Deux jours plus tard, les garçons se retrouvèrent au sapin, car ils n'avaient pas cours l'après-midi.
-Les gars, soupira William, vous savez, on est mercredi.
-Ouais, et ?
-Je rentre en France vendredi.
Un silence de plomb s'abattit sur les trois garçons.
-Putain. Merde. On va faire quoi, nous, sans toi ?
Chacun savait qu'il leur serai à présent impossible que tout redevienne comme avant. Ils s'étaient passé trop de choses durant ce mois d'août.
-Si on m'avait dit en arrivant que ma vie changerai à ce point, je ne l'aurais pas crû.
-Et moi donc ! Renchérit Matthew.
Seul Max resta silencieux, fixant l'océan, au loin.
-Bah mon chéri ? Tu dis rien ?
Ledit chéri soupira.
-Faut quand même que je vous dise un truc, les gars. Vous, ça vous est tombé dessus comme ça, si ce qui s'est passé cette nuit-là n'était pas arrivé, vous auriez toujours pensé que vous n'aimiez que les filles...
-Ouais. Pas toi ?
-Non. Pour être honnête, ça fait longtemps que je me posais des questions par rapport à ça. Et vous, vous avez apporté des réponses à ces questions. Merci.
Ils se sourirent.
-Tainn, je vais chialer, là, lâcha les regarda amoureusement.-Dites, promettez-moi que vous allez continuer à vous voir après que je serais parti, hein ? Que tout cela aie un sens, malgré tout, malgré la distance.
-Ouai, obligé, t'inquiète pas pour ça. Sans Matt, je suis rien, répondit Max.
-Pareil, renchérit regarda le sapin et sortit un petit couteau suisse de sa poche.
-J'ai une idée. Il s'approcha d'un endroit du sapin où le feuillage n'envahissait pas tout et où le tronc apparaissait. Il y grava un M, un W et un autre M entrelacés.
-Pour que tout ça aie un sens. Gravé ici à jamais.
-Forever and ever...
Une larme coula le long de la joue de lui sourit et l'embrassa.
-Je vous avais dit que j'allais pleurer !
-Mais t'as le droit de pleurer, personne ne t'en voudra, bien au contraire, sa prouve que tu tiens à nous.
-Oh oui je tiens à vous...
Ils s'en allèrent, marchant silencieusement en se tenant la main, terrifiés à l'idée de devoir se quitter.
___Le lendemain, dernier jour de William à San Diego, fut un supplice pour tous. Ils étaient chacun de leur cotés, Matthew et Max en cours, William avec son groupe, à réparer le voyage du retour. Le soir en fin d'après-midi, ils se retrouvèrent à nouveau au sapin.
Lorsqu'ils arrivèrent, le creux de l'arbre gravé à leur initiales était illuminé d'un rayon de soleil.
-C'est un signe, dit doucement William.
Ils restèrent là jusqu'à ce que la nuit soit tombée, collés les uns aux autres, à profiter une dernière fois de la présence des deux autres, tous ensemble pour la dernière fois.
