Note : Bonjour/Bonsoir! Je m'excuse du retard de post que j'ai eu, j'ai eu un week end chargé et j'ai pas eu le temps! _ Voilà pour me faire pardonner :s bonne lecture! :3


NEO-MIDGAR - 27/06/2009 - 23h47


Elle resserra son sac autour de son épaule. Tenant tout juste debout, la jeune femme poussa la porte de l'immeuble. Dans l'entrée bien sûr, allongés sur les premières marches de l'escalier, trois hommes qui avaient dû connaître la jeunesse avant la drogue. Cela ne l'étonnait plus, pourquoi s'en inquiéter ? Il en crevait un, au moins une fois par mois à présent, dans la cage de son immeuble.

Elle se racla la gorge et ils s'écartèrent un peu. Elle grimpa comme au ralenti, leurs yeux aux pupilles dilatées la scrutant comme une créature angélique qui apparaîtrait dans leur rêve indécent d'héroïsme, héros pour trois heures grâce à un peu de crack. Ses talons hauts résonnèrent sur les marches, son long manteau sombre volait derrière elle comme une cape, elle ressemblait à une hallucination, un ange dans cet enfer, dans ce ghetto. Ses boucles blondes s'agitèrent lorsqu'elle continua à gravir pas à pas et, quelques instants, leur parfum puissant et fleuri parvint aux faux héros cinq mètres plus bas.

Son ascension silencieuse la mena jusqu'au sixième étage … Deux ans s'étaient écoulés depuis l'explosion, elle habitait maintenant dans l'une des plus hautes tours de Edege, la Néo-Midgar, à seulement neuf kilomètres de l'ancien réacteur quatre ...

Poussant la porte de l'appartement toujours ouverte, elle sursauta. Dans l'embrasure, un homme avait eu l'idée inverse. Costard noir et blanc, à peine décoiffé, essoufflé –il venait de finir certainement– il resserrait sa cravate pour paraître plus convenable :

- Pardonnez-moi monsieur mais j'aimerais rentrer chez moi, bredouilla-t-elle d'une voix qu'elle voulut apaisée malgré son envie effroyable de piquer un fard.

A ses mots, il s'écarta poliment puis sortit d'un pas rapide sans un regard derrière lui une fois que l'étincelle de galanterie se fut évanouie. Dans la pièce, deux autres comme lui, mais qui venaient d'arriver, des habitués eux, dont l'odeur de l'argent collait à leur beau costume.

L'immonde parfum de la luxure, les cris sans cesse plus violents et plus choquants … Ella crut vomir en se rendant compte d'où elle vivait. Partout des vêtements, de la dentelle, du satin, de la soie, rouge, bleu, noir, blanc, tout étalé sur un sol recouvert d'un tapis provocant et troublant. Ici l'homme redevenait animal. Ici, sur les canapés, les chaises, les commodes, tout empestait le pêché originel le plus cru.

Se retenant de hurler, comme pour se réveiller de ce cauchemar, elle fit un pas dans la mer obscène qui l'attendait. En passant près du sofa central du salon, elle remarqua le cendrier qui débordait : beaucoup de consultations aujourd'hui.

Dans les trois chambres à sa gauche, deux étaient occupées : elles servaient à recevoir. Réception bien au goût des plus fortunés. Les poches pleines de fric, nombreux étaient ceux qui accouraient pour s'éloigner du spectre de Midgar. Soixante-dix gils pour une heure d'oubli. Plus efficace mais plus ruineux qu'une heure d'artifice hypnotique avec un marabout. Rien n'est trop beau –ni trop cher– pour devenir un héros sur Gaïa …

Elle franchit le pas de la porte de la petite pièce de droite : sur la table, encore six coupes de champagne qui traînaient, pas entièrement vidées certaines. Elle fit un rapide détour par le réfrigérateur afin de calmer ses vertiges dont elle croyait que la cause en était la faim. Pas d'entorse au règlement, quelques calories suffiraient. Si on danse, on assume. Si on danse pour montrer son corps comme elle le faisait au Ragnarök, on prend soin de soi pour le plaisir visuel des clients.

D'un pas rapide, horrifiée par la réalité qui lui donnait l'envie quasi-irrépressible de pleurer de honte, allant jusqu'à lui donner la nausée, elle regagna le séjour –les deux hommes avaient mystérieusement disparus dans les chambres de ses colocataires et trois autres en sortaient– pour se diriger vers la chambre du fond, sur sa droite, sa pièce, le seul endroit où le rappel à l'existence physique était moins brutale. Elle en claqua violemment la porte mais ne réussit pas à faire plus de bruit que l'ambiance embrasée qui régnait à côté. Elle déposa son sac sur son lit et s'y effondra. Des images se mirent à tourner dans sa tête …


[Flashback on/]

2000 - Deux mois après le départ de Genesis (Prologue) :

Elle s'en souvenait parfaitement. Son absence. Sa déchéance. Son souhait. Mourir.

Puis les cachets qui s'étaient imposés dans son esprit comme la porte de sortie. Le sucre sur sa langue. Les premières impressions déroutantes. Le monde multicolore. Les hallucinations divines. Wonderful Alice in Wonderland. L'envie de prolonger le paradis. Qui s'interrompt brutalement pour laisser place au jardin des horreurs. Il disparaîtrait progressivement ... ce jardin … Mais après, ce serait le réveil.

Plus rien ne retenait son image et elle finirait par s'effacer dans son cœur, elle finirait par s'effacer de ses pensées, elle finirait par s'évanouir parmi les fantômes de son passé …

Oui, elle avait voulu en finir. Et puis elle avait replongé dans l'obscurité du présent.

[/Flashback off]


En entendant à nouveau les plaintes étouffées qui traversaient toutefois les cloisons, elle se boucha les oreilles, finit par mordre son poing pour ne pas crier et les larmes coulèrent sur ses joues pâles.

Cette vie de merde n'a que le goût du sucre sur une langue brûlée par l'amertume.

Oui. Un ange dans un enfer.


Quelque part dans une dimension parallèle a Gaïa :


- Aerith, tu es là ? Il faut vraiment qu'on parle.

Mais seul le silence lui répondit dans cette imensité d'un blanc pur ...

- Je sais que tu m'entends et je sais que tu ne veux pas me répondre mais c'est important. S'il te plaît.

Il regarda autour de lui mais ne la vit pas apparaître pour autant.

- Aerith, je sais que tu le surveilles. Et moi aussi d'ailleurs. Mais je t'en prie, apparais. Aerith je ... je suis inquiet pour Cloud. Et tu sais pourquoi ? Parce que j'ai peur qu'il n'y ait pas de Happy Ending cette fois-ci.

Il semblait sentir sa présence, mais c'était comme si elle était partout autour de lui ...

- Je sais, ça fait bizarre de me voir si sérieux pas vrai ? Ce n'est pas le Zack que tu préfères ...

- Zack ?

Elle apparut à quelques mètres de lui, toujours dans cette splendide robe rose qu'il lui avait conseillé de porter car cette couleur la mettait en valeur.

- Excuse moi, dit-elle avec l'un de ces sourires radieux qui vous rendait immédiatement paisible et heureux à votre tour, je regardais Marlène dormir. Tu sais j'aime tellement regarder les enfants dans leurs lits, ils semblent à des kilomètres des soucis des adultes.

- Par Minerva comme dirait l'autre, t'en as mis du temps ! Est-ce que tu sais au moins que j'étais sur le point d'improviser le premier suicide au paradis ?! s'exclama-til avec un petit rire.

- Zaaack …

- Ahem. Oui je sais, il y a des fois où ça ne s'arrange vraiment pas hein … Surtout depuis deux ans où je flirte avec l'âme de la plus jolie fille de la Rivière de la Vie ! Ou du moins j'essaye quand tu daignes me rejoindre ...

- Zack! (Elle fronça les sourcils avec le regard réprobateur d'une mère :) Ce n'est pas si simple. Cloud c'est ...

- C'est ton héros, oui je sais. Je n'ai plus que la place de "premier amour". (Il leva les yeux avec un air désabusé en se pinçant la lèvre :) Je l'ai bien compris, c'était juste une blague. (Il chuchota pour lui -même :) Si je peux appeler ça une blague ...

- Que veux-tu ... Je n'ai pas choisi de te voir disparaître. Pour moi, tu étais ...

- Mort ? Demanda-t-il avec un rire crispé.

Elle secoua la tête :

- J'allais dire "parti avec une autre".

Un silence gêné s'installa. Zack regardait dans le vide et Aerith continuait à le fixer avec cet air désolé qui donnait envie de pardonner au pire des assassins. Finalement après une minute de recueillement, elle finit par lâcher un bredouillement :

- Tu voulais quelque chose ?

- Je veux que tu me renvoies sur Gaïa, dit-il fermement en reprenant ses esprits.

Elle se mit à rire avec malice.

- Quoi ? Questionna-t-il vexé.

- Tu sais bien que je ne peux pas faire ça.

- Alors demande à tes Cetras de faire une exception, rétorqua-t-il brusquement.

Elle fit la moue.

- Pas la peine d'être grossier ! Je ... Je pense que c'est possible.

- Alors ramène-moi aux côtés de Cloud. Je ne peux pas le laisser se faire tuer dans ce conflit stupide. Les incarnés ils ... Cloud n'aura pas la force de vaincre une seconde fois Sephiroth après la peine que lui a infligé ta mort.

- Cloud n'est pas la seule âme en peine à aider Zack, dit-elle en secouant la tête.

- Je me fiche des autres ! S'exclama-t-il avec véhémence. Cloud doit vivre !

- Pas la peine de s'énerver non plus. J'ai ... J'ai une solution à te proposer. Elle ne te plaira sûrement pas mais ... Je n'ai pas le choix. Il faut que je lui vienne en aide.

- De qui tu parl ... ?

Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase, un flot vert étincelant vint l'envelopper et il se sentit chuter. Il eut à peine le temps de voir la main d'Aerith lui adressait un au revoir timide.


Review? :3

Note du 05 novembre 2012 : Je vais devoir vous faire patienter avant un nouveau chapitre, des soucis me trottent dans la tête et j'ai du mal à écrire et je détesterai écrire un chapitre dans ces conditions par peur de le rater complètement _ Donc je demande votre indulgence! Gomen! Et à très vite je l'espère!