N.d.A: Merci pour les reviews et ceux qui m'ajoutent dans leurs listes d'auteur ou story. Voici un nouveau chapitre qui en dévoile un peu plus sur le mystère Evans ! Bonne lecture. Le chapitre 7 est en cours d'écriture.

Harry attendait sa mère à la sortie de la salle. Il était pressé de savoir toute la vérité sur sa famille. Il avait passé sa vie à résoudre des mystères, c'en était assez maintenant. Tout allait enfin être clair pour lui...

Après avoir quitté Severus, Lily quitta la salle et trouva vite son fils. Elle était encore sonnée par le baiser de Severus mais elle se devait de rassembler ses esprits. Elle allait raconter son histoire, l'histoire de sa vie à son fils.

Lily le rejoignit enfin et l'entraina sans un mot dans les couloirs jusqu'à la statue de la sorcière borgne. Elle passa trois fois devant et la salle sur demande se matérialisa devant elle. Lily y entra, Harry à sa suite. Ils y trouvèrent une salle remplie par une cheminée, un canapé et des tapis. C'était un lieu intime, propice à la confidence. Doucement, il se dirigèrent vers le canapé. Harry était face à sa mère. Lily pouvait voir toutes les questions dans les yeux de son fils. Elle ne pouvait lui en vouloir et au contraire, cela la rassurait un peu. Il était curieux et lui portait de l'intérêt. Lily se mit à l'aise, passa les jambes sous elle et posa son coude sur la tête du canapé avant de planter son regard dans celui de son fils.

- Je suis Lily Rose Evans. Tes grands-parents étaient tous deux moldus. Je vivais avec eux et Pétunia, que tu as connue. D'ailleurs, je suis désolée de son comportement. Elle a toujours été jalouse du fait que je sois une sorcière et pas elle.

Harry fut grandement étonné d'apprendre cela. Il n'avait jamais compris la nature de sa haine envers lui. Elle aurait donc voulu avoir les mêmes dons que lui ...

- Enfin... J'ai donc commencé à produire de la magie très tôt. Je n'en ai jamais parlé à mes parents au départ par honte puis après par goût de l'aventure. Pétunia et moi allions souvent au terrain de jeux du village et quand nous étions seules, je m'amusais à léviter ou à faire éclore des fleurs dans ma main. Pétunia détestait cela. Elle était envieuse et effrayée en même temps. Et puis un jour, au moment de rentrer à la maison, j'entends une voix derrière moi qui me dit : « Tu es une sorcière ». Je me retourne et je vois un garçon de mon âge, à peu près huit ans, aux cheveux noirs et au teint cireux ...

Harry buvait littéralement le récit de sa mère. Elle lui racontait sa vie, sans cachotteries. Sa franchise lui faisait chaud au cœur. On avait passé sa vie à lui donner une vérité arrangée, déformée, une histoire officielle... La dernière phrase de sa mère avait alerté Harry. Une jeune garçon aux cheveux noirs et à la peau cireuse...

Lily n'avait pas pu s'empêcher d'entrer dans l'esprit de son fils. Elle y voyait de la peur, de l'interrogation et... du dégoût. Il avait reconnu le jeune garçon dont elle parlait.

- Oui, c'est Severus Snape. Il a été mon premier contact avec la magie. Je t'avoue que sur le coup, j'étais perplexe. Je voyais bien que je pouvais provoquer des choses... bizarres, mais de là à croire à une communauté sorcière... Severus est revenu le lendemain et le surlendemain. On se donnait rendez-vous dans un lieu isolé dans la forêt et il m'expliquait tout à propos du monde sorcier. C'est par lui que j'ai connu Poudlard, les quatre maisons, les différences entre sang pur et nés moldus, Voldemort, Azkaban...

Severus Snape, ami avec sa mère ? Si ce n'était pas elle en personne qui était en train de le dire, il ne l'aurait pas cru. Son premier contact avec le monde sorcier avait donc été la chauve-souris graisseuse. Sans oser demander, Harry se posait une question : comment lui avait-il expliqué les différences entre sang pur et nés moldus ? Avait-il dit que les nés moldus étaient plus faibles que les sang purs ? Harry était en pleine confusion. Pour lui, Snape avait abusé de la confiance de sa mère. Il avait commencé son travail de traître plus tôt qu'il ne l'avait pensé.

- On est très vite devenus meilleurs amis. Je me souviendrai toujours de la première fois où j'ai pris le Poudlard Express avec lui. J'étais toute excitée et à côté de moi, Severus était aussi calme qu'une pierre. Il était même un peu triste. Il se doutait que le Choixpeau ne nous enverrait pas dans la même Maison. Moi, j'avais encore l'espoir d'être à Serpentard avec lui.

Harry ne put s'empêcher d'interrompre sa mère, d'un air horrifié :

- Tu voulais aller à Serpentard ?

- Je voulais être avec mon meilleur ami. Je voulais l'attendre dans la salle commune et y passer des heures à parler de tout et de rien. Depuis mes huit ans, on avait passé presque tous nos moments libres ensemble, je voulais juste que ça continue. Et puis, tous les Serpentards ne tournent pas mal.

Un silence s'installa entre eux. Harry semblait avoir du mal à comprendre l'attachement de sa mère à son professeur de Potions. Elle ne pouvait que le comprendre. Il ne savait encore rien de leur passé, elle n'en était qu'à la genèse de son histoire. Lily devait tout lui dire avant d'en débattre avec lui. Mais lui aussi devait l'écouter avant de juger. Son esprit était perverti par l'histoire officielle que l'on n'arrêtait pas de lui raconter.

- Je me revois encore en train de supplier le Choixpeau de m'envoyer à Serpentard. A chaque fois que j'entrais dans le bureau de Dumbledore, je tentais ma chance mais il n'a jamais voulu. Avec le recul, heureusement qu'il n'a pas cédé. Mais à l'époque, c'était dur. Dur d'être amis entre Gryffondor et Serpentard. On ne se voyait pas aussi souvent et seulement dans des lieux isolés. Il subissait beaucoup de pression. Imagine, un Serpentard qui fréquentait une Gryffondor Sang de Bourbe...

L'évocation de ce mot fit grimacer Harry. Il avait déjà entendu Snape le dire à sa mère alors qu'elle essayait de l'aider mais cela, elle semblait l'avoir oublié.

- On a du arrêter de se voir pendant un moment. Tout un mois sans le voir ou lui parler, un des pires moments de ma vie. C'était en deuxième année. Bien sûr, j'avais d'autres amis à Poudlard, mais c'était différent. Ce fut pendant cette période que j'ai connu Remus, Peter, Sirius et James. J'étais plus proche de Remus. Il y a toujours eu quelque chose de sensible chez lui. Mais Severus me manquait beaucoup et Dumbledore l'avait remarqué. Ce n'était pas tous les jours qu'il voyait une amitié Gryffondor/Serpentard. Il nous a donc parlé de la Salle sur Demande. On s'était donné rendez-vous pour son anniversaire, le 9 janvier. Le revoir, c'était comme revivre. Et ce fut à ce moment que nous sommes devenus plus que des amis...

Harry était à deux doigts de hurler. Snape et sa mère ? Ensemble ? Il avait poussé le vice jusqu'à lui faire croire qu'il l'aimait. Mais elle avait l'air d'évoquer cela sans amertume.

Oh oui, elle ne ressentait pas d'amertume. C'était l'un des instants gravés dans sa mémoire à tout jamais. Cela faisait un peu plus d'un mois qu'elle n'avait plus eu de contacts avec Severus. Ils s'étaient jetés l'un dans les bras de l'autre. Ils s'étaient détachés lentement l'un de l'autre et, sans réfléchir, ils s'étaient embrassés. Leurs lèvres s'étaient d'abord scellées sans un mouvement puis elle s'étaient cherchées, séparées pour mieux se retrouver. Il se donnaient rendez-vous une à deux fois par semaine sans cette salle.

- Mais notre histoire s'est compliquée. Un jour, en cinquième année, Dumbledore nous convoqua dans son bureau. Il avait besoin de Severus comme espion. Il devait gagner la confiance de Lord Voldemort pour aider l'Ordre du Phénix. Il devait donc éviter tout contact avec des non purs et des nés moldus. Mais arrêter de se voir ne suffisait pas. Dumbledore voulait que je sois avec quelqu'un d'autre pour soi-disant me protéger. Tout ce qu'il voulait c'était que Severus ait un motif de rester de notre côté. Et j'étais ce motif. Nous avons donc inventé un stratagème, celui que tu as vu dans la pensine. On devait profiter d'une dispute entre lui et James pour prouver à tout le monde que notre amitié n'était plus ce qu'elle était. C'est pour cela qu'il m'a appelée Sang de Bourbe. Tous les Gryffondor l'ont entendu et cela a sonné la fin de notre amitié et de notre amour... enfin, aux yeux des autres. Même si on ne se voyait plus, ne se parlait plus, ne se touchait plus, l'amour était toujours là. Mais j'ai du me rapprocher de James sur conseil de Dumbledore. Je n'y étais pas forcée, j'avais des sentiments pour ton père. Pas aussi fort que ceux que j'avais pour Severus, mais des sentiments quand même.

Harry tombait de très haut. Sa mère avait connu son père par dépit ! Il aurait du être le fils de Snape ! C'était trop pour lui. Il se leva du canapé et commença à arpenter frénétiquement la pièce. L'histoire de James et Lily Potter n'était que fabulations.

Lily laissa son fils digérer ce qu'il venait d'entendre. Il était normal qu'il réagisse mal. Elle chamboulait toutes ses certitudes. Lentement, elle se dirigea vers lui pour le prendre dans ses bras.

- Non, laisse moi !, lança-t-il.

Ce geste renvoya Lily des années en arrière.