Lorsque William ouvrit les yeux ce matin là, il était, comme tous les matins depuis bientôt deux semaines, car il avait toujours eu trop peur pour dormir seul, dans le lit de Pierre. Mais cette fois, c'était différent. Ses mains étaient enroulées autour de la taille de Pierre et sa tête reposait doucement sur sa poitrine.

Il sentit Pierre lui caresser doucement les cheveux.

-Tu es réveillé ? Souffla-t-il.

-Oui.. répondit William sur le même ton.

Il se releva et regarda Pierre droit dans les yeux en souriant. Puis il appuya son front contre celui de son amant.

-Merci. Merci de m'avoir sauvé la vie. Parce que... ça aurait été trop con de rater ça.

Il l'embrassa tendrement. C'est à ce moment que la porte de leur chambre s'ouvrit.

William se cacha sous les draps et Pierre tenta d'avoir une expression normale.

-Où est William ? Demanda l'infirmière qui les avait interrompus.

-Euhh je ne sais pas. Quelque part dans l'hôpital, sûrement, pourquoi ?

Il avait plié ses jambes pour ne pas qu'elle voit la forme louche sous les draps.

Mauvaise idée.

-Pourquoi tu es tout rouge ? Quelque chose ne va pas ? Demanda la jeune femme.

Pierre rougit encore plus.

-N.. Non non.. T... tout va bien...

Juste William, sous les draps, qui profitait un peu de la situation.

Pierre avait de plus en plus de mal à garder une tête normale. Il essayait de retenir sa respiration pour ne pas gémir de façon très éloquente, mais c'était dur. Bordel qu'est-ce qu'elle attendait pour se casser d'ici ?

-Bon, visiblement, il n'est pas là.

-Je... viens de vous.. le dire, éructa Pierre sur un drôle de ton.

-Si d'aventures il revient, dis lui que son ami Tom l'attends en bas, d'accord ?

A l'instant où elle prononça le nom de Tom, les mouvements s'arrêtèrent.

Elle s'en alla et William sorti la tête des draps.

-Putain je l'avais oublié, celui-là, marmonna-t-il.

Pierre s'écrasa dans son lit.

-T'es vraiment fou toi. Imagine si elle s'était approchée. Elle aurait vu ta tête, espèce d'abruti !!

William le regarda d'un air de chat potté et murmura :

-Pardon mais c'était trop tentant, avoue...Pierre soupira, d'un air faussement vexé.

-Bon... Maintenant, il faut que tu te lèves. Ton ''chéri'' t'attends.

William grogna, sorti du lit, enfila un jean et un tee-shirt qui traînait et se dirigea vers le hall de l'hôpital.

Tom se jeta sur lui.

-Coucou mon chéri !

-Salut.

Trouver des chewing-gum. Vite.

William évita agilement la bouche de Tom.

Non . Pas après ce qu'il venait de faire à Pierre.

Ils arrivèrent en face d'une petite boutique qui vendait des peluches, des barres de Twix et autres conneries. William se rua à l'intérieur.

-Mais qu'est-ce que tu fais ? Demanda Tom.

-J'achète des chewing-gum, ça se voit pas ? Répondit le jeune garçon en se saisissant d'un paquet d'Hollywood à la menthe.

Ils allèrent s'asseoir dans un coin tranquille.

-Quelque chose ne vas pas ? Tu as l'air étrange, ce matin.

"-Oh non, tout va bien, je viens juste de passer une nuit plus que torride avec mon meilleur ami, maintenant je suis en train de me demander si je ne suis pas amoureux de lui. Par contre ce dont je suis sûr, c'est que toi, je ne t'aime plus."

Non. On ne dit pas des trucs pareils.

"-Hier soir, j'ai failli me suicider. Mais Pierre m'a sauvé. Après, on a baisé comme des fous toute la nuit. C'était vraiment génial tu vois. Franchement j'en reviens pas. Et là en fait je suis en train de me demander ce que je fous avec toi. T'es tellement pas intéressant comme mec, sérieux. Et puis Pierre, il est tellement génial. Il est tellement pas comme toi, en plus. Sérieux je sais vraiment pas ce que j'ai bien pu te trouver. On voit vraiment à quel point j'allais mal. Ah, si j'aime quand tu m'embrasses. Mais bon, Pierre c'est tellement mieux. Lui, il a des lèvres... Wouaaa ça me rends fou. Il suffit qu'il me touche pour que je m'enflamme. Nan sérieux voilà quoi. T'es trop naze. Peut-être que tu embrasses bien, mais pour le reste... Alors que Pierre, il a réussi à me rendre dingue en une nuit. Il est... juste parfait, tu vois."

Non plus. C'est encore pire.

-Non non, tout va bien. J'ai pas beaucoup dormi cette nuit, c'est tout.

-Ah bon, pourquoi ?

Tu veux vraiment le savoir ?

William rigola tout seul à cette pensée. Pauvre Tom, s'il savait.

-Pourquoi tu rigoles ? Demanda Tom.

William le regarda d'un air blasé. Mais il était vraiment trop naïf, c'est pas possible !Il haussa les épaules.

-Oh, je sais pas.

Tom lui prit les mains et se pencha vers lui.

Oh non pas ça !!William plongea vers sa montre.

-QUOI IL EST DEJA ONZE HEURES ? Désolé, je dois vraiment y aller là, j'ai une tonnes de trucs à faire !

-Mais, mais.. on est samedi !

-Justement !

Il sauta sur ses pieds et s'enfuit, sans un regard pour Tom.

____Lorsqu'il arriva dans sa chambre, Pierre n'était plus dans son lit.

Il entendit un bruit d'eau qui tombait. Il devait être sous la douche. Doucement, il pénétra dans la salle de bain et ferma la porte a clé derrière lui. Pierre, caché derrière le rideau, ne l'avait pas vu, et pas entendu.

Il se déshabilla et écarta le rideau.

-Bouh !

-AHHAA ! Ah c'est toi !

-Non, c'est le père Noël, répondit William en enjambant le rebord de la baignoire.

-Ah non, je suis pas d'accord !

-Pourquoi ?-Parce que le Père Noël est tellement moins sexy que toi... murmura Pierre avant de l'embrasser langoureusement.

William sourit et lui rendit son baiser en laissant ses mains glisser tendrement le long du dos de son amant qui frissonna a ce contacts.

Leurs corps se rapprochèrent l'un de l'autre. Bientôt, leurs ventres furent si collés l'un à l'autre que même l'eau ne pouvait plus passer. William gémissait lascivement lorsque les lèvres de Pierre frôlaient sa peau. Il avait glissé une de ses mains dans ses cheveux et avait posé son autre main sur le rebord de la baignoire, pour ne pas tomber.

Pierre le tira vers lui et s'appuya contre le mur carrelé. Il remonta une de ses jambes le long de la cuisse de William qui gémit encore plus fort, ce qui le fit sourire.

William s'écarta un peu de Pierre et posa ses mains sur ses épaules avant de lui lancer un regard brûlant.

Pierre se retourna et posa son front contre le mur, pendant que William glissait ses bras autour de son cou en soupirant de désir. Il lui mordilla tendrement l'oreille. Pierre tremblait, gémissait et soupirait sous son corps. C'était trop bon.

Dans un ultime sursaut, ils se laissèrent doucement glisser le long du mur et restèrent là de longues minutes, reprenant doucement leur souffle et profitant de la présence chaleureuse de l'auter.

William avait posé sa tête sur l'épaule de Pierre et souriait béatement.

Au bout d'un moment, Pierre demanda :

-Il faudrait peut-être songer à se laver, non ?