Coucou les ptits louuuuuups !! Pardon, pardon, pardon, pardon PARDON pour cette absence prolongée mais j'ai plusieursexcuses à mon actif :
1°) J'ai eu un mal de chien à écrire ce chapitre, j'étais complètement chamboulée dans mes idées
2°) Mon père m'en veut à mort parce que je pars en L l'année prochaine et il prend donc un malin plaisir à me virer de l'ordi alors que je tape bien sagement mon chapitre...
3°) J'ai perdu la moitié de ce que j'avais écrit... J'avais faitca sur des feuilles volantes et elles se sont envolées dans la nature... TROP TOP -.-
4°) J'aime faire chier le monde (6) :-D
Pour me faire pardonner, je réponds à tout le monde, même à ceux auxquelles j'ai déjà répondu :)
Phoebe: Mon ptit chou d'amour en sucre, je relis tesreviews avec émotion et non sans verser une petite larme... :') T'es vraiment la meilleure! Draco est en effet schizo mais pas complètement... A vrai dire j'ai arrangé cette maladie psychologiqueà ma sauce... J'avoue, je m'emmerde pas ! :D Pour te remercier de tes reviews je te propose de me demander ce que tu veux et je te l'écrirai rien que pour toi ! 'Fin si ça te tente hein :-D Voilà, gros bisouuuuuuuuuuuuus !!
Firefox : T'es vraiment une chieuse ! :-D Comme ça on est deux ! :) Tu vas voir, c'est pas tant ce que tu crois... J'en dis pas plus ! BISOUUUUUS !!
Drago-Hermione: Alors toi t'es vraiment la plus mystérieuse des lectrices... :-D Je suis contente que ça t'ait plu et espère que celui-ci aussi. Il est un peu spécial et il ne se passepas grand chose mais j'en ai besoin pour avancer comme je veux... Bonne lecture ! :)
Fanaplume : Ma nouvelle lectrice préférée qui m'a laissé une montagne dereviews... J'ai faillimourir d'une overdose de bonheur tellement ça m'a fait plaisir. Je suis désolée pour ce retard etj'espère que tu n'es pas morte de désespoir entre temps. Bonnelecture ptite fanaplume, t'es un sucre
Bobidibabidibou, ex-Fripounne2312 ( ptain t'aurais pas pu trouver une truc plus chiant ?! :-D ) : Une habituée du coin, on ne la cite plus ! :-D T'es trop forte, je m'éclate à lire tes reviews de dingue, car oui, tu ES dingue ma grande ! Comme ça on est deux... :-°
Swetty-girl-35: Reviews qui font rougir et qui m'émeuvent toujours... Snif ! Merci :)
Myym : Mamzelle Myym, elle est trop cool, parce qu'elle pose toujours pleins de questions et je peux même pas lui répondre parce que sinon je lui dévoile toute l'histoire ! :-D Tu me fais bien rire, t'es géniale ! :)
Bonne lecture mes amis ! Restez sweet ! :)
Chapitre 10
- Ce n'est plus possible Draco... Je.. J'abandonne. »
Elle avança à reculons, le fixant de ses yeux larmoyants.
- Tu es allé trop loin cette fois. Je... Je peux plus. Pardonne-moi, mais je peux plus. »
Il resta planté là, ne sachant que faire pour la retenir.
Il avança vers elle mais à peine eut-il fait un pas qu'elle se plaqua contre la porte, les bras repliés contre elle, comme pour... Se protéger.
Il stoppa son geste et pencha la tête sur le côté, la tristesse se lisant dansson regard sombre.
- Tu... Tu as peur... De moi ? »
Elle baissa la tête. Il ne pouvait voir visage, caché derrière son rideau de boucles, mais il devina au tremblement de sesépaules qu'elle sanglotait.
Ce geste lui confirmait donc cette atrocevérité. Draco ne pouvait décemment plus se voiler la face.
Cet atroce et douloureux aveux lui lacérait les entrailles, lui ciselait le cœur, tranchait son âme comme un vulgaire morceau de viande.
Au fond, il avait toujours su que son amie ne pourrait assumer très longtemps son « petit problème de self-control » comme elle nommait cela. Mais voilà.
Draco était un être humain malgré les apparences et comme tout être humain qui se respecte, il avait espérer. Il s'était menti aussi.
Ce qu'Hermione faisait là était symbolique pour lui. Quelque chose venait de se casser entre eux et ce à jamais. Il n'aurait su expliquer quoi avec des mots qui ne soient pas confus et troubles, mais ce vide qu'il sentait se creuser en lui, au fur et à mesure que les minutes s'écoulaient lui donnait envie de vomir.
Elle était en train de l'abandonner.
Il était en train de la perdre.
Il dut s'appuyer contre les barreaux du lit pour ne pas s'écrouler sous le poids de cette révélation, aveuglante de désespoir.
Pas elle.
Pas lui.
Pitié.
- Pitié... »
Il ne put se contenir plus longtemps et se jeta sur elle. Il la serra si fort et brusquement qu'elle en eut le souffle coupé.
- Pitié Hermy, ne m'abandonne pas ! Je t'en supplie. »
Il se laissa glisser contre son corps et s'agrippa à ses jambes. Elle n'avait pas bougé d'un centimètre, n'esquissant pas un seul geste pour le consoler et il en fut d'autant plus blessé. Elle se dégagea de son emprise assez brusquement et le repoussa loin d'elle. Il ne fut pas propulsé bien loin, mais fut très surpris par ce geste. C'était la première fois qu'Hermione faisait preuve de violence envers lui.
Il leva vers elle un regard où se heurtaient peine et incompréhension, les larmes coulant de ses yeux rougis. Elle le considéra quelques minutes, ses iris dorée troublées par une petite centaine de sentiments mélangés, puis sembla se décider.
- Je ne veux plus jamais que tu me touches ! »
Sa voix avait beau être cassée par les sanglots, elle était malgré tout chargée de haine et de dégoût.
- Je ne veux plus jamais que tu m'approches ! »
Elle ouvrit la porte à la volée et se retourna une dernière fois vers le blond, effondré.
- Je ne veux plus jamais avoir à faire avec toi ! »
Et elle claque la porte dans unbruit épouvantable.
Il resta plongé dans ce brusque silence.
« Le calme après la tempête » tu parles ! Ce « calme » était le plus douloureux qu'il n'ait jamais connu.
Six jours.
Six jours qu'elle était plongée vingt heures sur vingt quatre dans les ténèbres.
Six jours qu'elle n'avait ni manger ni bu à part son sang et ses larmes.
Six jours qu'il la torturait deux fois par jour d'une façon furieusement ponctuelle.
Six jours qu'elle baignait dans sa crasse et son odeur corporelle.
Six joursqu'Hermione se disait à chaque visite de Malfoy qu'elle atteignait ses limites.
La jeune femme venait de se réveiller, la peur au ventre. En effet, c'était le septième jour, elle ne savait pas avec exactitude à quel moment de la journée elle en était, mais se doutait que son tortionnaire n'allait plus tarder. Ses paroles de la veille résonnèrent à nouveau dans sa tête.
Il s'était tourné vers elle, juste avant de refermer la porte et lui avait lancé, presque joyeusement : « Si tu es gentille, demain sera un grand jour pour toi Hermy ! »
Elle frissonna d'horreur rien qu'en imaginant les nouvelles atrocités qu'il avait pu inventer pour la faire parler.
Ces derniers jours, Hermione pouvait affirmer qu'elle avait plus souffert que dans savie entière. La dernière trouvaille de Malfoy avait été la plus sadique et atroce de toutes.
Non, ce n'était pas une douleur physique.
Bien pire.
Il était entré ce matin là, l'air plus gai que d'habitude. Enfin... Gai n'était pas le bon terme. La lueur de folie qui animait son regard ce matin là, semblait brillait encore plus que précédemment.
Ce jour là, il avait tout simplement volé ses souvenirs. Elle ne savait pas lesquels il avait prélevés, mais elle se sentait étrangement vide. Malfoy devait être beaucoup plus puissant que ce qu'elle croyait, puisque jamais encore, elle n'avait entendu parler d'un tel prélèvement. Pour elle, les souvenirs ne pouvaient être sortis que pas la personne elle-même.
Lorsqu'il lui avait annoncé de but en blanc ce qu'il avait comme projet, elle n'y avait d'abord pas cru. Mais ses dires s'avérèrent finalement justes quand une sensation de déchirement intérieur lui coupa le souffle, alors qu'il posait sa baguette contre sa tempe poisseuse.
Il avait récolté ainsi deux de ses souvenirs.
Elle avait eu mal.
Comme si on tirait sur son cœur sans vraiment vouloir l'arracher. Après cela, elle n'avait cessé de pleurer qu'au petit matin.
Un bruit de verrou se fit entendre et elle releva la tête pour le voir entrer, l'air préoccupé. Il ne daigna pas lui adresser la moindre attention et s'assit lourdement dans son fauteuil, visiblement contrarié.
Il leva finalement les yeux vers elle, semblant ne s'apercevoir que maintenant de sa présence. Son visage s'éclaira et bizarrement, il sourit.
Le ventre d'Hermione se tordit un peu plus. Cette soudaine« non violence » ne laissait présager rien de bon. Mais elle ne baissa pas les yeux.
- Tu sais quel jour nous sommes aujourd'hui ? »
Elle ne répondit bien évidemment pas.
- Nous sommes dimanche. Et j'ai décidé que ce serait ton jour de repos. »
Elle écarquilla imperceptiblement les yeux, ce qui n'échappa pourtant pas à Malfoy.
- Tu te demandes ce que cela signifie n'est ce pas ? Eh bien tu vas comprendre sans plus attendre, Hermy. »
Il se leva, saisissant sa baguette, et la pointa vers elle. Elle ferma les yeux, se préparant à la douleur mais contre toute attente, elle se sentit tomber par terre.
Elle ne réalisa pas tout de suite qu'elle était libre, mais une douleur fulgurante se divulguant dans ses bras et son thorax engourdis la ramena sur terre. Elle gémit tant son corps tendu lui faisait mal.
Sans comprendre ce qui lui arrivait, elle fut hissée sans délicatesse sur une épaule, par deux bras puissants. Son corps ramolli et courbaturé lui donnait l'impression d'être une poupée en chiffons. Elle ouvrit les yeux et fixa le sol, trop faible pour essayer de regarder autour d'elle. Elle suivit donc le parcourt de Draco, les dalles de pierre sombre défilant sous son regard. Elle entendit un bruit de porte qu'on ouvre et ne put que constater le changement de revêtement.
Elle se trouvait dans une pièce chauffée, au sol couvert de carrelage. Malgré ses capacités de réflexion amoindries, elle devina qu'ils se trouvaient dans une salle de bain. Il la déposa/lança telle un sac poubelle sur le sol chaud.
Elle s'effondra sur le côté, aucune force ne daignant se présenter pour la faire tenir assise. Les paupières toujours grandes ouvertes, elle fixa ce qui devait être les pieds d'une baignoire ancienne. Des pattes de félin peintes en vert sombre.
Les pieds nus de Draco, à la peau translucide, entrèrent dans son champ de vision, tandis qu'un bruit d'eau qui coule se fit entendre. Il s'accroupit ensuite pour percevoir son visage enfoui dans ses cheveux en bataille. Il la saisit fermement par les épaules et la redressa pour l'adosser au mur. Il planta son regard étrange dans le sien, vide.
- Je te laisse te laver. Ne fais pas de bêtise si tu veux pouvoir manger après. Je reviens dans trente minutes. »
Il se remit debout et s'éloigna à grands pas pour enfin sortir en fermant la porte à double tour derrière lui.
Le message parvint difficilement à remonter jusqu'au cerveau, et la plongea dans la plus profonde incompréhension. Pourquoi faisait-il cela ?
Elle n'en avait pas la moindre idée et se sentait légèrement effrayée par ce geste.
Mais elle ne devait pas laisser filer une occasion pareille de se réconcilier avec son corps démoli et tenta de se déplacer.
Impossible.
Réellement impossible.
Rien ne voulait répondre.
Elle concentra alors toute son attention sur ses bras, bien consciente qu'il était bien évidemment hors de question pour elle de marcher et mobilisa ses dernières forces. Elle se pencha en avant pour s'appuyer sur ses mains et réussit à se hisser ainsi jusqu'aux pieds de la baignoire. La respiration saccadée, elle fit une pause de quelques secondes puis se remit à l'ouvrage.
Elle s'accrocha au rebord et tira de toutes ses forces. Malheureusement, elle glissa sur la pierre humide et retomba par terre, heurtant le marbre avec lourdeur.
Epuisée, impuissante et découragée, elle se recroquevilla sur elle-même doucement. Une longue plainte remplie de colère s'échappa de sa gorge. Elle était comme un animal blessé, attendant sagement la mort dans un coin reculé.
Une fois de plus, les larmes coulèrent de ses yeux gonflés et roulèrent sur sa tempe pour s'écraser sur le sol.
Au moins, elle se réchauffait un peu dans cette pièce claire et réconfortante.
Mais son ultime lueur d'optimisme s'envola en fumée lorsqu'elle entendit la porte s'ouvrir à nouveau. Déjà... ? Elle n'avait décidément plus aucune notion du temps.
Elle ne bougea pas, attendant les railleries du blond ou encore, des coups. Mais rien de tout cela ne se produisit.
Elle entendit juste un soupire de lassitude et se sentit soulevée une fois de plus.
Draco l'installa sur le rebord du lavabo et sans la regarder dans les yeux une seule fois, déboutonna lentement sa robe.
Elle ne broncha pas, trop hébétée par ce geste pour faire quoi que ce soit pour l'en empêcher. Elle n'aurait rien pu contre lui, même en étant en forme.
Elle se contenta donc de le fixer intensément, suivant tous ses gestes des yeux. Une petite moue concentrée lui faisait froncer les sourcils et ses yeux étaient étrangement clairs.
Elle se demanda ce qu'il pouvait bien se passer dans cette tête blonde. Il semblait complètement ailleurs, mais elle décela ce vide qu'elle reconnut comme étant celui qu'il arborait lorsqu'il était dans son état normal. Cet air un peu perdu qu'elle lui connaissait si bien.
Elle en aurait soupiré de soulagement si elle n'avait pas eu peur que ce simple souffle ne ranime l'autre.
Elle leva un bras, puis l'autre, pour qu'il puisse lui ôter son vêtement qui ressemblait plus à celui d'un elfe de maison qu'à autre chose.
Elle sursauta lorsqu'il passa ses bras autour d'elle, comme pour l'enlacer, mais s'aperçut ensuite qu'il était en train de dégrafer son soutien gorge, devenu bien trop grand depuis qu'elle avait repris son apparence normale.
Il fit glisser les bretelles de ses épaules.
Elle frissonna.
Pourquoi ne ressentait-elle pas la moindre pudeur ?
Pourquoi ne se débattait-elle pas, alors qu'il s'attaquait à présent à son dernier vêtement ?
Peut être parce qu'il faisait cela sans la moindre hésitation ou ambiguïté.
Peut être parce qu'en cet instant, et elle se serait giflées d'une si grande faiblesse, elle ne se sentait pas menacée par lui, car il s'occupait calmement d'elle comme on pouvait le faire avec un nourrisson.
Elle avait envie de pleurer.
Elle aurait eu mille raisons valables de le faire, mais celle qui lui apparaissait comme une évidence était tout sauf logique.
Elle... Elle était triste !
Mais pourquoi ? Pourquoi se sentait-elle si mélancolique dans un moment pareil ?!
Merlin, c'était le monde à l'envers !
Il releva les manches de sa chemise noire et glissa un bras sous les jambes d'Hermione et l'autre dans son dos.
Il l'emmena jusque la baignoire fumante et la glissa lentement dans l'eau chaude.
Elle soupira d'aise malgré elle. Que c'était bon de retrouver cette sensation !
Il s'éloigna d'elle quelques instants, le temps de réunir quelques flacons et un gant qu'il déposa à côté d'elle.
Hermione le regarda s'activer sans un mot et bientôt, elle sentit le contact de gant gorgé d'un liquide tiède sur son dos.
Il frotta doucement sa peau meurtrie en de petits cercles énergiques. D'abord méfiante, elle se pencha finalement en avant pour offrir un peu plus de surface, posant son front contre ses genoux anguleux.
Oui...
Elle pouvait bien se laisser aller quelques minutes. Se montrer faible, puisque c'est ce qu'elle était. Un sanglot remonta dans sa gorge et elle ne put le retenir. Tout son corps se contracta. Elle tremblait de tout son être mais Draco ne s'arrêta pas pour autant. Il continua à frotter ce corps agité de tourments sans ciller.
Il prit sa main et nettoya chaque doigt.
Une fois qu'il eut ainsi effacé la moindre souillure de sa peau, non sans quelques tressaillements de la part de la jeune femme, il la rinça avec de l'eau propre.
Il s'attaqua ensuite aux cheveux, appliquant délicatement une lotion dans sa main avant d'entamer une sorte de massage qui termina de relaxer la brune. Elle avait cessé de pleurer, les larmes ayant définitivement déserté leur poste. Non, elle se laissait tout simplement faire, comme le ferait un enfant sage.
Il eut enfin terminé et alla chercher une épaisse serviette dans un placard. Il souleva une Hermione grelottante et la posa sur ses pieds sans pour autant la lâcher.
- Tu peux... Hem ! Tu peux tenir debout ? » demanda-t-il d'une voix rauque.
Elle pesa le pour et le contre, les yeux plongés dans ceux du blond puis acquiesça.
Mais à peine l'eut-il lâchée pour prendre la serviette et la déplier qu'elle s'effondra sur côté. Il la rattrapa de justesse avant qu'elle n'heurte le sol.
Quelques secondes s'écoulèrent lentement ainsi. Lui, la tenant fermement contre lui, une main retenant sa tête, et elle, plaquée contre son corps chaud. Ils se regardèrent longuement.
C'est lui qui brisa ceti nstant, en la posant nue sur le sol.
Il procéda ensuite au séchage, frottant ce corps gelé avec assez d'énergie pour le réchauffer si faire se peut. Il lui enfila ensuite une chemise blanche qu'il avait sortie.
Il l'installa sur une chaise devantla glace et sortit une brosse d'un tiroir. Doucement, il coiffa ses cheveux humides et emmêlés.
Elle resta là, les yeux rivés sur leur reflet, ne sachant que penser. Elle aurait voulu faire le point sur la situation, mais son esprit semblait complètement flou, ne distinguant plus le faux de la réalité.
Le mensonge, de la vérité.
Le trompe-l'œil, dela fenêtre ouverte.
Il était complètement absorbé par son ouvrage et elle put l'observer à sa guise.
Les rondeurs d'antan avaient maintenantlaissé place à un visage fin et parfaitement défini. Son nez pointu, sa bouche pincée, ses yeux clairs...
Là, elle le reconnaissait. Presque avec tendresse. Presque.
Mais pourquoi diable était-elle si faible?! Elle se laissait totalement submerger par les souvenirs !
Mais les bons et c'est cela qui la faisait courir à sa perte.
L'atmosphère dans la pièce était si paisible, si douce et réconfortante...
Elle replongeait dans le passé la tête la première, sans pouvoir s'accrocher à quoique ce soit. Des flashs défilèrent à toute vitesse. Des images qu'elle avait en vain tenté d'effacer de son esprit pour s'endurcir, se forger.
Etre forte.
Mais... Etait-elle faite pour être forte finalement ? C'était tellement bon de sortir de cette lassitude rien que pour quelques minutes, et s'autoriser un écart. Une petite infraction à la loi qu'elle s'était elle-même imposée. Elle voulait pouvoir se sentir pleine à nouveau, sans en éprouver des remords.
Draco s'était arrêté de peigner ses cheveux et la regardait durement dans la glace. Elle secoua légèrement la tête et se regarda à son tour.
Elle s'était encore mise à pleurer.
oOoOoOoOoOoOo
Elle se sentait un peu mieux. Ses muscles et son corps entier n'étaient plus trop engourdis.
Elle avait du s'appuyer contre lui pour descendre les escaliers. Ils n'avaient pas parlé depuis la sortie du bain et c'était mieux ainsi.
L'équilibre qui régnait entre eux restait néanmoins fragile : ils se toléraient et pas plus. Ce moment n'était qu'éphémère, Hermione le savait. Il la fit s'asseoir. Alors qu'il préparait à manger, elle observa attentivement la pièce. Il devait se sentir bien seul dans ce vaste endroit. La cuisine n'avait rien de bien extraordinaire. Elle savait cependant que Draco n'était pas du genre à passer sa vie dans sa cuisine. Et la maigreur du jeune homme lui confirma ce souvenir. Elle était bien placée pour savoir que lorsque l'on vit seul, la préparation de bons petits plats n'est pas une des priorités.
Il posa une assiette devant elle, ainsi que des couverts et une serviette, puis se servit un verre de vin blanc et s'appuya contre le plan de travail, le regard vague.
Prise d'une pulsion, Hermione tendit également son verre, levant vers lui un regard déterminé. Il haussa un sourcil amusé et déversa du liquide dans le récipient tendu. Elle le porta directement à ses lèvres et le vida d'une traite, les yeux fermés.
- Bien cuite ou baveuse ? »
Elle posa son verre et tourna la tête vers lui, perplexe.
- Ton omelette, tu la préfères baveuse ou bien cuite ? »
Son cerveau percuta mais elle fut prise de court par cette question à laquelle elle ne pouvait répondre par un hochement de tête, négatif ou positif selon.
Elle allait devoir parler. Ouvrir la bouche et adresserla parole à sa Némésis.
Il sourit, pensant que cette fois Hermione ne pourrait contourner l'obstacle. Il perdit néanmoins toute satisfaction lorsqu'elle haussa les épaules en signe de je-m'en-foutage. Il ferma les yeux et tenta de se faire redescendre la moutarde qui commençait à férocement lui chatouiller les narines. Elle avait réellement le don de le faire sortir de ses gons.
Elle ignora volontairement les jointures blanchies des doigts de Draco, empoignant le manche de la poêle avec humeur.
Il déposa donc l'omelette baveuse dans l'assiette d'Hermione, accompagnée de pommes de terre sautées qu'il avait fait cuire autour des œufs. Elle se jeta dessus, affamée. La première énorme bouchée qu'elle venait d'enfournée étant tellement délicieuse qu'elle dut se remplir la bouche à nouveau sans perdre de temps après avoir avalé, de peur que l'explosion de saveurs ne s'atténue.
Elle avait l'impression de manger pour la première fois de sa vie.
Il la regarda faire, assis en face d'elle, un sourire étrange sur les lèvres. Elle s'en rendit compte et l'interrogea du regard, la bouche encore pleine.
Il croisa les bras en se renversanten arrière sur sa chaise. Elle plissa les yeux, laissant entendre qu'elle voulait une réponse un peu plus explicite.
- Oh aller Hermy, t'es ridicule ! T'obstiner à ne pas parler comme ça... C'est puéril ! Tu vois bien que je fais un effort ce soir, alors essaye d'en faire autant. Je sais bien... Je sais bien que la situation peut te paraître complètement insolite, tout ce que tu voudras, mais elle l'est aussi pour moi, je peux te l'assurer... Alors tires-en autant que tu le peux et ne gâche pas tout avec ce silence buté, espèce de tête de mule ! Tu sais bien comme ma bonne humeur peut être... Ephémère. »
A peine eut-il prononcé son surnom qu'Hermione plongea son nez dans l'assiette.
C'est seulement lorsqu'il finit sa petite tirade qu'elle releva la tête et sembla réfléchir. A quoi ? Draco aurait donné cher pour le savoir, mais voilà, l'esprit de la jeune fille était comme les voies de Merlin : impénétrable.
Elle soupira, l'air las.
- Que veux tu que je te dise Draco... Tu ne veux quand même pas que je te remercie de m'avoir lavée et donné à manger ?! Si c'est le cas et bien...Merci, mon vieux. »
Il ne répondit rien, cependant elle comprit qu'elle aurait mieux fait de garder sa langue quand il sortit sa baguette de sous sa chemise. Elle déglutit et ferma les yeux, s'attendant au pire. Mais rien ne se passa. Elle entendit juste un petit bruit.
Elle ouvrit un œil, puis l'autre et constata avec soulagement qu'il n'avait fait qu'allumer une cigarette. Il tira une longue bouffée, l'observant toujours aussi attentivement.
- Tu es une foutue tête de mule... Je ne pense pas vraiment que tu sois en position de jouer les sarcastiques... »
- Je dirais juste que je suis finalement pas beaucoup moins dingue que toi. »
- Tu sais que je pourrais te tuer. Pourquoi n'es-tu pas plus prudente ? »
- Parce que je me fous de mourir Draco ! Vraiment ! Tu crois franchement que je serais venue te chercher dans ton trou paumé, si j'avais la moindre chose à perdre ? »
- Que tu es grossière... Je t'ai connue plus distinguée. »
- Ferme-la. Moi je t'ai connu plus doux. » le rembarra-t-elle en pointant sa joue qui virait au vert du doigt.
Il se renfrogna un peu. Le ton de la griffondor était si dur et froid. Elle n'avait vraiment pas peur de lui et cela l'agaçait.
- Il va être l'heure d'aller se coucher, je commence à être fatigué pas toi ? » dit-il en baillant.
Elle blanchit soudain, devenant encore plus pâle qu'elle ne l'était déjà.
- Qu'y a-t-il ? » demanda-t-il, toutes dents dévoilées. Il savait parfaitement où était le problème.
Elle baissa la tête, déjà toute frissonnante de terreur et marmonna des propos incompréhensibles.
- Pardon ? »
- Je veux... Je veux pas y retourner... »
Elle se leva soudain et s'évertua à s'enfuir en courant. Mais ses jambes ne la suivirent pas et elle s'écroula sur le marbre gelé de la cuisine.
Elle n'abandonna pas la partie pour autant et tenta de traîner son corps sans force pour s'éloigner le plus loin et le plus vite possible. Elle s'arrêta lorsqu'elle entendit le raclement sinistre de la chaise du jeune homme. Il s'empara d'elle et la souleva sans ménagement. Elle s'agrippa désespérément à la table en hurlant.
- Je t'en supplie ! Je veux pas ! JE VEUX PAS ALLER LA-BAS ! Il fait trop noir... DRACO ! »
Les larmes inondaient déjà son visage et sa respiration se faisait haletante.
Il se dirigea vers les escaliers, son fardeau solidement maintenu sur son épaule.
- PAR PITIE! DRACO ! DRACO FAISPAS CA ! Je te jure... Je ferai tout ce que tu voudras, maisPAS CA ! »
Il continua son ascension sans se préoccuper des coups de griffes que lui assénait la captive.
- Draco... Draco s'il te plaît... Et je... Et je dors avec toi si tu veux... Je dors avec toi ! »
Il s'arrêta en plein milieu du couloir, électrisé. Il la posa devant lui et planta son regard soudain brillant d'un éclat nouveau, dans celui de la jeune fille.
Elle regretta tout desuite cette proposition. Elle avait peur qu'il n'interprète mal ses propos.
- Enfin... Je veux dire... Comme avant quoi... » articula-t-elle en reniflant.
Il réfléchit quelques secondes semblant chercher une quelconque réponse dans les prunelles mouillées de la brune. Elle essuya ses joues d'un revers de manche et leva le menton le plus dignement possible.
- D'accord. »
Elle relâcha son corps sous tension. L'idée même de retourner dans ce cachot de l'horreur lui était inconcevable.
- Mais je veux avoir ta parole. Tu ne me poignarderas pas pendant mon sommeil et tu ne tentes absolument rien. Je ne voudrais pas avoir à devenir violent.»
Elle leva solennellement le petit doigt devant elle et il le serra. Leurs yeux ne se détachaient pas l'un de l'autre.
Délicieux défi.
Elle fut troublée par tout ce qu'elle vit dans les orbes orageux. Elle y lisait tant de sentiments mélangés qu'elle ne savait réellement déterminer ce qui traversait le jeune homme en cet instant. Et puis elle se rendit compte que leurs doigts étaient toujours enlacés. Elle trouva l'image jolie malgré la situation.
Tout simplement jolie.
« Bon Dieu de merde, qu'est-ce que je fous ?! » aurait du être la phrase défilant dans sa tête sans interruption, mais elle n'y arrivait tout simplement pas. Elle n'avait pas la force de se battre ce soir et son corps avait vraiment besoin de repos. Elle se laissa donc guider jusque la chambre, se laissa allonger sur le grand lit moelleux, se laissa border.
Hermione se tourna quand même sur le côté lorsque Draco se glissa sous la couette et éteignit la lumière. Elle sentait à ce souffle léger sur sa nuque qu'il ne dormait pas encore et surtout... Surtout...
Surtout qu'il était près d'elle.
Son être entier suppliait son esprit de bien vouloir lui accorder le sommeil, mais son cerveau maintenant en de meilleures conditions, tournait à plein régime. Une multitude d'images ne cessait de défiler dans sa tête. Des scènes du passé se rejouant en accéléré. Une musique. Un piano. Un baiser dans le cou.
« Tu dors ? »
« Non. »
« Je peux te prendre... Dans mes bras...? »
« Oui. »
Juste un peu de chaleur. Cesser de se battre contre cette envie d'apaisement.
Deux respirations réunies à nouveau. Juste un peu de chaleur...
Une larme glissa le long de sa tempe, tout doucement.
- Tu dors ?
- Non.
- Je... Je peux-»
-Oui. »
Voilà.
Hahem... Je vous avais prévenu, ce chapitre est un peu spécial et le revirement de situation peut paraître un peu brusque. Mais ne vous inquiétez pas, ça va pas se faire aussi facilement que ça... (6)
Reviews ? :-D
