William observait son bras d'un air circonspect. Les traces de piqûres commençaient à se voir. Si Pierre voyait ça, il allait le tuer. Son ami pensait qu'il ne s'était pas repiqué depuis le mercredi après-midi où ils étaient allés chercher la dope ensemble. Grave erreur. Dès le lendemain, William avait fouillé dans le répertoire téléphonique de Pierre (en cachette) pour retrouver le numéro de son dealer et l'avait appelé le soir même.
Il se piquait tous les soirs depuis deux mois, et personne n'en savait rien. Même à Max et Matthew, il n'avait rien dit. Mais là, il devait aller à la piscine avec Pierre et sa bande de copains. Si son meilleur ami voyait ces traces violettes au creux de ses coudes, il allait comprendre et lui faire la morale de sa vie.
Il fallait décommander. Trouver une excuse pour ne pas y aller.
mais que dire ? William soupira et rabaissa sa manche. Il verrait ça plus tard. Il farfouilla dans son tiroir et en sorti son sachet et sa seringue.
Zut, plus assez pour se faire un fix. Il regarda l'heure. 2h de l'après-midi. Oh et puis merde, c'était les vacances, il pouvait bien se faire un petit plaisir, pour Noël. Il pris son portable et envoya un sms à son fourgue pour lui commander un sachet d'héro. A ce rythme là, sa mère allait finir par découvrir qu'il lui manquait des sous dans son porte-monnaie.
Pour l'instant, elle ne voyait rien. Même quand William était défoncé, elle ne s'en apercevait pas. Parfois il se demandait si elle savait qu'elle avait un fils. Quand à son père, il ne le voyait pratiquement plus. Toujours en voyage d'affaire. Il le soupçonnait de tromper sa mère, mais cela ne le regardait pas, et il avait bien d'autre chats à fouetter que de s'occuper de la vie privée de ses parents, d'autant plus que sa vie privée à lui était au plus mal. Il voyait toujours Matthew et Max sur msn, mais leur rencontres a travers un écran n'avaient plus rien de privé, ils se contentaient de se raconter leur vie. William ne savait même plus s'il avait envie de les revoir. Il avait l'impression que c'était il y a si longtemps, tout ça.
Perdu dans ses pensées, il se rendit à son rendez-vous. Un petit blond l'attendait.
-C'est toi Will ?
-Ouais.
Il paniqua. Ou était le grand black de d'habitude ?
-T'es qui, toi ?
-Pas de la police, t'inquiètes. Omar c'est fait choper, il est en taule depuis hier matin, je le remplace.
-Ah ouai ? Et comment je fais pour avoir la preuve que tu vas pas me balancer aux flics ?
Le blondinet lui tendit sa dope et dit :
-A toi de voir. Je peux repartir avec, si tu veux.
-Ok, je te fais confiance.
Ils firent leur échange et Will rentra chez lui en coup de vent.
___A trois heures moins cinq, il était shooté. C'était la première fois qu'il se piquait aussi tôt dans la journée. Il avait toujours essayé de garder un certain ordre pour se donner l'impression qu'il n'était pas dépendant. Mais il savait bien que c'était faux, sinon, pourquoi passerait-il ses journée à attendre 7h du soir, heure à laquelle il avait fixé son petit trip quotidien ? Pff c'était stupide tout ça. C'est tellement meilleur quand on attends pas.
Il mis la musique à fond et se laissa planer.
Mais on frappa à la porte. Qui pouvait bien venir le déranger maintenant ? C'était vraiment pas le moment, là, il était si bien.
-Ouai, c'est qui ?
-Pierre.Oh, Pierre. Super, il allait pouvoir délirer avec.
-Entres Pierrot !
Lorsqu'il pénétra dans la pièce, William éclata de rire.
-Pourquoi tu rigoles ?
-C'est toi tu me fais trop rire !
Pierre s'approcha, ne comprenant pas pourquoi son ami avait l'air si stupide.
Il eu un doute.
-Will, regarde moi dans les yeux.
-Hmm ?
-HAN PUTAIN JE RÊVE ! T'es en plein trip ! Tu m'avais promis de jamais recommencer !
-Bah je t'ai menti, hahaaa !
-Mais pourquoi ?
-Hoo, t'es mal placé pour me faire la morale, hein, c'est grâce à toi tout ça. Merci, sérieux, merci. Ça fait tellement de bien. T'en veux ? Tiens regarde, je suis allé refaire mon stock tout à l'heure, j'en ai plein.
Il lui montra le gros sachet de poudre qu'il avait.
-Oh putain comment t'as fait pour avoir tout ça ?
-Ben comme toi, mais avec plus de sous.
William sorti une seringue d'un sachet en plastique.
-Les miennes sont à usage unique, c'est mieux, tu devrais faire pareil.
Il lui tendit la seringue pleine et Pierre enfonça l'aiguille dans ses veines et rejoignit son ami dans son trip
.____Quelques jours plus tard, Will voulu aller chercher de la dope pour lui et Pierre, ils étaient en manque et n'avaient plus un gramme d'héro. Il s'aperçut avec horreur que le porte-monnaie de sa mère était vide. Elle avait du découvrir qu'il taxait régulièrement dedans (toutes les semaines environ). Mais il lui fallait sa dose. Il était en manque total. Il avait sympathisé avec son nouveau dealer et se dit qu'il pourrait peut-être lui faire une fleur. Il tenta le tout pour le tout.
-J'ai plus un rond, mais j'ai trop besoin d'une dose, s'il te plais.
-Humm, je sais pas...
William se suspendit à son bras.
-Alleeeezzzz Juliennnn j't'en supplie, juste une fois...
Julien lui lança un regard concupiscent.
-On peut peut-être s'arranger...
William frissonna. Que voulait-il dire ?
-Comment ?
Julien se pencha et lui souffla à l'oreille.
-T'es mignon, tu me plais bien. Une pipe égale une dose.
William ferma les yeux. Dans quoi est-ce qu'il se lançait ? Mais il accepta. Il n'avait pas trop le choix, de toute façon, c'était ça ou rien.
___Julien l'entraîna dans une cave miteuse.
William, terrifié, regardait autour de lui. C'était glauque. Julien aurait pus l'assassiner ici que personne ne s'en serait aperçu.
Livide, William s'agenouilla et le suça, ne pensant qu'a la dose d'héroïne qu'il allait pouvoir s'injecter dans les veines juste après.
Rentré chez lui, il plongea dans les toilettes et vomit tripes et boyaux. Il se dégoûtait. Puis il se vida un paquet de chewing-gum dans la bouche et s'enfonça directement l'aiguille dans le bras, comme pour oublier ce qu'il venait de faire.
-Je suis désolé, dit-il à Pierre le lendemain, j'avais plus de sous, j'ai juste réussi à avoir une dose, c'est tout...
-Que tu t'es gardée pour toi, hein bien sûr !
-Ben oui, désolé. En plus ça faisait plus longtemps que toi que je m'étais pas piqué.
-Mais putain Will, J'EN AI BESOIN tu comprend ça ?
-Évidement que je comprend !
Le pauvre Pierre était dans un état de délabrement total. Il fallait qu'il prenne quelque chose. William se souvint que sa mère prenait des anti-dé deux garçons se précipitèrent dans la salle-de-bains et mirent à sac l'armoire à pharmacie pour trouver les petits cachets qu'ils avalèrent par paquets de 5 ou 6 pour enfin aller mieux.
Le lendemain, William retourna à la cave et recommença.
Mais fois-ci, il partagea sa dose avec Pierre, mais ce n'était pas suffisant. S'ils ne faisaient rien, ils allaient devenir dingues. Et William ne voulait pas avouer à Pierre ce qu'il devait faire pour se procurer leur dope, il avait bien trop honte.
