À Londres.
Les quatre jeunes hommes émergeaient lentement de leur sommeil. Leur week-end avait été calme, reposant et encourageant. Ils avaient retrouvés le courage de se battre pour Harry et leur groupe. Il était sept heure du matin et ils devaient tous se lever afin d'être à neuf heure à la station de radio la plus écoutée par les anglais pour faire une interview d'une vingtaine de minutes. Puis, ils avaient été convoqués par l'inspecteur Cooper qui avait de bonnes nouvelles.
Louis sortit de son lit difficilement et fila dans sa salle de bains. Il allait clairement mieux. Et physiquement, ça se voyait, il avait meilleure mine. Les grosses cernes qui durcissaient son regard la semaine dernière avaient disparues, la lueur malicieuse de ses yeux, elle avait au contraire réapparue. Il retira son boxer et entra dans sa douche pour y passer dix bonnes minutes. En sortant, il se sécha rapidement et enfila des vêtements propres. Une bonne douche pour commencer la journée était toujours agréable selon lui, ça le réveillait et le mettait de bonne humeur. Il entra ensuite dans la cuisine où son irlandais de meilleur ami ruminait dans ses œufs brouillés à cause de l'heure matinale.
« -Et ben mon petit leprechaun, on est pas du matin, le taquina-t-il en lui secouant les cheveux.
-Mmm ... Grogna le blond.
-Allez, soit joyeux, on voit nos fans aujourd'hui. Si elles sont à l'entrée de la radio, on pourra même leur parler !
-Elles m'aiment pas de toute façon, marmonna-t-il ronchon.
-Tu sais très bien que c'est faux ! T'as vu toutes les mentions que tu reçois sur Twitter ? Et puis il y en a qui sont pas très catholiques, rit-il.
-Je veux pas coucher avec mes fans Louis.
-Vrai, mais tu devrais pas écouter les groupies. Il y a des sites en soutient rien que pour toi et contre les débiles qui vous ont un jour ignorés. Et je suis pas vulgaire parce qu'elles nous supportent un minimum.
-Merci, répondit-il sincèrement.
-A ton service. »
Alors que le plus âgé du groupe allait faire chier les autres membres, Niall songeait à ce que son ami venait de lui dire en terminant ses céréales. C'est vrai qu'il s'était fait ignorer plusieurs fois, des fans se ruant sur Harry ou Liam. Il se sentait bien inférieur à eux, selon lui, il n'avait rien d'extraordinaire. Louis était drôle et avait des yeux bleus gris qui les faisaient toutes tomber. Le pakistanais avait ce côté mystérieux badboy qui attirait bien des filles, et les deux autres étaient les plus convoités, l'un pour ses boucles et son sourire enjôleur et l'autre pour ses muscles et son air de mec malheureux. Lui avait les cheveux blonds teints, des yeux bleus banals, une dentition un peu imparfaite, il n'avait pas d'abdominaux en béton et n'était pas très grand. Il n'avait rien pour plaire, selon lui toujours. Mais beaucoup de fans avaient remarqués ce mal-être et très peu en avaient compris la raison exacte. Pour elles, Niall avait ce rire adorable, ces yeux à s'y perdre dedans tellement leur couleur était envoutante, cet accent irlandais sexy, cette bouille d'ange à croquer et cet appétit qui le rendait si vivant, normal. Il était tout sauf banal selon elles, et beaucoup avaient besoin de lui dire à quel point elles aimaient sa voix douce parfois et grave d'autres fois, son sens de l'humour, sa beauté naturelle, et à quel point elles détestaient ces idiotes qui l'avaient un jour totalement ignorées. Il prenait progressivement confiance en lui en lisant ce genre de message quand ça le prenait. Et il ne pourrait jamais les remercier suffisamment pour ce qu'elles faisaient pour qu'il se sente mieux.
« -Bonjour, asseyez-vous, sourit l'inspecteur Cooper. Comment allez-vous ?
-Un peu mieux après le choc passé, répondit Liam.
-Bien, ça ne sert à rien de ruminer de toute façon. Alors, nous avons passé le week-end à visionner les vidéos surveillance de samedi soir de trois aéroports, ne pouvant pas faire les cinq en si peu de temps. Et on a trouvé quelque chose.
-Dites-nous, le pressa Louis.
-Il a été vu au London City Airport. C'est un aéroport utilisé par les hommes d'affaires en général, donc très peu fréquenté et assez petit. Il est monté dans un jet, il était tiré dans un fauteuil roulant par le même homme que la discothèque ... Nous sommes en train d'attendre un mandat pour pouvoir consulter les registres et savoir où il partait. Nous devrions l'avoir demain. À partir de là, ça devrait aller plutôt vite, nous aurons des noms et une destination.
-Merci, merci beaucoup, gratifia Zayn en serrant la main de l'homme de police. »
Ils étaient sur le chemin du retour pour leur appartement, il n'avait rien à faire cette après-midi. Ils allaient donc simplement se détendre. Grâce à l'entrevue avec l'inspecteur Cooper chargé de l'enlèvement d'Harry, ils se disaient qu'ils reverraient leur ami très vite.
« S'il a le mandat demain et qu'on arrive à savoir où il est, on va le chercher Mercredi ? Demanda Louis excité.
-Qu'est-ce qu'on a mercredi ?
-Un photoshoot et une radio, mais on s'en fiche ! S'exclama-t-il.
-Et Marshal ?
-Je sais pas vous, mais j'ai plus confiance, dès qu'Harry est de retour, j'aimerais qu'on change de manager,intervint Zayn. Donc je suis totalement pour aller le chercher.
-Merci.
-Louis, si jamais il n'est pas en bon état ... S'inquiéta le bouclé châtain clair.
-Soit pas négatif comme ça !
-Liam a raison, faut pas qu'on s'attende à le trouver heureux, en pleine santé et avec une gonzesse à son bras, on serait encore plus mal si ce n'était pas le cas, raisonna l'irlandais.
-Ouais, je sais. »
La conversation dériva quand même sur une note joyeuse car ils étaient réellement pressés de retrouver leur petit de la bande, de pouvoir lui dire n'importe quoi, rire, monter sur scène ou encore voir leurs fans avec lui.
En Grèce, la veille.
« -T'es sure Line ?
-Oui, je veux que tu saches, c'est important pour moi.
-D'accord, se concentra-t-il.
-J'avais dix-sept ans, c'était en juillet, donc ça va faire un peu plus d'un an ... Je suis partie faire de l'escalade sauvage avec ma meilleure amie, Hélène. On adorait ça, sourit-elle malgré la boule qui grossissait dans sa gorge. C'était sur les côtes, pas très loin d'Athènes, dans les bois et sur les falaises. On rigolait beaucoup, il faisait très chaud et nous marchions depuis une heure pour atteindre le mur d'escalade qui se trouvait à encore une heure de route. Alors j'ai proposé une pause, j'avais soif, et envie de fumer à l'ombre. Elle ne voulait pas vraiment s'arrêter ... Elle ... Elle voulait tout faire d'un coup pour qu'on puisse réellement se poser une fois arrivées. Mais j'ai insisté et elle a cédé ... J'aurais jamais dû ... On s'est assise sur des pierres au bord du chemin, il y avait des buissons derrière nous. Elle a commencé à gigoter parce qu'une guêpe lui tournait autour, elle avait horreur de ces bestioles ... Et puis ... Son ... Le caillou sur lequel elle était assise à roulé tellement elle bougeait ... J'ai pensé qu'elle ... Qu'elle allait se prendre les buissons, commença-t-elle à pleurer. Mais en fait les buissons cachaient ... Un ... Une énorme crevasse de pierre ... Elle est tombé tellement vite que ... Que j'ai rien vu venir ... J'ai pas réagi ... Elle était là, à cent mètres sous moi, le crâne éclaté, du sang en coulant, son bras tordu ... J'ai ... J'ai eu beau crier de toutes mes forces, lui envoyer des cailloux pour la réveiller, lui balancer de l'eau ... Rien. Au bout d'une heure à tout tenter ... J'ai ... C'était fini. Elle est mort par ma faute. Je l'ai laissé tomber, l'ai forcé à s'assoir avec moi ... J'ai tout perdu ce jour là ! Ma meilleure amie, ma conscience, j'ai arrêté de voir mes amis, et mon petit ami ... Je voulais pas ... Plus leur faire de mal. Ils adoraient tous Hélène ... Tout est ma faute ! Je me suis renfermée, j'ai changé de lycée, j'ai passé l'année seule à fumer et à bosser. Je suis un monstre, je suis dégoutante, j'ai tué ma meilleure amie ...
-Mélitine, arrête.
-Que j'arrête quoi ? Continua-t-elle de pleurer. Que j'arrête de m'en vouloir, de culpabiliser ? Ils me l'ont tous déjà dit, mes parents, tous les psys que j'ai pu voir, mes amis, mon ex, tous. Mais mets toi à ma place, j'ai pas bougé d'un poil ! Je l'ai regardé se tuer ... »
Le jeune homme était abasourdi et sans mot. Que pouvait-il lui répondre ? Il n'avait jamais vécu quelque chose d'aussi affreux, il n'avait aucune idée d'à quel point elle se détestait, il ne savait pas quoi lui dire pour la convaincre plus que les autres que c'est seulement la faute d'une stupide guêpe et d'une pierre bancale. Il parla donc avec son cœur, franchement.
« -Je peux pas savoir ce que tu ressens, mais je vois que c'est invivable pour toi, et ça me tue. Je ne vais pas essayer de te prouver que tu as tort, ce genre de chose on vit avec. Et toi, tu dois apprendre à le faire. La police t'aurait arrêté si civiquement (ça n'existe pas, mais je savais pas comment dire) tu aurais été responsable de mort d'Hélène, ce qui n'est pas le cas. D'accord tu culpabilises, mais c'est normal non ? Sinon ça voudrait dire qu'elle ne comptait pas pour toi. Mais ça fait un peu plus d'un an, tu l'as dit toi-même ! Je pense que tu t'es assez punie comme ça, et je suis sur qu'elle le pense aussi de là-haut, lui dit-il en la regardant des les yeux. Tu aimerais que je m'arrête de vivre si tu n'étais plus là ? Elle hocha la tête en signe de dénégation. Bien, alors tu devrais reprendre contact avec tes amis, ton ex-copain, et t'excuser. Et tu devrais aussi passer du mode survie à celui de vie.
-Pourquoi je m'excuserais ?
-Parce qu'ils avaient surement aussi besoin de ton support, parce que ton copain devait ou doit encore t'aimer et que tu l'as laissé tomber, donna-t-il plusieurs raisons.
-Merci Harry, tu le meilleur ami que j'aurais pu espérer avoir, dit-elle sincèrement. »
Il sourit pour simple réponse, il était heureux d'enfin connaître le fin fond de ses cauchemars, il comprenait mieux certains de ses actes ou de ses paroles.
PDV Mélitine :
Styles était reparti pour la villa de l'autre fou depuis une heure maintenant. Je ne tenais pas en place et enchaînais les cigarettes à ma terrasse alors que mes parents étaient allé faire quelques courses en ville pour la semaine. J'étais très inquiète ... Je n'avais pas insisté plus de trois fois pour l'accompagner ayant peur de cet endroit et ne voulant pas me disputer avec lui. Il voulait des réponses, c'était normal, mais c'était aussi dangereux vu le caractère colérique du millionnaire propriétaire. Les dernières instructions d'Harry étaient que s'il ne revenait pas dans les trois heures qui suivaient son départ, je devais prévenir mes parents et ils sauraient agir consciemment. Contrairement à moi avait-il trouvé utile d'ajouter. Quel crétin ...
Je songeais alors à la nuit dernière, il savait tout de moi maintenant, mon plus gros secret, ce que je vais faire, mes défauts, mes qualités et moi au final ? Je ne connaissais que ce qu'il y avait à sa surface, son groupe, sa maladie et l'attachement qu'il avait pour ses proches étaient les seules choses personnelles que je savais, et encore, ce n'était pas poussé dans le détail. Il avait intérêt à s'ouvrir un peu plus après l'effort que je venais de faire.
Après une heure et trente minutes passées à ruminer, m'ennuyer et fumer, j'entendis des pas monter les escaliers. Enfin il était là.
« -Harry ? Criais-je en ouvrant ma porte. »
La seule réponse que j'obtins fut une porte claquée. Il venait de s'enfermer dans sa chambre, probablement énervé. Ça c'était donc mal passé. Je soupirais, je lui avais dit que c'était une mauvaise idée, mais il n'était pas d'humeur à ce que je lui rappelle. Je me rapprochais de sa porte et posais mes mains dessus en écoutant. Il ne pleurait pas, mais respirait fort et mal.
« -Harry, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demandais-je doucement.
-Fiche moi la paix Méli. »
Je n'aimais pas qu'il m'appelle ainsi, il faisait ça lorsqu'il était en colère ou énervé contre moi. Seulement je n'allais pas le laisser me marcher sur les pieds. Je m'assis devant sa chambre et attendis patiemment qu'il dise ou fasse quelque chose. Il était têtu, et ça tombait bien, moi aussi. Au bout de dix minutes, je l'entendis se clamer et fredonner les paroles d'une chanson de Kelly Clarkson, My life would quelque chose. Sa voix était ... Inattendue. Vraiment belle, mais je ne pensais pas qu'il pouvait être aussi bon et seulement sur un vague fredonnement à travers une porte. J'étais surprise, agréablement évidemment.
« -Harry, tu veux bien me laisser entrer maintenant, tentais-je.
-Oui, avait-il simplement répondu. »
Je me levais et ouvris la porte de sa chambre. Il était allongé sur son lit, les mains derrière la tête, ses pieds bougeant au rythme de la chanson qu'il sifflait encore. Je m'assis à ses côtés et le regardais. Sa lèvre était fendue et il avait des égratignures sur le côté de sa mâchoire et sous l'œil droit. Qu'est-ce qu'il avait encore fait ?
« -Cris pas, t'affoles pas, ça va, m'arrêta-t-il alors que j'allais protester.
-C'est l'autre fou qui t'a frappé ?
-Ça va je te dis, j'ai pas mal ! »
A Londres.
La sonnette de l'appartement retentit, aucun des garçons n'attendaient de visiteurs. Curieux, Niall se leva du canapé où ses amis jouaient à la console. Il ouvrit la porte d'entrée pour découvrir sa meilleure amie, le teint pale et les yeux cernés, au bord de la crise de nerf. Il referma la porte en sortant sur le palier pour la prendre dans ses bras. Elle avait dû passer le week-end à se torturer par rapport à Liam, il le sentait. Et tous deux avaient besoin de discuter.
La jeune irlandaise pleura dans les bras de son meilleur ami durant de longues minutes, tellement longues qu'ils finirent par s'assoir contre le mur, sur le palier de l'étage. Mais le blond ne voulait pas en rester là, il fallait qu'elle lui explique précisément ce qui la mettait dans cet état.
« -Faut que tu me dises, lui chuchota-t-il doucement à l'oreille.
-Je ... Je sais plus où j'en suis ... Et ... J'en sais rien, je suis totalement perdue ... bégaya-t-elle.
-Tu parles de Liam hein ?
-Oui ... Je l'aime bien, mais notre relation a commencé ... Enfin on a couché ensemble ! D'abord je veux dire ... Ça me rend malade de lui avoir volé sa première fois comme ça.
-Agate, Liam t'apprécie énormément, je ne pense pas que tu lui es volé sa première fois. Tu te prends trop la tête je crois, donna-t-il son avis bien qu'il n'aimait pas trop en parler avec elle.
-Je veux que ça soit sérieux tu comprends, y a eu tellement de cons pendant que tu étais loin ... »
Il se rappelait parfaitement des coups de fils passés à des heures tardives où sa meilleure amie était en pleurs à cause d'un connard qui l'avait jeté après deux semaines de relation et un plan baise. Ça avait détruit la jeune fille à plusieurs reprises, elle s'était sentie humiliée et inutile un grand nombre de fois. Et ça avait tué Niall de ne pas pouvoir réellement agir.
« -Je sais ma belle, aie confiance en lui, c'est mon meilleur ami, si c'était un connard du genre Louis ou Harry, ça ferait bien longtemps que tu le saurais. Il ne se serait même pas approché de toi, lui dit-il confiant.
-Merci faux blond, je t'aime beaucoup ... souffla-t-elle.
-Je t'aime aussi. »
Il l'embrassa sur le front et la serra plus fort contre lui, elle était tellement importante à ses yeux. Jamais il n'avait eu une relation aussi fusionnelle avec quelqu'un. La porte de leur appartement s'ouvrit sur le sujet de leur discussion.
« -Oh pardon, s'excusa ce dernier. Euh ... On s'inquiétait, ça fait vingt minutes que ... Ça va pas Agate ?
-Je vais vous laisser, embrassa-t-il la joue de la rousse avant de rentrer chez lui.
-Qu'est-ce qu'il se passe ? S'inquiéta Liam.
-Je ... Euh ... Ça te dit un café au pub d'en face ? Demanda-t-elle timidement.
-Euh ... Oui ! Fut-il surpris. Je vais chercher une veste et mon porte monnaie et j'arrive. »
Ce dernier s'exécuta. Les garçons à l'intérieur rirent légèrement quand ils virent leur ami leur crier qu'il sortait en courant dans tous les sens à la recherche de ce qu'il avait besoin.
PDV Liam :
Une fois mon cellulaire en poche, je quittai l'appartement avec Agate. Nous étions silencieux, mais je m'inquiétais. Elle avait les yeux rouges et bouffis. Et à en juger par le temps passé avec Niall, elle avait beaucoup pleuré. C'était surement de ma faute ... Nous traversâmes la route et entrâmes dans le pub tranquille à cette heure de la journée. Je commandais deux thés en passant devant le comptoir et allait m'assoir à une table au fond de la grande pièce. Agate s'assit à son tour, tripotant la bague qu'elle avait au majeur. Un silence s'imposa entre nous, je ne savais comment le briser sans la rendre plus mal à l'aise.
« -Je m'excuse d'être partie comme ça Vendredi dernier, j'ai paniqué ... Il paraît que vous avez fait un excellent concert, bravo.
-Merci. Tu ... Qu'est-ce qui ne va pas ?
-Je ... Hum ... Le serveur apporta nos boissons. Merci. J'avais besoin de temps pour comprendre ce que je ressens, ce que tu m'as dit ...
-Ça a été efficace ?
-J'ai ruminé pendant deux jours inutilement avant de me rendre compte que j'avais seulement besoins des conseils de Niall, rit-elle nerveusement. Mais je crois que je sais maintenant.
-Dis moi, attendais-je.
-En fait, on a juste prit un mauvais départ avec cette histoire en Irlande. Et puis ce fameux soir où on a couché ensemble. Mais ... J'ai pas besoin de faire semblant, tu m'attires beaucoup Liam. Avant que ce malaise s'installe entre nous, je passais d'excellente journée à rire, à travailler ou à m'amuser avec toi.
-Je m'en souviens oui, me remémorais-je.
-J'aimerais beaucoup te connaître encore mieux, peut être que nous pourrions passer des après-midi ensemble, ou sortir le soir. Enfin, je ne vois que ça pour que notre relation avance un peu, proposa-t-elle timidement mais très enjouée tout de même.
-Avec plaisir miss. Si tu veux tout savoir, mon deuxième prénom c'est James, j'aime le violet et les chiens. Je vais courir des fois pour me défouler, j'adore les lasagnes et je déteste le nutella, la fis-je rire.
-Très intéressant tout ça dis donc !
-A toi !
-J'ai pas de deuxième prénom, le vert est ma couleur préféré, les chats sont les animaux les plus mignons de la planète. J'adore jouer à XIII sur playstation. J'aime le poulet au curry avec du riz, et le saumon fumé me donne envie de vomir. »
Nous passâmes ainsi la fin de l'après midi à nous raconter des anecdotes sur nos vies, les garçons, et n'importe quel sujet qui nous venait à l'esprit, elle parlait bien plus que moi à vrai dire. Je me sentais vraiment bien à ses côtés. Elle était une oreille attentive, compréhensive et drôle en plus ça. Je savais que j'avais besoin d'elle, ça venait de se confirmer avec certitude.
En Grèce.
« -Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Répéta Mélitine en insistant.
-Tu fais chier, je suis crevée là !
-Ouais, mais il t'a frappé et je veux savoir pourquoi, s'entêta-t-elle.
-Je suis arrivé, j'ai sonné. Tia m'a ouvert, Grant, son mari était en vadrouille, elle s'est excusée pour hier et m'a dit que j'étais arrivé la semaine dernière dans un jet avec son mari et un ami à lui qui habite sur l'île à côté. Elle m'a dit qu'ils se sont engueulés et qu'ils ont décidés de me laisser quelque part sur l'île. Et c'est tout ce qu'elle sait à mon propos. Après son mec est arrivé, il m'a vu, j'ai insisté pour savoir pourquoi j'étais là, il m'a filé une ou deux droites et je me suis barré. Point final, dit-il rapidement et sèchement.
-D'accord, je vais chercher de la glace, mes parents vont se poser des questions s'ils te voient comme ça. »
Elle sortit de la chambre. Harry soupirait, il ne lui restait plus que quatre jours entiers à tenir et après il pourrait appeler ses amis pour qu'ils viennent le chercher. Même s'il allait avoir du mal à quitter Line après tout ce qu'il savait d'elle, à quel point elle était fragile et il avait besoin de la protéger, il avait tout de même hâte de partir. Ça devenait long, les journées se ressemblaient presque toutes et il n'en pouvait plus loin de son groupe, sa famille et ses fans. À bout de nerfs, il craqua. Seul dans sa chambre, il pleura. Toute cette situation l'angoissait, le torturait. Il était fatigué de s'inquiéter, de se poser des questions, de ne pas dormir dans son propre lit, de ne parler à personnes d'autres que les Petridis et ses frères de substitutions lui manquaient vraiment plus qu'il ne pouvait encore le supporter ...
Mélitine entra doucement dans la pièce. Elle posa les poches de glaces au bout du lit et s'assit à côté du jeune homme. Elle était touchée par son comportement. Alors que la veille c'est lui qui la réconfortait, elle prenait à présent la relève en le serrant contre lui. Il paraissait faible et petit dans ses bras.
« -Courage, t'as plus beaucoup à tenir, devina-t-elle les raisons de son mal-être. Et avec un peu de chance, ils t'auront retrouvé avant Samedi. »
Il acquiesça d'un hochement de tête en se détachant d'elle. Sa fierté et sa virilité venaient de prendre un sacré coup. Il attrapa la glace et la posa sous son œil pour empêcher un hématome de se former. Il remercia vaguement son amie, encore déboussolé et elle quitta à nouveau la pièce se sentant inutile et ayant besoin d'une cigarette pour décompresser. Elle se sentait mal de le savoir coincer ici. Maintenant qu'elle savait qu'il ne l'oublierait pas, elle ne voulait plus le gardait pour elle comme elle l'avait voulue auparavant. Et l'avoir vu pleurer pour la première fois devant elle l'avait chamboulé, elle ne voulait que le bonheur d'Harry, et le voir aussi mal était déchirant.
Le soleil se coucha sur la petite île, calmement, la villa s'endormit dans une ambiance lourde. Plus les jours passeraient vite, mieux tout se passerait.
À Londres.
Louis fut réveiller à neuf heures par la sonnerie de son téléphone, il décrocha en marmonnant un « allo » endormi.
« -Monsieur Tomlinson, nous avons le mandat, on va pouvoir savoir où il est. »
