Raphaella, autrement appelée Cafard Amputé (un joli mot ressemblant à un autre joli mot qui lui allait fort bien) s'est relevé, son visage toujours aussi froid, mais une étincelle nouvelle dans ses yeux.

- Tais-toi.

- Ho ho ho, ai-je fait, il semblerait que j'ai enfin réussi à toucher Jambe de bois ici présente !

- Tais-toi, tais-toi, tais-toi. Je ne suis pas myope, répéta-t-elle comme une litanie.

Puis elle se jeta sur moi.

- Ouch ! lâchais-je en repoussant de justesse son attaque.

J'ai émis un sourire. Son regard trouble d'aveugle était braqué sur moi, enragé. Mes poignards sont revenus dans mes mains, et elle jeta un oeil glacial sur mes deux lames argentées, à la poignée d'ivoire pour l'un et de cristal pour l'autre. Nous nous sommes mises face à face, tournant lentement dans le même genre de ballet ridicule que l'on voit dans les mauvais films d'action. Eh bien, il fallait croire que ce n'était pas pour rien.

- Merci, lui ai-je envoyé avec réticence.

Ça m'arrachait la gorge de le dire à une...chose pareille, mais je le lui devais bien. Pour m'avoir éclairé, bien involontairement, sur ce que je devenais. J'ai fait deux pas vers elle, qui ne me quittait pas des yeux, puis ai commencé une incantation. Elle est devenue blême - car cette idiote ne pouvait même pas manifester sa stupéfaction comme tout le monde - puis s'est reculé précipitamment alors que je fonçais sur elle, arrêtant net le sort pour profiter de l'effet de surprise. Pas assez vite, toutefois.

- Heee.., gémit-elle.

Un de mes poignards était enfoncé dans son épaule jusqu'au manche, l'autre lui avait éraflé la joue avant qu'elle ne puisse l'envoyer au loin. J'avais presque gagné. Sans son bras gauche, avec lequel elle maniait le sabre, elle ne pourrait plus attaquer, car on ne pouvait pas dire qu'elle était très adroite de la main droite. Même si elle sortait son Zampakuto maintenant.

J'ai attendu, fébrile, me demandant si elle allait quand même continuer, si j'allais pouvoir lui mettre une branlée.

Elle s'administra les premiers soins puis s'avança vers la porte.

- On arrête là.

- Hééééé ! Reviens ici, saloperie ! T'as peur de moi, c'est ça, babouin des forêts ?

Elle s'est contentée de tourner vers moi un oeil torve, puis s'est barrée. Mais elle lâcha une dernière phrase qui me fit sourire.

- La prochaine fois, ce ne sera plus avec un sabre d'entraînement.


Je vais tuer cette salope. Je vais la buter, l'écarteler, la tartiner de Wasabi, lui mettre de la pisse dans les yeux, lui enfoncer des croquettes pour chien par l'autre extrémité de son système digestif, lui faire sentir les pieds de Vieux, lui enfoncer une corne dans la..., la... Argh ! Je vais la...

- Encore un effort, Ryôjuu-san, vous y êtes presque, m'encouragea Tresse en interrompant le fil de mes pensées.

J'ai essayé de me concentrer mais rien à faire, j'en revenais toujours aux pires tortures que je puisse faire subir à cette purulente anomalie génétique. Lui faire écouter du Bieber, ou du Tokio Hôtel, remplir sa chambre de posters de Lorie, la plonger dans le coma artificiel en laissant un testament qui disait qu'elle souhaitait être étudiée par Panda, puis la réveiller après...

Notre combat datait d'une semaine, et cette verrue avait demandé à sa supérieure de m'entraîner au Kido ! Morue ! Je ne l'avais pas croisé depuis. Je savais qu'elle avait peur de moi ! Saloparde à culotte rose va, raclure de bidet, misérable excrément.

Si au moins je faisais des progrès... Mais si progrès il y avait, dans ce cas ils étaient si imperceptibles que je n'avais rien remarqué. Encore un effort qui ne sert à rien, encore une tentative qui échoue et...

Pfuuuuuih, fit le sort en s'affaissant comme un soufflé raté.

- J'me barre, déclarai-je posément, la voix rauque d'énervement.

J'ai claqué la porte très fort derrière moi, rêvant à son cou entre le battant et le cadre.


- J'y arrive pas Kira, j'y arrive pas, putain ! PU-TAIN !

- Calme-toi, voyons.

Eh ouais, comme il se devait, j'étais allée passer mes nerfs sur Izuru. Okay, à la base c'est Gin que je cherchais, car pouvoir gueuler sur un supérieur a toujours été efficace pour me calmer.

- Qu'est-ce que je dois faire ? Il arrête pas de penser à cette nana, pour moi c'était juste un amant agréable en plus d'être un excellent pote, ça devrait être facile mais je ne sais pas comment le quitter.

Haha, vous aviez cru que je parlais du Kido hein ? Eh bah non, c'est le genre d'échecs retentissants dont je n'aime, bizarrement, pas parler. On s'demande pourquoi hein. Enfin, j'imagine que vous êtes comme moi, vous n'avez pas envie que tout le monde sache que vous avez dû utiliser le balai à chiottes une bonne dizaines de fois durant la nuit, à cause de votre plat mexicain de la veille.

- Je ne sais pas comment lui en parler...

- Tu as essayé avec des mots ? me demanda Kira, l'image même du sérieux.

- Ha-ha-ha. Très drôôôle.

- Que veux-tu que je te dise, rajouta le Shinigami d'une voix posée, c'est à toi de te débrouiller, je ne vais pas aller voir cet énergumène pour lui transmettre tes messages.

- ...Ouais, t'as sans doute raison. J'me débrouillerais, merci.

Je lui ai piqué sa tasse de thé et l'ai avalé cul-sec, puis me suis barré, rêvant à quelque chose de plus fort. Il fallait que je réfléchisse. Mes pas m'ont guidé hors du Seireitei et c'est tout naturellement que j'ai rejoint le lac où j'étais tombé - dans les deux sens du terme. J'aimais les souvenirs qui y étaient attachés, sauf quand ma vessie s'était vidée dans les eaux fraîches. C'était un peu mon sanctuaire, mon église. Et en plus il y avait mon super confident l'arbre-sourire. Oui, parce qu'il m'écoutait toujours sans faillir et sans bouder, donc arbre-sourire. Ça parait logique me direz-vous, qu'un arbre écoute et se taise, mais un bon arbre-confident, c'est rare. Je me suis donc assise à son pied, mais cette fois je n'ai pas parlé. Cette fois, j'ai pris le temps d'écouter. Écouter le bruissement qu'un léger vent tiède et à la senteur boisée provoque en dansant à travers les feuilles, écouter le faible tintement de l'herbe qui se couche et se redresse sous le zéphyr capricieux, écouter le murmure amoureux du lac et regarder sa surface mugir et tournoyer imperceptiblement. Je me ressourçais. Mais comme on ne peut jamais rester tranquille, un événement se produisit qui me fit regretter de ne pas être restée avec des gens (souligné, ces derniers mots. Très soulignés).

- Saluuuuuut, Baaaaaabe ! s'exclama hystériquement (et je dis ça en toute partialité) une voix derrière moi.

Je me suis retournée avec un soupir de lassitude, et comme il se doit, deux grands yeux d'un rose soutenu étaient dirigés droit dans les miens...à cinq centimètres à peine. J'ai glapi et me suis brusquement reculé.

- Qu'est-ce que tu fous là encore ! ai-je hurlé, encore choquée par notre proximité de l'instant précédent.

- Çaaa c'est bien toi, ninhinhiiiin, répondit Hone, carrément à côté de la plaque. J'avaiiis envie d'te voiiir, c'est touuut.

- Si tu as envie de continuer à venir me voir, essaie d'abord de gommer cet accent ridicule.

- J'vais essayeeeer ! Je l'ai déjà fait, ça ne devraaait pas être trop dur ! Décidémeeent, tu ne changeras jamaiiis, Hanae-chaaan, soupira la jeune femme d'un ton affectueux.

- Ferme-la, sale Hollow, rétorquai-je. Je ne pige rien à ce que tu racontes.

- Je ne suis pluuus un Hollow, Babe !

- Je ne suis pas un porcelet. Quelle est la différence ?

- Je suis à moitié Shinigami va-t-on dire, Baaabe.

J'ai poussé un loooong soupir de détresse, prise d'une soudaine envie d'aller me coucher dans mon lit, d'hiberner et de me réveiller quand on sera revenu à un monde normal, où les Hollows ne deviennent pas à moitié Shinigami et où ils ne s'incrustent pas sans être remarqués par personne à la Soul Society jusque dans le coeur du Seireitei. Ah, et où ils ne purifient pas les âmes à notre place, aussi. Quoi que ça, j'aurais été bien malvenue de m'en plaindre. Devenir un gros truc tout moche avec un masque hideux, très peu pour moi, et encore je n'en avais jamais vu en vrai, moi.

- Je ne suis pas un porcelet. D'ailleurs, comment tu peux faire ça au juste ? Être mi-Shinigami mi-Hollow ? questionnai-je, curieuse.

- Je n'en sais rien du touuut, Babe, c'était il y a trèèès longtemps tu saiiis.

- Je ne suis pas un porcelet. T'es si vieille que ça ? Comment ça se fait que tu ne bouffes pas d'humains ? Parce que j'imagine que tu ne le fais pas, puisque je suis ici. Et, dernier rappel, je ne suis pas un porcelet.

- Très vieille. Si je ne maaange pas d'âmes humaaaines, c'est que je risquerais de becter un d'mes descendants sans l'vouloir, après tout, en tant qu'humaine, j'avais peut-être des enfants. Tu te douuutes que je ne devaaais pas avoir cette apparence, rajouta l'Arrancar avec une logique certaine. Alors quand j'ai envie de manger, je dévooore un ou deeeeux Hollows, et j'ai adoptééé le mode de viiie humain. On m'a même déjà traité de 'sale humaaaine' ! Vexaaant.

- C'est vexant pour toi que l'on te compare à une humaine ?

- Nooon, ce qui est vexant, c'est que celui qui m'appelle cooomme ça en était un il y a moiiins longtemps que moiiii.

- Et sinon, c'est comment ? Tu ne t'ennuies pas ? J'imagine qu'il ne doit pas y en avoir beaucoup de comme toi au Hueco Mundo.

- Je ne m'ennuie pluuus... Quant à Hueco Mundoooo, je n'y vis plus depuis plusieurs siècles... Mais je crois qu'on va devoir écourter notre conversatioooon ! s'exclama-t-elle.

Une seconde plus tard, elle n'était plus là. J'ai pesté en voyant Gin se diriger vers le lac. Pourquoi il fallait toujours que quelqu'un nous interrompe quand ça devenait intéressant ? Ni une, ni deux, j'ai fait semblant de dormir. Je n'avais pas envie de le voir, je dirais même que j'étais vexée. Il fallait toujours que quelqu'un arrive au moment où j'allais lui demander pourquoi elle m'avait envoyé ici. Toujours ! Bon, ce n'était arrivé que deux fois, mais deux fois de trop.

J'ai senti son regard perçant posé sur moi.

- Ne fais pas semblant de dormir, Hana-chaaan ! me chuchota mon Capitaine à l'oreille.

J'ai sursauté, et me suis brusquement éloigné ; je ne l'avais même pas senti s'agenouiller ! Il me regarda, accroupi, un grand sourire de renard tordant ses traits - et lorsque cette comparaison a traversé ma tête, je me suis imaginé en train d'enfoncer Gin, mort, dans le derrière de Jambe de bois... je crois qu'il n'a pas compris pourquoi j'ai d'un coup étouffé un haut le coeur et un rire strident.

- Qui était-ce ?

- T'as pas envie d'le savoir.

- Mais siiii, j'en meurs d'envie ! fit-il, taquin.

Je restai muette comme une tombe.

- Oookay. Mais la prochaine fois, dis-lui d'être prudente, si quelqu'un d'autre que moi avait vu ça, tu aurais eu le droit à un joli petit procès. Et ça, ça m'embêterait beaucoup, mon chou.

J'ai pesté en silence alors qu'il s'éloignait d'un pas chaloupé, puis je me suis réadossé à l'arbre en contemplant la surface du lac, ridée par de minuscules vaguelettes miroitant sous l'or liquide des rayons du soleil d'Août.


- Il m'énerve.

- Il t'aime bien, tu sais, répondit Kira.

Je l'ai regardé de travers. Mon cul ouais, c'était juste un gros sadique, ou alors je plaignais les personnes qu'il aimait vraiment.

- Je vais finir par regretter ce fait.

- Allons, tu l'adores.

- Ça, je ne l'admettrais que quand tu avoueras tes sentiments à la petite chose de Aizen.

- Tais-toi, a-t-il dit en rougissant.

Comme si ses sentiments pour elle n'étaient pas visibles comme le nez au milieu de la figure, ou comme du blanc au milieu du noir total. C'est fou ce que le Shinigami commun est nul à chier en contrôle de soi. Mon Vice-Capitaine était un Renji (version tête de dépressif) sur le plan des sentiments...

- Héhéhé.

- Que vas-tu faire ?

- Moi ? Par rapport à Renji ? Rien. Enfin, je vais essayer de lui parler.

Il m'a observé d'un oeil triste puis a avalé une gorgée de son thé.

- Bon, j'y vais. Bye blondinet !

Je lui ai pris la tasse des mains et ai avalé son contenu, puis j'ai fait demi-tour et suis rentrée pour aller me reposer.

- J'ai comme une impression de déjà-vu..., marmonna mon ami dans son menton glabre avant que je ne puisse plus l'entendre.


- Salut Hanaaaa ! gueula l'énergumène roux en me sautant sur le poil.

- Salut, Ren.

- Oh, c'est sympa ça, rajouta-t-il en observant ma tenue. Ça te va comme un gant.

Je me suis observé d'un oeil critique, ayant oublié ce que je portais. Un robe noire relativement simple, asymétrique et fendue - sinon, bah pour se battre c'pas facile - lacée dans le dos avec des rubans bleu nuit (je ne les voyais pas, n'étant pas une mante religieuse, mais les imaginais très bien), des bas et des rangers noires elles aussi. Mouais. C'était moulant, d'où son commentaire.

- Je préférerais que ça m'aille comme une robe, ai-je rétorqué sans ciller.

- Ah... Euh, oui, j'imagine, a-t-il répondu, toujours souriant.

- Viens.

Je lui ai pris la main pour le traîner sur le lit, où nous nous sommes assis. Curieusement, il n'a pas tenté de me sauter dessus, de me tripoter ou de...ou d'autre chose. Je l'ai regardé, me demandant si c'était du lard ou du cochon.

- C'est fini, hein ? demanda-t-il, le regard triste.

J'étais surprise. Nous étions juste de bons amis, et je me demandais pourquoi ça lui faisait cet effet. Il n'était tout de même pas assez accro au cul pour être désespéré à l'idée de ne plus baiser...mes lèvres ? Non, quand même pas... Quoi que...

- Oui. Ça a l'air de t'attrister.

- Bah, c'était sympa quand même.

- Tu vas pouvoir draguer ta petite pépète, Rukia, là, je crois, non ? T'es pas content ?

- Tu vas rire..., commença-t-il. Mais je crois que je ne l'aime plus autant qu'avant.

Et voilà, c'était dit, mon p'tit Ren-kun allait prendre son envol, oublier son amour éperdu d'adolescent pour foncer dans la vie sexuelle active de tout adulte qui se respecte et qu'il aurait dû commencer à avoir il y a quarante ans.

- Je crois...que je commence à avoir des sentiments pour toi, finit Renji en me regardant dans les yeux.

J'ai blêmi. Qu'est-ce qu'il me faisait, là ?


Mwahahaha, owiii tapez-moi, je suis trop forte, trop géniale, machiavélique, huhuhuahahahahaha... (Non, ta gueule.)

Bon, puisque je m'ennuie, tenez ;

- ...Euh, dis, Ari, qu'est-ce qu'elle a, Hana-chan ? Elle a ses règles ou quoi ?

- Aucun chance. Mais tu te souviens, bien sûr, que cette amputée de la 4e, qu'Hana ne supporte pas, lui a piqué ****** ?

- Hum... Oui.

- Et tu te souviens de la deuxième personne dont la présence lui est intolérable ?

- Évidemment.

- Devine qui a fait main-basse sur ******* ?

- ...Ah.

- Oui.

- Vos gueules les commères !

Celui ou celle qui se rapprochera le plus du sens de cette scène aura droit à tout ce qu'il veut ! Un OS, un pairing (tant que c'est pas déjà pris) (donc en fait on va oublier le pairing), un OC qui s'introduit dans la fic, une situation particulière, que sais-je... (Ouais donc en fait t'essaie juste de rameuter des lecteurs et d'avoir des reviews marrantes à lire non ?) Ta gueule.

Indice (ou pas) : Les deux personnes dont le nom est caché ne sont pas des mecs.