Titre original : Cradle of Blood - Chapitre 4 "An ode for cruelty " littéralement "Ode à la cruauté"-
Couples : Zero x Kaname (et inversement), en arrière plan celui de Ichiru x Shizuka et plein d'autres plus tard (Yaoi/ Het). Du lemon plus tard, sûr...
/!\ Attention : Dans cet UA il y aura de l'esclavage sexuel, de la prostitution, des thèmes matures ainsi que du hurt/comfort, alors soyez-y prêts... ^^
N.T : Autant d'avis ?! Ca m'a vraiment fait chaud au cœur : ALIGATO ! o Je n'ai pas le temps d'y répondre mais –si ça vous intéresse- je le ferrais au prochain chapitre… Bonne lecture ! x)
MySM
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N.A : Ce chapitre-ci sera un peu difficile pour Kaname. Pas tant dans ce qui se passe dans le chapitre lui-même mais plutôt dans ce dont il se souvient.
Vous pourrez donc sauter certains passages si les thèmes abordés ne vous plaisent pas … Bien que dès le départ je vous ai prévenus ! « Accrochez-vous ? »
*(SPOIL)* Maintenant, vous allez mieux comprendre cette allusion que j'ai faite au 2nd chapitre : « […] Il avait des raisons beaucoup plus profondes qui expliquaient pourquoi il cherchait à éviter les problèmes à tout prix en refermant son esprit. Raisons aussi sombres et vieilles que la guerre elle-même et dont à ce jour il ne s'était pas libéré. Peut-être même que rien ne pourrait le libérer de ça après tout.»
Et euh… Merci de ne pas haïr Zéro pour ses réflexions ? XD Il a été élevé dans la société des chasseurs après tout. C'est déjà étonnant qu'il n'ait pas fini comme les autres mais une surprise vous attend au prochain chapitre.
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IV
Le sang-pur ne fut pas le seul troublé par cette nuit-là. Mais pas de la même manière …
Zéro était à présent assez content que ses collègues au siège l'aient finalement accepté comme l'un des leurs et aient arrêté de l'appeler « le garçon prude » maintenant que cette stupide tradition était enfin officiellement terminée. Bien qu'officieusement ils ne sachent pas qu'il n'avait en fait rien fait avec Kaname. Cependant, il éprouvait des difficultés à oublier le brun.
Ce qui l'éreintait le plus était non seulement qu'il ne pouvait pas l'oublier mais aussi qu'il ne pouvait empêcher ses pensées de jour comme de nuit de s'égarer.
Dans sa beauté scarifiée, Kaname était si intensément différent de tous les stéréotypes de vampire que Zéro s'était fais, qu'il ne savait plus comment réagir.
Les vampires que Zéro avait rencontrés étaient presque tous des levelE survivants de la guerre, et errant comme en plein désert en s'approchant rarement des zones habitées.
De plus il n'aurait jamais cru que ces « maisons » proposaient des esclaves de plaisance, sans tenir compte du grade qu'ils avaient avant la guerre. Au mieux, il s'était attendu à une créature feignant -et cela habilement- d'être civilisée mais cela seulement dans les apparences.
Kaname ne pouvait être si éloigné d'une telle chose.
Le sang-pur paraissait si … humain.
L'Argenté était à peu près sûr que s'ils avaient été plus âgés et donc s'ils s'étaient rencontrés avant la guerre, Kaname aurait été un sang-pur en pleine possession de ses pouvoirs par exemple, ainsi la situation actuelle aurait été toute autre. Il avait une image des vampires en général et des sangs-purs tout particulièrement, tellement stéréotypée qu'il croyait dur comme fer à devoir être confronté à ceux-ci mêmes : des êtres arrogant, imbus d'eux-mêmes et surtout manipulateurs …
Seulement le fait d'avoir découvert ce sang-pur totalement impuissant et cela étant dû à son vécu, faisait de Kaname une créature totalement à l'opposé des stéréotypes de l'Argenté. Rendant ce dernier attiré par le vampire et peu sûr à présent de ses croyances.
Il y avait … plus urgent que ces questions d'aspect philosophique qui le faisaient tergiverser !
Pour être plus authentique, son bas-ventre se durcissait de manière exponentielle à la simple réminiscence du corps succulent du brun et de cette peau aussi douce et soyeuse que du lait, intimant au toucher.
Zéro n'avait évidemment pas regretté de ne pas avoir brutalisé le sang-pur comme beaucoup -sinon la totalité- des clients que cette « maison » l'avaient fait auparavant, mais il s'était senti plutôt stupide durant toute l'épreuve passée, en particulier la partie où chevaleresquement il s'était contenu avec exhorte de le prendre dans la baignoire et qu'ils s'étaient simplement … baignés ?
Tu parle d'un gaspillage …
À sa surprise puisque Zéro s'était attendu à un prix beaucoup plus élevé, le coût s'était avéré beaucoup moins cher que ce qu'il n'avait craint, ce qui était insoupçonné de son point de vu compte tenu du fait qu'il s'agissait d'un sang-pur mais plus encore, il se sentait stupide d'avoir gaspillé sa chance plutôt que de l'argent.
Après tout si le vampire fut si disposé à lui faire plaisir, pourquoi avoir hésité aussi stupidement ? Si chaque soir il recevait autant de demande, c'est qu'il devait être bon … n'est-ce pas ?
Le souvenir du corps si parfait et pâle du sang-pur se mêla à celui de ses yeux terriblement tristes dans l'esprit du chasseur… Ainsi, Zéro ne fut plus sûr de vouloir le voir à nouveau pour corriger l'erreur de ne pas avoir couché avec lui cette nuit-là. Ou plutôt était-il maintenant terriblement intrigué par cette tristesse et par la façon dont Kaname était si différent.
Finalement, dés que son travail fut terminé pour la journée, ce qui consistait à remplir des rapports au siège de l'Association des Chasseurs, Zéro fut exhorté à suivre le chemin qui menait au district de sang une fois de plus en début de soirée.
Les voix de sa raison et de sa conscience menaient une bataille plutôt calme à l'intérieur de l'esprit de Zéro. Après tout ce n'était pas comme si sa décision de dormir avec ce sang-pur était une mauvaise chose … Il n'allait pas agir comme tous ces gens qui abusaient des autres vampires. Il n'avait aucunement l'intention de lui faire du mal ou de le brutaliser par exemple … Cela, seulement, faisait une énorme différence.
Ce vampire comme tous les autres à ce jour avaient été laissé en vie pour aucune autre raison que de servir les chasseurs en objet de plaisir… Alors ça devrait aller n'est ce pas ?
De toute façon, tant que Zéro n'était pas brutal ou inutilement cruel, il ne devrait pas être immoral de coucher avec lui … Non … ? Tout le monde l'a déjà fait de toute façon ! Pourquoi devait-il être le seul à avoir de stupides scrupules l'empêchant de profiter -et de loin- de ce dont il avait librement le droit !
Bien sûr, il était loin de savoir que ce que lui avait offert Kaname était un cadeau rare, que ce ne fut absolument pas quelque chose qu'il donnait librement à toute personne qui passait par là. Plus ambigüe que cela, Kaname s'était ouvert à Zéro d'une façon différente que celle qu'il était obligé de fournir aux autres clients de la maison. Une partie du chasseur ne pouvait se rendre compte de cela qu'à un niveau profondément inconscient car pour le moment ses hormones parlaient beaucoup trop fort pour que ses oreilles ne l'entendent.
La voix de la raison avait d'innombrables arguments pour en justifier l'idée, quelle que soit l'indignation de celle de la conscience de Zéro… Cette dernière devenait de plus en plus difficile à entendre maintenant que des images salvatrices du corps de jeune sang-pur se mettaient à distraire son esprit rendant toute idée de résister à se rendre dans cette « maison » impossible.
Mais lorsque que Zéro arriva Kaname n'était pas dans la fenêtre d'affichage, en dépit du fait qu'il soit venu plus tôt -et même plus tôt que la fois précédente- bien avant les heures de pointe son chaperon en raison de ses années d'expérience de « visite » dans le District de Sang, lui ayant expliqué qu'il était préférable d'y aller le plus tôt possible avant qu'un fardeau de visiteur n'arrive, de sorte que les esclaves soient moins fatigués et en meilleur forme car plus la nuit avançait et plus le nombre de clients se voyait grossir. Comme à son habitude de façon peu subtile, ce jour-là le vieux chasseur ajouta : « À moins que ce soit ce que tu cherche, il vaut mieux les baiser avant qu'ils ne soient totalement massacrés et qu'ils arrivent à peine a tenir debout, tous cabossés. Non pas que ce ne soit pas amusant… Huf ! Mais ça dépend de ce que tu recherche. »
Un esclave blessé, sauf si les dommages étaient tels qu'il devenait inutilisable pour le reste de la nuit, ne serait pas traité avant le lendemain. De ce fait, le moment présent était très important, car l'arrivé d'un esclave s'avérant être le plus populaire faisait de ce dernier l'un des plus susceptible de se voir brutalisé.
Zéro se borna à revérifier l'affichage voulant s'assurer avant d'entrer… et Kaname n'était en effet nulle part. Le fauteuil royal où l'Argenté avait vu le sang-pur enchaîné la fois précédente était encore présent mais vide de toute présence.
Et c'est en parcourant des yeux une dernière fois la fenêtre, qu'il nota que certains des autres vampires avaient une expression nerveuse sur les traits, semblant particulièrement dérangés par quelque chose aujourd'hui. Chose qu'il ne put identifier. Tous n'avaient pas cette même expression, la plupart étaient simplement impassibles possédant leurs habituels regards vides… En outre, la lumière qui trouvait encore sa place dans leurs prunelles mortes leur donnait l'apparence de poupées de verre, leur beauté parfaite ayant pris le dessus sur le rien qu'était devenu leurs cœurs, par des années d'abus à accepter leur vie de servitude de la manière la plus humiliante. Quelques uns en revanche avaient un regard des plus endurci, se complaisant apparemment à la vue du désespoir gravé sur le visage de ceux plus nerveux ayant su captiver l'attention de Zéro un peu plus tôt.
Un jeune vampire d'une beauté juvénile renforcée par d'ébouriffantes mèches blondes et aux jeux d'un bleu fade semblait particulièrement triste selon le chasseur. De même que deux chaises adjacentes à celui-ci étaient assit une femme aux longs cheveux tombant sur ses épaules et en de vagues et cascades sur ses épaules ainsi qu'un autre jeune homme aux cheveux de feu et au regard mort tourné vers l'avenir.
C'est un peu de mystère qui occupa l'esprit du chasseur pendant quelques instant mais il haussa les épaules voulant écarter ces pensées, incapable de comprendre tout ce qui pourrait être à l'origine des humeurs de ces étranges créatures. Il entra de toute façon et demanda à la réception si le sang pur était avec un client et quand il serait libre, afin de savoir s'il devait rester et attendre. La maison possédait des tables et un service de thé pour les clients intéressés par un esclave en particulier et ainsi prêts à momentanément se laisser divertir par d'autres en attendant leur tour.
L'intendant, un homme chauve à la peau ridée et aux yeux louchant -dont Zéro se demandait s'il n'était pas le mari de la vielle harpie qui fut à la réception la fois dernière-, informa le jeune chasseur que le temps d'attente serait beaucoup trop long et qu'il devrait revenir un autre jour.
Le sang-pur avait déjà été réservé toute la journée pour une clientèle particulière. Le vieil homme lui expliqua alors qu'il était avec une personne « vraiment importante », rendant visite au brun une fois par mois tout au plus et ayant pour habitude d'appeler la maison à l'avance afin de verser la somme due pour passer une journée et une nuit entière à chaque fois qu'il venait. La dite-maison ne commençait ses heures d'ouverture qu'à partir du soir mais comme le chasseur venait de le découvrir, à des exceptions pour ces clients particuliers. Et ce client aimait apparemment les choses assez barbare selon ce que le vieil homme lui apprit, puisque qu'il prenait couramment un peu plus de temps pour que le sang-pur puisse à nouveau travailler.
« Alors ce n'est pas la peine pour aujourd'hui, mon jeune monsieur. Revenez demain ou après demain et vous pourrez l'avoir pour vous tout seul autant que vous le souhaiterez. Aujourd'hui il est tout simplement indisponible. »
En vérité, l'homme savait que le lendemain serait probablement impossible et cela en raison des conséquences d'aujourd'hui mais il était avide et ne risquerait pas de manquer un client pour si peu. Il en profita pour offrir à Zéro tout autre esclave mais le chasseur n'était intéressé par nul autre vampire. Après tout, il était revenu par ce qu'il avait été surpris par celui-là en particulier.
Zéro fut déçu et même un peu surpris que quelqu'un puisse louer un vampire pour un tel laps de temps et ce pas moins que régulièrement mais il n'avait aucun moyen d'y remédier, aussi il décida de revenir le lendemain et sortit en soupirant, maudissant son mauvais timing qui faisait qu'il devrait se précipiter sous une douche froide une fois arrivé chez lui …
À sa grande stupéfaction, il ressentit un début d'inquiétude pour le sang-pur à l'idée de son état actuel dans un moment pareil. Il ne s'attendait pas à se sentir ainsi compte tenu du fait qu'ils ne s'étaient rencontrés qu'une seule fois et plus encore, estimant qu'il était… un suceur de sang, une bête, un esclave… Mais l'Argenté n'arrivait pas à réfréner ce sentiment étrange qui faisait son chemin, flashant son esprit en remplaçant son humeur échauffé par des images de peau pâle entachée d'ecchymoses, ce qui le rendit étrange et inconfortable.
Distraitement, il se demanda si peut-être les trois vampires dans la fenêtre d'affichage plus tôt semblant tristes et inquiets ne l'étaient pas justement par ce qu'ils savaient ce par quoi passait le sang-pur. Si tel était le cas, ils étaient eux-mêmes en danger car la fidélité envers un sang-pur était à ce jour sévèrement punie plutôt que récompensée.
Seulement, très peu encore considéraient leurs monarques déchus avec quoi que ce soit proche du respect.
La majorité avait bien appris la leçon et évitaient la question autant qu'ils le pouvaient lorsqu'ils ne se contentaient que d'observer à quel point la lignée des sangs-pur étaient tombée bas diminuant considérablement et devenant en outre inefficace à protéger la race des vampire de son cruel sort.
Le fait que les sangs-pur soient maintenant beaucoup plus rares n'avait plus d'importance pour changer le cours de la guerre puisque la société vampirique avait déjà été cruellement utilisée avant le début de celle-ci. Il était ainsi actuellement plus facile de les blâmer tellement leurs rangs étaient inférieurs…
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Ces derniers jours, Kaname avait sentit une crainte croissante monter en lui comme il en était généralement le cas quand un certain jour du mois approchait. Les gestionnaires de la maison savaient quand l'homme s'apprêtait à venir puisqu'il semblait appeler à l'avance pour l'avoir mais bien sûr, ils ne se souciaient pas de prévenir le sang-pur lorsque le moment arrivait. Un seul indice s'offrait alors au brun : au lieu d'aller s'installer dans la salle d'affichage pour la soirée à venir, on lui ordonnait d'attendre dans sa chambre ou alors si l'homme arrivait dans la matinée, toujours dans sa chambre, au lieu d'être autorisé à dormir afin d'être prêt pour la nuit à venir, on le forçait à rester éveillé et à attendre.
Il ne pouvait rien faire pour deviner le moment de ses visites surprises à la fois habituelles et mensuelles. Supposé un jour ou un autre comme le fameux ne changeait rien à la montée de terreur que ressentait Kaname à chaque fois qu'il se tournait vers la porte de sa cellule qui grinçait avec un effroi extrême pour finalement dévoiler un autre client particulier.
Cependant de manière inévitable, tôt ou tard, il arrivait toujours. Le sang-pur n'avait pas accès à ses pouvoirs en raison des médicaments et charmes qui les entravaient mais instinctivement, comme un sixième sens ou tout autre chose, lorsque la porte grinça ce matin-là à l'image du glas…
En quelque sorte il le savait, avant même de savoir l'identité du nouvel arrivant.
« Ichiou… »
Le chuchotement paraissait presque comme un grognement sourd suintant la haine absolue.
Le vieil homme était entré, le pouvoir dégoulinant de sa démarche et sa canne claquant contre le sol en bois de la pièce à chacun de ses pas. Ses yeux étaient comme froids et plus inflexibles que jamais contrastant avec le sourire torve qui déguisait ses lèvres tandis qu'il approchait le sang-pur, qui se tenait non loin du lit feignant d'être calme. Ichiou appréciait énormément ces premières minutes à chaque fois qu'il rendait visite à Kaname, ces premiers moments où il jouissait de voir la crainte augmenter rapidement en le jeune sang-pur. Avant qu'il n'ait commencé à jouer avec lui.
« Tut-tut, tu sais que je ne suis plus sous ce nom… »
L'écœurant sourire de jubilation digne d'un pur sadique sur le visage du vieil homme envoya instinctivement une pointe de peur à Kaname, remontant de sa colonne vertébrale à sa gorge.
Si le monde avait était tel que celui dans lequel ils avaient tous les deux vécus avant la guerre, le brun aurait pu le déchirer en deux en une seule pensée. Même si le vieil homme était encore un vampire et non pas un être humain comme il le prétendait tant -un loup sous les traits d'un agneau-, Kaname aurait pu le détruire avant même qu'Ichiou n'ait le temps de lever un seul doigt sur lui. Pour des raisons politiques, il en aurait était irréaliste et dangereux de mener ce genre d'attention puisqu'Ichiou faisait partie du Conclave mais au moins le sang-pur en aurait été encore physiquement capable.
Ce monde… à l'envers. Le monde actuel dans lequel il survivait, était tout bonnement sortit de l'imagination d'un tordu.
Un univers où les chasseurs avaient complètement bouleversé l'équilibre des choses et où Kaname était dans une position d'une telle vulnérabilité, que s'il n'était pas complètement vidé, affaibli et affamé de sang comme il l'était, les médicaments et autres charmes de retenue étaient suffisant à eux seuls pour le rendre complètement impuissant entre les mains de l'ennemi.
Alors que le jeune sang-pur était prisonnier et injustement soumis à des horreurs des plus humiliantes, Ichiou quant à lui était humain, libre d'aller et venir partout où il le voulait sans être gêné par ces fous autour de lui qui croyaient complètement qu'il était l'un d'entre eux.
Il avait la force d'un chasseur à présent, par une méthode impardonnable, la tricherie -vertu de sa propre nature- et en trahissant tout ce qui était de plus sacré. Un vieux maléfice d'une époque si ancestrale qu'il avait disparu, avait scellé ses gènes de vampire et permis à cette supercherie aussi impardonnable que le coût terrible qui en résultait, de voir le jour. Par d'autres méthodes tout aussi tordues, Ichiou avait retrouvé ses souvenirs et furtivement son chemin dans la société humaine, grâce à son alliance avec le président corrompu de l'Association des chasseurs, qui lui avait fourni tous les fonds dont il avait besoin à la fin de la guerre.
Le plan de l'ex-vampire avait bien fonctionné et nul parmi les êtres humains ne doutait qu'il pouvait être autre chose qu'un compagnon de chasse respectable.
La position de Kaname en esclave faisait que même s'il prenait le risque d'en parler à quiconque, personne ne l'aurait cru. Il se serait même fait punir plus que sévèrement pour avoir osé s'exclamer contre un chasseur… et le seul fait de dénoncer Ichiou dans sa démarche corrompant toutes les hiérarchies de l'Association des chasseurs. Sa bonne position, ses alliances corrompues et son grade actuel faisaient de lui un homme intouchable, peu importe la vérité. Il avait était excellent dans les jeux de l'ancien monde tandis qu'il contrôlait le conseil vampirique et excellait aussi bien dans ceux du nouveau monde.
Ichiou prenait un malsain plaisir à rappeler au jeune sang-pur son impuissance et sa totale merci, à travers toutes sortes de choses, en particulier lors de ses visites mensuelles.
Kaname savait bien que la résistance ne ferrait qu'attiser le sadisme de l'homme en face de lui et envenimer sa situation. Mais il ne l'aiderait pas, peu importe combien la leçon avait coulé en profondeur sur son corps ces dix dernières années. Normalement il ne résistait jamais aux clients, sachant combien il en était inutile et contribuait juste à lui faire gagner des coups supplémentaires sans parvenir à rien d'autre que l'affaiblir davantage.
Mais cet homme… Avec lui les choses étaient différentes.
Avec lui, peu importe combien cela aurait été inévitablement douloureux, Kaname ne pouvait s'empêcher de résister à chaque fois, son cœur se rebellant contre sa raison et refusant à tout prix de se rendre même s'il savait que la résistance était tout à fait futile et inutile quelque chose faisait qu'il voulait sauver les apparences… simplement pour se tromper un peu plus longtemps car il ne pouvait tromper l'ennemi en face de lui.
Kaname savait comment se soumettre aux clients, il ressentait une fierté presque inexistante à pouvoir leur donner son corps car il avait toujours eut un espoir, l'espoir qu'ils ne reviendraient pas… et même s'ils le faisaient, cela ne devenait pas une fatalité absolue car plus encore : il n'en faisait pas une affaire personnelle. Il pouvait fermer les yeux tandis qu'on lui ravageait le corps, tout en laissant son esprit dériver à son petit havre de paix en essayant de son mieux à bloquer les sensations extérieures et autres sons répugnants.
Mais avec Ichiou les choses étaient très, très personnelles. Kaname le détestait avec une passion brûlante née de la haine et de la fureur qui avaient réussi à faire succomber tout autre sentiment de son corps.
Avec Ichiou il était terrifié au-delà de la raison. Il n'arrivait plus à bloquer quoi que ce soit. Un seul doigt de cet homme le touchant était suffisant pour qu'il se sente choir et cela pire que l'effleurement de quelqu'un d'autre.
La simple vue de ce monstre devenait un rappel permanent de ce qu'il avait subi, non seulement toutes ces horreurs directes et physiques mais aussi ce qu'il avait fait à sa famille. L'horreur fut marquée profondément dans sa mémoire, impossible à ignorer à tout jamais.
Inévitablement, Kaname résistait toujours, ses bras meurtris se débâtant afin d'écarter l'homme loin de lui, ses cuisses affaiblies tentant de résister à toute intrusion apparente bien qu'il se fatiguerait rapidement et serait bientôt forcé de se laisser faire par ces mains brutales. Il voulait lui résister et lutter, indépendamment du fait que l'homme le battait à chaque fois, indépendamment du fait qu'il savait qu'il n'avait plus la ténacité d'un sang-pur comme aucune autre chance.
Peu importe combien la profonde haine suintait du visage de Kaname il était bel et bien terrifié au-delà de toute croyance. Il avait toujours été épouvanté par Ichiou, presque autant qu'il l'exécrait. Car il savait qu'en contrepartie, ses meilleures tentatives de résistance teintées de toute la rage qu'il pouvait ressentir pour l'homme n'allaient pas suffirent pour manquer de se faire inévitablement rabaisser dans la soumission et violer, encore une fois… Encore et encore.
Peu importe combien il essayait de se battre, à la fin il était totalement incapable d'arrêter le vieil homme qui ne se privait pas pour l'humilier et le noyer dans une telle violence physique et mentale que Kaname finissait inlassablement éclaté en morceau… Et puis il y avait la honte, celle d'avoir encore cédé, qui le déchirait et le dévorait de l'intérieur comme la force de sa haine envers cet homme qu'il retournait envers lui-même, contre sa propre faiblesse et son aptitude à agoniser sans que cette ignominie ne s'arrête.
La seule existence de ce salopard était bien plus pire que tous les abus physiques qu'un autre client au hasard ne pourrait lui faire subir.
Qui pouvait prétendre savoir quelle nouvelle torture ce dépravé de vieil homme avait encore en stock pour le sang-pur cette fois-ci ? Kaname réprima le tremblement qui menaçait ses jambes de céder sous son propre poids en adressant un regard froid à son ennemi… illusion d'une personne au bord d'un abîme réalisant un dernier exploit avant de s'y engouffrer.
Quelqu'un qui connaissait moins bien Kaname aurait presque cru que dans état actuel, il se contrôlait parfaitement.
Quelqu'un qui n'avait jamais vu ces deux hommes interagirent aurait même cru au sang-froid du brun voulant révéler la contenance d'un être confiant et fier, prêt à affronter son ennemi sans reculer.
Mais en vérité, c'est la glace qui cédait sous ses pieds. Rapidement…
La terreur le congela empoissonnant lentement ses muscles, brouillant aussi sa logique comme s'il tentait désespérément de s'accrocher au peu d'entêtement qu'il possédait dès lors, remplaçant son orgueil qu'il avait perdu depuis longtemps, et axa toute sa volonté en ne laissant ses genoux fléchir. Ce qui ne lui permettait plus de reculer.
Par un effort qui lui valut toute sa volonté, il réussit à rester debout même lorsque l'ancien s'approcha de lui mais finalement ne pouvait s'empêcher de prendre du recul quand il arriva trop près. C'est ainsi que l'arrière de ses genoux cogna le lit et qu'il retomba assis dessus.
Ichiou sourit avidement à la vue de l'éclat de terreur qui traversa rapidement les prunelles de Kaname que celui-ci tenta assidûment de cacher. Le visage du brun était à lui seul un masque de calme tout à fait faux, en vérité intensément nerveux il se forçait à paraître froid, détaché, plutôt que d'admettre la façon dont il était terrifié puisqu'il l'était encore plus maintenant que l'ex-vampire était entre ses cuisses, les empêchant de se fermer.
Ichiou agrippa d'une main bien ferme Kaname par le menton et força ce dernier à le regarder, le scrutant avec une lueur de défi dans les yeux, ce qui annonçait un moment fort audacieux pour le blond aujourd'hui.
« Alors… qu'est que ce sera pour cette fois, mon p'tit esclave ? Est-ce que tu vas coopérer et être gentil, ou est-ce que tu vas obtenir le fouet et ma canne à nouveau ? Veux-tu que je m'acharne à te rappeler, cette fois ? Hhm… un fort rappel hein? Faut-il que je te répète les leçons précédentes… ? Tu as toujours appris si lentement… »
S'il en était d'une simple douleur physique alors il n'en serait rien. Kaname aurait été blessé sur le moment et aurait su endurer et s'appuyer sur la certitude que son corps allait guérir de toute façon. Même de l'humiliation, Kaname pensait en quelque sorte pouvoir s'en défaire et se ressaisir après. À nouveau. Peut-être. Il existait depuis si longtemps après tout. Il avait survécu, avalant la honte et se disant que sa gorge était assez profonde pour la repousser encore loin.
Mais le problème était là, différent. Tout était très différent. Ichiou était différent.
Et pas simplement parce qu'il était très bon dans la torture d'autrui et l'avilissement de sa victime, loin devant n'importe quel autre client ou l'un des plus spécialisé des gestionnaires de la maison.
Ichiou s'agissait d'une affaire complètement différente. Non seulement il avait été en très grande partie responsable de la disparition de sa famille à la fin de la guerre et même après cela, après la tragédie au manoir Kuran, après que Kaname eût perdu tout en une nuit et bien plus qu'il ne l'eût crut…
Le sang-pur était si jeune à l'époque… il en avait tant perdu, complément déchiré par la perte de ses parents. Il désirait désespérément que Yuuki eût été à l'écart de toute cette horreur, en toute sécurité.
Il eût fait en sorte qu'elle soit sur le chemin de la sécurité avant de retourner au manoir et de se diriger dans le piège le plus horrible. Mais si ce qui s'y était passé ne fut pas assez, un fois passé la bataille avec Rido il en fut grièvement blessé et avait perdu une fois qu'il eût repris conscience le sang-pur se retrouvait dans un lieu inconnu entravé de fers et complètement à la merci d'Ichiou.
Le cauchemar qui suivi laisserait une blessure à vif sondant son âme qui saignait encore aujourd'hui. Gouttes de craintes maintenant perlant à travers son corps à chacune de ses frissonnantes respirations, il poussa le vieil homme qui se penchait sur lui et tenta désespérément de réguler sa respiration saccadée tandis que son cœur battait beaucoup trop fort, confessant sa peur à l'ennemi de la manière la plus honteuse. À chacune de ses rencontres, Kaname se rappelait de chaque instant de cette période passée entre les mains d'Ichiou peu de temps après la guerre.
À l'époque où lui possédait Ichiou à sa merci pour la toute première fois, Kaname se croyait fort, fier, puissant…
Le corps d'un sang-pur murissait plus tôt que celui d'un humain. Il en était un cadeau de l'évolution à améliorer leurs chances de survie et de reproduction dans un monde où le danger résultait dans le fait que tout le monde désiraient leur sang. Kaname fut capturé alors qu'il avait pratiquement atteint la puberté et atteint la maturité sexuelle, bien que dans sa vie protectrice il n'avait eu aucune expérience que ce soit, ses parents ayant réussi à le protéger de la machination du Conclave vampirique.
Indépendamment de la maturité de son corps il avait été tout à fait ignorant, autant qu'un homme de son âge l'aurait été.
Idéaliste, fier, innocent ou point d'avoir réalisé qu'il avait atteint un haut sommet de naïveté lorsqu'il découvrit de telles choses…
Mais il découvrit rapidement que les médicaments qu'on lui administrait faisaient de lui un être-humain plus faible et même incapable d'utiliser ses pouvoirs, incapable de faire quoi que ce soit. Impossible même de guérir entre les sessions d'abus. Il luttait faiblement contre la poigne de son ravisseur… si tant est qu'on puisse appeler ça se battre. La hausse de drogue le perdait dans des hallucinations induites de pouvoir ne serait-ce que penser d'essayer battre l'homme. Le sang-pur ne pouvait plus différencier réalité et cauchemar, lorsqu'il était seul ou quand un individu se trouvait dans la salle avec lui. Il avait eu des moments où il était si dissocié de lui-même qu'il ne différenciait plus si c'était son corps ou son esprit qu'il lui faisait mal, au point de ne plus savoir non-plus si un viol était en cours, s'il s'était fait violer ou s'il en tenait d'une simple hallucination. À la fin, il se retrouvait dans le même état : sur son lit, sale, ses poignets enchaînés depuis si longtemps qu'ils en étaient lacérés tout comme ses mains… et même son corps, des ecchymoses le labourant et s'ouvrant de plus en plus… Qu'il ne pourrait jamais différencier ces moments réels ou d'imaginations.
Il avait essayé d'innombrables fois de se le remémorer mais avait déjà perdu la notion du temps et de l'espace. Les semaines, les mois s'étaient écoulés sans qu'il ne sache quoi faire ou quoi attendre, perdant complètement de son essence et son corps, incapable même de se souvenir combien de temps il avait passé dans sa chambre -simple geôle- ou combien de fois il fut violé. Il en avait oublié son âge, presque oublié son nom et les visages de ses proches. Dans un premier temps, il avait essayé dans son esprit de se concentrer sur eux en se remémorant le temps passé avec eux, pour désespérément perdre cette dernière chose qu'il lui restait et bientôt il s'était senti trop sale pour oser penser à leurs visages, baissant les yeux à la réminiscence de leur présence.
Lentement, il se demandait si sa santé mentale ne s'était pas érodée à chaque session, chaque viol, à chaque instant où l'horreur s'intensifiait pour se suspendre entre réalité et hallucinations terrifiantes dues à l'exaspérant taux de médicaments dans son sang qui déformait cruellement ses perceptions et sa capacité à dire ce qui se passait.
Jusqu'à ce qu'il finisse par complètement se perdre, la fierté et le respect de soi le brisant en mille morceaux tandis qu'il cédait et demandait grâce. Finalement.
Il ne s'était jamais pardonné cette rupture avec lui-même.
Il n'avait jamais su non plus remonter la pente après une si longue chute.
Dans les plus beaux jours de son emprisonnement, il se recroquevillait sur le lit et sanglotait aussi terriblement que silencieusement possible tant il n'avait plus la force de se retenir.
Peu lui importait le fait qu'il n'en n'ait jamais le choix, il se haïssait lui-même un peu plus à chaque concession faite -bien que forcé de le faire-, à chaque fois qu'une plainte s'échappait de ses lèvres déchirées par la force de ses bourreaux amusés. Le son de sa mendicité relevait d'une musique à leurs oreilles jamais assez forte pour les arrêter.
Dans ses propres yeux -reflet du miroir dans la salle de bain- il était condamné à jamais.
Perdu entre deux sentiments, sa culpabilité et la honte le déchirait sans cesse, presque autant que ses cauchemars horribles. Lui laissant un goût encore plus amer dans la bouche que l'agonie et la torture de ses viols. Les dommages causés quand les deux étaient combinés était absolument irréparables, hantant le sang-pur et faisant de chaque nouveau jour un terrible défi. Bien qu'il n'était depuis longtemps plus aux cotés d'Ichiou. Il était peut-être dans un bordel maintenant plutôt que sous le toit du vieil homme mais il savait bien que cela était aussi de l'amusement pour l'ancien et qu'il était toujours autant à sa merci ici, qu'il ne l'était dans son ancienne cellule.
Les jours étaient venus où Ichiou rendait visite à Kaname, le brun ne pouvant s'empêcher de se rappeler les horreurs du passé toujours aussi frappantes. Il ne pouvait s'empêcher parfois d'être surpris d'avoir conservé sa santé mentale, après tout. Il y avait des jours où il semblait incroyable qu'il ait survécu à des telles épreuves en perdant seulement sa fierté, son respect et d'autres choses dans le fil…
Et puis, Ichiou éraflerait de ses doigts la peau de Kaname et malgré l'abject dopage dans le sang de sang-pur, celui-ci se retrouverait avec une idée claire en tête tout à coup, il se rendrait compte qu'il avait toujours conservé sa santé mentale et tout ce monde autour de lui ne se révélerait qu'un cauchemar vivant, et il se rendrait compte qu'il était toujours enchaîner au lit sale d'il y a dix ans, criant d'une voix rauque et étouffé dans ses sanglots sous les hanches d'Ichiou tranchant ses côtes déjà brisées…
Et Ichiou savait exactement l'étendue de son pouvoir sur Kaname. Il savait quoi faire pour le briser un fois de plus, faisant s'écrouler sous ses bons mots et actions toutes les pièces du psychisme du sang-pur.
Chaque fois qu'il venait voir Kaname, non seulement il lui rappelait la puissance qu'il avait sur lui encore une fois mais de plus, ne laissé que désolation dans son sillage une fois qu'il le quittait.
Après chacune des ses visites qui était programmée à l'avance et durait beaucoup plus longtemps que celle n'importe quel client normal, le sang-pur était habituellement inapte à travailler pour une journée entière afin de récupérer -non pas que la « maison » se souciait d'un quelque manière que ce soit de sa santé mentale ou physique-, mais par ce que Kaname était tellement endommagé mentalement et physiquement après le passage du vieil homme qu'il ne devenait présentable pour aucun autre client, ni même assez sain d'esprit pour être utiliser par ces derniers, incapable de comprendre les ordres ou même de se conformer à eux, souvent incapable de se tenir debout… ? Réduit à un tas de chair recroquevillé et sanglotant sa misère.
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Ailleurs… Zéro été assis à son bureau dans sa chambre, dans un appartement des hauts quartiers de la ville où un certain nombre de clans de chasseurs des plus renommés vivaient. Il essayait de se concentrer sur quelques articles pour l'Association mais ne pouvait tout simplement pas s'y intéresser.
Il se rappela les paroles du vieil homme à la réception.
Il avait dit qu'il ne pourrait revenir que le lendemain car le client qu'avait Kaname était pour ainsi dire « spécial » et très exigeant de sorte que Zéro ne pouvait se le réserver puisque qu'il n'était pas garanti que le sang-pur soit en état de service avant plusieurs heures dont il ne savait le nombre…
Zéro savait que beaucoup de ses compagnons de chasse étaient extrêmement rudes avec les esclaves et il n'était pas rare que certains d'entre eux les torture avec sadisme -allant même spécialement dans les maisons pour s'offrir d'autres services que ceux sexuels- mais les vampires guérissaient vite, en particulier le sang-pur…
Alors ça ne pouvait pas faire aussi mal que ça, à quel niveau se mesurait la dureté de ce client ?
Zéro se disait que c'était une pratique courante et que la maison n'aurait jamais accepté que ses marchandises soit régulièrement endommagées, cependant la situation étant déjà si exceptionnelle, il ne pouvait s'empêcher de toujours ressentir de la crainte pour le sang-pur… qui occupait encore une fois de plus son esprit.
Il ne l'avait toujours pas réalisé à un niveau conscient mais il se remémora le visage légèrement rougit du vampire, la façon dont ses yeux tristes regardaient par terre, ses mains saisissant les draps tant il souhaitait cacher ses doigts tremblant… Le sang-pur paraissait si vulnérable à ce moment là que l'Argenté avait senti qu'il aurait pu le briser comme du verre s'il l'avait touché. Il se sentait si mal pour lui, pour cette vie horrible qu'il menait, -cause évidente- du ressenti que le vampire avait lorsqu'un client le touchait, qu'il n'avait pu lui-même se résoudre à le faire dans la même signifiance et ce, dés lors qu'il eût passé l'entrée de la chambre.
Ce même sentiment qui avait fait qu'il fut incapable de toucher le sang-pur à l'époque le faisait redouter ce qui pouvait se produire en cet instant précis.
Il prit la décision d'aller dormir avec lui après tout, ayant réussi à se convaincre lui-même -ses hormones ayant été une aide considérable dans cette tâche-, que tant qu'il ne le torturait pas ou quoi que ce soit d'autre, il n'y avait rien de mal en l'acte lui-même, compte tenu du fait que les esclaves étaient fait pour.
En quelque sorte rien ne changeait, il était toujours inquiet de ce que ce « client exigeant » pouvait faire au brun. On entendait couramment de nombreuses histoires de personnes se vantant de la douleur exceptionnelle qu'ils causaient aux vampires esclaves… Donc rien de surprenant pour Zéro, du moins pour un chasseur. Mais chaque tentative de sa part à bannir loin ces pensées se confrontait à un nouveau cas de souci pour le brun.
Conscient de la source de son incapacité à se concentrer, Zero se sentit de plus en plus vexé se demandant s'il ne régissait pas de manière trop exagérée. C'était une chose d'être intrigué car après tout il était différent de ce qu'il espérait mais c'en était une autre d'avoir de telles pensées commençant à perturber sa vie.
Surtout qu'il ne l'avait rencontré qu'une seule fois si son impression était exacte… ou sa perception se retrouverait-elle trompée par le buveur de sang ?
Le sang-pur avait-il feint devant l'inexpérience du chasseur et ainsi joué avec pour s'en sortir facilement ?
Plus le chasseur songeait et analysait les instants passés et plus ces derniers se révélaient précis, décomposition de chaque regard et parole de l'autre. Il n'y avait aucun moyen d'être sûr avec les vampires après tout… et les sangs-purs étaient extrêmement rusés. Celui-ci n'arrivait-il pas tellement à lire en Zéro qu'il lui avait proposé un bain ? Et que le chasseur n'avait même pas réussi à exprimer un seul mot sur le sujet ?
Il haussa les épaules comme pou chasser ses étranges idées de son esprit du mieux qu'il pouvait, déterminer à ne pas laisser une sangsue s'insinuer en lui.
Il se frotta les yeux puis regarda l'horloge contre le mur. Ichiru n'est pas encore à la maison ?
Le plus jeune des deux passait de plus en plus de temps à l'extérieur de la maison depuis quelques années déjà mais Zéro été à tout jamais attaché à lui, se sentant bizarre lorsqu'il se retrouvait seul dans cet appartement qu'ils partagent et s'inquiétant lorsqu'Ichiru était en retard pour manger et qu'alors il commençait et finissait ses repas seul.
Ironique. La situation était ironique parce qu'en théorie Ichiru était le plus faible, celui qui devait dépendre de l'autre mais la vérité en était toute autre… C'est Zéro qui était terriblement dépendant de son frère, s'inquiétant de savoir si Ichiru allait bien ou non, son état de santé s'avérant aller de mieux en mieux bien que son frère devenant colérique si Zéro posait trop de question ou s'introduisait dans sa vie privée ou quoi que ce soit qui s'en approche. Ichiru pouvait être très mystérieux et détestait les gens indiscrets en ce qui concernait sa vie personnelle… et son jumeau.
Ce qui expliquait que Zéro soit aussi hésitant avec lui. L'Argenté était peut-être le chasseur en service actif et le chef officiel de maison, son amour pour son frère ne l'empêchait pas de culpabiliser et d'ainsi se sentir encore plus exclu d'une grande partie de sa vie.
Les jumeaux vivaient dans cet appartement depuis quatre années déjà, d'abord sous la tutelle de leur professeur, un chasseur de renom nommé Yagari qui les prit dès leurs enfances en formation juste après la mort de leurs parents. Et puis leur présence lors de mission diminuèrent de jours en jours de sorte que les jumeaux réussirent à manger et prendre soin d'eux-mêmes correctement, vint ensuite ce jour où ils n'y participèrent pas. Ils avaient atteint leur majorité, ce qui correspondait pour les chasseurs entre quinze et seize ans.
Les jumeaux vivaient désormais la plupart du temps par eux-mêmes si on ne comptait pas le fait que Yagari venait encore souvent les voir à l'appartement des jumeaux qui était pratiquement une extension de sa propre maison qu'il avait abandonné sans raison particulière à ses invités Zéro qui le considérait comme une figure paternelle l'accueillait à bras ouvert même si les deux étaient trop timides pour en parler ouvertement. Yagari était tout simplement là pour eux comme une partie indivisible de leur vie, ou du moins de celle de l'Argenté puisqu'Ichiru en avait fini avec la formation de chasseur depuis un certain temps et grandissait de plus en plus loin d'eux avec les années, affirmant qu'il était occupé à essayer de se construire une vie où sa force en temps que chasseur ne serait pas nécessaire. Alors qu'avec rectitude, il n'avait franchement plus envie d'être autour de Zéro ou Yagari.
Bien sûr, il n'y avait aucun moyen de savoir que les raisons pour lesquelles Ichiru passait autant de temps hors du domicile étaient plus sombres. Zéro lui faisant beaucoup trop confiance pour vérifier si les-dits endroits qu'il prétendait rejoindre étaient vrais.
Le jeune chasseur regarda à nouveau l'horloge… il était de plus en plus tard. Il lui prit l'envie hésitante de téléphoner à son frère sur son cellulaire mais il ne le fit pas car son double détestait qu'on le dérange.
Il était un peu en colère contre lui-même pour ses folles inquiétudes plus tôt, pour le vampire qui lui avait fait oublier que son frère -la chaire de sa chaire- était encore là-bas à faire je-ne-sais-quoi à une heure si tardive.
Zéro ne voulait pas tout contrôler de la vie de son jumeau mais quand même. S'il y avait bien quelqu'un dont il devait ce soucier s'était bien d'Ichiru et non pas d'une sangsue, - indépendamment du fait que son jumeau n'était pas un chasseur en service actif et était à même de se protéger contre de grands risques-.
Zéro ressentit une sourde colère contre lui-même mais aussi contre le sang-pur l'envahir.
Le chasseur se dit que ce combat obsessionnel n'était causé que par le fait qu'il avait perdu sa chance la dernière fois c'est ainsi qu'il prit la ferme décision de se rendre demain immédiatement à la maison dés qu'il en aurait fini avec son travail afin de louer le sang-pur pendant quelques heures pour cette fois-ci réellement le prendre autant de fois et d'autant de manières qu'il le voudrait, faisant alors cesser une bonne fois pour toute cette absurde obsession.
Inévitablement, cette décision déclencha une nouvelle vague d'images intéressantes dans son esprit que le chasseur eut envi d'oublier à l'aide d'une bonne douche froide à l'idée des diverses choses dépravées qu'il envisageait de faire avec le sang-pur à la fois pour le bien du plaisir tout simplement mais aussi pour un retour d'investissement en bonne et due forme.
Mais ce qui était inconnu de Zéro à son retour dans le district de sang… c'est que Kaname avait déjà atteint les plus profondes sphères du désespoir.
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[tbc…]
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N.A :"Funeral of Hearts '' (Funérailles de cœurs) de HIM, est une chanson superbe et « une ode à la cruauté » (titre de ce chapitre) est un morceau des paroles.
Je suis sûre que vous avez reconnu les trois vampires dans la salle de choix… ?
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N.T : Quand à moi la traductrice, je vous dis à la prochaine… avec votre avis ?
MySM
