Owen a fini par ne plus se laisser faire par Will.
Celui-ci a finalement un geste de tendresse pour son artificier et amant.
Voici la suite !
Bonne lecture !
Partie 5 :
Le soleil des Etats-Unis tapait dur aussi. Will, adossé contre le mur de l'hôpital militaire, vêtu en civil, fumait.
Son expression, pensive et lointaine, se perdait dans le paysage urbain et paisible de la ville où avait été rapatrié et soigné Owen.
La sonnerie de son portable sonna et le jeune homme décrocha, reconnaissant le numéro de la personne qui appelait.
« -Will, quand reviens-tu ? Demanda une jeune femme, prenant l'initiative de la conversation. Tu es en permission depuis hier. Pourquoi ne rentres-tu pas à la maison ? »
Will garda le silence une seconde et sortant une photo de sa poche, celle d'Owen et lui, dans la chambre du jeune convalescent, il finit par répondre :
« -Je ne sais pas encore. J'ai affaire dans le coin. Dans deux ou trois jours, peut-être. »
Sa femme demeura sans un mot, interdite et dit, au bout d'un certain temps :
« -Tu ne veux pas voir ton fils, Will ? »
Les doigts du jeune sergent-chef froissèrent, avec force la photo d'Owen, à la question. Posant sa tête contre le mur, les yeux clos, une lassitude sur ses traits, il soupira :
« -Embrasse-le pour moi. A bientôt, chérie. Je vous aime tous les deux. »
Avant de raccrocher et de se laisser glisser sur le sol. Un mal de crâne le menaçant. Une ombre lui apporta la fraicheur et cacha le soleil dont la luminosité commença à insupporter le militaire démobilisé.
« -Que comptes-tu faire au sujet d'Owen, Will ? » Interrogea Sanborn, en s'installant à ses côtés.
Will acheva sa cigarette, impassible et écrasa le mégot sur le trottoir, s'attirant le regard outré et désapprobateur d'une infirmière. Il inspira profondément et glissant une main sous son menton, il murmura :
« -Je ne sais pas. Je lui ai promis de le venir chercher à sa sortie de l'hôpital et de passer deux ou trois jours chez lui. Puis il m'a invité à diner chez ses parents. »
Sanborn perçut, nettement, le malaise et les réticences de Will à l'idée de rencontrer les parents d'Owen. Il se fit la réflexion que le petit allait trop vite. Will risquait de s'enfuir.
«-J'ai accepté. » Fit le jeune sergent-chef, d'un ton dénué d'émotion.
Il se releva et d'un pas vif, sortit de l'enceinte de l'hôpital. Sanborn le regarda s'éloigner, un demi-sourire sur ses lèvres, épaté et bluffé par l'audace d'Owen.
…
Les halos des lampadaires trouaient l'obscurité, de leur lumière fantomatique, et renforçaient l'atmosphère paisible et solitaire des rues du lotissement où s'amassaient maisons, gazons et garages.
Will, le torse nu, une bière à la main, scrutait les environs de ses yeux exercés à repérer l'ennemi invisible. Il ne distingua qu'un vélo d'enfant abandonné sur une pelouse et un chat d'un voisin.
Une expression, proche de l'ennui et de l'amertume, s'empara, fugitivement, de ses traits. Compagny « Bravo » avait terminé sa rotation en Irak et le sergent-chef avait été rendu à la vie civile.
« -Tu ne parviens pas à dormir ? Demanda Owen, qui se leva du lit pour le rejoindre. Moi qui croyais t'avoir épuisé pour plusieurs jours… »
Il enlaça son amant par la taille et plus grand d'une tête que Will, il nicha son visage sur l'épaule chaude du jeune brun. Il savoura son odeur, aimant le parfum que dégageait son amant après l'amour : Mélange de sueur et de savon.
« -Non, je ne m'habitue pas à ce silence. Avoua Will, qui, doucement, caressa les cheveux d'Owen. C'est trop tranquille, ici. »
Le jeune sergent-chef frissonna, sous les doigts du jeune blond qui, sournoisement, frôlait la peau de son ventre pour descendre plus bas. Il se mordit la lèvre tellement les sensations étaient exquises et affolantes.
« -Pardon de ne pas habiter le Bronx. Répliqua Owen, un brin sarcastique. Je ne suis qu'un gosse élevé dans une banlieue chic. »
Disant cela, il parcourut, de sa langue, la peau offerte et douce du dos de Will qui ferma les yeux, le désir embrasant ses sens. Les doigts du jeune blond, coquins et traitres, se saisirent de la verge endormie et la réveilla par de petits et brefs effleurements.
Will grogna de frustration et guida la main de son amant, imprimant un rythme soutenu et rapide. La sueur parut sur son front et la langue, avide et curieuse, d'Owen la recueillit avec délice.
Poussant Owen sur le lit, Will promena un regard, lent et sensuel, et un sourire, prédateur, se fit sur ses lèvres. Il s'allongea sur le jeune blond et tendrement, s'enfonça en lui.
Owen gémit, commençant à perdre la tête pendant que Will, haletant, au-dessus de lui, effectuait des mouvements profonds et rapides à la fois. Alternant douceur et passion.
La respiration de son amant acheva le peu de lucidité qui restait chez Owen qui se mit à crier, ses doigts se cramponnant au drap du lit.
« -Will ! Plus vite ! Haleta-t-il, en croisant ses jambes autour de la taille de son sergent-chef. Oh, god ! C'est si bon…Je vais mourir ! »
Il sentit à l'immobilisme de Will que ce dernier allait atteindre le plaisir ultime. Il attrapa Will par la nuque et l'approchant de lui, pria :
« -Reste avec moi ! Je veux partir avec toi, Will ! »
Le jeune brun, une lueur de tendresse traversant ses prunelles bleues, accéda à la supplique de son artificier. Il accrocha son regard à celui d'Owen et se fixant, de leurs pupilles dilatées, les deux hommes jouirent ensemble dans un seul cri.
« -Je t'aime, Will. » Chuchota Owen, ému et des larmes sur ses joues.
Will ne répondit pas, se contentant d'étreindre le corps du jeune blond contre le sien et écoutant le sang pulser à ses oreilles. Percevant le doute et la peine muette d'Owen, il murmura :
« -Je t'aime aussi, Owen. »
…..
Apaisé, Owen lui rendit son étreinte. Will, sentant que le jeune blond s'assoupissait, déposa un baiser sur sa tempe. Il le contempla dormir un moment et se levant, il alla au salon.
Il s'affala sur le fauteuil de cuir, hésita une minute et saisissant son portable, passa un appel.
« -Will ? Répondit une jeune femme, avec la voix ensommeillée. Tu as vu l'heure ? Tu ne dors… »
Mais Will coupa sa protestation, en disant :
« -Je te demande pardon. Je n'ai jamais su t'aimer comme il fallait et je t'ai fait souffrir. Mais j'ai compris à quel point tu comptes dans ma vie. Je sais comment t'aimer maintenant : Une personne m'a ouvert les yeux. Je vais réparer mes erreurs auprès de toi et de notre fils. »
Des sanglots, bouleversés, succédèrent à la déclaration de Will dont les remords et la culpabilité, accumulés depuis sa mobilisation en Irak, le submergèrent.
« -Rentre à la maison, Will. Fit la jeune femme, la voix tremblante. Nous t'attendons, chéri. »
Will souffla avant de raccrocher :
« -Oui, je te le promets. »
…
La maison familiale, où Owen avait grandi, n'était pas exactement une villa classique : Entourée d'un haut portail, comprenant parc et fontaine d'eau, la demeure d'enfance, du jeune artificier, tenait plus d'un château avec plusieurs chambres et escaliers intérieurs.
Will ne sentit point déplacé, malgré sa tenue décontractée : Jean, polo et blouson.
Assis sur un canapé, dans un luxueux salon, il soutenait l'examen circonspect et prudent des parents d'Owen.
Celui-ci, conscient de l'attitude de sa mère et de son père, gardait sa main dans celle de son sergent-chef.
« -Ainsi, c'est à vous que nous devons le retour de notre fils. Commença Mr Eldrige, sans animosité. Owen m'a raconté comment vous avez insisté pour qu'on vienne l'évacuer. C'est noble et courageux de votre part. Je vous en remercie. »
Il eut un sourire chaleureux et sincère de gratitude pour le sauveur de son fils. La franchise, le sourire et la simplicité adoucirent les traits sévères et racés du père d'Owen et allégèrent l'ambiance de la pièce.
La mère, posée et réservée, adressa un gracieux sourire à Will qui le lui rendit, intimidé par l'élégance et la bienveillance de celle-ci.
« -Le parrain de mon fils devrait pouvoir vous épargner la cours martiale. Affirma le père, avec assurance et confiance. D'ailleurs, il vient dîner avec nous. »
Voyant l'effarement et la panique, sous-jacentes, de son petit-ami, Owen eut un regard désapprobateur à l'adresse de son père.
« -Papa ! Pourquoi l'as-tu invité ? Reprocha le jeune blond, un peu sèchement. Ce devait être un repas de famille ! »
Le père se vit épargné une réponse par l'arrivée d'un homme qui lança :
« -Parce que ton père croit toujours que tu es un gamin incapable de jugeote, à tort ! Je ne cesse de le lui répéter ! »
Owen, heureux de voir son parrain, se leva et l'étreignit dans ses bras, un grand et magnifique sourire sur ses lèvres :
« -Jethro, je suis content que tu aies trouvé le temps de venir ! Le NCIS n'a donc pas besoin de tes compétences d'enquêteur ? »
Jethro lâcha son filleul et dévisageant le sergent-chef Will, il lui serra la main pendant qu'Owen faisait les présentations. Ses yeux bleus, vifs et aigues, notèrent le malaise imperceptible de Will et parurent lire au plus profond de ce dernier qui, cependant, ne détourna pas le regard.
Will sut qu'il avait gagné le respect et l'admiration de ce Jethro Gibbs, lorsque celui-ci fit, laconique :
« -Appelez-moi Jethro, Will. »
….
Owen profita que son amant fut accaparé par ses parents, après le repas, pour montrer des photos de lui avec Will à son parrain. Il les fit défiler sur l'écran tactile de son mobile, les commentant et ne se lassant pas de raconter des anecdotes sur son sergent-chef.
Jethro observait les photos de Will, analysant les attitudes et les poses du démineur. Pensif devant une photo, il interrompit Owen :
« -Rien ne t'interpelle, Owen ? »
Déconcerté, le jeune interrogé plissa le front et de l'incompréhension marqua ses jolis traits.
Remarquant la perplexité de son filleul, Gibbs, avec sa franchise habituelle et son tact, déclara :
« -Il réfléchit pour deux : Pour toi et pour lui. Puis, même s'il sourit, il ne me parait pas présent. »
Pris par les doutes, Owen scruta les photos et dut admettre que son parrain avait su déceler une nuance d'amertume et de lassitude dans les sourires et les regards de Will.
Sur toutes les photos, Will avait un geste protecteur pour le jeune blond, insouciant devant l'objectif. Ses expressions étaient, comme l'avait démontré son parrain, empreintes d'un soupçon d'absence.
Owen, glacé par l'évidence, réalisa que son amant n'était pas totalement présent lors de ces instants de complicité et de tendresse.
« -Il est à toi, Owen. Rassura Jethro, en voyant le désarroi de son filleul. Il ne peut qu'être à toi. Il a besoin de toi, sois en sûr. Maintenant, il s'agit de lui donner l'envie d'être avec toi. Il va falloir faire preuve, entièrement, de maturité et d'assumer ton choix. »
Consterné et désorienté par les conseils de son parrain, Owen était parvenu à une seule et unique certitude : Leur couple n'était qu'une illusion.
A suivre.
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