William rentra dans l'appartement en claquant la porte.

-Bordel de merde !

Pierre tenta de le rassurer.

-Hey, calmes-toi. Ça va aller. Tu ne sais pas comment ça va se passer. Peut-être qu'elle ne va rien dire.

William fit la grimace.

-Tu ne connais pas ma mère. Ça m'étonnerait qu'elle reste sans réagir. Elle va se ranger du coté de mon père et dire que je ne suis qu'un monstre ou un dépravé ou que sais-je encore !

Il donna un violent coup de pied dans un coussin qui traînait et l'envoya valser à l'autre bout du studio.

-J'en ai marre de tout ça ! Marre marre marre ! Si j'avais su...

Il s'effondra sur le canapé-lit qui se trouvait au milieu de la pièce.

-Si tu avais su quoi ? Demanda Pierre, soudain anxieux.

-Je ne serais jamais parti en Californie... répondit William d'un ton vague, fixant le ciel par la fenêtre.

Pierre s'assit à ses cotés et lui pris tendrement la main.

-Tu pouvais pas deviner. Et tu ne crois pas que tu aurais fini par le savoir d'une manière ou d'une autre ?

William haussa les épaules.

-Je sais pas. Mais si j'avais trouvé un quelconque intérêt aux filles, j'en serai pas là, ça c'est sûr.

Pierre se redressa.

-Tu regrettes d'être avec moi, c'est ça ?

Il avait l'air blessé.

-Mais jamais de la vie ! Où tu va chercher ça ?

Il se rassit.

-Bah je sais pas. T'as vu ce que tu dis ? Comment je dois prendre ça, moi ?

William se mordit la lèvre.

-Pardon. J'ai pas réalisé. Je suis juste un peu.. sur les nerfs.

Doucement il se pencha et serra Pierre dans ses bras avant de l'embrasser tendrement.

Celui-ci lui lança un regard pervers en glissant ses mains sous le T-shirt de son amant et le lui enleva prestement.

____Malheureusement, à cet instant, la sonnerie du téléphone de William retentit. Celui se leva en soupirant furieusement et alla répondre.

-Ouai ?

____C'était sa mère, fraîchement revenue de Suisse, comme elle lui avait annoncé quelques heures auparavant. C'était cette annonce qui était la cause de son énervement.

-Je viens d'arriver. Je suis à la Gare de Lyon. J'ai eu ton père au téléphone. Bref, j'aimerai te parler.

William grimaça. Il craignait le pire.

-Bon. Quand ?

Pierre, toujours avachi sur le canapé, lui lança un regard inquiet.

-C'est qui ? Souffla-t-il.

-Le plus vite possible, parce que après, j'ai rendez-vous avec ton père. Il y a un problème. Enfin bref. Tu peux venir me rejoindre là ? Je t'attend au restau de la gare, reprit la mère du jeune homme.

-J'arrive, maugréa William avant de raccrocher.

Il se rhabilla en grognant.

-Ma mère a toujours eu le chic pour me déranger pile quand il faut pas. Enfin bon. Il releva la tête et s'approcha de Pierre.

Celui-ci lui prit les mains, l'interrogeant du regard.

-Elle a eu mon père au téléphone et elle veut me parler TOUT DE SUITE elle a dit.

Il soupira et se se leva, glissa ses mains autour de sa taille et le serra contre lui.

-Ne t'inquiète pas.

-Si. Putain Pierre j'ai peur. J'ai pas encore 18 ans. Elle peut très bien retirer ma garde à mon père et m'embarquer avec elle dans ses putains de montagnes Suisses.

-Je ne la laisserai pas faire ça.

William soupira et se dégagea de l'étreinte de Pierre.

-Je déteste ma famille. Bon j'y vais. À tout à l'heure.

____Il failli fondre en larmes dans le métro, en regardant passer les gens et en ressassant ses soucis. Qu'est-ce qu'il ferait s'il se retrouvait là-bas, en Suisse ? Ça serai pire que tout. Sans Pierre, sa vie n'avait plus de sens.

____Il était mort de trouille lorsqu'il retrouva sa mère dans le café.

Cela faisait plusieurs mois qu'ils ne s'étaient pas vus, et il se rendait compte qu'elle lui avait à peine manqué.

-Comme je te disais, ton père m'a téléphoné il y a quelques jours, et on a pas mal parlé de toi.

"Ben voyons, fallait s'en douter... Ils ont dû passer une heure à se plaindre du fils honteux que je suis..."

Elle soupira.

-J'ai essayé de le raisonner. Mais il ne veut pas m'écouter.

"Euh?"

-Co... comment ça ? Bafouilla William.

-Ben... il m'a parlé de toi et.... Pierre, c'est ça ? Oui bon bref. Il a dit des choses horribles. C'est pour ça que je suis là. Je ne laisserais jamais mon ex-mari penser des choses pareilles à propos de mon fils.

William le regardait, la bouche grande fut tenté un instant de lui demander ce que son père avait bien pu dire mais finalement, il valait mieux qu'il ne sache pas.

-Mais... mais.. tu... tu... bégailla-t-il.

Sa mère sourit et fit un geste de la main.

-Bon. J'avoue que ça m'a fait un choc. Mais en y réfléchissant, ça ne m'étonne pas et puis... l'essentiel c'est que tu sois heureux, non ?

William sourit.

-Merci maman.

Finalement, sa famille n'était pas si nulle que ça...

-Alors tu.. va lui parler ?

Elle acquiesça vigoureusement de la tête.

William rougit et baissa les yeux.

-Merci maman, répéta-t-il bêtement, ne sachant que dire d'autre.

-Arrêtes de dire ça, c'est normal !

-J'avais peur que tu dises la même chose que Papa... que j'étais qu'un bon à rien, un pervers et que je ne comprenait rien à la vie, et que... bref.

-C'est ce qu'il t'a dis ??

-Il a dit aussi que j'étais dérangé et que j'irai mourir en enfer. Et il a dit pleins de trucs méchants sur Pierre. Il a dit que c'était de sa faute et pleins d'autres trucs horribles.

Sa mère secoua la tête d'un air désespéré.

-C'est vraiment un salaud. Comment j'ai fais pour rester 20ans avec lui ? Je ne me comprendrais jamais.

-Bah tu pouvais pas savoir. Et puis il était gentil.

-Il a juste passé sa vie à me tromper dans mon dos, ne s'est jamais occupé de toi et n'était pratiquement jamais à la maison. Mais bon. On ne va pas refaire le passé.

-Tu dis ça mais.. Toi non plus tu n'étais pas souvent là...

Elle soupira.

-Je sais. Je sais et je regrette. J'ai été une mauvaise mère. J'ai réfléchi à tout ça quand tu était à l'hôpital. Et je me suis rendue compte que si j'avais été un peu moins obsédée par mes problèmes et si je m'étais plus occupée de toi, tout cela ne serai pas arrivé. Seulement il m'a fallu du temps pour comprendre tout ça. Et je suis partie, et j'ai tout gâché. Je suis désolée.

-Alors maintenant tu tentes de te rattraper ?

Elle haussa les épaules.

-Je ne sais pas.. sûrement. Je dois avoir mauvaise conscience. Et puis de toute façon c'est tellement immonde ce qu'il dit et ce qu'il t'a fais ! On abandonne pas ses enfants. Bref. Racontes-moi. Tu vis chez Pierre maintenant si j'ai bien compris ?

Elle avait l'air sincèrement intéressée par sa vie. C'était la première fois qu'il voyait sa mère s'intéresser à lui et s'occuper de lui comme ça.

-Non, en fait on habite dans un studio dans le 18ème...

____Et la conversation se poursuivi comme ça une bonne partie de la soirée.

Comme une mère qui parle avec son fils qu'elle n'a pas vu depuis longtemps. Comme une vraie famille.