, souriait, trouvant la situation amusante.

« Kiki, je crois qu'il est temps de ramener Betty Botlecu dans sa chambre ! » finit-il par dire en croisant le regard colérique de Kate.

La concernée acquiesça et s'approcha prudemment de sa patiente qui s'agitait de plus belle. A l'entente de ce surnom débile Kate roula des yeux. Le médecin ne changeait pas, il avait le don de trouver des petits noms débiles. Il lui en avait donné un une fois, il s'en était souvenu. La première fois qu'il l'avait appelé Kateyes, elle lui avait lancé un tel regard qu'il avait renoncé à un quelconque surnom. Pourtant, il lui avait dit que c'était parce qu'elle avait les plus beaux yeux du monde, qu'ils étaient magnifiques. A ce moment elle avait grimacée en pensant à la réflexion que lui avait faite son partenaire lors de son interrogatoire. La jeune détective lui avait donc interdit de l'appeler ainsi ou de lui donner tout autre surnoms débiles. A croire qu'il se rattrapait avec sa nouvelle compagne.

« Oui Betty, il est temps de revenir à votre chambre, venez ! » Susurra la jeune toubib, en s'approchant lentement de sa patiente, comme elle l'aurait fait avec un cheval sauvage.

Elle claqua des doigts et les vigils l'encerclèrent.

« Messieurs amenez cette patiente dans sa chambre, puis libérez tous mes collègues nous aviseront de votre sort ultérieurement. » ordonna-t-elle en leur adressant un regard peu amène.

Sans broncher les vigiles corrompus amenèrent donc Betty de force qui se mit à hurler. Suivit de Kimberly qui jeta un dernier regard à Kate et Josh.

« Non vous n'avez pas le droit, ma paziente va perdre zon bébé par votre faute ! » s'époumona Betty en lançant des regards désespérés et larmoyants vers Castle.

« Oui, Oui Betty, ne vous inquiétez pas, votre patiente est entre de bonnes mains ! » la rassura la psychologue.

« Tu vas bien toi ? » demanda Josh à Kate dans un sourire de tombeur lorsque Kimberly et Betty les eurent laissés seuls dans la pièce.

« Oh mais bien sûr ! Tout va bien, si ce n'est que mon partenaire a failli se faire éventrer par une folle qui le prenait pour une femme enceinte, qu'elle me prenait pour le père de l'enfant, que j'ai été enfermée avec la petite amie de mon ex et que j'ai cru perdre la tête face aux événements ! Mais sinon tout va bien ! Et toi dis-moi comment se fait-il que tu ne te sois rendu compte de rien ? » Lui répondit Kate d'un ton sarcastique en levant un sourcil impérieux dans sa direction.

« Je n'étais pas là Kate, j'avais une consultation en extérieur. J'ai été absent durant toute la journée. Le patient que j'ai vu est hospitalisé à domicile. Je suis revenu avant de rentrer chez moi parce que je voulais m'enquérir de l'avis d'un confrère mais j'ai entendu un coup de feu et je t'ai trouvé avec ma petite amie » expliqua-t-il en plongeant un regard séducteur dans le sien.

Il avait insisté sur le mot « Petite amie » comme pour voir une réaction de la part du lieutenant, réaction qui ne vint jamais. Le motard s'approcha alors d'elle, toujours son sourire séducteur sur les lèvres. Il semblait vouloir séduire de nouveau son ex compagne, indifférent à la présence de l'écrivain qui malgré son état assistait à la scène d'un air mauvais. Kate avait bien compris le manège de son ex, mais elle n'en avait cure. Elle avait tiré un trait sur les mensonges et les faux-fuyants à présent.

Castle lui réagit au quart de tour, shooter mais pas fou, il se leva chancelant pour se mettre devant Kate, empêchant Josh de l'approcher de trop près ou de la toucher de nouveau.

« Dis donc chevelu, t'as pas besoin d'être si prêt de MES Beckett ! » gronda-t-il en serrant les poings de colère.

Le regard de l'écrivain était hagard mais il ne sourcillait pas alors qu'il tanguait dangereusement en arrière, faisant face à Josh qui le dévisageait avec un mélange de mépris et de haine.

« Je crois qu'on devrait l'allongé dans une chambre le temps que les drogues s'estompe. » grommela le toubib sans chercher à dissimuler l'animosité qu'il éprouvait envers celui qu'il jugeait responsable de sa rupture avec la jeune femme qu'il aimait encore.

« Je pense que ça vaudrait mieux pour lui en effet ! » approuva Kate en observant avec inquiétude le visage pâle de son partenaire.

« Toi ! Tu ne touches pas à ma Kate ! Tu la regardes bizarrement, va rejoindre ton clone raté et fiche nous la paix ! » S'écria Rick malgré sa faiblesse, bien décidé à ne pas laisser ce maudit motard revenir dans la vie de SA muse.

« Il va falloir dormir un peu ! » déclara le cardiologue en allongeant Castle.

« Non ! Tu vas me voler Kate encore, je ne veux pas, elles sont toutes à moi ! » S'exclama Castle en se relevant. Toisant avec hargne le docteur.

« Rick ! » le rappela à l'ordre Kate, se demandant si elle devait être amusée ou agacée qu'il se montre aussi possessif envers elle.

L'interpellé se tourna vers sa muse et eut un sourire béat lorsque son regard se posa sur le visage de sa compagne.

« Oui ma CopsyKate ? » lança-t-il en se retenant de pouffer de rire.

La jeune femme haussa les sourcils, surprise. Qu'est-ce que c'était que ce surnom stupide ? Il n'allait pas s'y mettre lui aussi !

« La chevelu trouve des surnoms plus débiles les uns que les autres ! Moi aussi je veux jouer à qui donnera le surnom le plus stupide ! J'ai gagné ! » Expliqua Castle comprenant son interrogation, se laissant aller à son hilarité devant l'expression de ses vis-à-vis.

Kate et Josh le regardèrent avec des yeux ronds puis la jeune femme éclata de rire, tandis que l'objet de moquerie de l'écrivain incitait ce dernier à se rallonger. Usant de sa force, il le plaqua violement contre le matelas du lit. Il appréciait moyennement la blague du romancier, voire pas du tout. Être ridiculisé devant son ex pour qui il avait encore le béguin le mettait hors de lui. L'impact arracha un gémissement de douleur à Rick.

« Oh chevelu pas besoin d'être violent, t'es mauvais perdant ! » grogna Castle en lançant un regard noir au médecin.

Josh défit les freins du lit et le fit avancer, baissant piteusement les yeux lorsqu'il croisa le regard noir de Kate. Il avait compris le message. Elle le lui ferait chèrement payer s'il profitait de la faiblesse de l'écrivain pour lui faire du mal. Castle, qui avait suivi l'échange avec intérêt, se mit à siffloter joyeusement, avant de se mettre carrément à chanter, incapable d'endiguer la vague de bonheur qui l'avait traversée en voyant Kate prendre ainsi son parti, renvoyant l'autre blanc-bec dans les cordes.

« I love you ma KB, la femme la plus extraordinaire du monde ! » Finit-il en hurlant dans le couloir, complètement stone.

L'intéressée se figea. Elle avait beau savoir que son partenaire n'était pas dans son était normal, sa déclaration d'amour la chamboulait. Parce qu'elle savait qu'il le pensait vraiment. Son état lui enlevait simplement ses inhibitions, le poussant à se livrer sans demi-mesure. Devant l'absence de réponse de Kate, Castle réitéra sa déclaration.

« Kate Beckett voulez-vous devenir ma femme ? » s'égosilla-t-il en se contorsionnant pour pouvoir observer la femme de sa vie.

La concernée resta en retrait accusant le coup. Celle-là, elle ne l'avait pas vu venir.

« Kate, il n'est pas sincère. Il est drogué, souviens toi de ça ! » Rétorqua Josh qui avait constaté la mine bouleversée de la jeune femme.

« Hum hum…. » Fut la seul réponse de la brunette qui malgré elle trouvait l'idée plus qu'alléchante.

Elle se gifla mentalement, comme le disait son ex tout était faussé. Lorsqu'il aurait retrouvé ses esprits, soit il ne se souviendrait pas de sa demande en mariage, soit il serait mortifié et n'aborderait plus jamais le sujet. Dans un cas comme dans l'autre, elle ne devait pas prendre cette demande au sérieux, même si elle n'était pas opposée à l'idée, bien au contraire.

« Kaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaate épouses-moi mon amouuuuuuuuuuuuuur, je t'aimeuuuuuuuuu ! » continua à vociférer Rick, bien décidé à obtenir une réponse.

« C'est bon Rick ça suffit, arrêtes ton délire ! » Ordonna la détective d'une voix plus sèche qu'elle ne l'aurait voulu, gênée d'être devenue le centre d'attention de tout le personnel de cet hôpital qui reprenait peu à peu possession des lieux.

L'écrivain se releva et la toisa avec intensité. Malgré les drogues qui lui embrouillaient le cerveau, il n'avait jamais été aussi sérieux de toute sa vie, et il comptait bien le faire comprendre à sa tête de mule de partenaire, n'en déplaise à ce maudit chirurgien dont il sentait le regard haineux posé sur lui.

« J'ai déjà, la bague de fiançailles, mon amour, elle n'attend plus que ton doigt ! » déclara-t-il d'un ton théâtral digne de Martha Rodgers alors qu'ils arrivaient dans la chambre.

Le regard de son romancier favori bien que quelque peu hagard semblait déterminé. Il souriait en la contemplant avec amour. Elle fut bouleversée par ce qu'elle lisait dans son regard au-delà de la brume médicamenteuse. Il planait certes mais ses yeux semblaient si sincères, elle y lisait tant d'amour, tant de dévotion, qu'elle ne savait plus vraiment comment réagir. C'est troublée qu'elle leva la tête et se figea. Devant elle ses deux comparses, Ryan et Esposito la regardaient avec un sourire narquois peint sur le visage. Avaient-ils entendus la déclaration et demande de Castle ? Au vu de leurs sourires d'abrutis nul doute n'était permis. Elle n'avait pas fini d'en entendre parler. Fermant les yeux, elle prit une profonde inspiration afin de ne pas leur hurler dessus. Elle sentait qu'elle perdait le contrôle de ses émotions, et elle n'aimait pas ça. Mais après la journée de fou qu'elle venait de subir, elle n'était pas à prendre avec des pincettes, et la moindre contrariété risquait fort de la faire exploser, et les gars seraient des boucs émissaires tout désignés.

« Arrêtez de sourire comme des idiots, je vous rappelle que nous ne serions pas dans cette situation si vous n'aviez pas joué cette blague stupide à Castle ! » les tança-t-elle vertement.

Avec un sourire satisfait, elle les vit baisser piteusement les yeux en échangeant des regards coupables. Elle n'avait pas fini de leur en faire baver, même si ensuite il faudrait qu'elle songe à les remerciés. Enfin peut-être, parce que même si cette blague lui avait permis de mettre ses peurs de côtés et de faire le premier pas vers Rick, elle aurait amplement préféré ne pas avoir à faire face à une bande de patients fous furieux, et surtout elle aurait aimé ne pas avoir à s'inquiéter pour la vie de son écrivain.

« Puisque vous êtes là, rendez-vous utile. Emmenez ces hommes au poste et bouclez-les pour séquestration et prise d'otage » déclara-t-elle en fixant froidement les vigiles qui étaient revenus après avoir ramenés Betty dans sa cellule capitonnée.

Bien que ne comprenant rien à la situation, les gars s'empressèrent d'obéir, et ils attrapèrent chacun un vigile sous le bras avant de leur lire leurs droits et de les escorter vers la sortie.

« Nous tout ce qu'on a fait c'est accepter un gros paquet d'argent ! » protesta un des vigiles.

« Oui, on ne savait pas qu'elle n'était pas vraiment médecin ! » ajouta un second en lançant des regards paniqués autour d'eux.

« Elle a dit que vous étiez malades et que vous représentiez une menace pour la sécurité des autres patients ! » surenchérit le troisième.

« Ouais, on ne pouvait pas savoir qu'elle était folle ! » conclut le quatrième tandis que les gars leurs faisaient franchir les portes de la sortie.

En roulant des yeux, Kate se détourna du spectacle pitoyable qu'ils offraient, se demandant comment des types aussi bêtes avaient pu être embauchés comme vigiles dans cet hôpital. Décidément, elle aurait deux mots à dire à la direction de cet établissement. Heureuse que les gars s'occupent de régler ce problème, elle pénétra dans la chambre de Rick, constatant qu'il avait déjà été installé sur un lit, et qu'il était relié à une perfusion. Elle fronça les sourcils à cette constatation. Castle était déjà drogué, et il lui en redonnait une dose ? Qu'est-ce qui ne tournait pas rond avec les médecins de cet hôpital ? Comme s'il avait perçu ses interrogations, un sémillant médecin s'approcha d'elle avec un sourire rassurant.

« Nous lui donnons une solution qui devrait permettre une évacuation rapide des calmants qui lui ont été administrés. Et il ne devrait pas développer de dépendance à ces produits » la rassura-t-il avant de sortir de la chambre.

« Merci docteur » soupira-t-elle en venant s'asseoir près de Rick, indifférente à ce qui les entourait.

« Kate ? » l'appela Josh d'une voix légèrement exaspérée.

« Hummm ? » marmonna-t-elle sans même le regarder, contemplant avec tendresse son partenaire.

« Tu viens prendre un café avec moi ? » s'enquit-il en venant se placer de l'autre côté du lit de Rick, afin d'entrer dans le champ de vision de la jeune femme, espérant ainsi attirer son attention.

« C'est une plaisanterie ? » s'exclama Kate en l'observant comme si une seconde tête lui était poussée.

« Pas du tout, après tout ce qui s'est passé, tu dois avoir besoin d'un bon remontant » déclara Josh, ne tenant pas compte de son incrédulité.

« Ecoutes Josh, je te suis reconnaissante d'être venu nous sortir de cette chambre, mais à présent, j'apprécierais que tu ailles rejoindre mes collègues pour donner ta déposition, et préviens ta Kiki que je dois lui parler » déclara-t-elle froidement avant de reporter son attention sur Rick qui s'agitait dans son sommeil.

« Comme il te plaira Kate ! » marmonna amèrement Josh avant de quitter la pièce, au grand soulagement de la jeune femme qui se détendit légèrement.

Elle resta quelques instants, assise, veillant sur le sommeil de son écrivain, et ne se décida à le laisser seul qu'au moment où des gardes venaient prendre place devant la porte de la chambre de son partenaire. Après ce qui avait failli se produire, elle préférait ne pas prendre de risque tant qu'elle n'était pas certaine que tous les patients n'aient bien réintégrés leurs chambres. Une fois qu'elle eut donné ses instructions, elle s'élança dans les couloirs de ce maudit hôpital, à la recherche du docteur Finn. Suivant les indications, elle gagna le service psychiatrie, et une infirmière lui indiqua où elle pourrait trouver « kiki ». Comment une femme aussi intelligente pouvait-elle tolérer d'être surnommée de façon aussi ridicule ? Enfin cela ne la regardait pas, mais tout de même, n'avait-elle pas un peu d'amour propre ?

Alors qu'elle commençait à désespérer, elle repéra enfin la jeune doctoresse qui déambulait au bout du couloir, allant d'une chambre à l'autre. S'arrêtant quelques instants, elle observa la jeune femme, notant encore une fois leur très grande ressemblance. Et un sourire étira ses lèvres en se rappelant que Rick l'avait qualifiée de « clone raté ». Secouant la tête pour chasser cette pensée qui risquait fort de lui faire perdre son sérieux, elle reprit sa route, impatiente d'en finir. Elle ne désirait plus qu'une chose, récupérer son partenaire et quitter cet hôpital. Et le pire, c'est que Rick n'avait finalement pas été soigné pour sa chute. Ce serait un miracle si sa blessure ne se soit pas aggravée avec tout ça. Il faudrait qu'elle en parle au médecin qui l'avait pris en charge et qui lui semblait savoir ce qu'il faisait. Arriver près de la psychologue, elle s'arrêta à ses côtés, et tourna son regard vers ce qu'elle observait avec autant d'attention.

Et elle grimaça en constatant qu'il s'agissait de Betty. Finalement, elle avait peut-être bien un lien avec Uggly Betty. Peut-être même que c'était elle qui avait inspirée le personnage de la série. A l'instar du docteur Finn, elle observa le comportement de la patiente, et fronça les sourcils en la voyant tenter de se défaire de sa camisole avant de se jeter contre les murs, rebondissant dessus comme si ceux-ci étaient faits en caoutchouc avant de tomber à terre pour se relever et recommencer, encore et encore.

« Ne risque-t-elle pas de se blesser ? » s'enquit-elle en tournant le regard vers son clone.

« Non. Les murs sont conçus pour ce type de comportement. Elle ne risque absolument rien » la rassura-t-elle en tournant son regard vers elle.

« Mais pourquoi fait-elle ça ? » voulut-elle savoir en voyant Betty se relever pour la énième fois et se ruer à nouveau contre le mur.

« A cause d'une série télé. Le caméléon. Depuis qu'elle a vu cet épisode où Jarod parvient à sortir de sa cellule capitonnée, elle pense qu'elle peut en faire autant, et espère réussir à passer à travers les murs » soupira la jeune médecin en roulant des yeux.

« Vous les laissez regarder ce genre de programme télévisé ? Et vous vous étonnez qu'ils aient des envies d'évasion ! C'est un véritable pousse au crime enfin ! » S'exclama Kate en écarquillant les yeux d'incrédulité.

« Je n'ai appris qu'hier que les gardiens laissaient les patients regarder avec eux pour ne pas avoir à rater d'épisodes. J'ai déjà pris les mesures nécessaires pour que cela ne se produise plus » affirma Kimberly en se raidissant sous le regard désapprobateur de Kate.

« Je vois… mais prévenez-nous lorsqu'ils passeront à des séries comme Dr House ou Grey's Anatomy, que nous prenions les mesures adéquates ! » railla Kate d'un ton mordant.

« Je n'y manquerais pas ! » répondit Kimberly d'une voix acide avant de demander « Je suppose que vous n'êtes pas venu ici uniquement pour me rappeler à quel point nous avons fait preuve de négligence en laissant une telle situation se produire ! »

« En effet. Vous vous doutez bien qu'un tel dérapage ne peut rester sans conséquence. Il va y avoir une enquête, et j'aimerais que vous vous présentiez au commissariat demain matin afin de répondre aux questions des enquêteurs » déclara Kate en reportant son regard vers Betty qui poursuivait inlassablement ses efforts pour jouer les passe-murailles.

« Je viendrais » acquiesça la jeune femme d'un ton ferme, malgré sa pâleur soudaine.

« Merci » marmonna Kate.

Elle salua la jeune femme d'un léger signe de tête et repartit d'où elle venait, impatiente de retrouver son partenaire. Elle espérait qu'il serait éveillé, et lucide à son retour. Parce que si ce n'était pas le cas, il devrait passer la nuit dans cet hôpital, et elle aussi par la même occasion. Hors de question qu'elle le laisse seul ici après ce qui s'était passé. Alors qu'elle allait entrer dans la chambre de son écrivain, elle fut interpellée par une voix d'homme. Sursautant légèrement, elle ferma les yeux brièvement, maudissant celui qui l'empêchait de rejoindre son écrivain.


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