Titre original - Cradle of Blood - chapitre 2 "Under the Rose" littéralement "Sous la Rose"-
Couples : Zero x Kaname (et inversement), en arrière plan celui de Ichiru x Shizuka et plein d'autres plus tard (Yaoi/ Het). Du lemon plus tard, sûr...
/!\ Attention : Dans cet UA il y aura de l'esclavage sexuel, de la prostitution, des thèmes matures ainsi que du hurt/comfort, alors soyez prêts... ^^
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II
Après quelques minutes de plus à s'échanger des banalités, minutes qui parurent très longues au vu de la maladresse qu'avait le chasseur pour converser avec le vampire ne sachant quoi lui demander, le sang pur lui ne savait pas si il était autorisé à y répondre. Zéro se sentit stupide en se rendant compte de son hésitation et puis finalement il se rappela pourquoi il était ici...
"Merde, les gars du quartier général se foutraient de ma gueule s'ils me voyaient patauger dans mon embarras comme ça..."
Les choses étaient sensées être à la fois simples, claires et facile à faire. Il devait simplement se rendre dans l'une de ces « maisons », choisir une de ces sangsues et la baiser. De retour à l'Association, ces idiots cesseraient alors de l'appeler le « garçon prude » et réaliseraient qu'il était devenu un vrai homme. Et cette stupide tradition serait terminée. C'était simple, facile et puis zut ! La sangsue qui se trouvait devant lui était belle à s'en damner, il ne devrait donc pas y avoir de problème. N'est ce pas ?
Alors pourquoi a t-il si mal ?
Pourquoi regarde t-il la peau meurtrie du vampire et a-t-il soudain cette impression de le violer rien qu'à l'idée de le toucher ?
Pour l'amour du ciel... Ce ne sont que des conneries ! Ce n'est qu'une prostituée, le client ne devrait pas se sentir coupable !
Zéro était un peu plus modéré que la plupart des chasseurs. Il avait accepté la façon dont la société avait évolué et il détestait les vampires en général tout simplement parce que c'est de cette manière et dans cette optique de pensée qu'on l'avait élevé. Mais il était bien loin du comportement de la majorité des chasseurs qui, eux, avaient un tel ressentiment pour ce qui s'était passé pendant la guerre qu'ils n'avaient aucune considération pour les services sexuels qu'ils ordonnaient en prenant un plaisir sadique à humilier leurs esclaves. Parfois dans les cas les plus extrêmes, ils se délectaient même de la douleur qu'ils leur causaient, torturant les vampires pour mieux les sentir impuissants et soumis.
Mais malgré ses tendances modérées, Zéro était avant tout un chasseur. Il avait grandi entouré de gens qui croyaient en cet adage : « les vampires encore vivants, il vaut mieux leur monter sur le dos, qu'ils gagnent le droit de vivre ».
Et ils pensent que c'est tout à fait normal...
Une fois, Zéro avait songé à voix haute que peut-être – juste peut-être – l'abus sexuel, la torture et les autres ignominies qu'on leur faisait n'étaient pas nécessaires... Son maître en l'entendant, avait été mortifié et lui avait aussitôt ordonné de se taire, de garder secrètes des idées aussi saugrenues que dangereuses...
L' Association des Chasseurs ne prenait aucuns risques et les activistes militants pour les droits des vampires étaient suivis de très près. Rares étaient ceux de notre époque qui osaient militer pour abolir la maltraitance envers les vampires ou pire encore, étendre les droits humains aux vampires.
Zéro n'avait pas à s'inquiéter d'être signalé comme un traître potentiel car il était loin de s'étendre sur ce sujet. Il lui arrivait simplement de réfléchir à l'occasion à voix haute sur les questions les plus extrêmes mais cela n'arrivait habituellement que lorsqu'il en parlait à son maître ou à des amis proches.
Il était peut-être idéaliste, mais le jeune chasseur était aussi lucide et il savait bien qu'il ne devait surtout pas en parler publiquement. Les gens étaient loin d'être ouverts d'esprit et en plus régulièrement soumis à des examens de l'Association grâce à des espions qui cherchent à savoir si des opinions impopulaires filtraient.
Discret ou pas, Zero était encore jeune et avait un avenir à préparer. Son maître et les quelques amis qui l'avaient entendu proférer de telles idées le désapprouvaient sévèrement et ne le ménageaient pas pour lui rappeler les dégâts horribles qui pouvaient démolir sa carrière si quelqu'un d'autre venait à les entendre. Il devrait alors lutter contre l'Association, qui l'appellerait avec dédain et dégoût « sympathisant des vampires ».
Son maître était toujours là pour lui rappeler l'histoire de son vieil ami Kaïen Cross, né dans l'un des clans de chasseurs de vampires les plus renommés. Un héros de la guerre qui avait même été envisagé pour le poste de président de l'Association... et qui maintenant était pratiquement exclu de l'Associations des Chasseurs, fui par l'ensemble des membres de la société et renié par ses propres amis. Personne n'osait plus l'approcher par crainte de subir le même sort après s'être simplement fait voir en sa compagnie...
L'homme était aujourd'hui surnommé « le vampire sans crocs » et poursuivait son chemin loin de tous, vieillissant seul. Sa fille adoptive et d'autres activistes un peu fous qui avaient milité en faveur de la même cause, avaient été condamnés au même sort que lui. Ils étaient eux aussi devenus des parias aux yeux de l'Association des Chasseurs et par extension, aux yeux de tout le monde puisque le monde entier était maintenant contrôlé par l'Association.
Association, Association des Chasseurs, Associa... Ils ne font que revenir sans cesse...
Le temps où la population civile était tenue dans l'ignorance de l'existence des vampires et des chasseurs avait disparu depuis bien longtemps avec la guerre. Aujourd'hui, vous étiez obligatoirement un chasseur ou un de leurs proches, il n'y avait pas de place dans la société pour autre chose.
Quant aux vampires, ils étaient soit maintenus dans les « maisons », rien de plus que des bordels, ou bien étaient des esclaves privés qui appartenaient généralement aux chasseurs les plus riches... Quand ils n'appartenaient pas à des réseaux de prostitution en dehors des maisons.
Le monde tourné aujourd'hui à l'envers : exactement comme au temps, depuis longtemps révolu où l'aristocratie vampirique détenait les ex-humains comme des esclaves, c'était maintenant au tour de l'humanité d'asservir les vampires dans leur ensemble plutôt que seulement sur un rang. Ironiquement, les êtres humains pouvaient être aussi impitoyables - ou même plus ! – que les vampires ne l'avaient été jadis.
C'était ainsi que le monde tournait ces derniers temps, différent de celui d'avant guère mais à peine plus comparable. Il n'y avait pas moyen de faire autrement, en tout cas Zéro n'en connaissait pas d'autre.
En fait, il en était surprenant de voir qu'il n'avait pas le même comportement que les autres chasseurs qui, eux, prenaient plaisir à faire souffrir ceux qu'ils considéraient comme « une race inférieure ne méritant pas de vivre autrement que pour servir » avec la façon dont il fut élevé et son entourage en particulier ceux de l'Association.
C'était une sorte de profonde bonté instinctive qui habitait Zéro lorsqu'il regardait le sang pur en face de lui, en songeant à quel point la situation de ce dernier était injuste.
Pourtant, une petite voix dans sa tête persistait... Elle lui disait que sa réaction face aux maisons closes était excessive et que les vampires n'étaient que des bêtes déguisées en hommes et qu'il n'y avait donc aucun mal à les utiliser comme des objets de plaisir... Cette même petite voix lui répétait que ce sang pur avait de la chance d'être tombé dans un endroit aussi minable que celui-ci, qu'il n'y avait aucune raison de se sentir mal pour lui.
Après tout il est maintenu en vie...
Mais Zéro se surprenait à détailler les ecchymoses bleuâtres autour des poignets du vampire, ou ici et là sur ses fins traits délicats. Il se souvenait de cette misère silencieuse qui transparaissait dans ses prunelles alors qu'il était honteusement exposé dans la salle de choix.
Non, la voix de sa conscience parlait bien plus fort que celle de la tentation...
Zéro avait été inévitablement choqué par toute cette mise en scène. Cela n'aurait pourtant pas du avoir tant d'importance, il était habitué à la situation dans laquelle se trouvait le monde, il n'aurait pas dû être aussi ébranlé par tout ça.
Avant, il prenait tout cela comme un concept abstrait. Mais c'était une chose d'observer ces hommes et ces femmes d'un œil distrait à travers les fenêtres des maisons closes, et c'en était une autre de voir de près l'un de ces captifs et de l'entendre dire qu'il dire qu'il avait perdu sa famille et sa vie durant la guerre. Cela rendait la situation beaucoup plus réelle et tragique. Terriblement loin de l'excuse toute trouvée qu'il se donnait pour calmer sa culpabilité en disant qu'ils n'étaient que des bêtes utilisés pour le plaisir.
Peut-être était-ce justement une des raisons pour lesquelles les esclaves n'étaient pas autorisés à garder leurs noms, ni à parler sans en avoir reçu l'ordre... On les dépersonnalisait, rendant ainsi l'acte beaucoup plus froid en ne faisant pas culpabiliser ceux qui profitaient d'eux.
Le chasseur sortit de sa rêverie, réalisant encore une fois l'état dans lequel il se trouvait. Il se sentait complètement stupide. Que penseraient ses amis de lui s'ils le voyaient aussi hésitant bien qu'il ait déjà payé et se trouve maintenant dans cette chambre avec le vampire.
Ils ne croiraient jamais à ses scrupules* et penseraient à coup sûr qu'il était en train de se dégonfler... Et ne se seraient jamais attendu à voir les choses se dérouler ainsi...
Il se demanda encore une fois s'il était vraiment juste d'hésiter autant. Il n'avait jamais eu de relations sexuelles avec un vampire, mais les premières fois de la vie se passaient toujours un peu bizarrement. Non? Et comment faire avec un canon de beauté comme ça juste en face de vous ? C'était si étrange de se retrouver ici…
Zéro était loin de manquer de libido sexuelle de quelque manière que ce soit ; à son âge c'était tout le contraire en fait. En vérité, il n'avait pas choisi ce vampire uniquement pour ses yeux si particuliers, non, c'était aussi le corps magnifique du sang pur qui avait attiré son attention. Lorsqu'il l'avait observé à travers la vitrine à la vue de la peau nue de ce sang pur aux cheveux sombres, Zéro avait distinctement senti cette sensation familière qui avait soudain rendu son pantalon un peu trop serré.
« C'est un péché d'être aussi beau... »
C'est ce que les chasseurs plus âgés disent des sangsues après tout... Que les vampires ont été créés par la nature dans le seul but d'être utilisés comme esclaves de plaisir, d'où leur beauté irréelle, leurs habitudes commodément nocturnes, leurs organes trop sensible... Tout le monde le dit, c'est dans l'ordre des choses...
Oui, cette pensée-là était suffisante pour mettre son hésitation de côté. L'expérience promettait d'être hallucinante si l'apparence sensuelle du vampire reflétait la façon dont il se comportait dans un lit.
Maître Yagari et les autres ont raison, après tout les vampires ne sont que des bêtes. Il est stupide de penser en des termes humains tels que le viol ou l'abus quand il s'agit de ces sangsues au lieu d'êtres humains. Qu'est ce qu'il doit en penser ?
Le but premier de la venue de Zéro ici était uniquement d'en finir avec cette stupide pratique. Donc techniquement, il n'était obligé à rien s'il n'en avait pas envie. Ce n'était pas comme si on parlait aux vampires, il n'y avait donc aucun risque que quiconque découvre qu'il n'avait rien fait ce soir.
Mais Zéro sentait son esprit s'enflammer à la vue de ce corps nu presque offert, ce qui rendait son sang nettement plus ardent à un tout autre endroit de son anatomie... Si seulement ces stupides scrupules ne l'avaient pas accaparés, il se serait lâché en un instant et aurait déjà poussé le vampire sur le lit sans se soucier de ses hésitations.
S'accrocher à cette pensée pour en finir enfin avec ses soucis de conscience, c'est ce que le chasseur fit. D'un geste bref, il demanda au vampire de se déshabiller; si on pouvait appeler « se déshabiller » le fait d'enlever le peu qu'il portait déjà et il commença à retirer son propre manteau et sa chemise. Il se sentit un peu mal à l'aise de se déplacer ainsi torse nu dans une si luxueuse chambre.
Kaname quant à lui, était relativement respecté pour le bon rendement qu'il apportait à la maison après des années de servitude. Au fil du temps, il avait constaté que la résistance – ou même le fait d'être lent afin de retarder le plus possible l'inévitable – ne lui apportait généralement que plus de douleur. Les maîtres qu'il avait eu lui avaient souvent démontré avec beaucoup de brutalité qu'il n'avait plus aucun autre choix dans la vie et le vampire avait fini par se soumettre, comprenant que son corps ne lui appartenait plus, qu'obéir était pour lui le seul moyen d'espérer souffrir un peu moins... Non pas que Kaname pourrait jamais vraiment se résigner à une telle idée mais il avait comprit qu'il était aussi dans son intérêt de jouer le jeu afin de comprendre comment il pourrait échapper à des punitions inutiles.
Le sang pur s'était habitué depuis longtemps aux coups, son corps les ignorait en partie grâce à l'endurance de son long passé mais au-delà de la simple douleur physique, Kaname pouvait partiellement « bloquer » son esprit. Et tout ce que les maîtres de cette « maison » pouvaient lui faire n'aurait rien changé. Il avait des raisons beaucoup plus profondes qui expliquaient pourquoi il cherchait à éviter les problèmes à tout prix en refermant son esprit. Raisons aussi sombres et vieilles que la guerre elle-même et dont à ce jour il ne s'était pas libéré. Peut-être même que rien ne pourrait le libérer de ça après tout.
Le sang pur fut nu en quelques instants, il se rendit au lit à baldaquin et retira la couverture qui y était posée révélant ainsi un chaleureux dessus de lit aux couleurs de feuilles jaunes ainsi que des oreillers satiné, le tout coordonné au drapé des longs rideaux de la même couleur et qui se mariait avec élégance aux meubles de la chambre.
Les yeux de Zéro allaient du vampire au grand baldaquin, qu'il soupçonna provenir d'avant la guerre mais il abandonna la question puisqu'il suffit que le vampire qui s'y était allongé lui fasse signe de le rejoindre. Avant de grimper sur le lit, Zéro prit soin d'enlever ses chaussures et son pantalon.
Le sang pur comptait obéir en silence tout en étant efficace et rapide, habitué comme il l'était. Il garda ses yeux baissés, attendant le prochain ordre, son masque de calme parfaitement en place et ne trahissant rien de l'inquiétude qui le gagnait pourtant lorsqu'il était en présence d'une clientèle aussi imprévisible. Car avec une clientèle plus normale, les choses étaient plus faciles. Eux savaient ce qu'ils voulaient et ils le voulaient vite – surtout les plus jeunes qui n'étaient pas disposés à payer pour plus de temps que le stricte nécessaire ne voulant de la sorte pas perdre une minute.
La plupart des gens choisissaient le sang pur pour des moments brefs et directs. On ne prenait alors pas la peine de lui parler du tout, on l'attrapait tout simplement violemment par un bras ou par le collier et on le poussait sur le lit ou on le faisait se pencher sur le meuble le plus proche en lui donnant des coups aux pieds ou aux jambes afin de les écarter pour un passage plus rapide.
Mais au contraire, ce client-là était si hésitant que c'en était devenu presque inquiétant pour les habitudes de Kaname. Parce que contrairement à la grande majorité des autres, il n'avait aucune idée de ce à quoi il devait s'attendre avec celui-ci. Qu'il ait l'air de quelqu'un de désorienté et de terriblement nerveux ou hésitant n'était selon Kaname, qu'une façade pour lui préparer ensuite un mauvais tour ou quelque chose du genre. Au temps où les vampires appartenaient à la société – pour des raisons complètement différentes – savoir lire sur le visage de la personne en face de vous, vous permettait de planifier votre stratégie afin de minimiser la manière dont vous pourriez être blessé.
Cependant, Kaname ne parvenait pas lire en ce chasseur et c'était exactement ce qui l'inquiétait le plus.
Sur le lit le sang pur opta pour une position semi-assise, les genoux légèrement repliés devant lui, la tête légèrement baissée en signe de soumission mais qui pouvait regarder à la dérobée le chasseur. Ce dernier avait grimpé sur le lit, et le vampire attendit qu'il fasse un geste pour lui indiquer de faire quelque chose.
Il détestait ces moments-là, ces instants où il devait attendre que le client lui dise quoi faire. Il les haïssait sans doute tout autant que lorsque les gens se mettaient à le toucher. Les attouchement étaient toujours aussi répugnants, même après tant d'années et il avait depuis longtemps perdu à jamais l'espoir de s'y habituer, même s'il ressentait malgré tout une certaine fierté lorsqu'il se disait qu'il leur avait résisté, qu'il avait tenu le coup et qu'il était encore là.
Les premiers temps de sa servitude, tout avait été si insupportable qu'il avait eu envie d'en finir pour de bon mais malgré cela il avait tout fait pour survivre, se pliant à tous les compromis, et même surpris de constater qu'il n'avait pas oublié qui il était.
Il voulait croire qu'une petite partie de lui était encore comme il était des années auparavant. Et cela en dépit de toute la dignité qu'il avait perdue. Son amour propre était profondément enfoui à l'intérieur de lui et de son esprit, comme caché dans une petite boîte où il avait aussi stocké les souvenirs de sa sœur et leurs parents. Un lieu intouchable et invulnérable, hors de portée des viols et de la brutalité du monde dans lequel il était forcé de vivre.
Avoir ce petit oasis dans son esprit l'aidait à s'échapper pendant les rares moments où il était seul: ses temps de pause. Il pouvait alors montrer cette haine intense, le pur dégoût qu'il éprouvait pour ce monde malgré le masque de la reddition et de la soumission qu'il était obligé de montrer à ses maîtres ainsi qu'à ses clients.
Nu mais portant toujours le collier de cuir épais autour de son cou et les menottes en fer aux poignets et aux chevilles, le sang pur était l'objet d'un spectacle encore plus attrayant qu'auparavant.
Non pas que la tenue de servitude* qu'il arborait ne laissât place à l'imagination; puisque sa peau était entièrement dévoilée mais le cuir contrastait sur la pâleur parfaite de son corps aussi le voir nu aurait été encore plus agréable si sa beauté, l'image même de la perfection, n'était pas altérée par quelques contusions. Il arborait aussi une marque qui en réalité, renfermait un charme de retenue que les chasseurs plaçaient avec précaution sur tous les vampires de sorte qu'une simple touche sur une borne technique, les rendent totalement incapable de se déplacer et à fortiori de se rebeller, en plus des drogues qu'on leur administrait déjà. Pour Kaname, on avait apposé cette marque sur sa cuisse intérieure gauche sans qu'elle semble se détacher du reste de son corps, ce qui le faisait paraître plus sensuel encore.
Tout chez ce vampire, semblait appeler au plaisir de la chair, encore plus que d'autres esclaves que Zéro avait vu dans le passé. Soit parce que ce vampire avait passé des années dans cette « maison », soit parce qu'il était naturellement sexy et que c'était pour ce caractère prédominant de sa personne qu'on l'utilisait.
Le chasseur parcourut des yeux le corps élancé du sang pur offert à lui en prenant compte de ses traits gracieux et chaque détail particulièrement attrayant, comme ses genoux un peu écartés qui laissaient librement voir son entrecuisse bien formé sur toute sa longueur.
Cependant conscient de sa pensée, Zéro refusa d'enregistrer ce détail, il continua son effeuillage visuel en reprenant sur son ventre plat et sa poitrine délicate mais tonique où deux boutons de chair rose étaient légèrement colorés.
Le cuir de l'équipement de servitude qu'il avait tout juste enlevé avait dû frotter désagréablement ses ecchymoses puisque de délicates bosses rosâtres commençaient à apparaître. Les yeux de Zéro réussirent à s'arracher de cette triste constatation et ils continuèrent leur parcours jusqu'à la nuque pâle cerclée par l'épais collier de cuir, puis ils admirèrent un moment le visage presque androgyne du sang pur, ses lèvres tentantes et entrouvertes, invitant au plaisir charnel, comme si elles réagissaient à l'excitation qui s'emparait de lui, le faisant durcir là où il ne le voulait pas l'admettre tout au long de son indécent voyeurisme sur le corps magnifique du sang pur.
C'était donc bien comme on le disait, « la beauté des vampires » – et plus encore celle des sangs purs – ne faisait aucune distinction entre les mâles et les femelles...
Bien que les chasseurs en général expliquent qu'il n'y avait aucune différence parce qu'il s'agissait avant tout de bêtes, qu'elles soient hommes ou femmes, pour Zéro c'était tout autre chose. Il était plus enclin à penser que c'était parce que Kaname était tellement magnifique dans sa beauté virile qu'elle transcendait la normalité, au point que ses traits ne touchent le paroxysme de l'androgynie de la sorte qu'il ne pouvait être comparé à tout autre vampire du sexe masculin.
La beauté éthérée du sang pur semblait facile à oublier...
Le jeune chasseur qu'était Zéro n'avait jamais ressenti une quelconque attirance pour le même sexe auparavant mais la beauté de Kaname, cette peau à la fois pâle lisse et fragile, ces lèvres sensuelles d'un rouge délicat et ces yeux d'un auburn presque pourpre extraordinaire couronnés de longs cils, expliquaient pourquoi cet homme était doté d'une magnificence magnétique. Car il s'agissait bien d'un homme, Zéro n'en doutait pas une seconde au vu de ce qui était parfaitement visible entre ses cuisses écartées.
La vérité pouvait être dite : à l'instant présent Zéro n'arrivait pas à rêver autre chose qu'à ces lèvres enroulées autour de son excitation qui se faisait lancinante et qu'il devenait très urgent de calmer.
Mais au moment où il s'apprêtait à dire au sang pur son inavouable envie, il se rappela soudain les paroles de la femme plus tôt lui assurant que la bouche serait « particulièrement agréable à utiliser » en raison du fait qu'on avait récemment arraché les crocs au vampire et que cette zone était légèrement enflée et par conséquent plus sensible.
Il se ravisa aussitôt. Bien sûr cela aurait été très agréable pour lui mais douloureux pour le sang pur qui avait la bouche encore endolorie par les crocs arrachés.
Zéro réalisa alors que si les lèvres de Kaname étaient aussi attrayantes et rouges, c'était précisément soit parce que sa bouche ne s'était pas encore remise de la déchirure de ses gencives, soit – et peut-être tout à la fois – parce que des clients avait suivi le conseil de la femme et en avaient profité pour lui affliger des supplices supplémentaires.
Cependant Zéro ne put s'empêcher de lui demander s'il avait encore mal en partie pour qu'il le confirme et en partie parce qu'il avait une sorte d'espoir insensé, bien qu'il sache pertinemment qu'il avait tort.
_ Je suppose que tu ne peux rien faire avec la bouche... ?
Le vampire, qui pendant tout ce temps attendait les ordres du chasseur, comme par exemple dans quelle position il voulait qu'il se mette, fut surpris par la question puis hésita une seconde avant de tenter une réponse type que les vampires étaient sensés fournir.
_ Ce que je veux n'est pas grave. Je vis…
_ Ouais, ouais, je sais. Tu me l'as déjà dit... mais ta bouche te fait mal, n'est-ce pas ? Cette vielle salope acariâtre en bas semblait enchantée par cette idée, en fait.
Le juron fut inattendu et les joues de Kaname se colorèrent légèrement tandis qu'il essayait de contrôler du mieux qu'il pouvait l'envie de rire qui le prenait sur la façon dont le chasseur avait appelé la gestionnaire de comptoir d'enregistrement.
C'était exactement de cette façon qu'il l'appelait dans son esprit même si bien sûr, il ne le disait pas à haute voix car cela lui aurait apporté trop de problèmes en son bas monde... Le vampire fut pris de court en se rendant compte de la tournure humoristique que tout ça prenait et c'est en s'attendant au pire que la crainte se dessina soudain sur son visage.
Mais rien ne se passa... à son grand soulagement.
Il fut également considérablement surpris que le chasseur se montre aux petits soins avec lui, s'attardant sur le fait qu'il soit blessé ou non. Normalement, si quelqu'un lui demandait cela, c'était dans l'unique but de le faire souffrir encore plus et non de minimiser sa douleur.
_ Je… En vérité, les autres parties de mon corps me font tout aussi mal mais ce n'est pas comme si j'avais le choix de toute façon. S'il vous plaît, faites comme il vous plaira... Je suis habitué de toute façon. Cela ne changera rien...
Cette détermination empreint de résignation secoua intensément le chasseur.
La voix du vampire était maîtrisée, il parlait à la fois d'un ton doux et faible, ce qui aurait pu passer pour de la sensualité si elle ne portait pas un tel désespoir qui la rendait presque tremblante.
Instinctivement, le chasseur leva la main et le vampire frémit s'attendant au début à un coup, avant de se forcer docilement à rester calme lorsqu'il sentit le contact de la paume du chasseur. Il se rendit compte que celui-ci voulait juste toucher son visage...
Zéro fit courir ses doigts le long de la pommette du sang pur, puis il glissa doucement vers le haut jusqu'à se perdre dans ces étonnants yeux couleur auburn, qui semblaient fermés. Comme hypnotisé, Zéro les caressa et ce qu'il ressentit était agréable et doux.
Le vampire frissonna, terriblement incertain, songeant qu'il ne servait pas à être touché avec douceur et qu'il ne savait désormais plus à quoi s'attendre. Tous ses instincts lui criaient que ce chasseur lui ferait mal aussitôt. Sinon, pourquoi se serait-il mit à le caresser si ce n'était parce qu'en réalité il était plus dangereux que les autre ?
Et il en avait vécu des coups inattendus sans raisons. Trop souvent même pour ne pas être automatiquement tendu car d'une seconde à l'autre tout pouvait basculer dans la violence...
Mais ce que voulait Zéro c'était que cette caresse soit rassurante, il ne comprenait pas pourquoi, au fil des secondes qui s'écoulaient, le vampire devenait de plus en plus nerveux. Il retira donc sa main à contrecœur et observa l'attitude tendue que le vampire voulait faire passer pour naturelle.
Le chasseur remarqua alors que les bras du sang pur le long de son corps agrippaient les draps dans une tentative de s'accrocher à quelque chose, tout en cachant ses mains qui tremblaient, ce qui s'aggrava lorsque le chasseur s'en approcha.
S'il y avait bien quelque chose que Zéro ne pourrait jamais imaginer de lui-même, c'était qu'il était un violeur.
Désir ou non, traditions ou non, au diable les concepts profondément établis de la société dans laquelle il avait grandi, il était sûr qu'ils étaient tout à fait faux et abominables ! La créature qu'il avait en face de lui était un être sensible remplis de sentiments et de peur... Il n'était peut-être pas humain mais ce n'était pas non plus une bête comme tout le monde s'acharnait à le dire, il ne méritait pas d'être violé ainsi.
Peut-être qu'il allait terriblement regretter plus tard d'avoir payé une aussi lourde facture, au vu de tout l'argent gaspillé à payer une nuit sans même le toucher mais à l'heure actuelle Zéro ne pouvait se résoudre à forcer le sang pur à se donner à lui.
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[to be continued...]
N.T: Petit mémo :
*scrupule : son synonyme est le mot incertitude, ici l'on parle des hésitations de Zéro... (n.t : le mot se répété trop alors j'en ai eu marre et l'a remplacé avec son frère lui beaucoup plus soutenu...)
*tenue de servitude : c'est cette tenue en latex que vous avez sûrement déjà vu... Elle est le symbole même de ce qu'est le SM... ^^ (sinon Google, j'vous en aurait bien fait un dessin... En fait non.)
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N.A : Le titre vient de la chanson de H.I.M. XD qu'est ce je les aime...
Ce chapitre met en place l'ambiance de cette fic, mais j'espère que les choses deviendront bientôt intéressantes...
Désolée aussi pour le manque de lemon dans ce chap. mais qui sait ? P'têt bien que dans le prochain... x)
Une partie de moi est terriblement tentée de faire des chaps. plus longs mais vu comment j'ai à peine le temps de mettre à jour, ce serait plutôt irréaliste ... Donc c'est peut-être mieux si je m'en tiens à ces chapitres courts et à des mise à jour plus ou moins régulière à chaque fois que c'est possible, plutôt que de super-longs chaps. et des mises à jour rares...
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N.T :
°Si vous demandez pourquoi nos deux héros se comportent de manière totalement différente, et bien rendez-vous à la fin du premier chap. où tout est expliqué.
°J'ai moi-même écouté la musique de H.I.M qui est franchement pas mal... Mais c'est moi ou le leader ressemble à Johnny Deep ? X)
°En ce qui concerne les avis (on garde lemeilleur pour la fin^^) :
J'ai été agréablement surprise de touts ces bons retours sur le premier chap. je vous assure que ça nous donne encore plus l'envie de retrouver son clavier !
Maintenant comme me l'avait souligné Personne (c'est bien son pseudo x) qui lit la version original du Berceau de Sang et qui étudie l'anglais j'ai suivit ton conseil et donc j'ai traduis en étant plus dans l'esprit « idiomatique », en tournant le plus possible le patois anglais en celui français qui y correspondait le mieux ! J'ai fait du mieux que je pouvais...
J'espère que ce chapitre vous ait plu! :)
mySM
