— Délire de l'auteur —

Au rire semblant provenir d'outre-tombe, Ten et Rose se lèvent d'un bond et regardent autour d'eux. Dans l'obscurité, un spectre se matérialise et commence à parler d'une voix éthérée.
Spectre — Ouhouhou…. Je… suis… un fantôooome… Revenu d'entreeee les mooorts pour…
Rose — (ne montrant aucune crainte) Ah, te voilà! Eh bien, c'est pas trop tôt!
Pas plus effrayé qu'elle, Ten pointe le tournevis sonique sur le spectre. Ses contours se précisent et Asadal apparait. Sans autre forme de procès, Rose et Ten la saisissent par le bras et la poussent vers l'ordinateur.
Asadal — Mais… mais…
Ten et Rose — (la forçant à s'asseoir devant le clavier) Tais-toi, et écris la suite!


Le jeu a commencé, Docteur.
Et je crois avoir remporté la première manche,
En s'emparant de l'un de tes pions.

Allons, quand viendra donc ta riposte?
Réfléchis bien, Docteur,
Aux mouvements que tu vas effectuer pour me contrer.
Car j'ai plusieurs coups d'avance sur toi,
Et je m'en voudrais terriblement
Que tu perdes trop rapidement.

Que veux-tu, Docteur,
Pour moi
Il n'y a aucun plaisir dans la victoire facile…


La Fée des neiges


— Alors, capitaine? Que ressent-on lorsqu'on se fait trahir par ceux qui vous sont les plus proches?

Le Maître avait demandé cela sur un ton badin, avec une pointe de curiosité comme s'il était vraiment intéressé par la réponse que lui fournirait Jack. Ce dernier grinça mentalement les dents, néanmoins il prit soin de ne pas le manifester et rétorqua avec un calme glacial.

— Je l'ignore. Je vous le dirai une fois que je l'aurai été.

— Tiens donc? Et comment appelleriez-vous la manière dont Mr Jones vous a invité à venir nous rejoindre?

— Vous lui avez fait quelque chose, fit-il en insistant sur chaque mot. Et quand je saurai ce que c'est, soyez-en certain que je vous rendrai la pareille.

Le Seigneur du Temps étouffa un petit rire et tendit la main vers une manette placée près de la porte.

— Une menace n'est efficace que quand on est en position de force, capitaine… ce qui est loin d'être votre cas.

Il l'abaissa. Aussitôt un puissant courant électrique traversa le corps de Jack qui mourut pour la sixième fois de la journée. Lorsqu'il revint à la vie, le visage de son tortionnaire se trouvait à quelques centimètres du sien, arborant un charmant sourire.

— Ouille… Ça fait mal, n'est-ce-pas? L'immortalité n'empêche pas de souffrir, malheureusement pour vous.

Il tapota familièrement la joue de son prisonnier avant de reculer en pinçant du nez. Une électrocution prolongée avait pour inconvénient de brûler la chair et l'odeur n'était pas très ragoûtante.

— Qu'est-ce que vous attendez de moi? articula Jack avec difficulté.

— De vous? Rien. Vous n'êtes qu'un pion, mon pauvre ami. Non, pas un pion. Un fou peut-être, ou un cavalier. Enfin, un parmi tant d'autres dont je compte priver le Docteur un par un, jusqu'à ce que…

Le Maître mima le geste de poser une pièce sur un échiquier imaginaire.

— …Ce soit échec et mat.

Visiblement, il adorait s'écouter parler, ce qui lui faisait un point commun avec le Docteur. Il y avait également d'autres ressemblances entre eux, comme la désinvolture et l'extravagance, amenant Jack à s'interroger sur la possibilité qu'ils soient frères.

— Et Rose? lança-t-il assez abruptement. C'est un pion, elle aussi?

Son interlocuteur se figea et pencha la tête sur le côté. Avec une expression indéchiffrable sur la figure, il parut réfléchir sérieusement à la question.

— Que lui avez-vous fait, à elle? poursuivit Jack. La même chose qu'à mon équipe? Car à moins d'un lavage de cerveau, je ne vois pas pourquoi elle resterait près d'un psychopathe tel que vous.

Le Gallifréen ne releva pas le mépris contenu dans ces propos et sourit en haussant uniquement les commissures de ses lèvres. Cela faisait un bon moment que Rose ne faisait plus partie de son équation. Elle était un élément hors de son contrôle, qui provoquait en lui des réactions qu'il ne comprenait pas lui-même. Pas plus tard que ce matin, ne lui avait-il pas suggéré de l'empêcher de nuire en le tuant? Et combien de fois déjà s'était-il montré vulnérable devant elle?

N'ayant aucunement envie d'aborder un sujet aussi sensible avec le capitaine, il tourna les talons et se dirigea vers la sortie. Assez joué. Il était temps de se mettre au travail.

— Votre ancienne camarade de jeu devrait être le dernier de votre souci, Jack. Voyez-vous, je vous ai préparé quelques divertissements pour que vous ne mouriez pas d'ennuis durant votre séjour ici. Oh, j'oublie que vous ne pouvez pas mourir.

Il frappa sur la porte en métal qui s'ouvrit pour livrer le passage à Ianto. Rigoureusement impassible, il poussait devant lui un chariot rempli de divers instruments de torture.

— J'ai chargé Mr Jones ici présent de mener une expérience sur vous. Votre résistance à la douleur, la durée de votre mort selon la façon dont on vous exécute, etc. etc. Alors amusez-vous bien.

Sur ces paroles aimables le Maître quitta la cellule en claquant la porte. Elle se rouvrit aussitôt et il ajouta:

— Et ne vous disputez pas, les enfants!

La porte se referma, laissant Jack seul en face d'un Ianto qui enfilait tranquillement des gants en caoutchouc. Après avoir parcouru du regard les différents objets qu'il avait à sa disposition, il choisit une corde de piano dont il testa la solidité en tirant sur ses extrémités. Il avait tout le sérieux d'un chirurgien sur le point de commencer une opération.

— Ianto, fit le capitaine lorsque celui-ci s'approcha de lui avec l'intention évidente de s'en servir.

— Oui, Jack?

Toujours la même voix, sauf qu'elle était dénuée d'émotions. La timidité et la gentillesse qui la caractérisaient autrefois s'étaient envolées. Et ses yeux, d'une fixité dérangeante, ne reflétaient plus rien. Ils étaient vides, ne remplissant que le rôle des organes de vision qu'ils étaient.

— Quoi que le Maître t'aie fait subir, je te promets de tout arranger. Tu m'entends, Ianto?

C'était une promesse qu'il se faisait à lui-même, mais aussi au vrai Ianto qui devait se cacher quelques part derrière ce monstre au sang-froid qu'il était devenu.

Pour tout réponse, le jeune homme enroula la corde autour de son cou.

— Merci, mais je suis très bien comme je suis.

Puis il se mit à l'étrangler. Il ne relâcha pas son effort jusqu'à ce qu'il ait acquis la certitude que Jack ne respirait plus. Alors seulement il lâcha la corde et enclencha le chronomètre de sa montre afin de mesurer le temps que durerait le décès.

Il était du genre consciencieux, prêt à s'acquitter du mieux qu'il pouvait de la mission que lui avait confié le Maître.

OoOoO

Morose, Martha embrassa du regard le sous-sol du grand magasin désaffecté qui leur servait de cachette. Il y faisait humide, sombre et froid, contribuant à lui saper le moral déjà en berne.

Tout cela était en train de tourner au cauchemar. Il ne s'agissait plus d'une de ces folles aventures qu'elle avait vécu dans une lointaine galaxie ou à une époque qui n'était pas la sienne, mais un désastre qui survenait chez elle et qui touchait de près sa propre famille, mise en danger parce qu'un jour elle avait décidé sur un coup de tête de suivre un alien rencontré par hasard.

Regrettait-elle d'avoir croisé le chemin du Gallifréen? Un peu, peut-être. Car elle commençait à se rendre compte qu'il était comme un soleil qui attirait. Et tout le monde savait ce qui était arrivé à Icare quand il s'en était trop approché.

Comme à chaque fois qu'elle laissait vagabonder ses pensées, ses yeux vinrent se fixer sur le Docteur. Il discutait avec Toshiko à propos du réseau Archange. Après avoir écouté les explications de la jeune asiatique, il s'extasia:

— Des messages subliminaux cachés dans les ondes téléphoniques! Et vous avez trouvé cela toute seule? Il n'y a pas à dire, vous êtes brillante, mademoiselle Sato!

Derrière ses lunettes rondes, elle rougit. Pas uniquement à cause du compliment, soupçonna Martha.

— Je… Je n'y suis pour rien, vraiment. C'est Ross qui m'a conseillé de s'intéresser au réseau Archange.

— Ouais, acquiesça Owen. C'est également grâce à lui si on a pu éviter de se faire tripatouiller du cerveau.

Et il raconta comment Ross avait contacté Torchwood en prétendant que le ministre de la Défense n'était pas humain. Afin de vérifier ses dires, Owen et Tosh avaient accepté de le rencontrer. Pendant qu'ils étaient au rendez-vous, le Maître avait rendu une petite visite dans leurs locaux gardés par Ianto et Gwen…

— Et voilà où nous en sommes, fit Owen sur un ton amer. Je ne sais pas ce que cet alien leur a fait, mais à notre retour au QG, ils lui obéissaient au doigt et à l'oeil. Sans l'aide de Ross, je suppose que Tosh et moi serions dans le même état.

Pensif, le Docteur se tourna vers le soldat de l'UNIT qui était resté silencieux.

— Vous semblez être au courant de beaucoup de choses, Mr Jenkins. Comment les avez-vous apprises?

— J'ai un informateur, répondit celui-ci. Je ne connais pas son visage parce que tous nos échanges passent par le net, mais il…

— Pas "il", coupa Owen. Elle. Jamais un homme ne se donnerait un pseudo comme la Fée des neiges.

— Qu'importe que ce soit un homme ou une femme, rétorqua Ross. En tout cas, c'est cette personne qui m'a renseigné sur la nature de Harold Saxon et qui m'a incité à prendre contact avec vous, Docteur.

— Vous ignorez donc son identité, intervint brusquement Martha, et par-là même ses motivations. Génial.

Elle n'avait pas voulu être aussi désagréable. Seulement elle n'était pas de très bonne humeur – il y avait de quoi – et n'avait toujours pas digéré la façon dont Ross l'avait traînée ici.

— Cela ne change rien au fait qu'elle nous ait aidés, riposta-t-il. Sans ses indications, vous auriez été capturée, à l'heure qu'il est.

A cet instant, un bip sonore se fit entendre d'un des ordinateurs.

— Justement, c'est elle.

A ces mots, tous se réunirent autour de Toshiko qui s'était mise au clavier. Une phrase apparut sur l'écran.

CAPITAINE HARKNESS RETENU DANS UNE BASE MILITAIRE AUX COORDONNEES SUIVANTES:

Puis s'affichèrent une série de chiffres qui en indiquait l'emplacement exact. En voyant cela, Owen maugréa:

— Droit au but, comme toujours. Pourtant un petit bonjour n'a jamais étouffé personne.

— Demandez-lui si elle sait quelque chose à propos de Rose Tyler, pria soudain le Docteur en touchant Tochiko à l'épaule.

— Qui est-ce? fit-elle, curieuse.

— Demandez-le lui.

Elle s'exécuta. La réponse ne tarda pas à venir.

TRANSMETTEZ AU DOCTEUR DE SE PREOCCUPER PLUTOT DU PROJET NEW EDEN QUE DE SON ANCIENNE COMPAGNE. S'IL NE TROUVE PAS UN MOYEN DE LE CONTRER, CE SERA LA FIN.

— Comme si la situation n'était pas suffisamment grave comme ça, marmonna Owen. Qu'est-ce que c'est que ce projet New Eden?

Cependant le Gallifréen poussait Toshiko légèrement sur le côté pour taper directement sa question.

ICI LE DOCTEUR. VOUS QUI SEMBLEZ SI BIEN ME CONNAITRE, QUI ETES-VOUS?

Le curseur clignota pendant un bon moment avant que ne se forment les lettres.

JE SUIS LA FEE DES NEIGES. C'EST TOUT CE QUE VOUS AVEZ BESOIN DE SAVOIR.

Puis le contact fut rompu.

OoOoO

Sans un mot, le Docteur considéra l'écran qui à présent était éteint. La Fée des neiges. A cause du choix de ce pseudonyme, il s'était demandé si l'informateur n'était pas en réalité la pétillante jeune femme aux cheveux dorés revenue on-ne-sait-comment du monde parallèle. Mais c'était trop espérer, sans doute.

— Tosh, dit Owen, fais des recherches sur cette base militaire. Il est temps de sortir notre chef de là.

— Je la connais, grimaça Ross. Elle appartient à l'UNIT. Et je peux t'assurer que s'y introduire ne risque pas d'être une partie de plaisir.

D'un geste rapide et précis, Toshiko se mit à pianoter sur le clavier d'un autre ordinateur.

— Il m'est possible de pirater leur système de sécurité, mais seulement jusqu'au niveau – 4. Pour les étages inférieurs, là où justement se trouvent les cellules d'emprisonnement, c'est au-dessus de mes capacités, désolée.

— Ça vous aiderait si vous pouviez devenir invisible?

L'attention de tous se porta sur le Gallifréen qui avait pris une clé de sa poche.

— C'est vrai qu'une cape d'invisibilité nous faciliterait la tâche, railla Owen. Quoi, vous en avez une sous la main?

— Je ne suis pas Harry Potter, sourit le Docteur. Bien que Rowling s'est inspiré de ses aventures avec moi pour son roman…

— Vous avez rencontré J. K. Rowling? fit Toshiko en ouvrant de grands yeux.

— Oui, elle n'était qu'une enfant lorsque je l'ai sauvée d'un épouvantar qui se dissimulait sous son lit. Enfin, je rectifie le terme "invisible". "Passer inaperçu" serait plus exact. Martha, votre clé du Tardis, je vous prie.

Étonnée, elle la lui tendit. Il commença à les bidouiller avec son tournevis sonique tout en débitant à toute vitesse des explications sur ce qu'il était en train de faire. Seule Toshiko parvint à les suivre jusqu'au bout. Pour les autres, ils décrochèrent au bout de la deuxième phrase. Mais quand ils eurent une démonstration de ce que pouvaient faire ces clés modifiées, ils se montrèrent admiratifs.

— Ah, je vois… siffla Owen. C'est le même principe que l'ascenseur invisible de notre QG.

Le Docteur en garda une et rendit l'autre à Martha.

— Je compte sur vous pour qu'ils ne l'utilisent pas à tort et à travers.

— Attendez, fit-elle en fronçant les sourcils. Vous ne venez pas avec nous?

— Il faut que j'aille chercher Rose.

Imperceptiblement, ses doigts se crispèrent autour de la clé qu'elle avait à la main.

— Vous ignorez pourtant où elle se trouve, précisa-t-elle d'une voix sans timbre.

— Puisqu'il en parle comme de sa fiancée, il y a de forte chance qu'elle soit à Downing Street.

— Oh là, minute! intervint Owen, incrédule. Rose serait donc cette blondinette qu'on a aperçu hier à la télé? Votre ex-copine est la future femme de Harold Saxon?

Ni Martha ni le Seigneur du Temps ne se soucièrent de lui, trop absorbés par leur conversation.

— Docteur, insista-t-elle, nous avons besoin de vous.

Ils avaient besoin de lui: elle, Jack, la Terre! Sa place était auprès d'eux et non auprès de celle qui peut-être avait basculé du côté du Maître. Cependant ces pensées ne franchirent jamais ses lèvres, elle ne pouvait pas se le permettre. Faire une scène de jalousie aurait été trop pitoyable.

Ne se rendant absolument pas compte de l'état d'esprit de la jeune femme, le Docteur prit ses deux mains dans les siennes.

— J'ai toute confiance en vous, Martha. Après tout, vous avez été à bonne école avec moi.

Le disant il lui dédia un magnifique sourire, un de ses sourires irrésistibles qui avaient fait chavirer son coeur lors de leur première rencontre. Que pouvait-elle faire contre cela? Elle se contenta donc de lui retourner le sourire, s'efforçant de ne pas le faire paraître trop mélancolique.

— C'est vrai que vous avez été un excellent professeur.

Puis sur l'impulsion du moment elle le serra dans ses bras:

— Faites attention à vous, d'accord? Il ne manquerait plus qu'après avoir libéré Jack on soit obligé de monter une autre expédition pour vous sauver.

Il lui répondit avec un clin d'oeil avant de reculer quelques pas.

— Oui, madame. Oh, et veillez à ce que ces va-t'en-guerre ne blessent personne. Je les laisse sous votre responsabilité, Martha.

Il indiqua du menton Owen et Ross qui n'eurent même pas le temps de s'offusquer de ses propos. Car l'instant d'après, il s'était téléporté avec le manipulateur du vortex.

— Il a la bougeotte ce Docteur, constata Toshiko. Au fait, c'est Docteur qui?

— Simplement le Docteur, commenta Ross. C'est ce qui est marqué dans les archives de l'UNIT.

Martha, qui contemplait en silence l'endroit où s'était tenu le Gallifréen, poussa un soupir et s'adressa aux autres:

— Et si maintenant on discutait du plan?

— Quel plan? fit Owen.

— Celui qu'on doit élaborer pour secourir le capitaine.

— Que ce soit bien clair, déclara-t-il avec un reniflement de mépris. Je me fiche de ce que ce Docteur a dit, vous n'êtes pas notre leader.

— Bien sûr que non, admit-elle calmement. Ce n'est pas mon rôle.

Une pause, puis elle poursuivit sur un ton moqueur.

— Moi, je ne suis que votre nounou.

OoOoO

10 Downing Street. Vu de l'extérieur, c'était une maison tout-à-fait ordinaire à la façade peinte en noir, si ce n'est que depuis des décennies elle servait de demeure aux Premiers ministres britanniques. A présent, elle abritait un Seigneur du Temps mégalomane rêvant de conquérir la Terre entière, ainsi que sa fiancée qui trépignait de colère parce qu'on l'avait empêchée de quitter ses appartements pendant toute la journée.

— Je veux simplement prendre un peu l'air, protesta-t-elle face à l'homme au complet noir qui gardait la porte.

Il était bâti comme une véritable armoire à glace et était aussi borné que son physique le suggérait. Rose regrettait presque de ne pas avoir affaire à Tanaka. D'ailleurs, où était-elle passée? Cela faisait un moment qu'elle ne l'avait pas vue.

Le gorille… Enfin, non, le garde ouvrit la bouche pour lui répondre.

— Les ordres de Mr Saxon sont formels. Vous ne devez pas sortir.

— Mais il n'y a aucune raison qu'il veuille m'enfermer!

— C'est pour votre sécurité.

Puis il lui referma la porte au nez.

Rose égrena tout un chapelet d'injures qui auraient choqué le Maître s'il les avaient entendues. Ça pouvait paraître antinomique, mais il préférait user d'un langage châtié et s'attendait à ce que son entourage fasse de même. Preuve que la cruauté et le snobisme ne s'excluaient pas forcément.

Lasse, elle se jeta sur son lit et enfouit le visage sur l'oreiller. C'était la première fois que Koschei imposait une restriction à ses allées et venues. Que craignait-il? Qu'elle s'enfuie? Pour aller où? Elle était amnésique. Dans ce monde tout lui était étranger, à part lui…

Un bruit qui semblait provenir du placard la tira de ses réflexions. Extrêmement surprise, elle se redressa. Ce n'était pas possible! A moins d'avoir la berlue, elle venait d'entendre quelqu'un y pousser des jurons étouffés.

Elle se leva et s'approcha du meuble avec prudence. Alors qu'elle tendait la main vers les portes, les deux battants s'ouvrirent avec fracas. En même temps qu'un paquet de vêtements, un homme surgit comme un diable hors de sa boîte.

Avec un petit cri, Rose bascula en arrière…


Note de l'auteur — Si vous avez suivi "le délire de l'auteur", vous savez que j'ai été assassinée par la main du Maître. Cette longue absence n'est donc pas de ma faute mais celle du Maître. Ha ha ha! Hahaha…
Trêve de plaisanterie. Je suis terriblement et horriblement désolée pour ce retard! J'ai eu quelques problèmes personnels, ainsi qu'une sérieuse manque d'inspiration. Me voilà de retour, et j'essaierai d'être plus ponctuelle.
Merci à "moi" et à "Angel-sama", des revieweurs anonymes qui m'ont laissé des commentaires bien sympathiques, ainsi qu'aux autres lecteurs qui ont eu la patience d'attendre. J'espère que vous avez apprécié cette suite!