Warning ! - DM/HP-

Genre : Romance.

Notes :

► Les personnages d'Harry Potter ne m'appartiennent pas. Ceux de ma propre création ainsi que l'histoire en elle même si.

► Merci à toutes les personnes m'ayant ajoutée dans vos "Alertes" et/ou dans vos "Favoris" !

► Réponse aux reviews en fin de chapitre.

► Bonne lecture !


Chapitre 3 : Restaurant des Autres

«Je sais que j'aurais du m'en occuper plus tôt, que je n'aurais pas du laisser mon corps à tes montagnes russes et que j'aurais du stopper le jeu de l'ignorance.

Les jours avaient pris l'habitude de défiler à une vitesse folle. Si bien que j'en ai oublié quand le Soleil venait à se lever. Le temps ne comptait plus. Les minutes écoulées n'en étaient pas et les heures se succédaient sans réelle suite logique. Seule la cadence de tes mains me dictait quels souffles prendre, me les coupants sans le moindre regret. La simple violence dont tu fus maître poussa mon corps à épouser le tien. J'ai souvent vu la lune, les étoiles, la voie lactée même, lorsque trop sûr de toi tu t'emportais, me pourrissant plus bas que Terre mais si près du Ciel. Cieux desquels je me devais de redescendre après cet aperçu du Cosmos.

Après ce douloureux septième ciel.

Et durant la chute, mon corps se désintégrait en une pluie d'étoiles filantes. Des comètes sanglantes, des bouts de moi tordus par tes soins. Mon amie la chaussée finissait toujours par soutenir ma carcasse et les débris que tu abandonnais. J'étais devenue le produit androïde d'une ère qu'on souhaitait révolue. Fabriquée par tes brics et tes brocs, prisonnière d'un créateur certainement fou, unique cobaye asservi par ton Art, reflétant la beauté de notre Amour.»

La vie était faite de phrases qu'on ne pouvait pas oublier. Surtout de celles qu'on ne voulait pas franchement conserver. Elles avaient le don de s'accrocher à notre mémoire clandestinement. Elles avaient le don de remuer au plus profond de nous des souvenirs, des images, des odeurs, et parfois même, des touchés. Farouchement insaisissables, il était si difficile d'en faire correctement le tri.

Nous n'étions faits que de mots.

Souvent durs, rarement tendres.

Ne résistaient que ces interminables chansons et films d'amour, seuls portes paroles quasiment inépuisables de ces paroles si peu employées entre les individus. Mais une fois leurs messages emplis de ces si bons sentiments diffusés, ne résidait plus que le vide de la réalité.

La si dure et compliquée réalité.

Et ma réalité pour ce soir, se découpait en cette masse de réminiscences littéraires, qui petit à petit était entrain de m'envahir. Des dires qui s'étaient fait une joie malveillante de s'éparpiller anarchiquement dans mon cerveau. Travailler dans l'édition ne m'avait jamais autant desservi... De même que mon excellente mémoire. J'avais cette constante tendance à retenir tous les passages littéraires qui me plaisaient, ceux qui, d'une façon ou d'une autre me marquaient, les mots forts, les phrases saignantes, l'ironie, le venin des serments, la souffrance... Des sentiments artistiques et fabriqués qui s'étalaient sur des pages et des pages.

Et aujourd'hui, les mots de cette femme fictive me semblaient bien trop proches.

Elle me semblait bien trop proche.

Pourtant, elle n'était en rien comme moi. L'imagination de l'auteur l'avait créée bien plus noble que moi. Femme pleinement assurée, attirante, confiante, individualiste même... Mais qui subissait. Son mariage, sa carrière, son bourreau. Car les coups, elle se les prenait. Invariablement. Tous les jours.

Je n'étais en rien comme elle. Mon quotidien n'était en rien aussi meurtri, il n'était pas aussi tragique.

Sauf que j'étais aussi effrayé qu'elle. Empli de cette même colère sourde, de ce même regard désabusé, de ces mêmes désillusions, ces mêmes doutes... Dès que sa main frappa ma joue, dès que je sentis la douleur, elle et moi étions devenus identiques, partageant alors cette même incompréhension... Cette crainte et le sentiment persistant qu'une histoire de plus venait de se gâcher.

Et depuis que j'étais parti, je n'avais eu de cesse d'y repenser. Me faisant du mal, me grillant les neurones, me forçant à comprendre... Sans doute pour rien.

Il n'existait probablement aucune explication rationnelle et logique à ça...

Je soupirai une énième fois.

Seul à ma table, je n'avais presque pas touché à mon dîner. Je n'avais pas la tête à manger, juste à penser, à réfléchir. Encore et toujours. Infatigablement. Me reposant ces mêmes questions, élaborant chacune de mes réponses, chacun de mes arguments... Que je balayais soudainement d'un revers de souvenirs.

Car s'en aller n'était jamais simple.

A quelques tables de la mienne, un jeune couple était tranquillement entrain de se donner la becqué. Image ridicule pour certains, amusante ou encore adorable pour d'autres. Moi, ce n'était pas tant le geste en lui même qui appelait mon attention. Non. Ce qui me faisait sourire était incontestablement le regard brillant et bienveillant que portait l'homme sur sa compagne, ainsi que le froncement de sourcil gêné de cette dernière et le petit sourire en coin qu'elle arborait.

C'était ça que je remarquai.

Tout comme j'avais appris remarquer ses regards insistants, comme je m'étais surpris à y découvrir un camaïeu incroyablement vaste d'émotions, comme avec le temps, je m'étais habitué à les sentir couler sur moi, puis à les apprécier.

Un peu plus loin, s'était installée une bande de jeunes incroyablement colorés et énergiques. Ils riaient, s'amusaient, lançaient des blagues, critiquaient les passants, se chamaillaient.

Ils vivaient...

Sans retenue. Insouciamment.

De la même façon qu'il m'était arrivé de l'être avec mes propres amis. Exactement de la même façon... Mais le temps ayant déplacé et malmené les habitudes, nos retrouvailles ne laissaient plus aucune place à une quelconque spontanéité. Seules les grandes occasions et fêtes annuelles nous permettaient de nous retrouver, nos vies d'adultes bien rangées ne laissant pas de place à l'improvisation.

Et je savais...

Je savais qu'à cette heure tardive, Hermione et Ron venaient de terminer de coucher difficilement leur petit dernier, Hugo, que Neville était entrain de corriger avec la plus grande application les copies de ses élèves, que Fred et George terminaient de fignoler leurs derniers tours de magie pour leur prochain concours, que Seamus et Dean étaient certainement entrain de s'envoyer en l'air avec toute l'imagination débordante dont ils étaient capables, que Luna prédisait sans aucun doute l'avenir amoureux de Ginny autour d'une bonne bouteille de vodka, et que Hagrid faisait inlassablement le tour de son quartier à la recherche d'animaux blessés ou abandonnés.

Et moi... J'étais là, installé sur cette banquette rouge propre à ces chaînes de restaurants fast-food, observant si méticuleusement la vie des autres... Pour mieux oublier la mienne. Pour mieux passer à côté.

Ironiquement, l'homme que beaucoup de personnes m'enviaient, m'avait fait fuir. Ma rationalité pure m'ordonnant de le quitter se confrontait à la défense terriblement solide qu'étaient mes sentiments.

« L'Amour ne justifie pas tout. »

Je le savais.

Je le savais et c'était pour cette raison qu'il m'était aussi pénible de me faire réaliser que cette phrase s'adressait en cet instant même à ma personne.

Car jamais je ne l'aurais cru.

L'amour tumultueux, l'amour tordu, l'amour impulsif n'étant pas fait pour moi, il était tout simplement étrange d'avoir à me confronter à mes propres valeurs. Ma confiance en moi vacillait dangereusement.

Et je détestais ça.

Tout comme je ne voulais pas avoir à me retrouver face au Draco de ma jeunesse. Le jeune homme le plus mauvais et le plus incompréhensible qui m'avait été donné de rencontrer. Le tyrannique et emmerdant Draco.

Parce que ce n'était absolument pas de lui dont j'étais tombé amoureux. Aucunement. Jamais.

De la même façon, sa dérangeante possessivité et son caractère parfois difficile n'avaient en rien altéré ce que nous étions et ce que nous construisions. Rien jusqu'à aujourd'hui n'avait ébranlé ce que nous voulions être. A présent, les échos de cette claque était entrain de renverser ce pour quoi nous avions donné notre meilleur. Et la pilule était incroyablement dure à avaler.

Je n'étais même plus certain que ce qu'il nous fallait dorénavant était du temps.

C'était trop facile. Trop évident. Trop con au fond de se dire qu'il suffisait de laisser cet amour en suspension simplement le temps de prendre quelques rides...

Juste pour la forme.

Cette idée me donnait envie de pleurer...

Comment dédramatiser un fait dramatique ? Cette interrogation me donnait des frissons. Or c'était bien là aussi que se posait le problème, la réponse se trouvant malheureusement dans la question.

Rentrer à l'appartement incognito, nier le geste et refuser d'y croire me semblaient tout simplement impossible à faire... Je ne possédais pas le courage de ces personnes qui pouvaient prétendre le contraire. Courage ou lâcheté... Peu importait le mot. C'était leur choix presque trop conscient qui m'impressionnait.

Rester au prix des coups. Rester envers et contre tout. Rester par Amour. Rester pour l'honneur. Rester par défaut. Rester et encore rester. Toujours.

Je n'en étais pas capable...

Et je le savais.

Lentement, je repris mon téléphone et l'allumai. Moi qui m'étais attendu à une saturation de ma boîte vocale par ses messages fut surpris lorsque aucune notification ne s'afficha sur mon écran. J'en étais soulagé. M'appliquant, j'écrivais alors mon message, le lui dédiant. Je ne lui devais que ça. Rien de plus.

« Je ne rentrerai pas ce soir.

Ni demain.

Ni après demain.

Nous discuterons un jour prochain.

Je te recontacterai.

D'ici là...

N'attend plus rien de moi.»


Posté le 16/04/12

► Les chapitres de cette fiction seront dès à présent publiés à chaque 29 du mois.

A mariiiee63 : Merci et merci ! Je suis satisfaite de constater que mes mots révèlent une certaine émotion chez mes lecteurs ! Ce chapitre avec le point de vue de Draco a été siii~ long à écrire que je me suis réellement demandée si j'étais capable de transcrire ce que ce personnage était capable de ressentir. Car pour être franche, je fais sans aucun doute partie de ces innombrables personnes totalement désabusées par toutes formes de sentiments amoureux. A tel point que je me demande même souvent si c'est fait pour moi ! ^^

A Clairehime : Oh que oui, la gifle marque. D'autant plus lorsqu'elle vient de la personne à laquelle on croit le plus... Je me suis lancée dans ce récit avec la réelle intention de ne pas banaliser ce geste. La construction de mon histoire sera certainement restreinte, mais je prend le risque ! ^^ J'espère en tous les cas que ce chapitre aura su te plaire autant que les premiers !

A Snake90 : Bien qu'écrire le point de Draco fut laborieux, je reconnais qu'il est plus facile de ressentir le récit lorsque ce dernier est raconté à la première personne. Même si pour être franche, je n'ai jamais réellement été partisane de ce mode de narration, trop restreinte et fermée, trop collée aux personnages à mon goût. Il m'a fallut du temps pour m'y concentrer. Mais le résultat est là et demeure finalement tout aussi intéressant -voire même plus- qu'un récit narré à la troisième personne.

En espérant que cette suite t'ai plu !

A toinette Malefoy-Potter : Merci de ta review ! Draco va devoir reconquérir Harry, c'est un fait. ^^ Je vais donc faire de mon mieux pour proposer à mes lecteurs une belle, que dis-je, une magnifique Romance entre ces deux protagonistes.