Hé, salut vous :3 j'ai passé le rating K+ à T, pour le contenu un peu plus chaud de ce chapitre par rapport aux autres. J'espère que ça vous plaira quand même n_n.

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Depuis combien de temps la nuit est tombée sur Asgard, Loki l'ignore. A vrai dire, il ne compte même plus les heures qu'il a passé ici, dans ces draps, sans trouver le sommeil. Il lui semble que sa somptueuse chambre dorée se referme sur lui.

Loki se tourne et se retourne sur son lit, et cherche vainement une position qui lui convienne. Mais il a chaud. Il étouffe. Il repousse loin de lui les draps de soie, se lève et ouvre l'une des fenêtres de la pièce. L'air froid qui vient brusquement frapper sa peau nue ruisselante de sueur lui provoque un délicieux frisson.

Aussi loin que remontent ses souvenirs, Loki n'a jamais apprécié la chaleur. Mais depuis quelques temps, c'est différent. La présence de Thor de l'autre côté des murs lui empêche de trouver le repos.

Loki fait quelques pas, et s'arrête devant un miroir pour observer son reflet d'un œil sinistre. La pâle lueur du ciel nocturne lui renvoie un reflet livide, fade et terne. Il détourne immédiatement les yeux, le visage crispé dans une expression de répulsion. Il est si efflanqué, si frêle… Ses fins cheveux noirs retombent si tristement sur ses petites épaules… Il n'a rien de semblable à Thor.

Il se hait. Il se dégoûte. Autant qu'il abomine et maudit les sentiments qu'il a à l'encontre de son frère. Ces visions honteuses d'inceste l'assaillent dès qu'il ferme les yeux, dès qu'il ouvre un livre, dès que son esprit vagabonde par-delà les nuages d' Asgard. Il ne peut même plus se concentrer dans son apprentissage de la magie… !

Loki se laisse retomber au pied de son lit, les yeux perdus dans les étoiles qui scintillent part sa fenêtre.

Il se sent tellement seul…

D'habitude, cela ne l'aurait pas gêné, au contraire. Mais la rapide rétrospective qu'il fait de sa vie à cet instant lui donne un amer goût au fond de la bouche. Il sait pertinemment que Fandral, Sif, Volstagg et Hogun ne le tolèrent uniquement à cause de Thor. Il a conscience de leurs messes-basses à son sujet. Et ils ne sont pas les seuls, il n'en doute pas une seconde. Les murmures des argardiens ne lui échappent pas, pas plus que leurs regards dans son dos quand il traverse les couloirs du palais. Il se sent telle une bête curieuse, comme ces monstres de foire que les humains exposent à la vue de tous.

Il commence à haïr les amis de Thor. Il exècre l'attention que leur porte son frère. Loki veut être le seul, l'unique, son exclusivité. Même si cela le répugne, quelque chose au fond de son cœur lui dit qu'il a droit à cet amour interdit. C'est cette même petite voix qui l'aide à surmonter ces moments de désespoir pur, où il se sent plonger dans des ténèbres à chaque fois plus opaques.

Le jeune asgardien brun serre ses genoux contre sa poitrine et laisse libre court à son chagrin silencieux. Les larmes s'écoulent doucement de ses joues pâles, et disparaissent dans le creux sombre de sa gorge. Il pleure si souvent... Pourquoi? Pourquoi est-il comme cela, si faible? Chaque nuit ressemble à la précédente : colère, dégoût, détresse, frustration.

Il hait par-dessus tout cette frustration. Il n'en peut plus de ce cœur qui bat à la chamade quand Thor tourne son visage dans sa direction.

Son regard si bleu, si riant, si insouciant…

Loki en a assez de détourner les yeux quand il lui sourit. Il en a assez de devoir à chaque instant masquer le trouble qui lui dévore l'esprit, par une pirouette ou une phrase acerbe.

Mais surtout, il n'en peut plus de cette chaleur qui lui monte dans le creux des reins quand il voit la force brute de son frère à l'œuvre. Du frisson qui remonte le long de son échine quand il s'imagine niché dans les puissants bras du jeune guerrier blond dénudé. De ses draps souillés qui lui rappellent chaque matin la honte de ses émotions qu'il juge si malsaines.

Loki dénoue ses longues jambes, se lève quelques instants et se laisse retomber sur sa couche. Puis, il jette le léger drap sur son corps, et enfouit son visage dans l'oreiller.

Si seulement Thor pouvait être là, à ses côtés, dans ce lit si désespérément vide… Si seulement il pouvait sentir ses mains fermes sur sa peau…Si seulement elles pouvaient lui saisir vigoureusement les hanches….Si seulement lui-même pouvait être la cause des halètements du prince héritier, plutôt qu'un quelconque entrainement physique…

Les doigts de Loki, dans un mouvement qu'il ne contrôle plus, commencent à parcourir son propre corps. Ils dessinent ses lignes minces, effleurent sa peau, lui provoquent d'exquis frémissements qu'il ne cherche même pas à réprimer. Lentement, l'une de ses mains descend le long de son ventre…

A cet instant précis, il n'a plus honte. Ne comptent plus que le désir qu'il ressent, son besoin de le satisfaire, et peut-importe ce qu'il en pensera le lendemain matin. Il sait qu'après cela, il se sentira apaisé quelques heures. Il sait qu'après cela, il pourra peut-être enfin dormir.

Mais il sait aussi que le visage de son frère ne le quittera pas dans son sommeil.