Oyez oyez brave gens nous voici arrivez à la fin de notre aventure délire, nous avons adoré écrire cette fic et avons bien rit, nous vous remercions d'avoir embarqués dans le wagon de loufoquerie du train Castle, j'espère que votre voyage à été agréable faite le nous savoir !

Par contre je pousserais un coup de gueule au sujet d'une autre fic que nous avons en commun la chasse au dragon posté au nom de Iliana , nous avons eu si peu de Reviews que nous pensons à la supprimé définitivement ainsi que sept jours pour agir et quand la chimie s'emmêle si nos écris ne vous plaise plus autant arrêter ! A vous de nous le dire, nous nous imposerons pas !

Voila fini de vous embêter, très bonne lecture !


Chapitre 6 :

Au son de cette voix d'homme qu'elle ne connaissait pas, Kate s'immobilisa et se retourna pour découvrir l'identité de celui qui cherchait à capter son attention, pour constater qu'il s'agissait du dernier d'une longue liste de médecins.

« Ah lieutenant Beckett ! Je tenais à vous informer que le traitement a fait effet, et que votre partenaire pourra quitter l'hôpital d'ici une heure. J'ai également pris la liberté de l'examiner pour le motif réel de sa venue en ces lieux. Voici l'ordonnance pour sa pommade à appliquer trois fois par jours. Il devra éviter les efforts inutiles durant une semaine, et voici des cachets contre la douleur. Je lui en ai prescrit, mais vu l'heure, vous ne pourrez sûrement pas les obtenir avant demain, donc je lui ai mis les doses nécessaires dans ce petit flacon. » Déclara-t-il dans un sourire paternaliste en lui tendant l'ordonnance et un sachet contenant les antidouleurs.

« Merci docteur » le remercia-t-elle dans un sourire crispé.

« Mais de rien. Après ce que vous avez endurés, c'est le moins que je puisse faire. » Soupira le vieux médecin en secouant la tête d'un air désabusé avant d'ajouter « avant de nous quitter, il faudra venir à l'accueil pour remplir les papiers de sortie afin que le dossier de Mr Castle soit à jour »

« Pas de problème docteur, nous le ferons » lui assura-t-elle dans un sourire un peu plus sincère.

« Bien excusez-moi, mais j'ai beaucoup à faire ! » souffla-t-il en grimaçant légèrement.

Kate l'observa s'éloigner, le plaignant quelque peu. Mais sa compassion était légèrement émoussée par les derniers évènements, et ne se préoccupant plus du personnel médical de cet hôpital, elle pénétra enfin dans la chambre de son écrivain, souriant en le découvrant paisiblement endormi, ronflant légèrement. Refermant la porte, elle s'avança jusqu'à son lit, et constata qu'il n'était plus relier à rien. Il dormait simplement, évacuant les derniers résidus des calmants qui lui avaient été administrés. Délaissant la chaise, elle s'assit sur le bord du lit et s'empara délicatement de la main de son compagnon. Elle étouffa un bâillement, et reprit sa contemplation. Ce fut le bruit d'une porte claquant quelque part dans le couloir qui la tira de sa torpeur, et elle réalisa qu'elle s'était endormie. Ouvrant les yeux en grand, elle fut surprise de découvrir qu'elle était allongée contre son partenaire, sa tête reposant sur son torse musclé.

Lentement, elle se releva, souriant lorsque son regard plongea dans l'océan bleuté de celui de son écrivain. Il l'observait en souriant, visiblement très heureux de se retrouver dans cette position avec elle.

« Comment ça va ? » s'enquit-elle pour chasser sa gêne tout en se levant.

« Bien. Je me sens à nouveau moi-même » déclara-t-il sans la quitter du regard, comme s'il cherchait la réponse à une question qu'il n'osait formulée à haute voix.

« Tu peux te lever tout seul ? » s'enquit-elle en jouant avec une mèche de cheveux tout en se mordillant légèrement la lèvre inférieure.

« Je crois oui… » Approuva-t-il en s'asseyant doucement avant de se mettre sur ses pieds « C'est pas la grande forme, mais c'est amplement suffisant pour quitter cet hôpital ! » Lui sourit-il en tournant la tête vers elle.

Au son de sa voix, Kate sursauta et à sa plus grande consternation, se surprit à rougir. Avait-il remarqué que son regard s'était posé sur ses fesses que sa chemise de nuit d'hôpital dévoilait ? Elle espérait bien que non ! Mais qui a sa place n'aurait pas profité du spectacle ? Luttant pour ne pas laisser à nouveau dévier son regard vers les fesses fermes et musclées de son écrivain, elle ancra son regard dans le sien, ce qui ne fit qu'accroître son trouble.

« Je vais attendre dans le couloir le temps que vous vous habillez… » Déclara-t-elle précipitamment avant de faire volteface et de gagner aussi dignement que possible la sortie.

Elle entendit vaguement Rick marmonner quelque chose dans son dos, mais elle préféra ne pas se retourner de peur de faire demi-tour et de lui sauter dessus. Ses émotions étaient à fleur de peau, et elle n'était pas sûre de pouvoir se maîtriser encore longtemps. Adossée contre le mur face à la chambre, elle laissa la tension de la journée s'évacuer peu à peu, et rouvrit les yeux en entendant la porte de la chambre s'ouvrir, un léger sourire étira ses lèvres en voyant son écrivain apparaître, le costume froissé, et les cheveux en bataille. Pourtant, elle ne l'avait jamais trouvé plus séduisant qu'en cet instant.

« Nous pouvons y aller ! » lui sourit-il en la rejoignant d'une démarche quelque peu hésitante.

« Nous devons passer par l'accueil pour signer vos papiers de sortie avant de partir ! » lui expliqua-t-elle en l'entraînant dans son sillage.

En silence, ils gagnèrent les guichets de sortie, et soupirèrent de concerts en avisant le nombre de personnes qui attendaient leur tour. L'attente serait aussi longue qu'à l'entrée de l'hôpital et Rick grommela en se laissant tomber sur une chaise, oubliant sa blessure qui le rappela rapidement à l'ordre. Kate prit un ticket avant de le rejoindre. Après plus d'une demi-heure d'attente et seulement deux personnes d'évacuées, Castle commença à trépigner d'impatience. Son genou s'agitait rapidement au gré de son impatience à sortir de ses lieux de malheurs. Kate le regardait en coin et exaspérée posa une main sur le genou de son compagnon qui cessa ses tremblements volontaires à l'instant où il sentit la main de sa partenaire sur lui. Tournant la tête, il constata qu'elle lui souriait tendrement. Il lui rendit son sourire et posa la sienne sur celle de Kate entrelaçant leurs doigts caressant de son pouce la tranche de la main de sa muse. Ce contact le rassurait, le calmait, l'apaisait. Il adorait toucher la jeune femme et renouvelait l'expérience le plus possible.

Après une attente qui leur sembla interminable, leur numéro s'afficha enfin sur le prompteur et ils se levèrent dans un même mouvement se tenant toujours la main. Ils se dirigèrent vers le poste qu'indiquait la machine. La secrétaire semblait s'installer, embauchant tout juste visiblement.

« Bonjour asseyez-vous, je suis à vous dans un instant. » Les informa la femme derrière le bureau avec un aimable sourire.

Petite, blonde avec une mèche improbable retombant sur le côté gauche de sa face comme si le coiffeur n'avait pas fini sa coupe de cheveux, décidant que finalement un côté court et l'autre long serait tendance sur elle. Elle avait un visage rond qui ne reflétait pas une intelligence accrue et un bandage à la main gauche entravant ses gestes déjà lents. Elle avait une espèce de vernis à ongles rose fuchsia flashy qui recouvrait ceux-ci, le tout accompagné de paillettes dorées qui rendaient le tout encore plus visible. Ses doigts semblaient n'avoir qu'une phalange, en fait ils étaient si petits et boudinés qu'on aurait dit des knackies au bout d'une main.

« Bonjour, très bien. » Répondirent-ils de concert en s'installant sur les chaises en plastique qu'elle leur désignait d'un geste désintéressé.

Ils tentèrent de maîtriser un fou rire naissant à la vue de cette drôle de petite bonne femme. Ils se regardèrent puis regardèrent la secrétaire qui se préparait tranquillement, disposant ses affaires sur le bureau. D'un sac digne de Mary Poppins, elle sortit et posa bien en évidence sa plaque ou figurait son nom « Mme Nuche ». Kate mit sa main devant sa bouche se mordant la lèvre, étouffant un rire qu'elle tentait de contenir dans sa gorge. Quant à Rick il restait stoïque du moins en apparence, mais tout dans son attitude montrait à quel point lui aussi trouvait la situation du plus haut comique.

« J'espère qu'elle porte mal son nom parce que l'on n'est pas sorti, sinon. » marmonna-t-il en se penchant sur sa partenaire.

La détective donna un coup de coude dans les côtes de son écrivain lui jetant un regard noir pour marquer sa désapprobation. Elle avait déjà du mal à se contenir alors s'il sortait ce genre d'ânerie, ce n'était pas gagner. Lorsque la dame eu enfin fini de s'installer, elle prit place derrière son bureau, faisant pivoter son fauteuil qui émit un long couinement de protestation, et se mit à observer son écran avec une telle intensité qu'ils se demandèrent ce qu'elle pouvait y voir. Elle restait là, figée attendant patiemment.

Au bout de 10 minutes Rick impatient se leva, se pencha au-dessus du bureau pour voir ce qui fascinait tant cette femme. Il ouvrit la bouche puis la referma estomaqué, avant de se laisser à nouveau retomber sur sa chaise, grimaçant de douleur. Revenant de sa stupeur, il regarda Kate qui le scrutait sans comprendre son ébahissement.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » lui demanda-t-elle, intriguée par son mutisme.

« Tu crois que d'autres patients du service psychiatrique ont pu s'échapper jusqu'ici ? » finit-il par demander en lançant un regard suspicieux vers la vieille dame qui continuait de fixer son écran.

« Pourquoi demandes-tu cela ? » voulut savoir Kate en arquant un sourcil surpris en portant machinalement sa main à son holster.

« Parce que ça fait dix minutes qu'elle regarde son écran éteint ! » lui révéla-t-il ayant lui-même encore du mal à croire à ce qu'il avait vu.

La brunette ouvrit de grands yeux en comprenant ce que son partenaire venait de lui dire. À son tour elle se pencha sur le poste et constata par elle-même les dires de Rick. Elle regarda ensuite la secrétaire :

« Vous pensez qu'il va s'allumer tout seul par la force de votre esprit ? » dit-elle en observant la secrétaire, s'interrogeant à son tour sur sa santé mentale.

« Quoi parce qu'il ne s'allume pas tout seul ? » s'exclama la vieille dame d'un air surpris.

La jeune détective se laissa tomber sur sa chaise, bouche bée, puis tourna la tête vers Castle qui avait les lèvres pincées. Le voir tenter de maîtriser un éclat de rire eu raison d'elle et elle se mit à rire. C'était plus fort qu'elle, elle ne parvenait plus à se contrôler. Etait-ce la pression qui retombait qui faisait céder ses nerfs ? Elle ne savait pas vraiment, mais toujours est-il qu'elle dut se tourner pour ne pas regarder cette femme qui la scrutait le regard vide de toutes expressions.

« Ahaha ! Elle craque dure journée pour elle ! » Informa Castle auprès de la secrétaire comme pour excuser l'attitude de sa muse.

« Bon moi je ne comprends pas ces ordinateurs antiques ! Moi j'ai un portable, alors les vieux machins dans ce genre je ne sais pas comment ça s'allume ! » Expliqua la secrétaire en croisant les bras sur sa poitrine, lançant un regard torve au pauvre ordinateur.

Se dégageant doucement de sa partenaire qui luttait encore pour calmer sa crise de rire, l'écrivain fit le tour du bureau et appuya sur l'interrupteur de l'unité central puis sur celui de l'écran et revint s'asseoir en faisant un clin d'œil rieur à Kate qui se mordit violemment la lèvre pour ne pas exploser à nouveau.

« Avez-vous vos papiers de sécurité sociale ? » s'enquit Madame Nuche en regardant le romancier après encore cinq bonnes minutes d'attente.

L'intéressé sortit sa carte et lui tendit précipitamment. Elle observa longuement le bout de plastique le retourna puis laissa planer ses deux index au-dessus des touches. Et enfin après plusieurs minutes d'intense réflexion, se mis à taper de ses deux index. Les autres doigts restaient en suspens sans jamais toucher les touches. Kate qui s'était calmée depuis, repartie dans un fou rire. La scène était d'anthologie ! A ce rythme, elle en avait pour une demi-heure pour enregistrer le bon de sortie de Castle.

La secrétaire leva la tête de son clavier pour regarder la jeune femme avec un air sévère sur le visage. Elle ne comprenait pas l'hilarité de Beckett. Qu'y avait-il de drôle à la regarder taper à l'ordinateur ? N'en pouvant plus la brunette planta sa tête dans l'épaule de son partenaire cachant son visage et par la même occasion étouffer son rire.

« R i c h a r d C a s t l e , N é l e P r e m i e r a v r i l 1 9 7 1 à N e w - y o r k ... » épela-t-elle lentement, marquant de longues pauses entre chaque nouvelles lettres.

Quant à Castle, il lui était de plus en plus dur de résister. Le rire de sa muse et l'air d'intense concentration de la secrétaire, mettant un acharnement sans borne à trouver les touches qu'elle désirait, mettaient à mal son self control.

« Heureusement que je ne tape pas mes romans à cette vitesse sinon, il me faudrait dix ans pour en écrire un ! » Remarqua-t-il en secouant la tête d'un air désespéré.

La détective tentant de se contrôler, se redressa, respira un grand coup puis repris une attitude plus ou moins neutre après avoir essuyer ses larmes. Elle gardait un franc sourire, ne pouvant le cacher. C'était trop, cette femme allait la tuer. Après cette journée horrible, elle devait reconnaître que cette dame était un pur bonheur sans le vouloir. Avec amusement, elle songea que cette dernière ferait un malheur comme greffière à la cour. Un nouveau rire monta dans sa gorge en imaginant le tableau, et elle s'empressa de chasser cette pensée de son esprit pour ne pas se laisser à nouveau envahir par l'hilarité.

Après un bon quart d'heure, Madame Nuche rendit sa carte à l'écrivain, et se levant difficilement de sa chaise, traversa son bureau pour gagner le meuble près duquel trônait une imprimante moderne. Elle voulut insérer une feuille dans l'imprimante photocopieuse mais les taquets calant la feuille la gênaient, les bords de la page se recourbant, rendant l'insertion difficile. Agacée elle insistait retournant la feuille dans tous les sens espérant que d'une face à l'autre cela passerait mieux. C'est à ce moment après vingt minutes de control, vingt minutes où Richard Castle avait lutté avec courage qu'il craqua, elle l'avait vaincu. S'en était trop ! Il partit dans un fou rire devant cette scène suivit sans mal par Kate. Tous deux riaient tellement fort que les gens se trouvant dans les box voisins les regardèrent, interloqués.

Les deux comparses regardaient cette pauvre femme s'évertuer à mettre la feuille dans l'imprimante, s'énervant un peu plus contre cette stupide chose qui ne voulait pas lui obéir. Finalement après un combat de titan elle réussit à mettre la feuille et appuya sur un bouton de la machine qui s'enclencha dans un bip discret. Quelques instants plus tard la feuille ressortie aussi blanche qu'elle avait été au départ. Madame Nuche regarda cette dernière perplexe puis haussant les épaules remit la feuille, combattant encore une fois avec cette dernière. L'hilarité de nos héros reprit de plus belle. Tous deux se retournèrent l'un vers l'autre. Ils étaient en larmes, et leurs visages se retrouvèrent proches de l'autre pour parler à voix basse. Kate posa une main sur le genou de son ami afin de se soutenir étant prise de soubresauts. Castle quant à lui tentait de reprendre son souffle.

« Non mais il n'aurait pas oublié un Nu à son nom ? » demanda-t-il entre deux éclats de rire, posant son front contre celui de sa muse alors qu'il tentait de reprendre son souffle.

Ils tournèrent la tête pour constater que l'énergumène s'évertuait à remettre encore et encore la feuille qui sortait toujours blanche.

« On devrait lui dire non, qu'elle utilise la fonction photocopie au lieu d'impression ! » Murmura Kate en étouffant un éclat de rire.

« Et nous priver du spectacle ? Jamais » Lui répondit Rick hilare.

« Non mais cette machine est défectueuse, ce n'est pas possible ! » S'insurgea la secrétaire à bout de patience alors que sa feuille ressortait encore une fois vierge de tout écrit.

« C'est ton cerveau qui est défectueux visiblement » Marmonna Castle entre ses dents, faisant rire Kate de nouveau.

« Bon il n'y a visiblement plus d'encre dans cette machine de malheur ! » conclut finalement la vieille dame dans un soupir d'agacement.

Madame Nunuche, euh Nuche, ouvrit son tiroir et en sortit deux cartouches d'encre, et les déballa. Kate réagit finalement, prise de pitié pour cette pauvre machine qui risquait fort de finir à la casse si elle laissait cette femme continuer à la malmenée. Refoulant, son rire, elle poussa un soupir tremblant, et se penchant sur son écrivain, posa à nouveau sa main sur le genou de celui-ci.

« Ça suffit ! Rick on ne va pas coucher là ! Tu tiens vraiment à passer la nuit ici ? » S'enquit-elle en plongeant son regard dans le sien, arquant un sourcil suggestif.

Castle la regarda et son sourire disparu aux souvenirs de sa mésaventure. Il fit non de la tête. Alors la jeune femme se leva discrètement alors que la vielle dame étudiait avec attention les cartouches d'encre pour savoir dans quel sens elles se mettaient et appuya sur la touche d'impression. Celle-ci se lança sortant enfin le « Grall ».

« Ah quand même, je t'ai eu saloperie ! » Cria victorieusement « la madame technologie. »

Castle éclata de rire et reporta son regard sur sa muse qui lui souriait.

« Je dois t'appeler Jésus ? » s'enquit-il avec amusement.

« Les miracles existent, tu ne le savais pas ? » répliqua Kate en éclatant de rire.

« Oui, mais deux dans la même journée, ça commence à faire beaucoup ! » remarqua Rick.

La vielle femme se leva et les toisa de ses yeux vides d'expression. Ils arquèrent un sourcil interrogateur dans sa direction, cherchant à comprendre son attitude. Un long moment passa sans qu'elle ne dise un mot puis celle-ci fit volte-face et partit en les informant de son retour imminent, emportant la feuille avec elle.

Castle regarda Kate qui tourna la tête vers lui tout aussi surprise, se penchant sur lui avec un sourire afin que son compagnon puisse lui parler en toute discrétion.

« Elle va où là ? » Demanda l'écrivain.

« Peut-être qu'elle est partie demander l'avis d'un de ses collègues pour savoir comment tenir un stylo afin de signer ton bon de sortie. » Répondit Kate moqueuse, faisant éclater de rire son écrivain.

Elle n'avait pas pour habitude de médire des gens, mais là, c'était trop. Entre les patients fous qui jouaient aux docteurs, les médecins tous plus incapables les uns que les autres, et maintenant la secrétaire simple d'esprit, elle n'arrivait plus à se contenir. Et quatre ans à côtoyer le roi des blagues douteuses, ça finissait par laisser des séquelles.

« Imagine : hey machine, tu sais dans quel sens il faut le prendre le stylo pour que cela marque la feuille ? » singea Castle entre deux éclats de rire sonore.

La détective éclata de rire à son tour, imaginant sans difficulté la scène, et suivant son dialogue fictif poursuivit la discussion.

« Je ne sais pas Nuche, demande au DG, s'il en est là où il est c'est qu'il doit savoir ça ! »

Leurs rires reprirent de plus belle lorsqu'un raclement de gorge se fit entendre. Madame Nuche les observait en chien de fiance toujours de son air « d'intelligent extrême » sur le visage, ne comprenant toujours pas leur hilarité.

Elle se réinstalla à son poste, prit un stylo et après l'avoir observé avec intérêt, signa le bon de sortie et le tendit à Rick qui la regardait incrédule. Non ce n'était pas possible que leur théorie soit exacte quand même. Beckett, elle, pouffait dans son coin. La secrétaire les remercia, pressée de les voir quitter son bureau, n'appréciant pas d'avoir été tenue à l'écart de la plaisanterie, ne se doutant toujours pas qu'elle en avait été le sujet de prédilection.

D'un hochement de tête joyeux, ils saluèrent cette dernière qui les observa partir, se demandant bien ce qui avait pu tant les faire rire, puis haussant les épaules, elle retourna à son travail, prête à accueillir son prochain patient. Rick s'empara de la main de sa compagne et se rua vers l'accueil de l'hôpital, et sans s'arrêter donna le bon de sortie à une infirmière avant de poursuivre son chemin sans perdre une minute. Il était hors de question qu'il perde plus de temps à cause de formalités de sortie. Amusée, Kate le suivit sans rechigner, toute aussi impatiente de quitter cet hôpital que son partenaire.

Avec l'empressement d'un enfant, Rick appuya frénétiquement sur le bouton d'appel de l'ascenseur, et ensemble, ils observèrent les chiffres s'illuminés progressivement jusqu'à atteindre enfin l'étage où ils se trouvaient. Alors que le silence s'installait entre eux, leur humeur joyeuse s'estompant progressivement, laissant place à une certaine tension, Kate sentit le regard insistant de son partenaire sur elle. La gêne s'installa doucement mais sûrement, chacun d'eux repensant à ce qu'il s'était passé entre eux. Ils savaient qu'ils allaient devoir en discuter, mais aucun d'eux ne semblaient décidés à faire le premier pas. Alors le silence s'épaississait, et la tension augmentait entre eux. Finalement, Rick prit une profonde inspiration, et Kate le sentit se tendre à ses côtés, la faisant elle-même se crisper, en attente des prochaines paroles de son partenaire.

« Kate, je suis désolé… pour tout ça… je… » Bafouilla-t-il en se passant une main sur la nuque, geste qui témoignait de sa nervosité.

« Ce n'est pas de ta faute. Mais je constate que tu as vraiment besoin d'une babysitter à plein temps ! Chaque fois que je te perds des yeux, tu trouves le moyen de te mettre dans des situations pas possibles ! » Se moqua-t-elle doucement, le tirant de sa misère.

« Tu postules pour le poste ? » la taquina-t-il avec un grand sourire plein d'espoir.

« Tout dépend du salaire Castle, mais je ne pense pas être dans tes moyens... » Rétorqua-t-elle en se mordillant la lèvre inférieure en lui coulant un long regard malicieux par en dessous.

« Pour toi, je suis prêt à y mettre le prix... » Souffla-t-il en resserrant son étreinte autour de sa main, rassuré de voir que les choses n'étaient pas aussi bizarres entre eux qu'il le pensait.

En fait, ils avaient l'air aussi complice qu'avant, et à son plus grand soulagement, Kate n'avait pas l'air d'avoir de regret. Il décida donc d'attendre et de voir venir.

« Dans ce cas ouvrons les négociations… » Proposa-t-elle avec un sourire en coin et une expression pleine de défi.

En riant, il secoua la tête, conscient que sa relation avec Kate serait tout sauf ennuyeuse, et cela ne pouvait que le réjouir. Elle venait de lui faire comprendre qu'elle attendait beaucoup de lui, et il se promit de tout faire pour ne pas la décevoir. Il passerait le reste de sa vie à la courtiser et à embellir ses journées si elle le laissait faire. Cette pensée lui tira un grand sourire enthousiaste, sourire qui se figea lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrirent livrant passage à deux infirmiers, suivit par Kiki et enfin Crazy Betty. Celle-ci battait furieusement des paupières, ressemblant à une chouette prise dans les phares d'une voiture, et jetant des regards hagards autour d'elle, comme si elle cherchait désespérément quelque chose. Dans une grimace il s'écarta précipitamment, plaquant Kate entre son corps et le mur, comme pour la protégée de la folie de cette femme. Alors qu'au final c'était lui qui avait subi des sévices de la part de cet énergumène, mais son instinct protecteur était plus fort que son instinct de conservation, surtout lorsqu'il s'agissait de Kate.

« C'est l'heure des visites » leur expliqua Kimberly en s'arrêtant à leur niveau en les apercevant.

« Oh ! Et bien dans ce cas ne faites pas attendre son visiteur surtout ! » S'exclama Rick en lui faisant signe de s'éloigner.

Kimberly sembla comprendre sa requête, et fit signe aux infirmiers de repartir avant de les saluer et de tourner les talons. Mais soudain, les yeux globuleux de Betty se posèrent sur le couple enlacé, et son regard s'élargit alors qu'un sourire immense étirait ses lèvres. Elle poussa un petit cri d'excitation, et parvenant à échapper à l'emprise des deux infirmiers qui ne s'attendaient pas à ça, se rua vers Rick.

« Ze dois zauver zon bébé, laizzez-moi finir mon opérazion! » clama-t-elle alors qu'elle était interceptée in-extremis par les infirmiers.

« Désolée » souffla Kimberly en leur adressant un sourire d'excuse avant d'entraîner sa patiente à sa suite.

Dès qu'elle eut disparue de leur champ de vision, Rick se tourna vers l'ascenseur qu'il rappela, le tout sans lâcher Kate. Surprise, elle releva la tête et constata qu'il avait les traits crispés, et les sourcils froncés. Et elle devait bien reconnaître qu'elle était bien entre les bras de son partenaire. En souriant, elle songea qu'il serait bientôt son partenaire dans tous les sens du terme, et à nouveau elle sentit l'impatience la gagner à l'idée de quitter enfin cet hôpital. Dès que les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, Rick l'y entraîna, et elle se laissa faire en retenant un éclat de rire. Il prenait son rôle de garde du corps très au sérieux, à tel point qu'il se positionna de façon à ce qu'elle se trouve entre la cloison et lui. Secouant la tête, elle songea qu'elle devait lui changer les idées, parce que partie comme c'était, il allait la raccompagner chez elle, et repartir broyer du noir chez lui en s'en voulant de l'avoir mise en danger. Et il était hors de question que cette prometteuse soirée se termine de cette façon.

« Décidément, tu les rends toutes complètement folles ! » constata-t-elle en rejetant la tête en arrière en fronçant les sourcils, feignant la contrariété alors qu'elle laissait ses doigts jouer avec le col de sa chemise.

« Mais la seule que je veux rendre folle, c'est toi ! » marmonna-t-il en baissant la tête pour plonger son regard dans le sien.

La jeune femme posa une main sur sa nuque rapprochant leur visage, le faisant déglutir d'envie en voyant les lèvres de sa muse si proches, si tentatrices.

« Mais ça tu y arrives très bien ! Et ce depuis le début de notre collaboration. Je me suis rendue compte que j'avais réussi à imaginer toutes sortes de moyens pour t'éliminer sans laisser de traces. » Souffla-t-elle en collant sa joue contre la sienne, son souffle chaud caressant doucement le lobe de son oreille.

A cette réplique l'écrivain se figea, une lueur d'inquiétude traversant son regard, chassant provisoirement le désir que leur promiscuité avait fait naître en lui. En riant, Kate se dégagea de son étreinte au moment où les portes s'ouvraient livrant passage à un groupe de personnes âgées qui envahirent la petite cabine, les poussant dans les angles opposés de l'ascenseur, au plus grand damne de Rick qui lança un regard désespéré à Kate, la faisant éclater de rire devant la mine déconfite de son compagnon. Leurs regards s'encrèrent l'un à l'autre, et soudain, ils ne furent plus que seuls au monde, discutant silencieusement, comme ils le faisaient depuis toujours, laissant leurs yeux se faire milles et une promesse.

Ils sortirent de l'ascenseur accompagné par le club du troisième âge au complet. Rick s'arrêta attendant de pouvoir rejoindre sa muse. Ce qu'il fit rapidement lorsque les vielles personnes partirent. Ils commencèrent à avancer lorsqu'ils virent une brebis égarée du troupeau. Elle attendait devant une machine à café appuyant frénétiquement sur un des boutons. Rick s'approcha de la vielle dame.

« Vous désirer quelque chose madame, je peux peut-être vous aidé ? » s'enquit-il de sa voix la plus charmeuse, faisant rouler des yeux à Kate.

La personne âgée le toisa curieusement, avec un brin de méfiance, avant de sourire devant le visage avenant de Rick.

« Oui je ne comprends pas ! Cela fait 10 minutes que j'attends cet ascenseur qui ne vient pas le bougre ! » Expliqua la vieille dame en appuyant sur le bouton, le gardant appuyer, espérant visiblement le faire arriver plus vite.

Rick entendit le rire de Kate derrière lui, et se mordit lui-même les lèvres pour ne pas rire. Il regarda la vielle dame avec des yeux ronds, n'arrivant pas à croire qu'elle puisse confondre une machine à café avec un ascenseur. Cet hôpital n'abritait que des fous, ce n'était pas possible autrement.

« Celui-ci est en panne madame, allez retrouver vos amis là-bas, ils vous conduiront à un en fonction. » l'informa-t-il cependant en la prenant par les épaules, l'éloignant doucement mais fermement de la machine à café.

La grand-mère se laissa conduire en remerciant Castle puis disparue dans l'attroupement de ses congénères. Castle rejoignit sa partenaire en courant. Attrapant sa main, il l'attira à sa suite.

« Sortons de là avant de rencontrer Batman et Robin ! » s'exclama-t-il en jetant un regard affolé par-dessus son épaule, comme s'il craignait de voir surgir le diable en personne.

Cette réplique fit rire aux éclats Kate. Cette journée avait été un cauchemar mais elle devait reconnaître qu'au final, hormis le passage crazy Betty, elle s'était vraiment amusée comme une folle. Elle sourit à cette pensée de circonstance. Ils arrivèrent à la voiture, et Kate nota que Castle n'avait pas décroché un mot depuis la sortie de l'ascenseur. Kate s'amusait à le voir ruminer elle se doutait de ce à quoi il pensait.

« Allez Castle tu boudes ? Soit heureux tu as ce que tu voulais, tu me rends folle ! Ce n'est pas donné à tout le monde ! » Fit-elle en entrant dans son auto, un sourire moqueur au coin des lèvres.

« Oui sauf que ce n'est pas ainsi que je veux vous rendre folle détective » Répondit-il entrant à son tour dans le véhicule avec une mine déconfite sur le visage.

La brunette éclata de rire, ne doutant pas une seule seconde de la véracité des dires de son partenaire, et elle-même devait reconnaître qu'elle trouvait l'idée pour le moins alléchante, mais elle ne lui avouerait pas, du moins pas dans l'immédiat. Elle trouvait bien plus amusant de s'amuser à le faire tourner en bourrique.

« Ah eh bien pour ze qui est de l'autre côté de la folie zeune fille va falloir azzurer ! Ze ne zuis pas fazile à imprezzionnée zur ze point-là. » Lui lança Beckett dans une imitation parfaite de Crazy Betty.

« Oh je ne vous savais pas ce talent d'imitatrice détective félicitations ! C'est très réussi, à croire que vous vous êtes entraînée toute votre vie à jouer les folles… à moins que ce ne soit votre état naturel. » Répliqua Castle en ricanant devant la moue de Kate prise à son propre jeu.

Il la voyait bouder, et était très content de lui. Ce n'était pas tous les jours qu'il avait l'occasion de pouvoir se vanter d'avoir mouché la grande Kate Beckett ! Il se pencha sur elle, posa une main sur le genou de sa partenaire la faisant frémir à ce contact.

« Je n'attends plus que vous détective pour vous prouver que je peux vous rendre folle dans tous les sens du terme. » chuchota-t-il d'un ton hautement suggestif.

Kate se mordit les lèvres en souriant.

« Après cela tu comprendras que je suis comme les téléphones portables quand on en possède un on ne peut plus s'en passer. » Ajouta-t-il en lui faisant un clin d'œil.

« Oui bien sûr la différence avec les cellulaires c'est qu'il y a un bouton « Off » ! » répliqua Kate, bien décidée à reprendre l'avantage dans leur petite joute verbale.

« Oh mais il y a un moyen de me faire taire détective, et je suis certain de ne pas avoir besoin de te faire un dessin pour que tu saches lequel ! » lui rétorqua-t-il en lui caressant la cuisse du pouce, lui arrachant un léger soupir de plaisir.

La jeune femme le regarda en souriant, mordant ses lèvres à nouveau. Oui décidément leur vie de couple, lorsque couple il y aurait, serait tout sauf ennuyeuse.