Mélitine entendit des ricanements dans son sommeil, elle ne rêvait pas pourtant. Elle bougea dans son lit, mais se rappela qu'elle était dans les bras d'Harry. Un doux sourire apparut sur ses lèvres en repensant à la bonne nuit qu'elle venait de passer. Elle ne se souvenait pas la dernière fois qu'elle avait aussi bien dormi. Elle huma l'odeur du tee-shirt du jeune homme contre lequel sa tête était appuyée. Elle se sentait si bien dans ses bras, en sécurité, détendue, prête à se battre contre tout, il lui donnait une force introuvable ailleurs. Les ricanements ne cessaient pas, elle battit des paupières deux ou trois fois avant de complètement ouvrir les yeux. La jeune fille sursauta et s'assit sur le lit paniquée en voyant quatre garçons les regarder en souriant et riant silencieusement. Elle frappa Harry toujours effrayée de voir des inconnus dans la chambre de son ami. Ce dernier avait été réveillé par son sursaut mais ne voulait pas se lever, il avait parfaitement dormi et était trop bien pour ça.
« -Styles ! S'écria-t-elle.
-Laisses-moi dormir Line, grogna-t-il.
-C'est qui eux ? Hurla-t-elle presque en rabattant la couette sur sa poitrine bien qu'elle était en débardeur. »
Il se redressa en se frottant les yeux et regarda les jeunes hommes face à lui. Il crut d'abord à une hallucination, à un rêve. C'était ça, il était encore en train de dormir. Il devait se pincer, ce n'était pas réel, pas possible. Il fit ce geste mais ressentit parfaitement la douleur. La bouche entrouverte, les larmes de joie lui montant aux yeux, il était abasourdi.
« -Les gars ? Demanda-t-il sous le choc et pas certain de ce qu'il voyait.
-Tu fais pas les présentations ? Taquina Liam en souriant. »
Le jeune bouclé se leva immédiatement et courut vers ses quatre amis, les voir, les sentir, leur parler, il l'avait tant espérer. Il les serra chacun dans ses bras, pleurant la joie qu'il ressentait. Il était tellement heureux, il ne cessait de toucher ses amis, de les prendre encore et toujours contre lui, il respirait enfin à nouveau, il vivait. Tout simplement parce qu'ils étaient là, qu'il était sorti d'affaire. Harry se sentait tellement léger, tellement soulagé, jamais il n'aurait imaginer les voir si vite, il s'était préparé à attendre quatre jours, comme prévu. Mais non, ils étaient bien là.
Mélitine avait compris dès qu'elle avait vu les yeux de son ami s'embuer, elle savait qui ils étaient et ce qu'ils venaient chercher. Elle avait suivi la scène attendrie d'enfin comprendre la relation qu'il avait essayé de décrire mais que par manque de mots, il n'avait réussi à définir. Ils s'aimaient tous beaucoup, c'était évident, ça sautait aux yeux, ça vous prenait le cœur et vous touchait bien plus que vous ne pouviez l'imaginer. Cet amour fraternel était incroyablement fort, il vous donnait espoir, vous montrait que rien n'était fini, que tout pouvait encore arriver. Mélitine n'en revenait pas, elle n'avait pas compris à quel point Harry avait été vide sans ses meilleurs amis avant de le voir avec eux. Elle ressentait parfaitement le bonheur du bouclé en voyant son sourire, et c'était la plus belle chose qu'elle avait vu depuis sa naissance. Ce sourire rayonnait, ses dents blanches alignés, ses lèvres fines rosées, ses fossettes marquées aux coins de sa bouche. C'était sublime, émerveillant.
« -Mélitine, viens ! Tendit-il sa main à la jolie brune.
-Je suis en pyjama Styles.
-On s'en fout ! Les mecs, voici Mélitine, c'est elle qui m'a retrouvé et m'a accueillit ici, présenta-t-il la grecque qui les rejoignit. Line, voici Louis.
-Le petit rigolo, se souvint-elle.
-Zayn.
-Le fumeur comme moi, répéta-t-elle du jour où il les avait énumérer.
-Niall, continua-t-il en souriant.
-L'Irlandais.
-Et Liam.
-Le sérieux, ravie de vous rencontrer, vous venez chercher Harry j'espère ? J'en peux plus de lui !
-Oui, on prend le relais, rit le plus âgé.
-Bonne nouvelle. Bon je file avant que mon père me trouve ici habillée comme ça, dit-elle plus à Harry qu'aux autres. »
Ils échangèrent des regards complices auxquels Harry répondit par un « vos gueules» qui se voulait rieur. Ils s'installèrent sur le lit pendant que Liam ouvrait les volets et la fenêtre et que le blond fouillait la pièce. Ils étaient enfin réuni, les One Direction au complet depuis ce qui leur avait semblé une éternité.
« -Tu couches avec elle ?
-Non ! S'exclama le jeune homme. Non, t'es malade ou quoi ?
-Euh ... Je pourrais te retourner la question, haussa Louis les sourcils.
-Non, elle n'est pas comme les autres, elle vaut bien plus que ça ...
-Je rêve ou tu viens de considérer une fille plus que pour un plan cul ? S'étonna le métisse.
-Chut ! Les gronda-t-il de peur qu'elle les entende. Putain ... Je suis tellement content de vous voir ... J'en pouvais plus ...
-Nous aussi ... Cette frayeur que tu nous as fait.
-T'as bronzé au moins !
-Vu dans ce sens là ... soupira le bouclé. Mais c'était pas tous les jours les vacances non-plus ... Supporter l'autre teigne, c'est pas évident !
-Qui ? Métiline ?
-Mélitine.
-Oh pardon, leva Zayn ses mains en signe de paix.
-Ouais elle, elle ne nous connaissait pas et elle m'a vite remis à ma place, se gratta-t-il le crâne gêné d'avouer ça. Mais elle aussi elle pète plus haut que son cul des fois. »
Ils rirent tous en cœur. Ils avaient retrouvés leur Harry, le trou était comblé désormais, rien ne pouvait entacher le bonheur qu'ils ressentaient ce jour-là dans cette belle villa grecque.
La jolie brune qui passait à ce moment devant la porte fermée de l'anglais sourit. Il était enfin heureux et rassuré, sa crise d'angoisse de la veille ne semblait que très lointaine. Pourtant, quelque chose venait assombrir le tableau. Elle savait parfaitement ce que l'arrivée du groupe d'Harry signifiait. Il allait repartir. Son cœur se pinça, elle ne réalisait pas encore qu'elle ne l'aurait plus à ses côtés pour la taquiner ou la réconforter. En un peu plus d'une semaine, il avait pris un place considérable pour elle, si importante qu'elle ne se souvenait pas de comment elle faisait pour sourire ou vivre avant qu'il n'entre dans sa vie. Il lui avait monté comment profiter et exister en ne faisant que l'écouter, lui tenir tête et ne pas avoir pitié, chose que jamais personne n'avait sur faire en même temps. Elle se sentait mieux quand il était là, c'était indéniable et inéchangeable.
La porte s'ouvrit, elle était encore dans ses pensées, bloquée en face d'un Niall qui la regardait étrangement. Elle se réveilla instantanément en se rendant compte qu'ils pouvaient penser qu'elle écoutait leur conversation.
« -Euh ... J'ai bugué, dit-elle simplement en descendant les escaliers. »
PDV Mélitine :
J'étais terriblement gênée et le feu qui avait trop rapidement monté à mes joues le confirmait totalement. Ils devaient me prendre pour une fouine, et une folle aussi. En arrivant dans le salon, je découvris mes parents en grande conversation avec un homme d'environ vingt-cinq ans, châtain clair aux cheveux courts, des bras musclés, un sourire enjôleur, c'était qui ? Un gogo-danseur ?
« -Méli, voici Kyle Mercer, c'est l'agent de police qui va raccompagner Harry et ses amis chez eux,m'informa mon père.
-Ah ... Vous partez quand ?
-Dès que Mr. Styles est prêt, le bateau nous attend ... dit-il un sourire crispé.
-Oh ... Répondis-je la gorge serrée sentant la fin proche. »
L'agent continua de parler de ce qu'ils savaient par rapport à l'enlèvement d'Harry, mais je n'écoutais plus. Je m'en fichais. Il s'en allait, c'était certain et trop proche à mon goût. Mon estomac me faisait soudainement mal, comme si cette idée me révulsait vraiment, comme si mon corps refusait de l'accepter. Je ne savais que faire. Lui dire au revoir, ou fuir pour ne pas avoir à le faire ? Il n'avait pas mon numéro, il ne pourrait alors plus me joindre. C'était l'option de la facilité, mais c'était moins douloureux, plus simple pour moi. J'attrapai mes cigarettes dans mon sac posé à côté de l'entrée et annonçai à mes parents que je sortais. Je marchais rapidement jusqu'à la plage, ne voulant l'entendre ou le voir quitter ma maison. Sans rien contrôler, les larmes coulèrent, je ne voulais pas me mettre dans cet état, je ne comprenais même pas pourquoi j'étais triste comme ça. Harry ne comptait pas tant que ça, et puis même s'il m'avait beaucoup apporté, prendre un nouveau départ serait plus simple à Brighton. Il ne me manquerait pas tant que ça. Son odeur et ses tee-shirts identiques ne me manqueraient pas, son ironie et ses blagues à deux balles ne me manqueraient pas, ses bras et son torse réconfortants ne me manqueraient pas non-plus. Il n'était qu'un garçon comme tous les autres de toute façon, un garçon qui m'avait fait sourire et rire, qui m'avait aider à surmonter ma peur de vivre, juste un garçon.
« -Line, tu comptais me laisser partir comme ça ? »
Je relevais la tête, pleurant de plus belle en réalisant que tout ce que je me disais c'était des foutaises, je me mentais à moi-même. Je rabattis mes genoux contre ma poitrine, tremblant sans rien contrôler. Je l'entendis s'assoir à mes côtés, il tenta de passer son bras autour de mes épaules, mais je le repoussais.
« -Tu pouvais pas simplement partir ... soufflais-je en reniflant.
-Non.
-Ça aurait été mieux.
-Line, quand est-ce que tu voudras accepter le fait que tu as besoin de moi autant que j'ai besoin de toi ? Et que je vais te manquer peut être pas autant que toi tu vas me manquer ! »
Je fermais les yeux, faisant la sourde. Je ne voulais pas lui dire au revoir, je ne voulais pas passer mes journées seule à la villa à trainer telle un cadavre.
« -Regarde moi, attrapa-t-il mon menton. Regarde moi, j'ouvris les yeux. Bien. Ça va aller, je suis toujours avec toi. Ça peut paraître vraiment cliché ou tout ce que tu veux, mais je suis vraiment là, avec toi, dans ton cœur et dans ta tête, je ne t'abandonne pas. Je n'étais pas juste de passage. Donnes moi ton numéro, j'ai le téléphone de Louis. »
Il me relâcha, se leva et me tendit sa main. Je l'observais quelques secondes, il avait encore des doigts de bébé, les ongles légèrement rongés, la peau lisse, je pris l'aide qu'il me donnait et me relevais avec lui. Il me donna un iPhone sur lequel j'entrai les quelques chiffres qu'il me demandait. Je lui rendis l'appareil toujours sans un mot.
« -Je t'ai laissé le tee-shirt avec lequel je suis arrivé, comme ça tu m'oublieras pas pendant quatre jours. Tu veux venir au bateau ? Je secouais la tête. Je te raccompagne à la villa alors ?
-Non. Je vais rester ici.
-Va falloir que t'arrêtes de fumer un jour, rit-il. »
Je levais les yeux au ciel, quel humour. Nous échangeâmes un regard, c'était le moment de nous dire au revoir, nous l'avions compris parfaitement. Doucement, il s'approcha de moi et entoura ses bras autour de mon cou tout en me serrant contre lui. Je posais ma tête sur son torse et mes mains sur ses hanches, respirant son odeur, sentant sa présence au maximum, autant que je le pouvais pour cette dernière fois. Il caressait mes cheveux en me chuchotant des paroles rassurantes à l'oreille gauche. J'étais bien en étant mal, j'étais un paradoxe. Il ne cessait de me répéter qu'on se voyait bientôt, qu'il serait éternellement reconnaissant pour l'avoir accueillit et qu'il ne m'oublierait pas. Toutes ces choses que j'entendais, tous ces mots ... Ça s'emmêlait dans ma tête, ça tournait mon estomac, poignardait mon cœur. Comment était est-ce possible que le quitter pour quelques jours soit si dur alors que je ne le connaissais que depuis douze jours ? J'étais simplement folle ...
PDV Liam :
Nous étions tous les quatre sur le balcon de la villa donnant sur la plage. Nous observions silencieusement notre ami dire au revoir à la brune qui habitait ici pour les vacances à ce que j'avais vaguement compris. La jeune fille pleurait dans les bras d'Harry, je n'avais aucune idée de ce qui les liait réellement, mais son comportement avec elle était inédit. Jamais je ne l'avais vu si tendre, si proche et si attentionné avec une fille. Elle l'avait transformé par je ne sais quelle magie.
« -Tu crois qu'ils sont ensembles ? S'interrogea Louis le regard lointain.
-Non, répondit l'Irlandais. Pas Harry et pas avec une fille qu'il ne reverra jamais.
-Mais regarde le ! C'est la première fois qu'il agit comme ça.
-Qu'est-ce qu'elle a fait à Harry ? Me demandais-je à voix haute.
-Ça ne peut être que bien de toute façon, sourit Zayn. Elle a l'air très attaché à lui.
-Prend une photo, ça lui fera plaisir. »
Niall obéit et s'exécuta, le grand soleil et le zoom développé de l'appareil photo intégré à son portable rendaient la photo très belle, féérique, presque romantique. En fait, en simplement regardant l'image sans en connaître les modèles, on aurait cru voir un couple. Ils étaient magnifiques, en parfaite harmonie. Comme si le corps de Mélitine s'imbriquait parfaitement dans celui d'Harry, à sa place. Ils ne pouvaient pas être juste ami, c'était impossible.
« -Il a des choses à nous dire je crois. »
Le jet avait décollé d'Athènes depuis une heure. Zayn et Niall dormaient, la nuit blanche les avaient épuisés. Louis était parti parler avec Kyle dans la cabine du pilote. Il ne restait plus qu'Harry et moi dans nos fauteuils, il n'avait pas décroché plus de deux mots depuis qu'il était revenu de la plage et il regardait à travers le hublot triste. Ça se voyait, il s'en vouait d'avoir laissé la grecque, quelque chose qu'il ne nous avait pas dit le retenait sur Anafi, beaucoup de choses en fait.
« -Pourquoi elle est si spéciale pour toi ? Demandais-je doucement.
-Pardon ? Me fit-il répéter en sortant de ses pensées.
-La brune, j'ai oublié son nom, qu'est-ce qui fait que tu l'es laissé s'approcher de toi ?
-Mélitine. Je laisse toutes les filles s'approcher de moi, fit-il semblant de ne pas comprendre.
-Je parle de sentiments Harry, de la barrière que tu mets et qui ne laisse rien passer.
-Elle est pas comme les autres, et puis qu'est-ce que tu parles de sentiments ? Il n'y a rien du tout.
-Arrêtes, depuis que tu lui as dit au revoir, t'as rien dit et tu tires une gueule de trois pieds de long, lui expliquais-je.
-Ouais, cool, soupira-t-il. »
Je soupirais aussi, il ne voulait pas parler. Je ne lui dirais rien pour le moment, ne voulant pas l'embêter. Il venait de nous retrouver, si je l'emmerdais déjà. Mais il devrait parler, car le connaissant, il gardait tout pour lui et ça avait tendance à le détruire de l'intérieur.
Nous avions une tonne de choses à faire en rentrant, virer Marshal, trouver un autre manager, un bon, rouvrir nos Twitter, faire une vidéo avec Harry, reprendre la promo, nourrir Titoo. Et je devais voir Agate, sa tignasse rousse, ses yeux verts, son corps tout mignon à cause de sa petite taille, l'entendre parler pendant des heures du risotto de l'italien en face de son appart ou de son vieux chat Matt me manquaient. Cette fille était fantastique.
Louis revint et s'assit sur les genoux du bouclé en lui secouant les cheveux. Il prit le téléphone de l'Irlandais posé sur la tablette de son siège et montra quelque chose à notre ami. À en juger par le sourire débile de ce dernier, ça devait être la photo de la plage.
« -Tu me l'enverras sur le Blackberry que j'ai à la maison ?
-Oui. Il est où ton iPhone ? S'interrogea le plus âgé de la bande.
-Aucune idée ... Au fait, vous savez quelque chose vu que la police est dans le coup ?
-Euh, c'est le moment ?
-On aura pas le temps après, m'incrustais-je.
-Ouais, on a vu les vidéos de surveillance de la boite où on était le Samedi où tu as disparu, commença-t-il. Un mec a mis un truc dans ton Whisky, il savait que c'était ta boisson, après tu es sorti pas vrai ?
-Ouais, je crois. J'étais pas très bien.
-Oui, et ben t'as fait un malaise je crois, t'es tombé dans les pommes et le mec t'a ramassé. C'est tout ce qu'on a vu là-bas. Après la police a trouvé les caméras de l'aéroport en plein centre de Londres, le petit. Tu étais tiré par cet homme dans un fauteuil roulant ... Et il t'a monté dans un jet. On a deux noms : Phill Burnett et ... Euh ...
-Grant Neil, l'aidais-je.
-Grant ... soupira-t-il.
-Tu le connais ?
-De mon côté aussi j'ai cherché à savoir ce qu'il se passait. »
Harry nous raconta son séjour depuis le tout début. Il commença par les débuts difficiles avec Mélitine, leurs disputes, les journées passées à ne rien faire à part bronzer. Il nous raconta aussi les balades quotidiennes à la plage le soir pour la fumeuse. Puis son aventure chez ce fameux Grant et sa femme. Il ne dit pas grand chose quant à sa relation avec la grecque, n'évoquant que les détails insignifiants. Niall et Zayn s'étaient réveillés pour écouter. Nous étions tous abasourdis de l'entendre dire qu'il s'était fait frappé. Il disait tout ça de manière vivante, touchante, c'était frappant. Et même si nous sentions bien qu'il omettait tous les passages en rapport avec Mélitine, nous ne lui en voulions pas. C'était nouveau pour lui, alors lui demander d'assumer quelque chose dont il n'était même pas conscient était inutile.
Chez Mélitine.
« -Ces jeunes hommes sont adorables, s'extasia la mère de famille.
-Ils avaient l'air vraiment heureux de retrouver Harry, souligna Hémon. Tu trouves pas Méli ?
-Mm ... Je vais me coucher.
-Mais il est dix-neuf heure ma chérie !
-Je suis fatiguée ... soupira la jeune fille. »
Elle quitta la table sans avoir touché à son assiette, la maison semblait vide, sa journée avait été vide, elle était vide. Lentement et trainant des pieds, elle monta à l'étage. Elle s'arrêta devant la porte de la chambre du bouclé, ses yeux parcouraient la pièce, l'odeur que ses draps pas encore lavés dégageaient lui faisait légèrement tourner la tête. Elle entra et découvrit un tee-shirt plié sur le lit, elle referma la porte et s'allongea sous la couette tout en portant le vêtement à son nez, s'en servant de peluche. Doucement, elle s'endormit collée à Harry. Maintenant qu'il lui avait appris à vivre, elle devait l'appliquer sans lui à ses côtés. C'était une question d'habitude finalement, mais elle y arriverait et il l'aiderait. C'était son ange gardien.
La fin de sa semaine fut semblable, la même mélancolie, la même lenteur et la même nostalgie. Mais elle avait réfléchie et souriait en plus. Harry n'aurait pas voulu la voir déprimer parce qu'il n'était plus là, et puis ça ne le ramènerait pas en Grèce. Il devait profiter de ses amis et de son pays à l'instant où elle arrivait à Athènes après deux heures de trajet. Sa ville ne lui avait pas manqué, tous ces gens plus pressés les uns que les autres, ces jeunes qui sortaient en bande et puis cette vie simplement.
« -Je vais au parc, indiqua la brune à ses parents.
-On pose ta valise dans ta chambre. »
Elle acquiesça et sortit. Son parc était dans l'enceinte de la résidence où elle habitait. Il y a avait une fontaine entourée de pelouse au centre, quelques gros arbres faisant de l'ombre et une piste gravillonnée qui serpentait la surface du lieu. Quelque massifs de fleurs décoraient le jardin ça et là. Elle aimait cet endroit reposant. Elle s'assit sous un chêne planté depuis une cinquantaine d'années, sortit son paquet de Marlboro et s'alluma une cigarette. Il faisait beau, elle était habillée d'une jupe et d'une énième paire de compensées. Une tenue simple et discrète, ce qu'elle était. Sauf en compagnie de l'anglais. Une fois de plus elle pensait à lui, à chaque fois elle se maudissait de toujours faire un rapport à lui, mais finalement ce n'était pas plus mal. Elle se rappela alors qu'elle lui avait donné son numéro et qu'elle n'avait pas allumé son téléphone depuis deux semaines. Elle se dépêcha de faire ceci, curieuse de voir qui aurait pu lui parler durant ce laps de temps.
Expéditeur :Julia
Message : Méli, ça fait longtemps qu'on ne s'est pas parlé ...
J'espère que tu vas bien !
Expéditeur :Adam
Message : Faut qu'on se voit avant que tu partes.
Expéditeur :Inconnu
Message : J'attends l'accusé de réception pour te harceler. Je t'appelle.
La jeune fille poussa un long soupir. Le premier message était hypocrite, le second ne présageait rien de bon et le dernier était étrange. Cependant elle n'eut le temps de répondre à aucun d'entre eux que quelqu'un l'appelait déjà.
« -Oui ?
-Line ... Ça fait du bien !
-Euh ... Harry ? Sourit-elle.
-Oui ?
-Ta voix est bizarre au téléphone, se mordit-elle la lèvre inférieure.
-Merci, moi aussi tu m'as manqué. T'es adorable !
-Je sais.
-Ah bon ?
-Je suis heureuse de pouvoir te parler Harry, dit-elle doucement.
-Moi aussi Line, j'avais peur pour toi, avoua-t-il.
-J'ai envie de te voir, pour pouvoir te frapper. »
Juste pour vous prévenir qu'en tout il y a 22 chapitres, et éventuellement quelques OS en rapport ou pas avec l'histoire si vous me les demandez une fois que j'aurais terminé de poster ! Merci de lire :)
