Assis, l'un en face de l'autre autour de cette table. Elle tenait un verre de vin blanc dans sa main droite, regardant l'alliance qu'elle portait amèrement. Comment en était-il arrivé là déjà ? Elle ne savait pas, mais c'était la première fois qu'il rentrait depuis quelques jours, il était directement venu s'asseoir sur cette fichu chaise, se prenant la tête entre ses mains.
« -Tu crois qu'on s'est marié trop jeune ? Demanda-t-il en levant les yeux vers son épouse.
-J'en sais rien ... Non ... Je sais pas. Où tu étais ?
-Chez ma mère.
-Ta mère ? Haussa-t-elle un sourcil suspicieux.
-Quoi ?
-Arrête de te foutre de ma gueule, tu n'aimes pas aller chez ta mère.
-Qu'est-ce que tu insinues exactement ?
-A toi de me le dire.
-Ça suffit Hellen, arrête tout ça, je ne te trompe pas ! Jamais je ne ferais ce genre de chose, c'est ... T'en es donc là ? Tu n'as plus aucune confiance en moi ? Si je suis plus ici, c'est que je me sens mal, rejeté, tu gardes notre fils hors de ma portée, j'ai l'impression d'être un étranger dans cette maison.
-Et moi ? Tu crois que je me sens comment ? Tu ne m'as pas touché depuis presque six mois, je compte figure toi.
-Alors c'est ça ? Une histoire de sexe ?
-Non ! C'est pas que ça, c'est tes amis, ton boulot, ton autre vie qui passent avant ta famille, c'est le peu de temps que tu nous accordes et l'importance de notre couple à tes yeux. Ian me demande tous les jours où tu es, qu'est-ce que tu fais, il m'a demandé si tu l'aimais ! Te rends-tu seulement compte de quel mauvais père tu es ?
-Tu dis n'importe quoi. J'essaie d'être avec lui, mais à chaque fois tu viens me le prendre. Soit c'est l'heure de la douche, d'aller au lit, ou alors il doit se reposer. Je n'ai jamais pu passer plus de vingt minutes avec mon fils cette année ...
-Louis ! Tu es absent ! Ton métier n'est pas compatible avec une vie normale, celle d'un gosse de cinq ans !
-Combien de fois on s'est disputé à cause de ça ? Combien de fois je devrais te demander si tu veux que je les lâche pour que finalement tu me répondes que tu sais que c'est ce que j'aime faire et que tu peux pas m'en éloigner ?
-Très bien, cette fois, je te le demande. Quitte le groupe. Quitte le groupe et reste à la maison, j'ai un travail, on aura pas de problème d'argent avec ce que tu as mis de côté, deviens un bon père.
-Je suis un bon père ! Cria-t-il. Et non ! Je ... Appelle Harry, ou Niall, Niall plutôt, dis lui que tu veux que je quitte le groupe. Et ... Merde, tu me demandes de choisir entre ... Entre les deux choses qui font de moi ce que je suis. Tu veux m'enlever ma musique, mon rêve, ou alors mon fils.
-Alors je ne suis même plus une partie de toi maintenant ... Ça y est, ce n'est plus que Ian ou les One Direction ? Tu as vingt-cinq ans Louis, il est temps que tu te réveilles ! Tu ne peux plus faire comme eux, ils n'ont pas d'enfants, ils n'ont pas les mêmes responsabilités. Que je t'importe peu, à la limite, je peux rien y faire, mais je ne veux pas qu'il grandisse sans père. Et même si je vous ai éloigné, je peux plus ... J'ai besoin de vivre moi aussi. Soit on divorce, soit tu quittes le groupe. »
Il n'en revenait pas, il regardait sa femme avec un air de total incompréhension. L'ultimatum qu'elle lui posait semblait fermer toutes les portes vers un futur heureux. Il était abasourdi, simplement sur le cul.
« -Tu n'obtiendras jamais une garde alternée ou complète avec ton métier si instable, avec ton rêve de gamin, alors c'est presque comme si tu n'avais pas le choix. Tu veux ton fils, tu leur dis au revoir. Quoi qu'il en soit, tous les deux c'est ... Je ne veux plus vivre avec un mari fantôme ou ce sentiment d'être ignoré par quelqu'un qui est censé m'aimer.
-Au moins on est d'accord sur ce point. Tu ne m'aimes donc plus ?
-Je n'ai jamais dit ça, j'essaie de m'accrocher au Louis de vingt ans que j'ai épousé, ce garçon drôle, attentionné, qui me couvrait de cadeaux et me donnait bien plus d'amour que j'en avais besoin. J'essaie très fort, mais tu ... Ce Louis tu ne le réserves qu'à tes fans, les garçons et ton fils. Tout le monde en fait, tout le monde sauf moi. C'est lui dont je suis amoureuse. Et toi, tu m'aimes ?
-Je sais pas. Pas comme avant, avant quoi ? Ça n'a aucun sens. Mais je ne peux pas choisir, tu ne peux pas être aussi dure avec moi. Ian est ... Il est tout, il est toi aussi et il a cinq ans, il ne peut pas comprendre ce qui lui arrive, je ne peux pas me séparer de lui, c'est mon fils, ma chair, mon sang ... Il est moi. Et Harry est son parrain, les garçons l'adorent ! Il les adore. Il peut passer des heures à jouer avec eux.
-Tu l'auras les week-ends.
-Alors c'est vraiment ce que tu veux ?
-Non, non. Mais tu ne me laisses pas le choix.
-C'est toi qui ne me le laisse pas ! Tu me l'enlèves sans me donner l'opportunité de changer.
-Ça fait six mois Louis, tu ne crois pas que je te l'ai donné l'opportunité ? Les disputes ne t'ont pas avertis ? Tu ne t'es pas douté que quelque chose n'allait pas ? Tu as eu l'occasion de changer les choses, de dire aux gars que tu devais ralentir le rythme parce que ton petit garçon t'attendait à la maison, ils auraient compris, les fans aussi. Elles sont folles de Ian, certaines, la plupart j'espère, sont matures et comprennent ce genre de chose. Mais non, tu as continué et tu as ignoré.
-J'étais pas prêt ... J'étais pas prêt à devenir père à vingt ans Hellen ... Je voulais pas grandir si vite, je veux toujours pas. Je le sais ... C'est mon problème, j'essaie aussi, je te jure que j'essaie de vivre avec.
-Je m'en fiche, j'en ai marre d'attendre que tu deviennes adulte. Tu ne l'as été qu'une seule fois. C'est fini maintenant.
-Hellen, la supplia-t-il.
-Arrête Louis s'il te plaît, ne rend pas la situation plus dure qu'elle ne l'est déjà. Tu devrais aller dormir chez ta mère, renifla la jeune femme en croisant ses bras sur sa poitrine. J'appelle un avocat demain. C'est fini. »
Ça lui déchirait le cœur, ça leur déchirait le cœur. Il savait qu'elle avait raison, qu'il avait raté cinq ans de leur vie, mais il se sentait tellement seul après cette dispute plus longue, plus définitive. Il se sentait con. Comme un gamin qu'il était, il avait joué et perdu. Les précieuses choses stables sur lesquelles il avait pu compter pendant ces années, ils les avaient laissés s'échapper. Il avait toujours voulu être le père parfait, mais ce titre lui avait glissé des doigts dès la première semaine de sa paternité. Il était un raté. Un parfait raté, le débile du lot, celui qui avait loupé sa chance. Il se détestait. Quel con ! Quel parfait salaud il était ! Il était tellement en colère contre lui, contre sa stupide manie de vouloir rester jeune et d'arrêter le temps. Pourquoi n'acceptait-il pas comme tout le monde ? Pourquoi ce bornait-il ? C'était stupide de vouloir quelque chose d'impossible, c'était immature. Et il avait perdu. Perdu. Ce mot résonnait dans son crâne toujours plus fort, à lui faire mal à la tête. Ce mot imprégnait chacun de ses neurones, le détruisant au passage, l'affaiblissant. Putain qu'il se haïssait. Le visage de son fils, son petit Ian qu'il aimait bien plus que lui, il était intelligent lui, il savait faire fondre sa mère pour n'importe quel caprice, il savait comment faire en sorte qu'Harry lui achète la glace que son père lui avait refusé, il usait de ses charmes à la perfection du haut de ses cinq ans. Il avait de grands yeux bleus qui faisaient tomber les plus gros durs à cuire, ses cheveux bruns toujours coupés proprement lui donnait un air d'enfant sage, on pourrait croire qu'il était un vrai ange, ce qu'il était dans le fond. Et Louis avait mal ... Mal de se dire que cet enfant, son enfant, n'était plus tellement le sien.
Il monta les escaliers de sa maison deux marches par deux, essuyant rageusement les stupides larmes qui avaient osés s'échapper. En silence, il ouvrit la porte de la chambre plongée dans le noir de son fils, il dormait. Là, dans son petit lit, la couverture remontée jusqu'au menton, ses paupières fermées, il semblait si calme, bien loin du drame et du bordel qui agitaient les pensées de son père. Louis s'accroupit au niveau de son fils, souriant devant un tel spectacle d'innocence. Avec la plus grande douceur dont il était capable, il caressa le front de son petit ange du pouce, c'était son fils, sa prunelle. Il déposa un baiser sur son front et quitta la pièce sans se retourner. Il aurait pu passer la nuit à le regarder dormir, le regarder vivre. Soudainement il voulait rattraper les années qu'il avait perdu, il voulait le voir grandir, le voir rire, jouer, embêter sa mère, le voir dormir et l'entendre dire que les filles c'est nul, il voulait être avec son fils. C'est toujours de cette manière que ça fonctionne de toute manière, c'est lorsqu'on nous arrache quelque chose que l'on se rend compte à quel point on la voulait. C'est juste sous nos yeux, on le voit tous les jours, sans y accorder beaucoup d'importance, parce que ça fait parti de notre quotidien après tout. Et puis, paf ! Plus rien, ça n'est plus là. Et le vide s'installe, le manque. Il se détestait tellement.
Voilà, le début du reste de ma vie. C'est à ce moment là que tout à basculer pour moi. J'ai changé après avoir franchi le seuil de ma maison, ce n'était même plus ma maison en fait, j'en possédais juste les clefs, rien de plus. Et les clefs, ce n'était rien que l'autorisation à rentrer, si on y réfléchit bien. Je n'y vivais plus vraiment de toute façon, même la mère d'Hellen pouvait plus s'attribuer ce rôle que moi. Peu importe. Je ne sais pas encore quelle décision j'ai pris après cette nuit, je ne sais plus si j'ai décidé de boire, de plonger dans les profondeurs que la célébrité m'offrait, ou si au contraire, j'ai rompu tout contact avec cette vie qui n'était pas celle qui lui fallait. Je n'en voulais pas à ma future ex-femme, elle était la mère que Ian devait avoir. Mais j'avais aussi l'irrésistible et irresponsable envie de le récupérer, de devenir exemplaire pour qu'il reste avec moi. Seulement je ne pouvais pas. Alors voilà, je crois, je ne suis pas sur, que j'ai passé la première nuit à boire dans un bar, je n'ai pas dormi, je ne suis rentré nul-part, j'ai juste erré. Et puis après, je suis allé chez mon meilleur ami, il m'a écouté, il m'a épaulé et il m'a aidé. Et j'ai changé.
Le jeune homme était totalement perdu en arrivant chez son meilleur ami. Les verres d'alcools qu'il avait bu ne lui rendaient pas les pensées plus claires. Il ne voyait pas les choses correctement, il avait l'impression que sa vie était finie, terminé, sans espoir. C'était un cercle vicieux sans fin, il ne serait plus jamais heureux, il avait échoué.
Harry s'étonna d'entendre quelqu'un toquer à sa porte à cette heure ci, il était particulièrement tôt, mais ça ne cessait pas, la personne insistait. Ça ne pouvait pas être n'importe qui, son adresse n'était pas publique, il n'était pas fou non-plus. Il s'approcha de l'entrée et regarda à travers le judas qui l'embêtait. Quelle fut sa surprise quand il découvrit son meilleur ami, apparemment bien amoché, ne tenant pas vraiment sur ses pieds et un air totalement vide dans ses yeux cernés. Il s'empressa d'ouvrir la porte et de le faire rentrer.
« -Louis ! Louis ! Qu'est-ce qu'il se passe ? Tout va bien ?
-Est-ce que ta question était ... Rhétorique ? Demanda-t-il en pointant du doigt le bouclé.
-Ouais ... Pourquoi t'as bu mec ? T'es dans un état pitoyable.
-Je te remercie de ta clairvoyance.
-Laisse tomber, je te parlerais quand tu seras sobre, t'as qu'à dormir sur le canapé, baissa-t-il les bras.
-Non ! Attends, lui attrapa-t-il le poignet. S'il te plaît, reste ... Elle ... Hellen m'a viré, elle m'a quitté, elle va prendre Ian et je vais ... Je vais être tout seul.
-Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ? S'inquiéta soudainement Harry.
-Je suis rentré, après presque une semaine à dormir chez ma mère parce que j'avais besoin de recul et ... Et on s'est engueulé, elle divorce. J'ai perdu mon bébé, mon fils, j'ai tout perdu. »
Impuissant face à son désespoir, le père de famille commença à pleurer, réellement pleurer, comme lorsque qu'un proche meurt, lorsqu'une partie de soi s'éteint. Car c'était tout comme, il avait perdu sa dignité, sa crédibilité, il se sentait tellement idiot face à sa vie, à quel point il avait perdu le contrôle des plus belles choses qu'il ne lui était jamais arrivé. Qui aurait cru que le drôle, attentionné, aimant Louis Tomlinson ruinerait sa vie ? Sa conscience riait amèrement, il était ridicule, tout petit, rien.
« -Ça va aller Louis, ça va aller, on va ... Demain, on va appeler les mecs, on va trouver une solution, Hellen va changer d'avis !
-Non, fais pas ça. J'ai honte ... Terriblement honte, elle a totalement raison, j'ai foiré ! Si ... Si je quitte les One Direction, j'aurais plus ce problème ! Dit-il une lueur qu'Harry jugeait de malsaine s'allumant dans ses iris.
-Quoi ? Non, dis pas n'importe quoi ! T'es complètement saoul !
-Elle m'a dit que le mieux pour moi serait de vous quitter dans tous les cas, je vais le faire ! Elle a sûrement raison, j'ai plus dix-neufs ans, il faut que je vous quitte. Je vous quitte ! »
Harry regardait son meilleur ami effaré, il avait l'impression d'être dans un cauchemar. Il savait qu'il était sous l'emprise de l'alcool et probablement d'autres choses, mais il ne pouvait s'empêcher de penser que c'était les actes impulsifs du plus vieux, ce qu'il voulait immédiatement, la seule solution à ses problèmes. C'était affreux, il se sentait nauséeux, il avait vraiment envie de vomir, et puis il avait envie de pleurer aussi ! Louis ne pouvait pas partir, c'était ... Non, ce n'était pas envisageable. Le scandale et les disputes seraient telles qu'ils ne tiendraient pas plus d'un mois sans lui. Et il ne pouvait pas mettre un terme à cette vie. Il aimait trop faire ce qu'il aimait, rendre les gens heureux avec une simple chanson, voir des sourires s'afficher sur des visages tristes grâce à lui, il voulait encore donner. Peut être qu'il changerait d'avis une fois sobre. Il changerait d'avis ! Il ne se rappellerait peut être même pas y avoir pensé.
Il avait en face de lui une coquille, une enveloppe vide, un homme brisé par son retour sur terre. Il avait vécu trop longtemps dans le rêve, dans la facilité, peut être avait-il raison finalement, peut être qu'il était temps de s'arrêter, de dire stop et de mettre fin à ce groupe qui leur avait tant apporté. Cette simple idée formulée dans son esprit lui était insupportable. Les One Direction avait été sa seconde chance, l'opportunité de devenir quelqu'un, de donner un sens à ce qu'il était, il avait réussi, il savait maintenant, il avait sûrement encore à apprendre de ce groupe, mais il fallait s'arrêter, c'était peut être le moment. Ça lui brisait le cœur, littéralement. Il allait étouffer, il allait vomir et il allait pleurer. Vous savez probablement de toute façon ? N'avez-vous jamais eu la sensation de tomber de haut, très haut ? Chute libre, cerveau qui ne fonctionne presque plus, l'air qui vous traverse comme si vous n'existiez pas, les organes qui s'écrasent les uns contre les autres, ce manque de souffle, ouais, il savait que c'était la meilleur chose à faire, et ça le tuait complètement. Il avait un mal de chien, vraiment mal en regardant son meilleur ami pleurer devant lui sa misérable vie. Il souffrait, il se disait que c'était fini, que de toute façon si Louis quittait le groupe, il quittait le groupe, et Zayn le ferait, puis Liam et enfin Niall, parce que Niall était le plus courageux, celui qui y croyait le plus et qui continuait d'en profiter sans jamais en être fatigué, sans jamais se plaindre. Il était tellement fort derrière ses airs d'homme fragile, Niall était le pilier, les fondations de la maison, les os d'un corps, tout ça sans être le leader, il était le groupe à lui tout seul et il resterait jusqu'à la fin. Et Harry se détestait de savoir qu'en approuvant et en appuyant la décision de son meilleur ami, il réduirait à néant les chances de survie du groupe, il détruirait le rêve de l'irlandais. Il avait l'impression que la douleur qu'il ressentait à ce moment ne s'arrêterait jamais, qu'il était condamné à vivre avec pour le restant de ses jours. Une partie de lui allait s'éteindre, il le savait. Il jeta un dernier regard sur Louis, faible, sombre, et prit sa décision.
Cinq jeunes hommes, assis autour d'une table ronde dans un de leur café londonien préféré. Chacun une boisson différente devant lui. Louis tournait la cuillère de son café lentement, essayant de survivre à la douleur qui le tuait chaque seconde un peu plus. Harry, les yeux lui aussi dans le vide ne savait pas comment annoncer ça, cette chose, ces mots qui l'anéantiraient malgré tout. Il se sentait tellement lourd depuis que sa décision avait été prise, il avait envie de rester au fond de son lit pour le restant de ses jours, se maudissant.
« -Harry ? Suggéra Liam. Qu'est-ce qu'il se passe ?
-Laisse, lança Louis un regard à son meilleur ami. C'est moi ... C'est moi qui doit faire ça.
-Si tu veux ... Souffla-t-il en retenant ses larmes comme il le pouvait.
-Vous me faites peur.
-Je suis désolé Niall ... Je sais combien c'est important pour toi, combien c'est toute ta vie ! Ça a été la mienne pendant six ans, six années de rêves, d'amour, de vie, de bien plus que ce que je demandais. Mais c'est fini pour moi ... Je peux plus vivre comme ça, je viens de perdre ma femme, mon fils et ... Et je me rends compte que c'est ça ma vie maintenant, je peux plus continuer. Mon temps est passé, j'apporte plus rien au groupe, le groupe ne m'apporte plus rien non plus, l'amour des fans ne me suffit plus, j'ai besoin de plus pour être heureux, j'ai besoin d'être sur, au début c'était ... C'était juste ce qu'Hellen voulait, que je quitte le groupe pour elle et notre fils, et puis je me suis rendu compte que c'est ce que je voulais aussi. Je suis trop vieux, j'ai plus ma place parmi vous ... Les One Direction, c'est fini pour moi. »
Il se fichait bien des larmes qui venaient creuser leurs chemins sur ses joues, il n'en avait pas honte, il les assumait. Il ne venait pas de tourner la page, il venait de fermer un livre tout entier. Et c'était douloureux. Le visage terrifié de l'irlandais face à lui, la mâchoire contractée de Zayn, les yeux vides de Liam et le visage bouffis du bouclé lui faisaient encore plus mal. Aucun mot ne sortait de leurs bouches, ils avaient tous compris ce que ça signifiait.
« -Vous comprendrez que ... Essaya de dire Harry à travers ses pleurs. Vous comprendrez que je peux pas continuer sans Louis, ça n'a aucun sens sans lui ... Je ... Désolé, s'arrêta-t-il durant une minute entière qui paru une éternité. Je pensais pas que ça ferait aussi mal de dire au revoir ... »
Niall se leva révolté, déchiré entre la colère et la tristesse, il quitta le café sans un mot, sans rien. Et pourtant, son geste en disait long. Parce que c'était bien la première fois qu'il ne disait rien, qu'il ne contestait rien, qu'il fuyait. Harry baissa la tête, honteux, détruit, il essayait de retenir ses larmes, il essayait très fort. C'était horrible, le pire moment de sa vie, même la mort de son grand père semblait facile à côté.
« -Alors c'est terminé ? Comme ça ? Pas de dispute, de cris, de coups ? Demanda Liam toujours le regard mort. J'aurais pensé que ça finirait d'une autre manière, tous à s'entre-tuer. Mais vous avez probablement raison, il est peut être temps de voler de nos propres ailes, pour voir d'autre chose. Niall ... Je m'occuperais de lui, il doit jute s'en remettre, ça sera pas facile, pas rapide, mais il le fera. Moi aussi, laissez moi du temps sans donner de nouvelle et ça ira mieux, finit-il en quittant à son tour la table.
-Je suis le seul qui reste alors, dit Zayn les yeux noirs de colère. Peut être que Liam le prend bien, qu'il voit le bon côté, il a toujours été comme ça, je ... Je sais pas quoi vous dire. Vous me lâchez dans l'inconnu ... Qu'est-ce que je vais faire ? Qu'est-ce que je vais devenir ? Je ne sais rien faire d'autre ... Peu importe. Désolé Louis pour Ian et Hellen, j'espère que tu auras pas fait tout ça pour rien, tu peux m'appeler si tu as besoin d'aide, toi aussi Harry ... Vous restez mes meilleurs potes quoi qu'il arrive.
-Merci Malik.
-De rien, souffla-t-il. Je m'occupe de la paperasse si vous voulez, vous n'aurez qu'à vous rendre à la conférence de presse, je vous donnerais la date. »
Et voilà. Quinze minutes avaient suffit à mettre fin à six années. Fini, terminé. Ça semble facile comme ça, rapide, un peu brutal, mais facile. Mais ils étouffaient tous autant, derrière la fuite, les paroles, les larmes ou le calme des uns et des autres, un cœur rongé par la tristesse, un vide irremplaçable, un cercle qui ne s'emboîte dans aucune des cases de ce jouet d'enfant.
Le blond était là, recroquevillé dans cette ruelle à deux pas du café, pleurant comme jamais il ne l'avait fait. Il avait l'impression que son monde était ruiné, que sa vie était terminé, sans aucun sens. C'en était fini pour lui, il allait se laisser mourir là, de faim, de soif, de tristesse. Il respirait bruyamment, il cherchait son souffle sans jamais en avoir assez, c'était fatigant, douloureux, ça le tuait, il n'allait pas réussir à y survivre. Son cerveau ne cessait de se répéter les mots de Louis, puis ceux d'Harry qui confirmaient bien la fin de son rêve.
Une main se posa sur son épaule, il sentit quelqu'un s'asseoir à ses côtés et le prendre dans ses bras, la chaleur et la présence de Liam l'aida à respirer, mais pas à accepter. Il pleura de plus belle, de grosses larmes qui tombaient lourdement sur l'épaule de son ami. Il ne pourrait jamais s'arrêter malgré les mots réconfortants qu'on lui chuchotait à l'oreille.
« -Niall, Niall ... Ça va aller, je te jure. C'est comme ça, il faut respecter les choix de Louis, il n'en pouvait plus de tout ça. Tu vas arriver à t'en passer, on ne se dit pas au revoir, on met juste un terme au groupe de musique, pas à celui d'amis ... Allez Niall, on doit soutenir les autres, tu sais combien on en a tous besoin. On peut pas passer une semaine sans se parler, ça va aller Niall, les One Direction c'est avant tout cinq amis hein ! Viens, viens là, je suis là ... »
Voilà, c'est terminé terminé cette fois ci, j'espère que vous aurez apprécié cette fiction et ce dernier OS que j'ai aimé écrire. Je remercie tous les anonymes qui me font sourire jusqu'aux oreilles ! Et puis tous les autres qui font de même. Merci encore de m'avoir lu.
Je vous embrasse, et vous souhaite une bonne continuation, Gaëlle.
