Qu'est-ce que je foutais là ?

- Salut, Vieux !

Devant moi, un vieux. Vous ne vous en doutiez pas ? Si ? Comment ça se fait, dites donc, hé.

Derrière moi, un peu en retrait, Blanc. Autour de nous, une assemblée. Quelques personnes attirent mon regard. Une nana avec de longues tresses que je surnommerais Plate (pas devant elle... Elle a une tronche de psychopathe. Sérieux). Un truc bizarre qui ressemble vaguement à un panda aussitôt nommé ainsi. Un Glaçon, une Tresse (flippante aussi, celle-la), un Rose... Et mon regard est attiré par un homme à l'air doux qui sirote un thé. Thé présente tous les aspects de quelqu'un de respectable et cultivé. Il est également beau. Mais ses yeux qui luisent me provoquent un frisson. Et mes réactions physiologiques ont toujours été mon meilleur instinct pour juger les gens... Je doute qu'il soit aussi parfait qu'il en ait l'air.

Un toussotement se fait entendre et je me tourne très lentement, avec un petit sourire aux lèvres, vers l'énervant Vieux.

- Bon, alors, pourquoi j'suis là ? Désolée d'être morte hein, moi aussi j'aurais préféré ne pas crever, mais j'imagine qu'c'est pas un crime ? demandais-je.

C'est vrai quoi !

- Silence ! lança le vieillard. Vous êtes ici à cause de votre arrivée inhabituelle. Aucun Shinigami ne vous a envoyé ici. Vous avez gardé votre mémoire. Et vous refusez de nous dire comment vous êtes arrivée là !

- Nom de Dieu mais j'vous l'ai déjà dit vieux fou ! m'exclamai-je, provoquant des murmures outragés. C'est une nana super bizarre qui m'a envoyé ici, j'en sais pas plus !

Je m'emportais vite, mais il fallait me comprendre ; rien demandé, propulsée j'sais pas où, et voilà qu'on m'assommait de questions, qu'on refusait de croire en la véracité de mes réponses et qu'on me traitait comme une criminelle. Marre à la fin !

- Peu importe..., dit le vieillard en soupirant. Puisque vous avez une puissance spirituelle assez conséquente, nous pensions vous envoyer à l'Académie.

Houlà... Ca a l'air mauvais ça ! J'suis morte et j'dois encore aller à l'école ? En plus ça a l'air chiant au possible !

- Super ! criai-je avec un bel enthousiasme qui faisait plaisir à voir. J'adore les cours ! Merci vieux schnoque, t'es pas si con !

- ...C'est sans doute une mauvaise idée, grogna-t-il. Vu votre quantité d'énergie, nous pouvons sans doute faire une petite entorse et vous confier aux bons soins d'un capitaine qui vous formera.

Je grimaçai visiblement. J'avais bien fait de lui parler comme ça. Rien de plus manipulable que quelqu'un d'autorité qui ne vous aime pas. Il suffisait de produire la réaction inverse à celle qu'il attendait, et il se faisait un plaisir de vous envoyer pile là où vous le souhaitiez, imaginant vous mettre au désespoir. Et je crois qu'il me déteste, haha.

Il cita avec délectation les noms des capitaines, les uns après les autres. Je restai impassible, jusqu'à ce que résigné, il prononce le nom de Blanc. Et... Oh ho. Si il comprend que j'aime bien Blanc, j'imagine qu'il va m'envoyer avec Glaçon ou Plate, par exemple, quelqu'un qui va me détester et que je vais détester... Mettons l'paquet.

- Vous déconnez là ? Vous croyez que j'ai envie de rester avec ce branquignole complètement taré ? Il me fout la trouille, on dirait qu'il veut m'bouffer quand il me r'garde !" m'exclamais-je, espérant être convainquante.

Malheureusement trop. Je sens comme un froid glacial venant de Blanc alias Gin et je n'ai pas besoin de me retourner pour savoir que son sourire est devenu un rictus crispé. Il n'a pas compris... J'espère qu'il n'est pas peiné. De toute évidence, il répugne tout le monde, et il ne doit pas avoir beaucoup d'amis... Je ne comprends pas pourquoi. Moi, il m'a l'air adorable, et marrant qui plus est, pas comme toutes ces tronches de coincés du cul.

- Je ne vois pas pourquoi je perdrai mon temps avec une gamine néophyte.

Sa voix claqua dans le silence qui avait suivi ma tirade. Je frissonnai. Merde, et j'imagine qu'il va être dur de le forcer à écouter mes explications... J'espère qu'il va pas aller jusqu'à m'agresser. Enfin. On verra. Je sentis le vieux sourire intérieurement.

- Ma décision est arrêtée. Vous pouvez aller.

Mon nouveau supérieur hiérarchique - fichtre, ça fait bizarre - tourna les talons et s'en alla sans un mot. Je me suis relevée, trébuchant sur les pans du kimono trop long que l'on m'avait donné pour remplacer mes vêtements déchirés par l'accident, puis je l'ai suivi. Une fois dans le couloir, je l'ai carrément poursuivi, l'appelant doucement pour finir par gueuler.

- Eh ! Blanc ! Putain, tu réponds quand on te cause mec !

- Capitaine Ichimaru.

Ouais.. Non, j't'ai pas demandé comment t'appeler, mec... J'ai tenté de lui expliquer. Mais pas une réponse, autant parler à un mur. J'ai tenté une dernière fois, puis j'ai abandonné. Quelle tête de mule.

- Mais puisque je te dis que c'était fait exprès !... Oh, et puis vas-y, boude !

J'ai senti mes sourcils se froncer tandis que c'est moi qui prenait l'air boudeur. Je l'ai suivi sans un mot jusqu'au bâtiment de la division - si j'avais bien suivi ce qu'on m'avait vaguement expliqué avant le conseil, vous savez au moment où on m'a filé un kimono trop grand. Blanc ordonna à un mec à l'air vaguement désespéré de s'occuper de moi et se cassa avant même que je puisse dire un mot. Mais quelle enflure, quelle baudruche gonflée de suffisance celui-là. J'suis vraiment un boulet hein...?

- Bon, on va où, Dépressif ?

- Pardon ? demanda le jeune homme, manifestement surpris.

- Oh, laisse tomber, une manie. Quand j'connais pas les gens je les appelle par leur caractéristique première.

- Je m'appelle Kira, fit-il en rougissant de gêne.

- Et alors ? lui demandai-je. Ça ne change en rien le fait que je ne te connais pas.

Je le suivis jusqu'à l'étage, où quelques studios accueillaient les shinigamis n'ayant pas les moyens de vivre autre part, comme m'expliqua si bien Dépressif alias 'Kira'. Puis il me laissa, en ajoutant qu'il enverrait quelqu'un me fournir un sabre et un uniforme (à ma taille, cette fois-ci, glissa-t-il en rougissant devant mon décolleté qui baillait).

Mais je me sentais étrange. Trop lourde, trop grande, trop maladroite et malhabile. Et ma tête me pesait singulièrement. Je suis allée jusqu'à la salle de bain, me suis regardé dans le miroir.

- AAAAAAAAAAAAAAAAH...!

Le blondinet surgit brusquement dans la petite pièce, alerté par mon cri strident.

J'étais tétanisée. J'avais toujours été frêle, petite, avec un visage et un corps enfantins. Et j'avais les cheveux en bordel, courts et teints en bleu. Cependant, le reflet que je contemplai d'un air effaré était celui d'une belle jeune femme, grande, mince et musclée. De longs cheveux du noir d'encre d'origine des miens cascadaient dans mon dos. Au milieu du visage ovale et bien ciselé, deux grands yeux aussi profonds que la nuit, farouches et en amandes, me fixaient. Hébétés. Les miens.

- Viiiite ! criai-je au dépressif. Une paire de ciseaux et d'la teinture bleue !


J'étais dans la troisième division depuis, à présent, deux mois. Ça avait été bien dur. Au début, j'avais traversé de grandes crises de manque - pas de cigarettes au Seireitei ! Je suivais des cours tous les jours avec Kira. Le Kendo avait été relativement facile. Je faisais de l'Escrime, de la Gymnastique et du Karate en dehors de l'école, en tant qu'humaine. J'adorais me battre et je n'avais pris aucune option d'études. C'était les seuls clubs que je faisais. Et ayant une santé fragile, ça m'a énormément aidé à me renforcer. Le Kido était plus difficile. Vraiment très difficile. Comme si mon énergie spirituelle avait formé une carapace autour de moi pour que rien ne sorte. Mais bon, quand on ne sait pas attaquer de loin, il suffit d'attaquer au sabre assez rapidement pour ne pas se faire toucher. J'avais rencontré le gros malade complètement tordant de la onzième et fait plus ou moins copain-copain avec la bande d'alcoolos qu'étaient Rangiku et ses potes, et sympathisé avec Renji, aussi, sympa mais un peu trop (f)rigide. Par contre, je n'avais toujours pas de Zampakuto, et je ne l'entendais toujours pas. Et enfin...

Chaque jour, je tentais de parler à Gin. Chaque jour... Il ne m'écoutait jamais. J'avais l'impression de ne pas exister. Ça faisait deux mois, deux, qu'il m'ignorait complètement. Aussi j'avais pris la décision de le coincer dans la salle d'entraînement, avec l'aide de Kira qui n'en menait pas large - mais rien, non rien ne pouvait me résister, et encore moins à mes menaces de voler un caleçon à Gin pour le planquer sous son oreiller, prendre une photo au cas où et le dénoncer. En précisant que 'sous l'oreiller' n'était pas à prendre au pied de la lettre (des fois qu'il passe son temps à y regarder après mes menaces). Enfin, nous nous égarons. J'avais donc décidé en mon for intérieur de régler la chose une bonne fois pour toutes. Mais auparavant, je devais demander conseil.

Je m'étais faite deux amies, qui n'étaient pas sans me rappeler les deux timbrées que j'appréciais sur Terre. Elles se nommaient respectivement Tania Oswald, une métisse anglo-française, une petite brune avec des tâches de rousseur, aux grands yeux gris-vert et à l'allure sage, qui était en fait une sale petite geekette lesbienne, et Ariane Rücken, nationalité ; autrichienne, une psychopathe aux longs cheveux d'un blond nordique, dotée de beaux yeux bleus en amande, soulignés par des sourcils courbés et un grand sourire de malade, à la sexualité incertaine. Je soupçonnais anguille sous roche entre ces deux-là. Mais nous nous égarons encore...

Il me fallut trois jours pour arriver à les avoir toutes deux en même temps, à croire qu'elles aussi m'évitaient.

- Bah vas-y, espèce d'abrutie.

- Ari ! Mais bon j'suis d'accord, parle-lui, Hana. Ca ne te coûtera rien...

- ...D'autre qu'un bras ou deux, rajouta la blonde, impassible.

- Ari ! répéta Tania d'un ton accusateur.

...Voilà grosso modo le seul avis que je réussis à leur extorquer. Réjouissant, et très optimiste. Mais ça me suffit. Le lendemain, je pris mon courage à deux mains et entrai dans la salle d'entraînement. Parce que franchement, j'avais un énorme poids sur le coeur depuis un moment maintenant, et au bout d'un certain poids, cétacé quoi (haha). Cétacé, c'est assez. Vous... Vous avez compris hein ? Hein ? HEIN ? ...Snif, vous foutez pas d'ma gueule.

C'était à chier.

Ta gueule conscience de mes deux. Je l'ai observé durant quelques minutes sabrer l'air de son Wakizashi, si rapidement que je l'apercevais à peine - car j'avais un oeil capable de voir les mouvements les plus rapides... Mais ma force physique, la vitesse de mon corps ne suivaient pas, pas encore - avant qu'il ne se retourne vers moi, le visage froid. Il n'eut pas le temps de dire un mot que je lançai ma diatribe.

- Tu vas m'écouter cette fois. Ça fait deux...putains...de mois !...que j'essaie désespérément de te parler, merde à la fin ! J'ai jamais pensé un mot de ce que j'ai dit sur toi ! T'as bien vu que l'vieux me déteste non ? J'l'ai fait exprès pour qu'il m'envoie sous tes ordres en pensant que ça m'déplairait ! C'est bon t'as pigé, là, Gin ? Et t'as pas intérêt à m'faire répéter, enfoiré d'première ! Non mais ignorer une jeune fille comme moi, c'est franchement discourtois...!

- ...Ta gueule.

- Hein ? m'exclamai-je, ahurie, ne m'attendant pas à cette réaction si peu logique.

Le sourire que j'avais si peu aperçu apparut enfin sur son visage.

- Tu es une petite idiote superficielle, persuadée d'être la meilleure. Tu es égoïste et tu te préoccupes bien trop de ton apparence. Tu te comportes à tort comme une martyre. Tu es insupportable, Hanae Ryôjuu !

- Ferme-la l'albinos ! De la part de quelqu'un qui m'a fait la gueule pendant deux mois pour une remarque sensée sur les airs de psychopathe qu'il prend, j'te trouve bien comique ! m'énervai-je.

J'ai sorti mon sabre d'entraînement de son fourreau, et me suis élancé vers lui. Il se prépara à parer et à contre-attaquer, un grand sourire réjoui sur son visage.


Pfeeeuh. Il est court. Et bof. J'ai super galéré à l'écrire. Désolée ! *s'incline*

Oui, il y a une raison au changement d'apparence de Hanae :) C'est pas juste pour qu'elle soit super belle. D'ailleurs ce n'est pas qu'elle est belle, juste qu'elle se trouve belle en comparaison de ce qu'elle était avant (ce qui est différent). Bon vous m'direz sur les dessins que j'ai fait d'elle, elle est belle mais j'arrive pas à dessiner les moches... Les bizarres oui mais pas les moches...

Snif.

Elle est bien sa blague hein ? Hein ? HEIN ?