Ce n'est pas de ma faute, Docteur,
Si l'enfant Rose est tombée entre les griffes de ton frère égaré.
Que pouvais-je faire d'autre que d'aller la chercher
Puisque la faille la ramenant du monde parallèle
S'est ouverte dans la sombre profondeur de l'Océan?
Elle allait se noyer, je n'ai pas eu le choix.
J'ai dû l'aider, il le fallait.
Il se peut tout-de-même que tu m'en veuilles,
Que pour toi je ne sois plus le plus bel objet de l'Univers,
Parce que je n'ai pas pu la protéger jusqu'au bout.
Veux-tu me le reprocher à vive voix? Me dire en face à quel point je t'ai déçu?
Alors viens me sauver, viens nous sauver.
Viens nous dérober comme tu l'as fait avec moi par le passé
De ce Seigneur dément qui nous retient dans ses rets.
Le temps passe et son influence sur nous grandit.
Avant qu'il ne soit trop tard... avant de nous perdre à tout jamais...
Dépêche-toi, cher Docteur. Sois diligent, mon Voleur.
Je t'attends... Et elle aussi, bien qu'elle n'en soit pas consciente.
Jeu de séduction façon Maître
(Voilà, cher lecteur, comment notre Seigneur du Temps psychopathe a croisé le chemin de Rose...)
Pour la énième fois, le Maître hurla de frustration et fulmina contre le Docteur qui avait si bien bloqué le mécanisme de Tardis qu'il lui était impossible de se rendre ailleurs que sur Terre ou sur Utopia. Pourtant ce n'était pas faute d'avoir essayé. Que ce soit de briser ce fichu verrou temporel ou même de le contourner, chacune de ses tentatives s'était soldée par un échec cuisant.
En exprimant sa colère en termes très colorés, il donna un méchant coup de pied à la console du vaisseau, geste dont il savait que la seule utilité était de servir d'exutoire. Car malgré son grand âge, le Tardis n'était pas une vieille voiture qu'on réparait en frappant sur le capot. Quelle ne fut donc sa surprise lorsque ce dernier émit une sorte de hoquet avant de démarrer!
Le trajet fut de courte durée et sans secousses notables. Lorsque la Boîte Bleue se stabilisa, il consulta le moniteur principal dans l'espoir qu'il serait peut-être autre part que sur cette minuscule planète polluée où les terriens s'étouffaient dans leurs propres bêtises. Mais il fut rapidement détrompé. D'après les indications données par l'écran, il se trouvait dans - pas "sur" mais "dans" - l'Océan Atlantique. Le vaisseau reposait dans le fond marin du Triangle des Bermudes...
Il vaut mieux ne pas retranscrire tout ce que le Maître vitupéra alors comme jurons à l'encontre du pauvre Tardis qui selon lui l'avait amené ici dans l'unique but de le narguer. Disons simplement qu'il alla jusqu'à évoquer la possibilité de le mettre en pièces détachées avant de les vendre au poids chez un ferrailleur. Trop pris par ses propres vociférations, il ne remarqua pas qu'une énorme bulle d'eau renfermant un être vivant s'était matérialisée juste au-dessus de lui.
Quand elle éclata et déversa sur lui une incroyable quantité d'eau salée, il resta là à cligner stupidement des yeux, ne comprenant pas pourquoi il était soudain mouillé de la tête au pied et qu'une femme inconsciente pesait lourdement dans ses bras.
Il se força au calme. Il le fallait. Parce que s'il explosait maintenant, il était capable de détruire tout dans la salle de contrôle. Or qu'il le veuille ou non, il avait besoin du Tardis. Les paupières closes, il respira donc profondément et cracha afin de se débarrasser du goût du sel dans la bouche. Dès qu'il estima qu'il avait recouvert assez de sang froid pour ne pas tout saccager sur son passage, il rouvrit les yeux. Puis se rendant compte qu'il tenait toujours l'humaine dans ses bras, il la laissa tomber sur le sol.
Le choc avait été rude, toutefois cela ne la réveilla pas. Par curiosité il la repoussa du bout du pied. Toujours pas de réaction. Etait-elle morte? Et puis d'abord, qui était-elle? Bizarre, son visage lui disait quelque chose... Ah ha!
Il sursauta, la reconnaissant enfin. Il l'avait vue dans les archives du Tardis: elle y était répertoriée comme étant une ancienne compagne du Docteur. N'était-ce pas elle qui en dehors du nom de Rose Tyler portait un autre nom, plus redoutable, celui du Méchant Loup? Celle qui par la suite s'était retrouvée coincée dans un Univers parallèle pour ne plus pouvoir revenir?
Un rictus sardonique étira ses lèvres et il se mit à exulter intérieurement. Oh non, c'était trop beau pour être vrai. Lui qui n'avait pas arrêté de réfléchir au moyen qui serait le plus efficace pour blesser le Docteur, voilà que le hasard le lui offrait sur un plateau d'argent... Mais sans doute le hasard n'y était pour rien. Le Tardis avait dû percevoir son retour et agir en conséquence, afin de réceptionner celle dont s'était épris le Docteur. Oui, le Maître savait que l'autre imbécile l'avait aimée. Il suffisait pour cela de voir toutes ces empreintes émotionnelles du Docteur la concernant que le vaisseau - étant en parfaite symbiose psychique avec son précédent pilote - avait soigneusement enregistré. Pour cette jeune humaine son frère ennemi avait eu une passion dévorante, que pourtant il avait tenté de refouler au plus profond de son être. N'était-ce pas honteux? Comment pouvait-on s'avilir à éprouver de tels sentiments pour une femelle d'une espèce si primitive? Enfin, peu importe. Tant pis pour le Docteur s'il voulait s'abaisser à ça... et tant mieux pour lui, puisqu'il allait pouvoir s'en servir.
Ignorant les murmures plaintifs de la Boîte Bleue qui s'inquiétait pour la terrienne, le Maître s'accroupit à côté d'elle, se demandant quelle serait la meilleure façon de la manipuler. Se faire passer pour le Docteur régénéré? Naan, sa vie en dépendrait qu'il serait incapable de jouer le rôle de ce grand niais. Trafiquer sa mémoire pour lui faire croire que le Docteur était son pire ennemi? Beaucoup plus intéressant. Mais pour cela, il fallait avant tout qu'il efface les souvenirs qu'elle gardait de lui, ce qui risquait d'être assez délicat. Il suffisait d'un seul faux pas dans le tripatouillage mental pour qu'elle se retrouve dans un état végétatif, ce qu'il ne souhaitait pas non plus. On ne pouvait pas s'amuser avec une légume...
Ses pensées tournèrent court lorsqu'elle reprit brusquement conscience et le fixa d'un regard vide. Ses lèvres bleuies par le froid de l'eau s'entrouvrirent et c'est avec une certaine difficulté qu'elle articula les mots suivants.
ㅡ Qui êtes-vous?
Pris au dépourvu par ce soudain réveil, il donna la première réponse qui lui passa par la tête.
ㅡ Un Seigneur du Temps.
Elle ne réagit pas. On aurait dit qu'elle ne l'avait pas entendu. Le Maître commençait à soupçonner que le voyage sans protection d'un monde parallèle à un autre n'ait endommagé le cerveau déjà si limité de l'humaine quand elle rompit le silence et posa une question qui le stupéfia:
ㅡ Et moi, qui suis-je? Le savez-vous?
OoOoO
Quelques semaines plus tard...
Le plan de Vaillant que le Maître présenta à l'Etat-major britannique enthousiasma au plus au point les militaires qui pensaient que la construction de tout premier porte-avions volant allait leur permettre de s'imposer auprès des autres grandes puissances. Que ces idiots croient ce qu'ils voulaient. Pour le Maître le Vaillant n'était qu'une étape vers la domination de la Terre, qui à son tour constituait le prélude à la conquête de l'Univers.
Cette réunion marquait la fin de la journée en tant que Harold Saxon, ministre de la Défense. Lorsqu'il sortit de la salle de conférence, Yumi Tanaka l'accompagna jusqu'à la voiture avant de lui passer son manteau ainsi qu'un bouquet de roses blanches.
ㅡ Avez-vous besoin d'autre chose, monsieur? dit-elle sur un ton impassible.
ㅡ Non, rétorqua-t-il en faisant signe au chauffeur de démarrer. Vous pouvez disposer.
Là-dessus il se fit conduire jusqu'à un petit appartement au centre de Londres où il avait installé Rose. Avant d'appuyer sur la sonnette, il se prépara mentalement à jouer le personnage qu'il adoptait vis-à-vis de la jeune femme, c'est-à-dire un Seigneur du Temps qui avait sauvé sa compagne de la noyade et qui avait découvert avec horreur qu'elle avait perdu la mémoire... Et quoi d'autre, déjà? Ah oui, qui lui faisait assidûment la cour afin de la convaincre qu'ils s'étaient aimé, d'où les fleurs qu'il lui apportait à chacune de ses visites.
Non mais qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour faire enrager le Docteur...
Il sonna et attendit.
Un esprit amnésique était pareil à une toile vierge sur laquelle on pouvait peindre tout ce dont on avait envie. Et si c'était le Maître qui tenait le pinceau, l'oeuvre qui en résulterait risquait fort de déplaire au Docteur. Du moins c'est ce qu'il avait cru en découvrant l'amnésie totale de Rose. Mais ce qu'il n'avait pas prévu...
La porte s'ouvrit et elle apparut sur le seuil.
ㅡ Bonsoir, Harold.
...C'est qu'elle n'était pas aussi malléable qu'il l'aurait voulu.
ㅡ Est-ce qu'un jour m'appelleras-tu par mon nom? fit-il avec un début de grimace qu'il effaça bien vite. Tu le faisais bien, avant.
Il devait se montrer charmant pour le moment. Il aurait tout le loisir de lui dévoiler son véritable caractère quand elle serait devenue sienne... au sens propre comme au sens figuré.
ㅡ Désolée, sourit-elle en lui prenant le bouquet des mains. Pour moi, "Maître" n'est pas un nom. Et puis Maître quoi, hmm?
Je suis le Maître de tout: de tout ce qui est, tout qui a été et tout ce qui sera.
Réfrénant ces idées mégalomanes, il répliqua d'un ton doucereux.
ㅡ Tout simplement le Maître. Qu'est-ce qui te gêne dans le fait de m'appeler ainsi?
Sans doute te sens-tu dans la peau d'une esclave. Eh bien c'est le but, ma chère.
ㅡ C'est que... Ca fait très avocat, je trouve. Ou très notaire. Attendez une seconde, je reviens après avoir mis ces roses dans le vase.
La porte claqua, laissant le Gallifréen complètement pantois. Lui, un avocat? Comment pouvait-elle le comparer avec un de ces ridicules bonshommes qui paradaient avec une perruque sur la tête! (Ndl'a: il paraît que les avocats anglais portent des perruques en cour d'audience)
Tu me payeras cet affront, Rose Tyler.
ㅡ Je suis prête, dit-elle en reparaissant au bout de quelques minutes. Au fait, où allons-nous aujourd'hui?
ㅡ Sur la lune, répondit-il en la guidant jusqu'au toit de l'immeuble où il avait garé le Tardis.
Elle l'observa attentivement pour savoir si c'était une plaisanterie, mais ça n'en était pas une. D'après des livres sur l'art de séduire qu'il avait consultés, les terriennes adoraient les surprises, surtout si elles étaient extravagantes. Il avait donc décidé de sortir le grand jeu. Bien sûr, sans ce maudit verrou temporel il aurait pu l'emmener en Arcadie ou autre endroit encore plus extraordinaire, mais bon...
Lorsqu'après un court voyage à bord de la Boîte Bleue elle se retrouva vraiment devant un paysage lunaire, elle eut un rire nerveux.
ㅡ Je ne sais pas pourquoi, j'oublie parfois que vous n'êtes pas humain.
Encore un affront dont je me souviendrai. Me prendre pour un humain!
Cachant ses pensées, il émit un claquement de doigts en direction de la console. Une douce musique se mit à couler et il effectua un pas à l'extérieur, l'invitant à faire de même.
ㅡ M'accorderas-tu cette danse, Rose?
ㅡ Je pensais pourtant qu'il n'y avait pas d'oxygène sur la lune, hésita-t-elle.
Idiote. Qu'est-ce que tu crois? J'ai repoussé le bouclier de protection à son maximum.
ㅡ Tu as confiance en moi, n'est-ce-pas? dit-il, tout sourire.
Figure mi-figue mi raisain, elle saisit la main qu'il lui tendait et accepta de le suivre dehors.
OoOoO
Ils dansèrent. Sous un ciel d'un noir d'encre où veillait une Terre dispensant des rayons bleuâtres, leurs pieds dessinaient des cercles concentriques avec la lenteur et la légèrté caractéristiques d'une moindre gravité, donnant à leur danse un côté irréaliste.
Cependant, le Maître remarqua que Rose n'avait pas l'air si subjuguée que ça. Elle paraissait plutôt... préoccupée. Non, navrée. Son impression se confirma lorsqu'elle annonça de but en blanc:
ㅡ Je vais quitter Londres.
Son sourire factice se figea et il se raidit. Qu'est-ce qu'elle lui faisait, là? Ainsi, malgré le fait qu'il ait consacré des semaines à tenter de gagner ses bonnes grâces, elle refusait de succomber à son charme, c'est bien cela?
ㅡ Tu veux te séparer de moi? demanda-t-il d'une voix qui était loin d'être chaleureuse.
ㅡ Ecoutez, soupira-t-elle. Je n'arrive à rien dans mes efforts de retrouver la mémoire. La ville de Londres ne m'est aucunement familière. Et vous... Je ne veux pas vous faire de peine, mais vous regarder n'éveille pas le moindre souvenir en moi.
Quoi de plus normal puisque la senteur qu'exhalaient ces roses blanches contenait un dérivatif de la pillule amnésiant mise au point par Torchwood 1 qu'il avait pris soin d'améliorer.
ㅡ Il se peut qu'en visitant d'autres lieux...
ㅡ Je t'ai déjà dit que tout finirait par te revenir en restant avec moi, coupa-t-il, impatient. Toutes les aventures que nous avons vécues ensemble. Tous ces voyages dans le Temps. Quoi, tu ne me fais plus confiance?
Cette question qu'il posait pour la seconde fois de la soirée resta suspendue entre eux, tandis que leurs regards se croisaient et s'accrochaient.
Ce fut Rose qui en premier détourna la tête. Mû par une fureur aussi brusque qu'incontrôlable, il laissa tomber la façade d'une personne vertueuse qu'il s'était ingénié à construire devant elle et l'attrapa par le menton, en la forçant à le regarder de nouveau.
ㅡ Crois-tu peut-être que je te mens? articula-t-il sur un ton venimeux.
Comment ose-t-elle douter de moi? tempêta-t-il en son for intérieur. Elle, qui n'est qu'une moins que rien d'humaine? Comment ose-t-elle!
Elle le repoussa avec sécheresse et voulut s'écarter de lui. Il l'en empêcha en lui empoignant le bras.
ㅡ Lâchez-moi, protesta-t-elle en gardant un calme surhumain.
Il raffermit sa prise, lui arrachant un petit cri.
ㅡ Tu ne m'as pas encore répondu.
ㅡ Qu'attendez-vous de moi? fit-elle avec lassitude. Je ne me souviens absolument pas de vous. Vous m'êtes un parfait étranger, Harold. De plus, il y a quelque chose en vous qui me...
Elle s'interrompit, ravalant la fin de la phrase.
Qui te fait quoi? Qui te fait peur? Tu as raison de me craindre. Mais ce n'est pas pour autant que je supporterai que tu me résistes!
ㅡ Vous êtes un alien âgé de je ne sais combien de siècle, reprit-elle, doté de connaissances dépassant celles de n'importe quel terrien. Pourtant vous êtes là, sur Terre, à vous faire passer pour un ministre britannique. Tout cela dans un but philanthrope, m'avez-vous expliqué...
C'est effectivement ce qu'il lui avait raconté. Il lui avait prétendu qu'il souhaitait prendre le sort de l'humanité en main afin de la détourner du chemin de l'auto-destruction - guerres, réchauffement climatique et bien d'autres - dans lequel elle s'était engagé... Le genre de niaiseries qu'aurait débité le Docteur, sauf que sa manière à lui était radicalement opposée.
ㅡ Il est possible que votre intention soit noble. Mais priver nous les humains de notre libre arbitre ne peut et ne doit pas être la solution à nos problèmes. Car c'est ce que vous vous apprêtez à faire, est-ce que je me trompe?
Les yeux du Maître brillèrent de colère, toutefois il parvint à se maîtriser.
ㅡ Avant l'amnésie, tu étais d'accord avec mes idéaux. Avant, tu avais une totale confiance en moi.
Mensonges, rien que des mensonges. Cependant la rage avec laquelle il prononça ces paroles leur donnait un semblant de sincérité.
Elle le fixa sans un mot. Puis soudain, elle s'arracha de son étreinte et s'insurgea avec une véhémence qui surprit son interlocuteur.
ㅡ Avant, avant! J'ignore qui j'étais avant. Je ne suis plus celle que j'étais avant! Ne me demandez à être la Rose que vous connaissiez, elle est morte!
ㅡ Et après? grinça-t-il. Que veut la nouvelle Rose que tu es à présent?
ㅡ Que vous renonciez à vos projets. Et que vous me permettiez de commencer une nouvelle vie, ailleurs, loin de vous.
ㅡ Et si je refuse?
ㅡ Alors je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour vous y contraindre.
A cette déclaration, un sourire cruel étira les lèvres du Maître d'une oreille à l'autre en révélant toutes ses dents, tel un fauve se préparant à bondir sur sa proie. Il agrippa Rose par les épaules et approcha dangereusement son visage du sien.
ㅡ Toi? railla-t-il. Me contraindre?
Lentement, il se pencha à son oreille et chuchota avec une fébrilité empreinte de folie.
ㅡ Tu ne le peux. Par contre, moi je peux te contraindre...
ㅡ Délire de l'auteur ㅡ
Asadal et Rose sont assises dans un canapé et discutent, une tasse de thé à la main.
R ㅡ Alors? Est-ce que je vais faire chambre commune avec le Maître ou pas?
A ㅡ Idontwanttogo a déjà posé cette quesiton... Et je te donne la même réponse: j'en sais rien. Tout dépend, si à la fin de la fic tu choisis le Docteur ou le Maître. Je me demande ce qu'en pensent les lecteurs...
R ㅡ ...Est-ce que je dois forcément choisir?
A ㅡ Pardon?
R ㅡ Est-ce que je ne pourrais pas garder les deux?
Asadal laisse tomber sa tasse qui se brise en mille morceaux et regarde Rose comme si elle n'en croie pas ses yeux.
R ㅡ Ben quoi?
