La relation interdite: Hidden Desires Contest !

Titre de votre relation :Le cœur gouverne la raison.

Disclaimer :Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, seule l'histoire est créée par mes soins. Venez aussi découvrir le Forum Damn-Addict-Lemon à ce lien :
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N/A : Certains détails peuvent ne pas correspondre à la réalité et je m'en excuse d'avance.

Le cœur gouverne la raison

Je regarde la femme que j'aime mourir sous mes yeux avec un sentiment d'impuissance. Je suis médecin. L'un des meilleurs de tout le pays. Mais parfois ça ne suffit pas à sauver des vies. À sauver sa vie en particulier…

-Chargez à trois cent vingt, ordonné-je. Dégagez !

La tension se délivre dans tout son corps qui se soulève sous la décharge. Je regarde le cardiogramme. Son rythme est toujours plat.

-On recommence ! Une dose d'adrénaline !

Mais je ne vois personne autour de moi se mettre au boulot. Non, non, non ! Je refuse de la perdre ! Pas elle ! Pas maintenant !

-Bon sang ! Qu'est-ce que vous foutez ? C'est une jeune femme de vingt-cinq ans pas une grand-mère de quatre-vingt-dix ! Tant que je ne l'aurais pas déclarée morte, on continue !

Je ne veux pas y croire. Je veux m'accrocher à cet espoir, aussi faible qu'il soit et jusqu'au dernier instant. C'est pourquoi je m'acharne et m'énerve. La colère m'aide à tenir le coup. C'est ma façon de réagir. Il vaut mieux ça que de s'effondrer directement. Du moins, c'est ce dont je me persuade.

Les infirmières et un confrère présents dans la pièce me regardent avec pitié.

-Maintenant vous allez me charger ce putain d'appareil à trois cent vingt après cette putain dose d'adré !

Une jeune infirmière prend finalement le relai, injecte la substance qui pourrait sauver mon amour et appuie sur le bouton qui charge le défibrillateur.

-Dégagez !

Le corps de ma dulcinée se soulève une nouvelle fois. Le fragment de seconde suivant se déroule comme si c'était des heures. Tout semble se passer comme dans ces stupides films avec des ralentis. Il n'y a plus aucun bruit qui m'entoure excepté celui qui m'intéresse : le son produit par le moniteur cardiaque. Et lorsque j'entends enfin les battements reprendre un rythme normal, il me semble que c'est mon propre cœur qui défaillit à sa place.

Je lâche les palettes, comme si j'avais reçu moi-même le choc. Tout le monde regarde l'écran avec un air surpris comme si eux non plus n'y croyaient pas. Je m'éloigne du lit et me colle contre le mur.

Son cœur bat ! Elle est en vie… Elle est en vie… Je répète plusieurs fois cette phrase sans vraiment en comprendre la signification. L'adrénaline redescend peu à peu dans mon organisme. Je me sens exténué, vide émotionnellement. J'ai failli la perdre…

Mon confrère se charge de finir mon travail et de s'occuper de ma Bella alors qu'une infirmière s'occupe de mon propre cas. Elle m'assit sur un siège de la chambre et m'apporte un verre d'eau. Je crois qu'elle me l'a mis dans la main. Je sens ensuite du froid depuis mes genoux. Je tremble de trop et bien que le verre ne soit rempli qu'à moitié, de l'eau arrive à s'en échapper.

L'infirmière me regarde puis me secoue en me parlant d'une voix familière et masculine, ce qui est en contradiction avec son apparence.

-Jasper ! Ouhouuuuh ! Jasper ! Réveille-toi !

Quelque chose cloche. Je ferme un instant les yeux puis les ouvre de nouveau.

Je ne suis plus dans la chambre de Bella mais dans la salle de repos des titulaires. La voix que j'ai entendue est celle du docteur Edward Cullen, un formidable cardio-chirurgien. Je me relève un peu précipitamment. Est-ce qu'il est venu m'annoncer que ma patiente est morte peu après que je l'ai sauvée ? Que ma Bella m'a quitté définitivement ?

Je recouvre un peu mes esprits et comprends que tout ceci n'était qu'un cauchemar. Je suis trempé de sueur et je ne sais pas si je dois m'en réjouir ou m'en inquiéter. Certes Bella devait toujours être en vie en ce moment mais j'ai peur que cela ne soit un avertissement. Un message du destin. Un rêve prémonitoire… Enfin ce genre de chose débile qui peut avoir son importance aujourd'hui.

Je secoue la tête et frotte mes yeux pour me réveiller. Il me faut du café ! Beaucoup de café.

-Je dois te piquer un interne, les miens sont tous à la mine suite à un gros carambolage. J'ai une transplantation aujourd'hui. Le chef m'a chargé de te dire que tu dois aller au bloc dans moins d'une heure. Je voulais te laisser dormir mais ça n'avait pas l'air agréable… J'ai préféré te réveiller du coup, me dit-il sur un ton doux.

Je hoche la tête.

-Tu as bien fait. Merci, souris-je.

-Y'a pas de quoi. Je te laisse, j'ai du boulot.

-À plus tard, le salué-je.

La porte se referme sur lui. Je me relève et prends une douche rapide. Je traverse les couloirs de l'hôpital à une allure soutenue. Je passe devant le tableau où toutes les opérations sont marquées pour vérifier l'heure exacte de ma prochaine opération, le patient et de quoi il retourne. Elle n'a lieu que dans une trentaine de minutes. Je vais au bureau des infirmières et prends le dossier qui m'intéresse. Isabella Swan.

Je me rends dans sa chambre. Elle n'est pas sur son lit mais la porte de la salle de bains est fermée. Je baisse les stores et m'assois sur son lit en l'attendant. Quelques minutes après, elle sort enfin. Elle tente de trainer tous ses appareils avec elle dans la chambre. Je me relève en souriant devant son air agacé.

-Bonjour ma demoiselle…

Elle se retourne surprise mais heureuse. Son regard pétille de vie et de malice. Un regard bien loin que celui qu'elle avait dans mon sommeil. Elle se rapproche autant que les branchements le lui permettent. Je fais le dernier pas qui nous sépare et prends son visage en coupe.

Je soupire intérieurement de bonheur et je me penche doucement vers son visage. Je la vois fermer les yeux et j'en fais de même avant de poser délicatement mes lèvres sur les siennes. Elles ont la douceur des pétales de roses et la saveur d'une pêche. Je me colle contre son corps et approfondi notre baiser.

Dieu sait que j'aimerais la chérir plus qu'avec des baisers volés ou les quelques caresses échangées… Mais son état ne nous le permet pas. Il n'empêche que je reste un homme. Amoureux certes, mais un homme quand même…

Je me rapproche encore et lui montre à quel point j'ai envie d'elle. Mon rêve m'a fait prendre conscience à quel point je tiens à elle. Et je mets toute cette passion et cet amour dans mon baiser. Elle gémit doucement et je viens la coller contre le mur de la salle de bains avec délicatesse.

Pour la première fois, elle met ses mains dans mes cheveux qu'elle tire légèrement. Je grogne et me frotte davantage contre elle. Si seulement je pouvais la faire mienne maintenant…

J'entends le moniteur cardiaque biper et me sépare d'elle à contrecœur. Nous rouvrons tous deux les yeux difficilement. Le moniteur se calme mais ma Bella reste essoufflé.

-Waaaah… C'était…

Elle soupire de façon très érotique.

-Tu ne m'avais encore jamais embrassée de la sorte auparavant.

Elle me regarde avec une flamme intense dans ses yeux. Une lueur d'espoir l'accompagne également.

-Que s'est-il passé entre hier et aujourd'hui pour que tu prennes des risques ?

Je hausse les épaules. Parce que je t'aime peut-être… La prudence que j'ai eue jusqu'à maintenant ne montre pas à quel point j'ai peur te perdre mais à quel point je nous empêche de profiter au maximum l'un de l'autre tant qu'il en est encore temps…

-J'aimerais t'en dire la raison dans un endroit plus intime… Un endroit où on pourrait se voir sans se cacher ou sans qu'on ne risque de me virer. Un restaurant par exemple ?

Elle me sourit et passe ses bras sur mes épaules.

-J'ai hâte d'être cette après-midi !

Je me rembrunis et me libère de son étreinte.

-Ne dis pas ça s'il-te-plaît. Personne ne devrait avoir hâte de passer sur le billard ! Même si ton intervention devrait bien se dérouler, le risque zéro n'existe pas.

Je la vois rouler des yeux de façon insolente.

-Toujours aussi optimiste hein docteur ?

Je souris et me calme. J'aime son ton ironique et sa manière de détendre l'atmosphère mais j'aime encore plus lorsqu'elle m'appelle docteur. Mon érection se manifeste de plus belle lorsqu'elle prononce ce mot qui m'est destiné.

-Pour en revenir à ma phrase, la formulation n'était pas exacte. En fait, j'ai hâte de passer cette étape nécessaire pour toutes les prochaines choses que l'on pourra faire…

Elle hausse les sourcils et je ne peux m'empêcher de la trouver encore plus séduisante lorsqu'elle se met à faire des sous-entendus. Mais l'entendre dire ces « choses » à voix haute me donnerait encore plus de frissons…

-Quel genre de choses ? Tu m'intéresses…

-Oh et bien… Je n'ai pas pu faire de sports depuis un moment… Il va falloir habituer mon cœur à faire un petit peu plus d'efforts de ce côté-là… J'aime particulièrement le sport en couple, sans aucune compétition, ni record à battre mais aux performances olympiques… un vrai marathon parfois !

-Huuummm… Je me demande ce que cela pourrait bien être…

Elle rit doucement en s'approchant puis m'embrasse. Elle prend une inspiration et alors que je pense qu'elle va parler, elle expire et secoue la tête. Je ne lui demande pas ce qu'elle comptait me dire, son regard me livre tout. Je l'embrasse une dernière fois et regarde ma montre.

-Je dois aller opérer d'ici quelques minutes. Et les visites avec les internes vont commencer d'ici peu.

-Hum… Génial. J'adore être un phénomène de foire où les jeunes recrues sont prêts à se battre pour voir l'intérieur de ma poitrine.

-Je suis passé aussi par-là tu sais. J'étais peut-être encore plus excité à l'idée d'assister à une opération cardiaque que les internes ne le sont dans cette promo. Voir un cœur battre directement c'est quelque chose de fantastique, tu n'imagines même pas. C'est vraiment une sensation grisante. C'est contrôler la vie, avoir un pouvoir des plus puissants.

Elle me regarde, perplexe.

-Mais passons ! Viens te réinstaller sur ton lit. Tu dois éviter de solliciter ton cœur jusqu'à ton intervention.

Je l'aide à marcher jusqu'au lit. On n'a fait que quelques mètres mais je la sens très fatiguée malgré mon aide. Elle a vraiment besoin d'une nouvelle transplantation… Mais en attendant, ce sera le stimulateur cardiaque… Je l'aide à s'installer et elle se relâche complètement une fois en place. Elle ferme les yeux, l'air exténué. Elle les rouvre avec un faible sourire.

-J'aurais préféré faire autre chose sur ce lit que rester allongée dessus à tuer le temps, dit-elle innocemment.

Malade mais toujours prête pour les sous-entendus et la tentation ! Parfois, c'est vraiment dur de lui résister ! Je l'embrasse pour la énième fois depuis ce matin. La porte s'ouvre et je m'éloigne comme si ses lèvres étaient faites de feu. Bella prend un magazine people sur sa table de chevet.

-Je vous remercie d'être passé me voir docteur Withlock. Vos renseignements sur l'opération m'ont été très utiles. Je me sens beaucoup plus… détendue maintenant.

Ce qui est loin d'être mon cas, juste ici

-Je ne fais que mon devoir mademoiselle Swan. Nous nous reverrons d'ici cette après-midi. En attendant, restez à jeun et suivez bien les consignes préopératoires.

Je la salue elle et l'interne qui est arrivé. Je ne pense pas qu'il ait des soupçons. Bella est une très bonne actrice et sait que ma carrière est en jeu. Elle reprend son rôle de patiente quelconque très au sérieux lorsqu'il y a du monde !

Je marche vers le bloc opératoire tout en pensant aux dernières semaines. Je l'ai vue pour la première fois, il y a de ça neuf semaines alors qu'elle venait passer des examens médicaux pour son cœur. Suite à une malformation cardiaque, elle a dû subir plusieurs greffes. Tout se passait bien jusqu'à ce qu'elle fasse un arrêt. Je l'ai choquée deux fois et son cœur est reparti. Ce n'était qu'une simple patiente à l'époque. Un cas parmi tant d'autres. Et un soir, nous nous sommes retrouvés seuls dans l'ascenseur qui a choisi ce moment précis pour tomber en panne. Une agréable tension est alors apparue entre nous.

La première fois, je l'avais vue pratiquement nue avec sa blouse d'hôpital, allongée sur ces draps blancs, impersonnels et froids. Mais cette fois-ci, c'était différent. Elle était habillée plus chaudement avec un des pulls qu'elle a elle-même tricoté. Elle était vraiment jolie avec de belles rougeurs sur les joues qui la rendaient moins malade. Elle a commencé à me faire du rentre-dedans de façon subtile et innocente. Je ne sais pas ce qui était différent des autres femmes mais j'ai craqué pour elle ce jour-là. Quelque chose en elle avait su atteindre mon cœur et le toucher profondément. Ce n'était plus seulement une contraction musculaire qui le faisait battre, mes sentiments pour elle semblait créer une raison supplémentaire et inexplicable de ses battements, me rendant plus vivant.

Ce fameux jour, je devais rentrer chez moi et elle voulait prendre l'air. N'étant pas accompagnée par un membre du personnel médical, je l'ai trouvée très imprudente et j'ai commencé à prendre soin d'elle. Pas le même type d'attention que devrait apporter un médecin à sa patiente. Lorsque nous avons été libérés de cet ascenseur, je lui ai donc fait sa balade en fauteuil roulant et on a encore discuté et fait connaissance.

Les balades sont devenues des petits trous dans mon emploi du temps où on jouait ensemble ou discutait, puis des soirées, puis des nuits passées à son chevet, puis au bout de quelques semaines, je me retrouvais allongé à côté d'elle dans son lit.

Pas à un seul moment, je n'ai pensé à notre relation médecin/patiente qui est défendue dans le milieu. Je la voyais malade, certes, mais avant tout c'était une jeune femme vraiment séduisante à mes yeux. Et plus le temps passe, plus cette idée se confirme. Je n'ai pas l'impression de faire quelque chose de mal. Lorsqu'elle est avec moi tout semble si naturel…

Mais il y a deux semaines, une résidente a couché avec un patient et s'est fait renvoyer pour faute grave. À ce moment-là, j'ai pris conscience de ce que je faisais. Je me suis fait plus discret. Et depuis que je suis moins insouciant, il me semble que les risques sont plus présents que jamais. Par cinq fois nous avons bien failli être pris sur le fait. De plus, nos regards peuvent nous trahir davantage à mesure que nos sentiments se confirment.

Aujourd'hui elle est en attente d'une nouvelle greffe. Mais son état empire. La liste est longue et les donneurs peu nombreux. Le placement d'un pacemaker aidera son cœur à tenir un peu plus longtemps mais pas indéfiniment. Je sais que je pourrais la perdre d'ici peu de temps. Ce n'est qu'une solution provisoire mais elle lui permettra également d'avoir un petit plus d'énergie et d'obtenir un meilleur mode de vie. Elle pourra commencer à se déplacer à nouveau même s'il faut limiter les efforts mais ce sera toujours mieux que de rester allongée toute la journée sur un lit.

J'arrive dans la salle de préparation, adjacente au bloc. Alice Brandon, mon interne pour la journée, est déjà présente. Elle semble très nerveuse. Elle est très douée mais semble vraiment limitée en ma présence.

-Détendez-vous docteur Brandon. Une fois dans le bloc, vous oublierez que je suis là ! Nous avons une vie à sauver et un cas vraiment rare à étudier. C'est une chance à saisir !

Elle rougit et bégaie en voulant me remercie. J'apprécie la petite qui a vraiment du potentiel. Sauf quand je suis là, ce qui est vraiment dommage car j'aurais adoré travailler avec elle. Je suis certain qu'elle pourrait faire une excellente cardio-chirurgienne.

-Que quelqu'un m'apporte un café avant de commencer ! Merci !

° ° °Le cœur gouverne la raison° ° °

Je bois tranquillement un nouveau café après ma longue douche. Il est temps d'aller opérer ma Bella. D'un certain côté j'aurais préféré ne pas avoir à le faire. Opérer une personne qui nous est proche est toujours plus dur qu'un simple nom dont on n'a jamais entendu parler et dont on n'en entendra plus jamais parler ensuite. Mais même si je ne doute pas des compétences de mes confrères, je ne peux pas la laisser entre leurs mains. Je sais que je suis le meilleur de tout le pays. Ce n'est pas l'arrogance qui me fait dire ça, c'est un simple constat de la réalité. Du coup, même si cela me sera difficile, je sais qu'elle aura davantage de chance de s'en sortir avec moi.

Je me lève et pars en direction du bloc. Je me prépare rapidement, les infirmières m'aidant à terminer de m'habiller. Je me place à côté de Bella qui a l'air stressée.

-Détendez-vous mademoiselle Swan. Je vous ai expliqué que tout devrait bien se passer.

Elle hoche la tête.

-C'est juste que… Je n'aime pas le fait d'être éveillée pendant que vous m'ouvrez la poitrine. Lors des greffes tout ceci est moins… impressionnant.

-Je comprends tout à fait. Mais je suis là, on parlera pour que vous vous calmiez durant la pose de votre pacemaker.

-D'accord, sourit-elle. Mais ça ne risque pas de vous dérangez ?

-Je fais ça souvent. Évitez seulement de me parler de choses vraiment distrayantes.

Je lui lance un regard plein de sous-entendus et le rythme cardiaque de Bella s'enflamme. Elle rougit et regarde ailleurs. Je souris de l'effet que je lui fais.

-Prête ?

-Je le suis. Vous pouvez y aller. Évitez juste de me montrer les aiguilles.

Je fais un signe à l'anesthésiste qui fait son travail sur la zone spéciale. Bella me regarde durant ce moment peu agréable et je l'encourage tacitement. J'aimerais lui prendre la main pour la soutenir moralement sauf que ce serait trop intime et risqué par rapport à l'hygiène.

-Et si nous mettions un peu de musique, proposé-je.On a The Story de Brandi Carlile ? S'il le faut, je l'ai sur mon MP3. Il doit être dans mes affaires dans la salle de repos.

Une infirmière part le chercher et reviens avec mon appareil. L'anesthésiste a fini son travail et les premières notes de guitare s'élèvent dans le bloc. C'est une chanson magnifique et les paroles ne cessent de me faire rappeler mon histoire avec Bella.

-Scalpel, demandé-je.

Je commence à inciser la poitrine de ma Bella. Je sens le poids de son regard sur mon visage concentré. Cela ne me perturbe pas, au contraire. Cela me rappelle pourquoi je suis là et pourquoi je dois me concentrer.

All of these lines across my face
Toutes ces lignes sur mon visage
Tell you the story of who I am
Te racontent mon histoire
So many stories of where I've been
Toutes ces histoires d'où je suis allé
And how I got to where I am
Et comment je suis arrivé où je suis
But these stories don't mean anything
Mais ces histoires ne signifient pas grand chose
When you've got no one to tell them to
Quand tu n'as personne à qui les raconter
It's true... I was made for you
C'est vrai... Je suis fait pour toi

Je jette un regard sur Bella qui me fixe intensément. Je crois qu'elle a peur de comprendre pourquoi j'ai choisi cette chanson en particulier. Tous nos moments passés ensemble, ces heures à discuter… Elle me connait mieux que quiconque désormais et je veux qu'elle le sache. Elle sait ce que je cache derrière mon masque froid, ce que je cache au plus profond de moi, pourquoi j'ai choisi d'être médecin. Pourquoi je m'occupe des cœurs malades ou brisés… Même si elle ne peut pas forcément comprendre, au moins, elle le sait contrairement à d'autres.

I climbed across the mountain tops
J'ai grimpé au sommet des montagnes
Swam all across the ocean blue
Nagé à travers l'océan
I crossed all the lines and I broke all the rules
J'ai traversé toutes les routes, et brisé toutes les règles
But baby I broke them all for you
Mais bébé je les ai brisées pour toi
Because even when I was flat broke
Parce que même quand j'étais épuisé
You made me feel like a million bucks
Tu me faisais me sentir infiniment bien
You do
Tu le faisais
I was made for you
J'ai été fait pour toi

Je vois directement son cœur battre plus intensément. Je crois maintenant qu'elle comprend. Elle n'est pas la seule à aller mieux quand on est ensemble. Les études de médecine sont longues et difficiles mais une fois que l'on a tous ses diplômes, la pression ne s'arrête pas pour autant. Il arrive parfois que l'on soit à bout. J'étais à bout mais tu es entrée dans ma vie et comme le dis si bien la chanson, tu me fais sentir infiniment mieux.

La plus belle partie de la chanson reste à venir. Le couplet qui mettra fin à ses doutes, si elle en a encore, sans pour autant dire les choses explicitement. Je souris à cette pensée. Heureusement, personne ne le peut le voir derrière mon masque.

You see the smile that's on my mouth
Tu vois le sourire qui est sur ma bouche
It's hiding the words that don't come out
Il cache les mots qui ne sortent pas
And all of my friends who think that I'm blessed
Et tous mes amis qui pensent que je suis heureux
They don't know my head is a mess
Ne savent pas que ma tête est un désordre
No, they don't know who I really am
Non, ils ne savent pas vraiment qui je suis
And they don't know what
Et ne savent pas ce que
I've been through like you do
J'ai traversé, comme tu sais
And I was made for you...
Et j'ai été fait pour toi...(*)

Un autre couplet reprend le premier puis la chanson prend fin. Je suis toujours concentré sur mon travail. Une autre chanson se met en route grâce à la lecture aléatoire. Je vois le cœur de Bella se calmer et je continue mon opération.

° ° °Le cœur gouverne la raison° ° °

Après une heure et demie d'opération, je referme sa poitrine.

-Et voilà, dis-je alors que je coupe le dernier fil de suture. Il n'y a plus qu'à surveiller maintenant.

-Merci docteur Withlock.

Elle me fait un sourire resplendissant et rempli d'espoir. Je sais pourquoi… Après ça, elle va pouvoir quitter l'hôpital et nous pourrons enfin passer une nouvelle base ensemble !

-Nous nous reverrons dans la soirée mademoiselle Swan pour un premier contrôle.

Je fais signe aux infirmières qu'on peut l'emmener. On me retire mes gants et je récupère mon MP3. Je file dans la pièce adjacente où je me nettoie et retire tous les vêtements d'intervention.

° ° °Le cœur gouverne la raison° ° °

Je la regarde préparer ses affaires avec une joie non dissimulée. La voir debout et en meilleure forme me transporte de joie. Elle ne ressemble plus à la même jeune femme épuisée qu'elle a été dix jours auparavant. J'aime la magie de la chirurgie. J'aime aussi quand la médecine fait des miracles.

Je soupire de bonheur. Elle se retourne et me sourit.

-Qu'as-tu prévu pour nous ? C'est notre première soirée ensemble en dehors de tout ça…

Elle désigne l'ensemble de la pièce. Je la rejoins et la prends dans mes bras.

-Qu'aimerais-tu qu'on fasse ?

Elle se mord la lèvre. Hummm… Tellement tentante ! Je me penche et l'embrasse sans retenue. J'explore sa bouche avec un désir inégalé. Elle gémit contre ma bouche et se colle contre moi. Une jambe passe entre les miennes et son bassin vient contre ma jambe. Elle se frotte contre moi et je ne peux résister plus longtemps. Je quitte ses lèvres, nous laissant à bout de souffle tous les deux et lui prends le poignet. Je la conduis dans la petite salle de bains privative. Je ferme la porte derrière nous et la colle comme il y a deux jours contre le même mur.

-Tu me rends fou Bella… Tu ne sais pas à quel point j'ai envie de toi.

-Montre-le moi alors…

Je la regarde dans les yeux. Bon dieu ! Ses pupilles sont complètement dilatées et mon esprit s'occupe en imaginant combien elle est excitée plus bas… Mon ventre se contracte au souvenir de son centre se frictionnant contre ma cuisse. Je prends une profonde inspiration pour me calmer.

Je plonge à nouveau mon regard dans ses yeux gourmands. Ils trahissent son impatience et son attente. Je détourne la tête pour ne plus la sonder. Mon esprit salace s'imagine une chatte en chaleur, en position de lordose, la queue dégagée pour faciliter l'accès à son sexe pour une éventuelle pénétration. Je m'en veux de me représenter ça, de la rabaisser au stade d'animal ne répondant qu'à ses instincts et dépourvu de raison.

-Tu es encore fragile, Bella. N'en demande pas trop tout de suite à ton cœur.

Elle claque sa langue sur son palais.

-Ça fait plus de deux mois qu'on attend ça ! J'en ai marre d'être la patiente faible ! Marre que tu te réfugies derrière mes problèmes de santé pour ne pas me toucher comme tu toucherais une femme ! Je ne suis pas suicidaire mais je commence sérieusement à péter les plombs ! Mes hormones me font bouillir de l'intérieur. C'est difficile de te regarder dans ta fichue blouse blanche qui me donne des bouffée de chaleur… Toi, tu as l'air toujours si… prudent. Distant et proche à la fois…

Elle regarde ses pieds. Derrière sa colère je sens que je l'ai blessée.

-Tu crois que je n'ai pas envie de toi, demandai-je surpris.

-C'est parfois l'impression que ça donne. Mon cœur doit faire retomber ta dose de testostérone.

Je ne sais pas si sa dernière phrase était pour se rabaisser elle ou rabaisser ma virilité. Je me sens vexé malgré tout et peiné pour elle. Elle ne se rend pas compte de la manière dont je la perçois.

Je m'approche et relève son visage en passant deux doigts sous son menton. On se fixe intensément et elle finit par céder la première.

-Je suis désolée, dit-elle plus doucement. Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Mais parfois, j'ai l'impression de ne te faire aucun effet ici

Elle désigne la partie située sous ma ceinture.

-Imagine un peu que tu essayes de tout faire pour me séduire et que je ne mouille pas du tout… Qu'en penserait ton égo ?

Je ne réfléchis même pas à sa question et la prends dans mes bras.

-Tu ne peux pas savoir l'effet que tu me fais. Si je te montre pas ce que je ressens ce n'est pas parce qu'il n'y a rien mais parce que j'ai peur… de ne pas me contrôler. J'ai toujours pensé comme un médecin amoureux, pas comme un homme. Ta sécurité… Je dirais plus : ta vie passe avant mes sentiments et mes envies.

-Et les miens, y as-tu pensé dans tout ça ?

Je souffle et la regarde droit dans les yeux.

-On se fait ce resto et on voit où ça nous mène après. Tu es d'accord ?

Elle fait mine de réfléchir.

-On peut peut-être avoir un avant-goût avant, propose-t-elle timidement.

Je ne veux pas la vexer et j'ai vraiment besoin d'elle. Ma raison est en train de flancher…

-À la moindre douleur, tu m'arrêtes compris ? Ce sera déjà assez imprudent comme ça…

-Oui docteur, s'exclame-t-elle avec joie et excitation.

Sans plus de réflexion, je me jette sur ses lèvres. Je la goûte comme si c'était la première et la dernière fois que j'en avais l'occasion. Elle ne perd pas de temps et déboutonne ma blouse avec une faim sauvage. Son baiser fait preuve d'impétuosité. Je retire mes mains de son corps pour qu'elle fasse glisser mon vêtement. Celui-ci s'échoue sur le sol tandis que ses mains s'attaquent à ce qu'il reste sur moi. Elle fait passer mon haut par-dessus ma tête. Ses doigts caressent délicatement mon torse et tracent des cercles sur mes tétons. Puis elles migrent vers le bas, suivent le contour de mes tablettes de chocolat et jouent avec les poils qui dépassent de mon pantalon. Elle pose sa main sur ma protubérance qui cherche à être libérée tandis que les miennes se laissent guider par les courbes de son corps. Je grogne de plaisir et me sépare de ses lèvres. Mon bassin, par automatisme, cherche davantage de contact avec la source de plaisir.

-Suis-je assez démonstratif de l'effet que vous produisez sur moi mademoiselle Swan ?

Elle rit.

-J'ai besoin de voir ça de plus près, si vous me le permettez docteur Withlock.

-Je suis tout à vous… Faîtes de moi ce que vous voudrez. Je suis déjà là, à vos pieds, bravant toutes les limites et les interdits que je m'étais posés.

Elle se mord la lèvre et tire sur les ficelles qui servent à retenir mon pantalon. Elle le laisse tomber sur le sol. Je me penche et retire tout ce qui entrave l'enlèvement de ce vêtement. Je me retrouve en boxer devant elle, toujours habillée.

J'aurais préféré qu'elle porte encore une de ces horribles blouses hospitalières afin d'aller plus vite. Mais elle est là avec son chemisier blanc avec de la dentelle et son trois-quarts en jean bleu clair. Je commence par la déchausser et abaisse son bas. Un joli tanga de satin rose et de dentelle noire apparait. Je grogne à cette vue des plus sexy.

Je vire de mon champ de vision ce chemisier. Elle se retrouve en sous-vêtement devant moi. Je n'ai pas de mot pour décrire combien elle est sublime mais j'imagine que mon regard doit tout avouer sur mes pensées. Je remarque les brûlures laissées sur la peau blanche de sa poitrine. Elles ont été causées par les palettes des défibrillateurs, leur forme ne trompe pas. Et malgré cela, rien ne peut gâcher son extrême beauté.

Bella me pousse contre le mur et s'agenouille devant moi. Je baisse les yeux sur elle. Mon dieu… Peut-on faire plus érotique ? J'ai la meilleure vue du monde sur son décolleté mis en valeur par son soutien-gorge push-up. Ses seins sont fermes et ronds naturellement, j'ai déjà eu l'occasion de les voir. Mais là… ils sont parfaits…

Elle embrasse mon érection par-dessus le mince tissu de mon boxer puis le fait glisser jusqu'à mes pieds. Je n'ai pas eu de rapports depuis trois mois… et elle s'attaque à moi directement de cette manière. Elle n'a pas encore commencé mais j'ai déjà envie de venir rien qu'à l'idée.

Elle fait tourner sa langue sur mon gland et le prend en bouche. Oh. Mon. Dieu !

-Bella, soufflé-je en poussant contre sa bouche.

Elle se retire et me sourit. Puis elle recommence prenant une plus grande partie de mon membre. Elle fait ainsi quelques va-et-vient. Je halète tandis qu'elle me fait le plus grand des biens. Elle embrasse et lèche ensuite mes bourses tandis que sa main remplace sa bouche.

Dieu ! Dieu ! Dieu qu'elle est douée !

Je prends de grandes inspirations puis expire lentement l'air pour me calmer. Mais tous mes muscles se tendent malgré tout. Je sens un nœud dans mon ventre. Tous mes sentiments pour Bella me donnent des fourmillements dans l'estomac. L'amour platonique n'a plus rien à voir à ce que nous faisons maintenant. Le sexe rend les choses meilleures. Et sans ces choses, le sexe ne serait pas aussi bon.

Bella continue toujours sa douce torture. Ses attentions se sont reportées à ma turgescence, plus dure que jamais. L'une de ses mains malaxe mes testicules tandis que son autre main caresse mes fesses.

-Bella, arrête-toi s'il-te-plaît.

Je sais que mon contrôle me permet de me retenir encore longtemps mais j'ai d'autres projets que de venir dans sa bouche. Cependant, elle n'arrête pas sa douce torture.

-Bella, je ne me dégonfle pas, je t'assure. Je veux juste te faire plaisir à mon tour. Ensuite… si tu le veux bien, nous terminerons ensemble.

Elle lève les yeux vers moi, sceptique. Elle me libère enfin et je me sens vide d'une certaine manière.

-Définition de « terminer ensemble », me demande-t-elle prudente.

-Pourquoi ne pas te le montrer justement ?

Elle fronce les sourcils. Je me mets à genoux également et l'embrasse. Je dégrafe son soutien-gorge et le lui ôte. J'admire sa poitrine nue et caresse ses seins. J'aime leur texture et leur taille est idéale. Sans plus attendre, je me penche et suce l'un de ses tétons. Belle gémit et nous fait allonger sur le sol. La froideur du sol fait durcir un peu plus les extrémités rosâtres de ses seins.

Elle écarte les jambes et je me place entre elle. Je grogne lorsqu'elle se frotte contre moi. J'ai envie de la prendre immédiatement. Je passe à son autre sein et je la dénude complètement pour accélérer les choses. Je descends mes baisers jusqu'à son nombril où je fais tourner ma langue autour. Elle rapproche son bassin encore une fois contre moi.

-Impatiente ?

-Plus de deux mois que j'attends ça avec envie Jazz ! Alors oui je suis extrêmement impatiente…

Je souris et descends davantage. Il y a fin duvet de poils mais le plus gros de son sexe est glabre. J'en embrasse chaque parcelle avec dévotion et amour.

-Combien de temps es-tu restée sous la douche pour être parfaite ?

Elle rit.

-Parce que je suis parfaite ?

Je me positionne pour que nos yeux soient au même niveau. Je veux qu'elle voie dans mon regard combien je l'aime.

-Tu l'es. Et encore, cet adjectif ne te rend pas justice…

Elle m'embrasse avec fougue et colle son intimité contre mon érection. Elle crée une délicieuse friction. Nous gémissons à l'unisson.

-Je te veux Jasper. Je te veux tellement, dit-elle désespérément entre deux baisers.

Je ne peux résister à son appel.

-Je n'ai pas de préservatif sur moi.

-Je porte un implant et je n'ai aucune maladie sexuelle. Ce n'est pas écrit dans mon dossier ?

-Non mais je te fais confiance.

Je caresse sa joue.

-Je ne fais pas ça avec tout le monde Jasper. Je veux dire… être imprudente au point de faire ça sans protection sans qu'on ait fait de test avant. C'est juste avec toi… Je ne sais pas ce qui m'arrive. Quand je te vois… c'est comme si mes désirs, mes pulsions… Tout passe avant ma raison. Comme s'il n'y avait plus que mon cœur pour décider la manière dont je dois agir.

Ses yeux chocolat abritent une lueur de peur. Elle aussi serait effrayée par l'intensité de ses sentiments ?

-Je ressens la même chose. J'avais encore quelques bribes de raison il y a une heure mais… tu es la tentation, l'interdit et le paradis réunis. Tu me fais vivre et ressentir des choses que je ne soupçonnais même pas avoir en moi avant. J'étais toujours prudent avec tout et concentré sur mon boulot. Tu m'as permis d'être moins… psychorigide. Je n'avais pas l'impression d'être comme ça avant. Mais en l'espace de neuf semaines, tu m'as transformé. J'aime certaines parties et d'autres beaucoup moins. Je ne voyais pas mes patients comme des personnes mais comme des cas, des problèmes où l'on cherche la solution pour le résoudre. Je ne ressentais pas grand-chose à la perte d'un malade, je prenais ça comme un échec personnel comme si je n'avais pas trouvé la solution à temps et non pas comme la perte d'une personne, un être vivant.

Je marque une courte pause. Je veux lui dire que je l'aime. Je voulais le garder pour le restaurant mais je sens que c'est le bon moment…

-Ton entrée dans ma vie est l'électrochoc qui a fait battre mon cœur Isabella Swan. Je vais te dire ce que je n'ai jamais dit à personne auparavant.

Je la vois retenir son souffle.

-Je t'aime.

Elle expire l'air prisonnier de ses poumons. Elle me fait le plus sourire que je n'ai jamais vu sur les lèvres de quiconque. Je ne peux qu'y répondre de la même manière. Une larme de bonheur s'échappe de l'un de ses yeux. Mon cœur lui, semble beaucoup plus léger, comme libéré d'un poids immatériel.

-Oh ! Docteur Withlock ! Je vous aime également ! Vous êtes celui qui a fait repartir mon cœur, celui pour qui il battra jusqu'à la fin ! Fais-moi tienne Jasper ! Je ne veux plus attendre !

L'instant ne semble pas parfait, il l'est réellement. Je me positionne à son entrée et la pénètre doucement, comblant le vide à l'intérieur d'elle. Nous étouffons nos gémissements dans un baiser.

J'arrive au fond de son antre facilement. Je n'ai pas pu la préparer avant à ma manière mais elle est complètement trempée, excitée par moi. Mon seul regret dans l'histoire est de ne pas avoir pu la goûter mais nous aurons tout le temps plus tard pour faire ça. Je suis déjà heureux rien qu'à cette perspective d'un avenir commun.

J'attends un peu, profitant des sensations que Bella m'offre et lui laissant le temps de s'habituer. Elle est tellement accueillante et chaleureuse. J'ai envie d'y rester éternellement. Elle m'enlace avec ses jambes. Nous nous ressentons davantage dans cette position. Bella passe ses mains sur mes omoplates afin de me serrer au plus près d'elle. Je sens son cœur battre contre ma poitrine, qui bat à l'unisson du mien. Ils chantent l'amour que l'on se porte mutuellement.

-Jazz, se plaint-elle.

Je commence à me mouvoir dans des gestes lents et profonds. Nous ne cessons pas de nous regarder tandis que je lui fais l'amour. Les yeux sont le miroir de l'âme. Je comprends enfin la véritable signification de cette expression. Je lis en elle comme un livre ouvert. Je ressens ce qu'elle veut me faire passer. Je perçois sa volupté, son amour, son bien-être… Comme si son corps, son cœur, son âme n'avaient plus aucun secret pour moi.

Je donne un coup de reins un peu plus brutal que précédemment. Bella cambre son dos et ferme les yeux. Ses muscles se resserrent autour de moi. Je respire un grand coup, m'enivrant de la fragrance qu'elle dégage. Une odeur aphrodisiaque. Un mélange de sexe et de son odeur personnelle, acidulée et florale.

Je vais bientôt venir et j'accélère le mouvement. De plus, je fais glisser une main le long de son corps jusqu'à notre point de fusion. Je caresse son paquet de nerfs hypersensible. Ses ongles s'enfoncent dans ma peau sans que cela me gêne et un cri d'extase sort de sa bouche. Ses parois se contractent autour de mon membre.

-Oh…

Je grogne de plaisir.

-Bella… je vais… bientôt… venir, dis-je entre chaque pénétration.

-Moi aussi…

-Jouis avec moi mon amour.

Je caresse toujours son clitoris. Son vagin se resserre de plus en plus rapidement et de plus en plus fort autour de moi. Je ne tiens plus et dans un dernier mouvement, je jouis au fond de ma Bella. Son orgasme explose en même temps que le mien. Elle étouffe son cri en mordant dans mon épaule tandis que son antre m'enserre de la manière la plus exquise. Je m'effondre sur son corps recouvert d'une fine pellicule de sueur. Cependant, je me retiens un minimum pour ne pas peser de trop sur elle.

Nous reprenons notre respiration dans la quiétude de la salle de bains. Nos cœurs battent à la chamade. Mon corps se détend doucement après cette magnifique partie de jambes en l'air. Je me sens planer au-dessus des nuages. L'amour donne des ailes. Voilà encore une expression dont je viens de découvrir la signification. Je ne m'étais jamais senti aussi bien après avoir… fait l'amour ? Car c'est bien ce que nous venions de faire, n'est-ce pas ?

Je me retire de Bella et le geste me donne mal dans le dos. J'admire ma beauté qui ne s'est toujours pas remise des évènements. Je caresse doucement son visage. Ses lèvres se retroussent dans un sourire.

-Laisse-moi juste encore deux minutes, le temps de récupérer. C'était tellement…

Elle ouvre les yeux. Ils sont brillants et expressifs.

-Vous ne cessez de me surprendre docteur Withlock. Attendre a rendu les choses tellement meilleures.

-Je ne suis pas sûr de pouvoir attendre aussi longtemps la prochaine fois, dis-je d'une manière salace.

-Ça tombe bien parce que moi non plus…

Je blottis ma tête dans son cou et y dépose quelques baisers avant de me relever. Je l'aide à se mettre debout. On s'enlace et s'embrasse une dernière fois. Je découvre dans le miroir que j'ai le dos complètement griffé. La douleur que cela me procure me réconforte et me rappellera un bon moment ce que nous venons de faire. Je me rhabille avec un large sourire aux lèvres. Bella en fait de même.

Je sors de la salle de bains le premier et croise le chef du service de chirurgie, le docteur (ou tyran) Charles Anderson. Il est assis sur le lit et me regarde d'un air sévère. Je me retourne vers Bella. Elle a encore des rougeurs sur les joues dues à nos activités extra-médicales.

-Tu as signé le formulaire de sortie, lui demandé-je en chuchotant.

Elle avale sa salive. Elle sait que je vais avoir des ennuis.

-Une infirmière était censée me l'apporter. Elle a dû passer pendant qu'on…

Merde ! La poisse…

Je me retourne vers mon chef.

-Mademoiselle Swan, votre formulaire de sortie vous attend à la réception, dit-il sur un ton aimable qui ne concorde pas avec son regard.

Il a toujours cet accent anglais qui a dû faire craquer plus d'une femme. Aujourd'hui encore, malgré ses cheveux poivre et sel, il a toujours cette classe typiquement british qui les rend folle et qui le rend respectable aux yeux des autres hommes. De plus, il possède une aura vraiment imposante. Beaucoup de médecin le craignent et ils ont bien raison. Cet homme peut être vraiment infect.

Bella sort de la pièce sans rien dire. Lorsque la porte se referme, le docteur Anderson se lève. Nous nous fixons dans les yeux. Il n'est pas question que je détourne le regard le premier. Je sais que je suis le meilleur, il ne peut pas me virer. Je suis intouchable de ce côté-là. Je suis l'une des principales raisons pour lesquelles on vient se faire soigner dans cet hôpital plutôt qu'un autre dans le pays lorsqu'on a un problème cardiaque. S'il me vire, la fréquentation de son service diminuera considérablement.

-Vous vouliez me dire quelque chose chef ?

-Rien si ce n'est que je ne veux pas que quelqu'un l'apprenne. J'ai déjà tout prévu avec l'infirmière qui m'a prévenu de vos extravagances. Elle ne dira rien à personne, je m'en assure personnellement. Faites croire que vous et mademoiselle Swan, vous êtes retrouvés en dehors de l'enceinte de cet établissement par hasard ou je ne sais quoi. Inventez, soyez créatif mais je ne veux pas que cet incident se propage. Sinon, je serais obligé de prendre les mesures nécessaires pour garder mon statut autoritaire. Me suis-je bien fait comprendre ?

-J'ai très bien entendu, chef, acquiescé-je. Je comprends parfaitement votre point de vue.

-Je déteste être dépendant d'une personne et encore plus ne pas remplir mon devoir de chef de chirurgie. La prochaine fois que mademoiselle Swan viendra se faire soigner, vous pourrez la présenter comme votre petite-amie ou je ne sais quoi, mais vous ne vous mêlerez pas de son cas. Un seul coup d'œil sur son dossier et je la vire de cet hôpital, peu importe son état. Je n'ai jamais plaisanté avec les règles et vous venez d'en transgresser une. Si vous n'étiez pas aussi doué dans votre catégorie, je vous aurez licencié sur le champ et j'aurais réduit à néant votre réputation. Je suis très influent, vous le savez. Je peux faire en sorte de tripler les offres sur une tête comme je peux faire en sorte que cette même personne ne soit jamais engagé nulle part ailleurs que dans un fast-food !

Bella frappe à la porte. Il lui dit de patienter quelques minutes. Il se rapproche de moi et me regarde dans les yeux. Ils sont d'un bleu glacial, comme sa personne…

-Ne vous inquiétez pas trop si votre travail sera un enfer les prochaines semaines, voire les prochains mois. Je n'ai pas encore décidé combien de temps je vous ferais payer votre comportement peu professionnel mais cela vous coûtera cher. Très cher.

Je hoche la tête. Il se dirige vers la porte.

-Et tâchez de profiter et de prolonger au maximum votre relation avec cette fille. Si vous devez souffrir au travail pour votre relation, il serait bête d'y mettre un terme comme pour cette résidente il y a peu de temps. Et il faudra bien quelqu'un pour vous soutenir en rentrant chez vous avec tout ce que je vais vous faire vivre. Au revoir docteur Withlock.

Il sort de la pièce, me laissant perplexe. Je ne l'ai jamais vu parler de la vie privée de quelqu'un avec qui que ce soit. Il a quelque chose dans son ton qui me fait penser qu'il a vécu ce genre de chose mais également qu'il a l'air seul. Peut-être est-ce pour cela qu'il ne m'a pas viré non plus ?

Bella arrive et me prend dans ses bras, l'air soucieuse.

-Tu vas avoir des ennuis, me demande-t-elle doucement.

Je hausse les épaules.

-Peu importe. Les risques en valent la chandelle, crois-moi !

Elle rit doucement.

-Je ne crois pas que ce soit l'expression exacte docteur Withlock.

-Peu importe mademoiselle Swan. L'idée est là…

Je l'embrasse rapidement.

-Je suis venu en moto. Je ne veux pas donner à ton cœur des raisons supplémentaires pour lui provoquer de grands frissons. Quelqu'un peut te ramener ?

-J'ai appelé une amie, elle devrait arriver dans une dizaine de minutes.

-Super alors. J'ai ton adresse mais tu n'as pas la mienne. Tu veux que je te l'écrive quelque part ?

Elle me fait ce sourire érotique. Elle pense à des choses pas très catholiques et j'aime ça !

-J'ai pensé que tu pourrais m'y emmener toi-même après le restaurant.

-J'aime beaucoup cette idée ! J'ai encore de la paperasse à finir pour le boulot et je dois aller voir quelques patients. On se retrouve au restaurant vers dix-neuf heures ?

-Ça me va docteur Withlock. Ensuite j'aurais le droit à une consultation privée et à une auscultation approfondie ?

Je souris de plus belle.

-Comptez sur moi mademoiselle Swan. Je prends toujours soin de mes patients. Mais rappelez-vous que la gynécologie n'est pas mon domaine de prédilection.

Elle rit.

-Ce n'est pas l'impression que j'ai eue.

Je l'embrasse. Je me dis que cette fois-ci c'est vraiment la dernière fois et ensuite je m'en vais.

-Il faut que je file si je veux être à l'heure à notre rendez-vous, propre et bien habillé.

-Peu importe ce que tu mettras tu seras toujours beau.

Je soupire. Je risque de prendre goût à ça. Je m'éloigne doucement de ma belle.

-N'oublie pas que je t'aime.

-Pas autant que moi !

-Ça reste à démontrer mademoiselle Swan, n'oubliez pas que j'ai risqué ma carrière !

Elle lève les yeux et m'envoie un baiser.

-Nous verrons bien. Nous avons tout le temps pour cela !

Je quitte la pièce, totalement sous son charme. Mais une pensée négative s'immisce dans ma bulle de bonheur. Le temps ne sera peut-être pas aussi long qu'on ne le croit. Son cœur doit être impérativement changé au plus vite. Et encore une fois, je risquerai tout pour le lui fournir au plus vite… Après tout, son cœur gouverne désormais ma raison.

~ THE END ~

(*) Traduction et paroles tirées du site Lacoccinelle.