William était assis sur sa valise, attendant que l'un de ses parents ne vienne le chercher pour rentrer chez lui. Il était au bord des larmes. Ne voulait pas rentrer, retrouver sa vie merdique.
Pierre était sur son lit, à quelques mètres, perdu dans ses pensées. Sa mère avait accepter d'attendre que William soit parti pour le ramener. Car Pierre ne voulait évidemment pas laisser son ami seul.
____Il ne s'était rien passé entre eux depuis leur discussion sur le toit, une semaine et demi auparavant. Ni l'un ni l'autre n'arrivait à faire le premier pas, et à avouer ses sentiments à l'autre. La mère de William entra en coup de vent dans la chambre.
-Bon, on y va ? Je suis pressée.
William soupira. Elle n'avait vraiment pas changé. Il se leva, s'approcha de Pierre et murmura :
-Bon, on s'appelle, hein ?
-Évidemment.
Gentiment, il lui tapota l'épaule, puis s'éloigna, saisit sa valise et suivit sa mère dans le couloir.
Mais Pierre bondit de son lit et se précipita dans le couloir.
-WILL ATTEND !!
Celui-ci pila net au milieu du corridor et se retourna d'un air étonné.
Pierre se jeta sur lui et colla sa bouche contre son oreille :
-Je t'aime...
Puis il fit demi-tour et retourna dans sa chambre, prendre sa valise et retrouver sa mère qui l'attendait.
William le regarda partir sans bouger. Il avait envie de courir le retrouver, de lui dire qu'il l'aimait aussi et de l'embrasser partout, mais sa mère le tira de sa rêverie en l'entraînant dans l'ascenseur.
-Dépêches-toi, je vais être en retard.
____Bon, pour être honnête, William était content d'être chez lui. Il pouvait enfin retrouver son ordinateur, sa chambre, ses posters, bref, ses affaires, et n'était plus entouré que de blanc partout, avec des gens qu'ils n'aimait pas dans des couloirs déprimant.
Il manquait juste Pierre. Mais bon, il savait qu'il allait le revoir sûrement le lendemain. Et là, il pourrait lui dire combien il l'aimait aussi.
____A table, avec ses parents, ils parlèrent de choses et d'autres. Ceux-ci espéraient qu'il allait mieux et lui interdire de recommencer ses bêtises. William en était presque content : c'était presque comme s'ils se préoccupaient sincèrement de son sort. C'est là que sa mère annonça, comme ça :
-Will, il faut que tu saches, je n'habite plus ici.
Le jeune homme ouvrit des yeux ronds.
-Pardon ?
-Ton père et moi allons divorcer. Tu vas vivre avec lui, maintenant.
Autrement dit tout seul vu que son père n'était jamais là.
-Mais toi, tu vas où ?
-Je pars habiter en Suisse, avec mon nouvel ami.
A l'entente de ce mot, le père de William lui lança un regard noir. Visiblement il n'était pas si nouveau que ça, en déduit William.
-Bon d'accord.
Que dire d'autre ? Cela ne le regardait pas. Mais il avait secrètement espéré qu'après tout ce qui s'était passé ces derniers mois, ses parents s'occuperaient un peu plus de lui et lui montrerais un peu plus d'amour. Mais cela n'avait pas l'air d'être dans les préoccupations familiales.
_____Il alla se coucher, vaguement triste. Il essayait de se persuader que tout ça ne l'atteignait pas plus que ça, mais au fond de lui il savait bien que c'était faux. Il se glissa dans son lit et envoya un sms à Pierre.
''Tu as quelque chose de prévu demain ?''
''Non, pas pour l'instant''.
''Tu veux venir chez moi ? ;)''
''Okay =D''.
Voilà. Preuve qu'il y avait au moins une personne dans ce monde qui s'intéressait un peu à lui. Et quelle personne.
