PDV Louis :
Cette semaine avait été mouvementé, nous avions voyagé à travers l'Angleterre, donnant des concerts, faisant des interviews, des photoshoots, encore des concerts, puis des séances de dédicaces. Encore et encore. J'étais épuisé, lessivé, et pourtant, en ce samedi soir ou Dimanche matin étant donné l'heure, le sommeil ne venait pas.

Destinataire :Hannah
Message : Pourquoi j'ai toujours pas supprimé ton numéro ? C'est toujours le même au moins ? Aucune idée. Je me lance, je m'hasarde. Malgré tout Hannah, malgré les mensonges, l'autre débile, ta tromperie, malgré le mal que tu m'as fait, tu me manques. C'est con, c'est moche dit comme ça, mais c'est le cas. Juste un fichu sms pour te dire que j'arrive pas à te détester, j'arrive même pas à t'en vouloir. Peu importe, tu t'en fiches, tu as refait ta vie sans moi maintenant. J'ai vu ta photo pour le défi lancé, beaucoup de fans l'ont remarqué, et j'ai tendance à trainer sur internet pour voir ce que l'on dit. Merci de nous soutenir, je ne t'oublierais jamais.

Louis.

L'envoyer ou pas ? C'était mon dilemme cette nuit là. C'était lâche envers moi-même, lui avouer toutes ces choses, c'était comme la laver de ses erreurs, lui dire que ce n'était pas grave. Or, ce n'était pas le cas, pas complétement. Hésiter était pour les idiots, j'appuyais sur le « send » de mon iPhone. J'aurais le temps de regretter plus tard. Je reposais mon portable sur ma table de nuit, n'attendant aucune réponse. Je fixais ainsi mon plafond dans l'obscurité durant quelques minutes, peut être cinq, ou peut être vingt. Je n'avais aucune réelle idée. Je crus entendre des chuchotements puis des bruits de talons dans la chambre voisine, le manque de sommeil me jouait des tours. J'étais juste vide de cette fatigue, j'avais besoin de dormir, sérieusement besoin de dormir.

« -Tomlinson, si tu n'ouvres pas tes yeux dans cinq secondes, je verse ce petit verre d'eau au niveau de tes parties génitales et dis aux autres que tu t'es pissé dessus, photos sur Twitter à l'appuie, me susurra une voix qui commença à compter alors que j'ouvrais les yeux.
-Harry, c'est Dimanche matin, on a passé une semaine mouvementé, qu'est-ce que tu veux ? Grognais-je en m'asseyant sur mon lit.
-Rectification, il est dimanche après-midi, 14h23 pour être précis. Et on avait rendez-vous tous les deux avec Ed à midi.
-Shit, jurais-je en me frappant le crâne.
-Il a dit que c'était pas grave, qu'il fallait que tu rattrapes le sommeil perdu. Je suis d'accord avec lui.
-Merci ...
-Tout va bien ? Fronça-t-il les sourcils.
-Oui oui, je t'assure, je vais aller me doucher.
-Ok, Liam est chez Agate, Zayn chez Nina et Niall regarde le foot, t'as qu'à nous rejoindre.
-Ouep. »

Mon ami bouclé quitta la chambre son verre d'eau toujours à la main tandis que je me laissais tomber sur mon oreiller. J'avais effectivement eu besoin de sommeil. Je pris mon iPhone par réflexe matinal. Trois messages.

Expéditeur :Ed
Message : Qu'est-ce que vous foutez ?

Expéditeur :Jay
Message : Miss you bro'

Expéditeur :Hannah
Message : Je te soutiendrais toujours dans tout ce que tu fais Lou. Mes erreurs, je les assume. Sache que je ne suis plus avec lui et que je suis désolé de la manière dont ça s'est fini. Tes conneries me manquent drôlement, je me rattrape en regardant vos vidéos sur YouTube. Tu me fais rire.
PS : J'avais pas effacé ton numéro.

« -Salut mec ! Dis-je à Niall en secouant sa touffe en me rendant dans la cuisine.
-Lu !
-Je croyais que c'était toi qui avait Agate ce week-end ?
-Je croyais aussi ... Soupira-t-il.
-Oh ... Et dis moi, j'ai rêvé en entendant que tu n'étais pas seul dans ta chambre hier soir ? »

Mon ami irlandais prit une couleur rouge immédiatement. J'avais gagné et pas rêvé visiblement. Tout en me servant une tasse de café, je rigolais et me renseignait.

« -Tu dormais pas ? Demanda-t-il.
-Non, j'avais du mal. Je suis le seul à l'avoir remarqué ?
-A avoir remarqué quoi ? Fit Harry en entrant dans le salon.
-La fille qui est arrivé hier soir dans le lit de Niall et qui est visiblement repartie tôt, haussais-je un sourcil. On la connait ?
-Niall ! Tu nous as jamais parlé d'elle. T'étais où hier soir d'ailleurs ?
-J'étais dans le quartier américain, pour visiter, j'y étais jamais allé. Elle s'appelle ... Hum ... Key ... Key quelque chose ... Kaleigh je crois.
-Ah ben c'est du joli mec, soupirais-je en ne riant plus du tout.
-C'est bon, hein. T'as rien à me dire à ce niveau.
-Justement, je pensais que tu valais plus que moi !
-STOP les gars. Tu comptes la revoir ? S'imposa le bouclé.
-J'ai son numéro, et puis merde, je fais ce que je veux, j'ai pas de compte à vous rendre !
-Ouais, t'as raison. »

Je secouais la tête, déçu de mon irlandais de meilleur ami. Attrapant les clés de ma BMW dans l'entrée, je sortis de l'appartement rapidement avant de lui dire des chose que je regretterais. Après Hannah, j'avais fait un tas de conneries, couchant avec n'importe qui, n'importe où. Les garçons avaient vu des filles différentes presque tous les matins pendant deux mois, puis une de temps en temps jusqu'à l'enlèvement de Styles. Ils m'avaient tous fait comprendre l'exaspération qu'ils avaient à mon égard, et à quel point ça les gênaient, professionnellement et amicalement parlant. J'étais un connard avec les filles, et s'il y avait bien une chose que je ne voulais pas, c'était que Niall devienne comme moi ... Il n'avait pas le droit d'être aussi con que je l'avais été.
Sortant du parking souterrain de notre immeuble, je m'engageais dans les rues londoniennes, recherchant la sortie de l'agglomération dans mes pensées qui ne cessaient de cogiter. Je voulais juste partir, m'éloigner et rouler toute l'après-midi. Peut être m'arrêter dans un snack minable de campagne, là où personne ne me reconnaitrait, juste pour souffler après cette semaine de surexposition. J'avais besoin de calme et de solitude. Pour en faire quoi ? Aucune idée, j'avais passé malgré tout une excellente semaine, mon métier était le meilleur du monde. Voir toutes ces personnes pour qui on a un sens, a qui on donne le sourire, qu'on replace sur une base stable. C'était rassurant, gratifiant et réconfortant. Je ne servais pas à rien sur cette foutue planète.
Sur un coup de tête, je m'arrêtais en bordure de cette route déserte en pleine campagne à quelques minutes de Londres, et sortit mon portable.

« -Allo ? Retentit sa voix dans le combiné. Louis ?
-Je ...
-Tout va bien Louis ?
-Oui. C'est juste que ... soufflais-je. Je voulais juste ...
-Moi aussi, comprit-elle. J'avais aussi envie de t'entendre.
-Désolé ... Je devrais vraiment pas faire ça, les garçons me diraient que je suis fou, que j'ai tord.
-Et même s'ils ont raison, c'est grave ? Demanda Hannah doucement.
-Non ... soupirais-je. Non, ce n'est pas grave.
-Si tu as besoin de parler, je serais là. On peut toujours être amis ... »

Je restais silencieux quelques secondes. Pouvait-on réellement être ami ? En étais-je capable ? Cela impliquait des contacts réguliers, se confier, s'aider, se supporter. Et je n'étais pas sur de vouloir entendre ses problèmes de couple et à quel point le mec avec lequel elle couchait était un dieu du sexe. Et pourtant l'envie de la garder auprès de moi, de savoir si elle allait bien me démangeait. C'était presque une obligation pour moi d'être son ami à défaut de ne pas pouvoir être plus. On se l'était promis de toute façon.

Flash Back

Une jolie blonde était blottie dans les bras de son petit ami depuis un moment déjà. Ensemble, ils regardaient une de ses émissions débiles traitant des problèmes d'anglais banals. Il s'ennuyait particulièrement, mais savait qu'elle aimait bien regarder ce genre de choses, alors ça lui allait. De plus, collée ainsi à lui, il ne pouvait se plaindre.

« -Dis Louis ?
-Louis.
-Ah ah ... Non, sérieusement, si jamais ... Hésita la jeune fille. Si jamais on se sépare, on restera toujours amis ?
-Pourquoi on se séparerait ? Fronça-t-il les sourcils.
-J'en sais rien moi, mais tu promets ?
-Ça dépend des circonstances chérie, mais je ferais tout pour qu'on le soit encore.
-Chouette, je suis pas sure de pouvoir vivre sans toi, marmonna-elle peu fière d'être dépendante de lui. »

Il ne comprit pas pourquoi elle avait demandé. Le sujet du reportage n'avait aucun rapport avec l'amour en plus. Ça parlait d'enfants obèses dans des centres spécialisés. Aucun rapport.

Flash Back

« -Louis ? T'es toujours là ?
-Oui, oui. Excuse, je ... Oui ... Bien sur qu'on peut toujours êtres amis, soufflais-je.
-Je ... Je suis vraiment désolé de t'avoir fait du mal. Peut être que je ne regretterais pas il y a quelques mois. Parce que je ... Je l'aimais, avoua-t-elle me faisant serrer la mâchoire. Mais avec le recul, et sans lui ... Je vois bien que des comme toi, ça ne court pas les rues. Je m'excuse, je sais que ça fait longtemps qu'on ne s'est pas parlé et je n'attends rien de ta part. Je suis juste contente que tu aies fait le premier pas, j'en aurais pas eu le courage ...
-D'accord ... Bon, je dois filer, à bientôt.
-A bientôt. »

Je raccrochais incertain d'avoir fait le bon choix. Tout ce qu'elle venait de me dire était déroutant. Sans rester plus longtemps appuyé sur le capot de ma voiture, je repris le volant et m'enfonçais dans les campagnes anglaises.

PDV Externe :
Que faisait-il chez elle ? Devant sa porte, prêt à toquer mais sans le faire ? Il n'en avait aucune idée. Cela faisait plusieurs jours qu'ils ne s'étaient pas vus, mais il savait que c'était à Niall de passer du temps avec elle. Peut être était-elle aller à la colocation sans le prévenir, il s'était probablement croisé ? Il n'en savait rien, il ne savait rien. Cette force qui le poussait à être là sans avoir le contrôle et donc le choix.
Il ne pensait pas que la porte s'ouvrirait.

« -Liam ? Qu'est-ce que tu fais là ? S'enquit la jolie rousse.
-Je ... J' ... Je sais pas, balbutia-t-il.
-Hum ... Je devais passer prendre Niall normalement, je lui avais dit que ce serait son week-end, mais bon tu es là alors je vais', la coupa-t-il en posant ses lèvres sur les siennes. »

Surprise, mais pas mécontente pour autant, elle sourit contre la bouche de son petit ami. Il avait bien compris que c'était le seul moyen de la faire taire.

« -Niall va me détester, souffla-t-elle alors qu'il embrassait le cou de l'irlandaise. Liam ...
-Hm ?
-J'avais promis à Niall, je veux pas perdre sa confiance ...
-Ok, soupira-t-il en s'arrêtant.
-Désolé.
-Tu m'as manqué Agate.
-Moi aussi beau gosse, sourit-elle.
-Je t'amènes à l'appartement ? Proposa-t-il.
-Avec joie. »

Les deux jeunes gens quittèrent l'immeuble pour prendre la route. Liam savait parfaitement qu'elle avait raison, Niall lui en voudrait aussi s'il prenait Agate tous les jours de repos qu'ils avaient. Il était là avant et depuis toujours et avait la priorité. Ces règles débiles étaient de rigueur et comprises par tous les côtés.

Ça la pesait, elle avait passé la semaine à boire du café ne pouvant dormir, à terminer des paquets de cigarettes et à travailler. La dissertation sur les échanges communicatif internationaux qu'elle venait de finir lui permit de faire pause avec une partie de son cerveau. Le dimanche était sa journée ultimatum, sa date buttoir pour prendre un décision, elle ne pouvait plus repousser, elle n'avait plus le choix.

« -Méli, je sors à Starbuck avec Jeff et Tina, tu venir ? Lui proposa le japonais.
-Non merci.
-C'est aujourd'hui hein ?
-Ouais, soupira la jeune brune.
-T'inquiètes pas, je suis sur que tu prends la bonne décision.
-Tu crois qu'il va me détester ?
-Probablament, ou pas. Ça dépend si il t'aime réellement.
-Probablement, corrigea-t-elle. Merci Fukuo.
-A ton service ma belle, l'embrassa-t-il sur le front avant de quitter l'appartement. »

Elle s'était mise dans une sacré situation, après le cauchemar qu'elle avait vécue, les mois de dépression et de solitude, ne pouvait-elle pas trouver le repos et le calme ? Peut être que sa décision lui apporterait ce qu'elle recherchait, peut être.

PDV Louis :
J'étais accoudé au comptoir d'un snack-bar des années soixante-dix attendant que quelqu'un prenne ma commande. J'avais roulé durant deux heures pour atterrir sur une aire de repos je ne sais où. Il me faudrait une carte pour rentrer à Londres à l'heure.

« -Je peux vous aider ? Demanda une jeune fille la tête dans son calepin rempli de commandes.
-Vous avez un truc gras et dégueulasse contre la mauvaise humeur ? »

Elle releva la tête brusquement pour m'observer. Elle avait de grands yeux marrons surmontés d'un trait d'eye-liner noir. Ses cheveux bruns étaient attachés par un chignon rapidement fait.

« -Hum ... Oui. Le Burgershine, je ... C'est avec un steak haché, de l'Edam, des tomates et du maïs. Servie avec des frites.
-Rajoutez un grand verre d'eau avec s'il vous plait, souriais-je.
-D'accord, je vous apporte ça, m'informa-t-elle en quittant son bar pour la cuisine. »

J'avais l'impression de lui faire peur, de la terrifier même. Elle était probablement le cliché de la jeune fille mineure aux parents fauchés et alcooliques qui devait travailler pour subvenir à ses besoins. Et la timidité était son principal caractère étant donné sa situation. Elle revint quelques minutes plus tard avec ma nourriture dans les mains, elle déposa l'assiette devant moi et s'écarta un peu pour aller essuyer le plan de travail face à elle. Elle me fuyait, c'était clair et totalement indiscret.

« -Il y a un problème ? Demandais-je en haussant un sourcil.
-Pardon ? Fit-elle en se pointant du doigt n'étant pas sure que je m'adressais à elle.
-Oui. J'ai comme l'impression de vous terrifier.
-Oh ... Soupira la brune en posant son torchon et me regardant enfin. Je ... En fait, je sais qui tu es. Je suis ... Ouais, une fan. Sauf que j'ai téléchargé vos albums illégalement, que je n'irais pas à un de vos concerts pleins de groupies qui pissent dans leurs culottes et qui ont les ovaires qui explosent et que je me fiche de savoir quoi que ce soit sur vos fréquentations ou vos trucs privés.
-Wow ... On me l'avait jamais faite celle là.
-Ouais, je me doute.
-Comment tu t'appelles ? M'intéressais-je.
-Qu'est-ce que ça peut te faire , dit-elle calmement.
-D'accord. Comme tu voudras, je vais donc me taire et t'ignorer comme une personne quelconque l'aurait fait, personne que je suis aujourd'hui.
-Pourquoi tu veux être quelconque alors tu es tout sauf ça ?
-Je croyais que tu te fichais de nos « trucs privés » ? l'imitais-je.
-Peut être des vôtres oui, mais pas ceux de mes clients. »

Elle m'avait eu à mon propre jeu. Cette jeune fille de seize ou dix-sept ans était bien plus intelligente qu'elle ne le laissait paraître. Et peu importe son histoire, elle méritait mieux que ce vieux restaurant minable. Elle partit s'occuper d'une femme et son fils à une table adjacente au comptoir sans perdre ce sourire indispensable. J'avais envie de rentrer, ça me suffisait désormais. Niall n'avait rien à se reprocher, Hannah pouvait entrer à nouveau dans ma vie sans me tuer pour autant et j'avais envie de rire avec Harry. Cette jeune fille avait réussi à arrêter cette mélancolie dramatique qui m'avait habité toute la journée. Tout ça en se foutant de moi.

« -Où en étions-nous ? Revint-elle discuter.
-Au fait que je veuille être quelconque.
-Ah oui.
-Dis moi ton nom, insistais-je.
-Follow moi.
-C'est nul ça.
-Ouais, mais tu connaitras mon nom.
-C'est quoi ton pseudo ? Levais-je les yeux au ciel.
-Tu verras plus tard.
-Qu'est-ce que tu veux au final ?
-Je te laisse le ticket de caisse, tu paies sans moi s'il te plait, j'ai des clients à m'occuper, sourit-elle me perdant dans ses phrases. »

Ça n'avait aucun sens, elle partit laissant le papier chiffré devant moi. Je laissais des billets sur ce dernier avec un gros pourboire, elle pourrait s'acheter notre prochain album. Avant de partir, je me rendis compte du « Shylikeyou » manuscrit noté sous l'addition de mes consommations. Cette fille était différente, particulière, et surprenante. La biographie de son twitter était simple : « Leigh, don't talk to me, I could eat you. ». Tout en quittant ce restaurant étrange, je tweetais quelque chose à son honneur : « Louis_Tomlinson : Parfois les gens étranges vous montrent le chemin, Shylikeyou je connais ton nom depuis le début, il était marqué sur ta chemise. ». Le sourire aux lèvres, la confiance retrouvée, je grimpais à bord de ma voiture et enclenchais le contact. J'appuyais sur le play de l'auto-radio et rentrais à Londres avec la conviction que tout irait bien.