Warning ! - DM/HP-

Genre : Romance.

Notes :

► Les personnages d'Harry Potter ne m'appartiennent pas. Ceux de ma propre création ainsi que l'histoire en elle même si.

► Ce récit ne comporte aucune indication, aucune référence quelconque sur l'univers magique inventé par J.K Rowling. Donc oui. Je suppose qu'il s'agit là d'un UA.

► Merci à toutes les personnes m'ayant ajoutée dans vos "Alertes" et/ou dans vos "Favoris" !

► Réponse aux reviews en fin de chapitre.

►My gosh ! Après avoir fêté les 18 ans d'une amie avant-hier soir, m'être couchée à 6h00 du matin, avoir dormi à peine 4h00 et m'être confrontée à la décadence humaine à un si jeune âge... Autant vous dire que j'avais vraiment la tête à autre chose hier qu'à terminer et poster ce chapitre-ci. Néanmoins, je m'excuse de ce léger retard et vous souhaite une bonne lecture !


Chapitre 4 : Paradoxe du Souvenir

Ses mouchoirs utilisés étaient entrain de s'étaler d'une façon répugnante sur la table basse. La boîte à moitié vide fermement tenue dans sa main, elle n'avait eu de cesse d'en extraire le contenu encore et encore, et ce depuis l'appel de son meilleur ami. Ses yeux et son nez étaient désespérément rougis, son teint naturellement clair et lumineux s'était fané, ses épaules voutées, son regard vidé.

Le fatiguant tic-tac des aiguilles de l'horloge les rapprochaient doucement du chiffre dix. Assise dans son salon, ses larmes étaient entrain de couler depuis une heure. Il avait suffit d'un seul coup de fil de la part de son meilleur ami pour qu'elle se mette à pleurer... A neuf heures du matin. Il n'y avait pas eu d'appels larmoyants à minuit, il n'y avait pas eu de sonneries désespérées ou de coups empressés contre leur porte au beau milieu de la nuit, pas de crises, pas de cris, pas d'alcool dans lequel se noyer entre amis, pas d'épaule réconfortante à tendre... Il n'y avait rien eu de tout ça. Juste ce coup de téléphone à peine concerné, juste un Harry à la voix en rien chancelante, un brin trop sérieuse, un brin trop lucide.

Une gifle.

Le mot avait été prononcé d'un étrange calme cartésien, un calme si intense qu'il en était parvenu à couvrir sa brulante colère. Les têtes brûlées qu'ils étaient tous les deux avaient pris une sérieuse douche froide. Le ton avait été si pesant, les propos si bien tenus, aussi rapidement que distinctement dits, qu'elle n'eut même pas le temps de s'exprimer... La tension, la rage qui aurait normalement du l'habiter s'était évaporée, ne subsistait plus en elle qu'un désespoir de cause. Elle ne savait même pas à quel point son ami était mal, car au delà de tout discours, Harry pouvait difficilement aller bien.

Elle en pleure, il lui était tout simplement impossible de, ne serait-ce, conseiller son meilleur ami. Hermione en était incapable. Lui hurler de le quitter, lui crier de se barrer, lui dicter de s'enfuir au loin et lui faire partager sa peur de l'après. Dire ce genre de paroles aurait pourtant été si facile. Facile à penser, facile à débiter, parce qu'au fond, dans l'absolu, tout le monde savait qu'elles étaient celles à suivre...

Mais très peu le faisait vraiment... Et les gens se quittaient souvent pour les mauvaises raisons. Jamais pour les bonnes, jamais pour celles réellement réfléchies.

Trop compliqué.

Trop rare.

Hermione elle-même ignorait ce qu'elle ferait, sans doutes, dans cette situation. Comment réagirait-elle face à la main de son mari ? L'homme qu'elle aimait, son mari, son amant, son ami et confident, le père de ses enfants... Elle ne savait pas et ne pouvait connaître l'étendue de sa peine. Se l'imaginer lui semblait presque indécent. Elle n'était pas à sa place.

Son impuissance la foutait en rogne. En cet instant, la femme ne se reconnaissait plus en cette jeune fille brillante qui, autrefois, trouvait toujours une solution, ou son esquisse, face aux problèmes de ses amis. Assise sur son divan, elle se sentait simplement inutile. Chouinant dans ses mouchoirs en papier, ignorant où son frère de cœur s'était terré pour ruminer son chagrin, mal assurée, elle tenta de réfléchir du mieux qu'elle le pouvait, au mieux de ses capacités, sur la situation.

Et la première pensée qu'elle eut n'était rien d'autre qu'un souvenir. Tendrement, elle se rappela.

Ce jour là, l'ambiance et l'air de ville étaient étouffants, le soleil, lui, bien trop haut dans le ciel, ciel où ne circulaient plus aucun nuage. C'était l'été, et eux, bien que tranquillement installés sur des bancs ombragés par des arbres, cachés derrière leurs immenses lunettes de soleil, s'éventant de leurs journaux, crevaient de chaud. D'apparence assis sur un trottoir quelconque de la ville, le groupe s'était pourtant positionné de sorte à être face à un magnifique restaurant hype et chic de la capitale.

- Seigneur... J'ai chaud ! geint alors un grand et costaud rouquin en s'éventant de la main. Merde les mecs ! Rappelez-moi déjà ce qu'on fout ici à l'heure du repas ! continua-t-il en se frottant le ventre.

Ventre qui se mit instantanément à gargouiller dans un bruit peu agréable.

- Et voilà. J'ai faim maintenant... constata tristement le jeune homme qui tâta de nouveau son estomac vide.

Soudain, un paquet de chips ouvert se plaça dans son champ de vision. Si rapidement, que le roux s'imagina presque l'avoir rêvé, pensant cette apparition quasi divine comme un mirage du à la chaleur infernale de la ville.

- Tu en veux ? lui demanda alors la voix nébuleuse et lointaine d'une fille aux longs cheveux blonds platines. Tu peux garder le paquet si tu veux.

Le mirage était réel ! Affamé, le jeune adulte se saisit d'un geste de main précis du paquet si gracieusement offert. A peine l'eut-il dans les mains, qu'il commença à engloutir ses chips.

- Milles fois merci Luna ! réussit-il à prononcer la bouche encore pleine. J'te le revaudrais ! Tu seras bénie !

- Bon sang ! Tais-toi un peu Ron ! répliqua alors sèchement une jeune fille à la chevelure brune et incroyablement bouclée. Je te rappelle que cette planque c'était ton idée, à toi, le curieux, alors arrête de te plaindre ! siffla-t-elle les yeux cependant rivés sur la terrasse du restaurant. Mais qu'est-ce qu'il font ? Ça va faire dix minutes qu'ils ont commencé à manger et aucun d'entre eux ne parle.

- Comme si ça te dérangeait de m'avoir suivie ici... marmonna ledit Ron en observant d'un œil critique le comportement avide de la brune. Neville ! Passe moi un journal s'il-te-plait, demanda-il la voix pressée.

Un jeune homme brun au visage rond lui en tendit immédiatement un et lui précisa :

- Si c'est pour t'éventer aussi, alors fais-y gaffe s'il-te-plait. Seamus m'en a déjà déchiré un, et je me vois difficilement ramener à ma grand-mère des journaux dont il manque la première page.

Le roux tendit légèrement sa tête et observa autre brun au visage parsemé de tâches de rousseurs, dont les mains agrippaient effectivement un quotidien à la une déchirée.

- Je ne te l'empreinte pas pour ça, rassura Ron en désignant d'un signe de tête son ami peu attentif au mot "ça". Mais quitte à surveiller quelqu'un incognito, autant se cacher pour le faire, s'expliqua le jeune homme en dépliant le papier, feignant de le lire.

- Ron a raison, intervint alors Hermione, si on se met tous à les observer en même temps, ils le sentiront... Et personnellement, je n'ai pas envie de recevoir sur moi les foudres d'un Harry en colère.

Un frisson traversa toutes les personnes présentes, qui subitement vaquèrent toutes à une occupation quelconque.

Car en effet, ce jour là était un jour bien particulier. Les deux infernaux -comme ils avaient pris l'habitude de les nommer-, étaient entrain de déjeuner ensemble, partageant ce qui semblait être leur premier rendez-vous. La force et la ténacité de Draco Malfoy avaient payé. Le rabâchage intensif et ce par écrit, oral, ou même démonstratif des phrases "Je t'aime ! Laisse-moi un chance !" ou bien "J'ai été con ! Je le reconnais. Je m'en excuse, pardonne-moi !" d'un blond ne reculant devant rien, avait fini par effrayé leur meilleur ami, qui, il fallait le dire, avait accepté ce premier "rendez-vous" du bout des lèvres. Peut être aussi parce que depuis que le jeune héritier avait reconnu ses torts, ce dernier n'hésitait plus à se rendre ridicule devant les gens pour faire comprendre au brun à quel point ses propos étaient vrais. Et tout le monde savait que Harry avait pitié de Draco dans ces moments là...

- Nous parions 20 livres, qu'il lui balance son verre d'eau à la figure avant la fin du repas, prononça soudainement deux voix enjouées et sensiblement similaires à l'ensemble de la troupe.

Surprises, cinq têtes se retournèrent vivement et dévisagèrent les nouveaux arrivants d'un air blasé ou irrité pour certaines, sceptique ou encore amusé pour d'autres. Deux garçons roux et parfaitement identiques se tenaient fièrement face à eux.

- Et qu'est-ce qui vous fait croire que ces deux là seront incapables de mener un repas de manière civilisée, Fred et George ? demanda calmement Hermione non s'en lever les yeux au ciel face aux sourires malicieux qu'arboraient les deux frères.

- Allons ! Ne nous dit pas que cette idée ne t'a pas effleurée l'esprit 'Mione ! répondirent-ils dans une synchronisation inébranlable. C'est pourtant toi LE cerveau du groupe ! déclarèrent-ils sur un ton facétieux.

La brune balayant d'un geste de main les propos des garçons et reporta son attention sur la terrasse qui leur faisait face.

- Personnellement, je pense pareil que les jumeaux, déclara sérieusement Seamus. Dans ce genre d'endroit, à tous les coups, le caractère pédant et arrogant de Malfoy va ressortir, justifia-t-il.

- Attendons donc pour voir, finit par éluder Hermione très peu convaincue par les arguments assez sensé de son ami.

- Parfait alors ! s'exclamèrent les jumeaux. Vous nous faites une petite place ?

L'insupportable duo n'attendit même pas la réponse de leurs paires et les deux rouquins commencèrent à pousser bruyamment le petit monde jusque là posément mais néanmoins fermement installé sur ses bancs.

- Mais c'est pas possible ! Fred, George ! les apostropha un Ron agacé. Frères ou pas, si, à cause de vous, Harry nous prend en flag', je lui dirais et maintiendrais que l'idée de l'espionner venait de vous !

- Et je soutiendrais cette thèse ! soutint Seamus, glacé à l'idée de ce que son ami pourrait lui faire si jamais il les découvrait.

Hermione leva à nouveau les yeux au ciel et soupira face à tant d'immaturité.

- Calmez vous s'il-vous-plait ! déclara Neville sentant les regards curieux que les passants leurs portaient. On est suffisamment voyant ainsi, pour ce qui est de la discrétion, on est loin de la palme d'or là !

A ces mots, les garçons dissipés se tassèrent et reprirent leurs activités...

Hermione se souvenait de cette planque. Elle se souvenait de tout, de chaque mot échangé, de la chaleur du soleil sur sa peau, du bruit ambiant, de l'odeur du marchand de glace ambulant qui leur avait proposés par trois fois un cornet de boules, du défilé incessant de ces gens si sophistiqués entrant et sortant du restaurant... De tout. Ils avaient campé sur leurs bancs environ deux heures, les avaient observés minutieusement, appréhendant peut être, un coup d'éclats entre les deux hommes... Qui ne vint jamais. A la surprise général, Harry et Draco avait déjeuné le plus courtoisement possible. Bien sûr, la jeune fille qu'elle était avait noté le malaise de son ami ainsi que les coups d'œils furtifs et méfiants qu'il portait souvent sur le blond... Chose inévitable. Mais elle avait aussi pris le soin de constater le regard profondément respectueux et amoureux que l'héritier portait sur lui. Chose tout à fait insolite à voir à l'époque.

Ce jour là, la vue de ce regard l'avait définitivement convaincue. Draco ne mentait pas. Draco était honnête quant à ses intentions. Peut être y avait-il quelque chose à en tirer de ces deux Infernaux. Quelque chose de réellement plus profond... A l'époque la jeune fille y avait cru.

Le temps passant, ce même regard n'avait en rien perdu de son éclat, à l'exception près qu'il était devenu entièrement réciproque. La Hermione de vingt-trois ans avait vu juste... Quelque chose de réellement profond habitait toujours ces deux hommes.

Peut être parce qu'au fond... Il y avait toujours de l'espoir pour les gens qui s'aimaient vraiment.


Posté le 30/04/12

► Les chapitres de cette fiction sont publiés à chaque 29 du mois.

A Clairehime : Merci de ta review ! Ce chapitre-ci, comme tu a pu le constater, est un petit approfondissement de cette ébauche faite précédemment sur le fameux entourage de Harry. De mon point de vue, ce dernier apporte à l'histoire un autre aspect, plus comique et léger. Chose non négligeable je pense au bon déroulement de cette fiction. En espérant, comme à chaque fois, t'avoir satisfaite avec ce dernier chapitre !