William ne savait pas quoi faire. Il n'osait plus retourner au lycée. Il avait trop peur de revoir Julien. Qu'il lui fasse du mal, encore. Ou de replonger dans l'héroïne.
Il était recroquevillé dans les bras de Pierre.
-Tu reste avec moi, hein ? Si on le voie. J'veux pas que tu me laisse, j'ai trop peur.
Pierre resserra son étreinte.
-Bien sûr que non, je ne vais pas t'abandonner, enfin. Si je le vois, je lui fais la peau. Plus jamais il ne touchera a un seul de tes cheveux, je te le promet.
William se sentit rassuré. Il avait confiance en lui. Et puis, il avait bien vu sa réaction à l'hôpital, quand il s'était jeté sur Kévin. Il serait bien capable de recommencer.
____Le lendemain, il se dirigea presque à reculons vers sa salle de cours.
Bien évidemment, Julien était là.
-Saluuut, sa vaaa? Sa fait un moment qu'on ne s'est pas vus, hein ? Demanda-t-il d'un ton horriblement gentil. Qui sonnait horriblement faux.
-Ta gueule, répondit William, sans lui adresser un regard.
Il couru s'asseoir au fond de la classe, comme toujours.
Julien le laissa tranquille pendant les deux heures de cours. Mais à la récré, il le suivit jusqu'à la cafétéria, là ou William devait retrouver Pierre.
-Lâches-moi. Je veux plus te voir, je veux plus te parler, je te l'ai déjà dis.
-Ohh mais enfiin, c'était il y a longtemps, tout ça, on oublie, dit-il en riant.
-QUOI ?? Hurla William, complètement hystérique, OUBLIER ? TU VEUX QUE J'OUBLIE ? TU CROIS QUE JE PEUX ? TU CROIS VRAIMENT QUE JE PEUX OUBLIER CE QUE TU M'AS FAIS ??
-Oh, tu ne vas pas me faire croire que tu n'aimais pas. Tu ne serais pas revenu sinon.
Fou de rage, William se débarrassa de son sac et se jeta sur lui.
-Comment tu peux dire des trucs pareils ?? Tu sais très bien que je revenais juste à cause de l'héro ! Tu le sais, tu faisais exprès de me faire marcher avec ça ! Et moi, je courais ! Mais tu ne m'auras plus, okay ? PLUS JAMAIS !
Malheureusement pour lui, Julien était plus fort, et l'envoya bouler en un coup de poing.
-Arrête, Will, ça sert à rien, tu le sais. Je peux toujours faire ce que je veux de toi.
Stupidement, William se boucha les oreilles.
"Non, non pas encore. Il faut qu'il se taise, qu'il arrête"
Il était assis par terre, contre le mur de la cafétéria. Il n'y avait encore personne. Ils étaient seuls. William était mort de peur. Julien s'assit à ses coté et sortit un petit sachet de poudre blanche.
-Tiens. Celui-là, je te l'offre. C'est de la pure en plus. Je sais que c'est celle que tu préfère.
William secoua la tête.
-Arrête. Je ne veux pas replonger. Range ta merde.
Mais Julien lui fourra dans la main.
-Mais allééé après tout ce que tu a pris pendant des mois c'est pas ça qui va te tuer, enfin !
William était presque au bord des larmes. Il tenait le sachet entre ses mains, brûlant de honte, de haine, d'envie et de remord. Julien le manipulait. Il savait que cela ne faisait pas assez longtemps qu'il avait arrêté. Qu'il pouvait recommencer n'importe quand. Tout ça pour le faire revenir dans cette ignoble cave.
-Ranges ça tout-de-suite, tonna une voix juste au dessus de lui.
Julien fut littéralement soulevé de terre. William lâcha le sachet d'héroïne et se releva prestement. Pierre était enfin arrivé.
Il tenait Julien par la gorge et le maintenait à presque 5cm du sol. Le dealer devenait presque violet et crachotait tout ce qu'il pouvait.
-Espèce d'ordure, tu va lui foutre la paix oui !
A peine eut-il fini sa phrase qu'il lança un violent coup de genoux dans ses parties. Julien se plia en deux de douleur. Pierre le lâcha et il s'écrasa par terre comme un vieux torchon sale.
-Ne. T'approches. Plus. Jamais. De lui. Est-ce que c'est clair ?
Julien acquiesça en gémissant de douleur.
Pierre saisit William toujours tremblant par la main et l'emmena dans un coin un peu à l'écart.
-Ça va mon chéri? Demanda-t-il en le serrant dans ses bras.
-Oui. Merci. Putain, j'ai cru qu'il allait me forcer à la prendre. Parce que j'aurais eu du mal à résister, je le sais.
Pierre ne répondit pas et le serra plus fort contre lui.
-Ne t'inquiète pas. Ça va aller, promis.
William enfoui son visage dans le cou de son amant.
-C'est dingue, dit-il en souriant, t'es toujours là au bon moment. T'es toujours là pour me sauver, toujours.
-C'est parce que je t'aime, répondit Pierre avant de l'embrasser tendrement.
