Bonjour chers amis francophones!
Voici un nouveau chapitre, même le premier en fait, de "Comme deux singes en hiver".
Titre: A l'ombre d'une vie, première partie: Comme deux singes en hiver...
Auteur: moa... Kaly Nigellus
Rating: M... mais aujourd'hui, toujours rien de choquant!
Disclaimer: Comme dit précédemment, si Harry Potter et toute sa clique étaient à moi... les romans n'auraient jamais figurés dans le rayon "littérature jeunesse"... voyez ce que je veux dire quoi... Donc comme tout le monde le sait, HP appartient à M'dame Rowling, grandiose, merveilleuse, sublimissime auteur... quimalgré tout son talentà le point faible de ne pas faire dans le Yaoi... ppff! gâchis je vous dis! Alors concluons que seuls les personnages de Mortemer et Mohen sont ma propriété, et qu'en écrivant ceci, je n'en tire que le plaisir de la rédaction et vous celui de lire... enfin je l'espère!
Remerciements à ... toutes et tous qui m'avez encouragée... à Itharr, Nel, Ayako...pour ne pas avoir corrigé ce chapitre! (vengez-vous sur eux s'il reste des fautes... ) Et tout simplement aux 5 lecteurs qui se sont donnés la peine de me mettre une review...
tout de suite... la lecture!
I. Aimery Mortemer, Conjurateur de Sortilèges, Dionysias, Egypte.
"Then I'll let the Darkness cover me, Deny everything, Slowly walk away, To breathe again, On my own", "Darkness" – Disturbed.
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20 Janvier 1982, port d'Alexandrie, Egypte
Après quelques semaines passées dans sa famille, Aimery revenait en Egypte. Une main blanche posée au bastingage d'un vieux rafiot, le dos droit et l'air digne, il regardait sans le voir le port d'Alexandrie grandir devant lui.
Sa famille, aujourd'hui, il l'aurait bien enterrée vivante. Etre fils de grande famille, comme disait un de ses amis à l'Université, « ça vous apportait 40 ans d'emmerdes pour seulement 100 briques de bonheur ». Et encore, si la famille n'avait pas tout liquidé avant de vous laisser la place.
Vraiment, Aimery préférait oublier qu'il avait eu un jour une famille.
Quand il était arrivé, par le même genre de bateau qu'aujourd'hui, dans ce pays qu'à l'époque il n'aimait pas, c'était pour fuir la guerre, fuir la haine, fuir sa famille. Le vieil adage dit qu'on ne choisit pas ses parents, Aimery l'avait appris à ses dépens. Non pas que son père, mort quand il était encore adolescent, ou sa mère, une adorable anglaise, guindée comme il fallait, avec le regard sévère et la voix froide qui vous fait douche écossaise en même temps, étaient des gens malhonnêtes.
Non, eux ça pouvait encore aller, mais la belle famille était un cadeau empoisonné. Et certainement pas à l'arsenic, non, certainement plus à la poudre à furoncle ou à la goutte de mort-vivant.
Pour leur faire plaisir Aimery avait suivit une éducation toute britannique, et ils leur devaient ses allures de gentleman, son maintien strict, son regard froid et son sourire condescendant qui énervaient tant ses collègues égyptiens.
Mais quand son cousin était passé du mauvais côté de la ligne que tout mage, de bonne ou mauvaise famille, doit de ne jamais franchir, là il avait décidé de quitter l'Angleterre pour rejoindre la France.
Mais cela n'avait pas suffi. Il avait donc accepté de continuer ses études en Egypte.
Il désirait devenir conjurateur de sortilèges, dans ce cas il semblait que l'université des arts magiques du Fayoum était l'endroit rêvé pour compléter ses connaissances.
Mais très vite, l'Egypte était devenue le lieu de son exil, et pas le paradis qu'il pensait trouver.
L'accent épouvantable des professeurs, la chaleur étouffante pendant quatre à cinq mois, les nuées de moustiques, le vent du désert et le sable, le manque de verdure et d'eau… l'absence de pluie.
Tout ça avait été un calvaire à supporter.
Pendant cinq ans il était resté en Egypte, loin de sa France natale et de ses cousins britanniques.
Puis une lettre de sa mère était arrivée en automne 1981, brisant 5 ans de silence. Elle l'invitait à revenir pour les fêtes de fin d'année.
Ce qu'il avait fait.
Ce qu'il regrettait.
Se retrouver en Angleterre en plein hiver, quelle idée !
Il s'était alors aperçu que malgré ce qu'il en disait, malgré ce qu'il en pensait, l'Egypte était devenue sa nouvelle maison, son soleil cuisant une habitude, et l'odeur du sable surchauffé dans le vent du désert un parfum qu'il aimait.
La pluie, le ciel gris, les arbres verts, l'herbe verte… trop peu pour lui.
Il lui fallait un ciel clair, plus bleu que les eaux du Lac Qarun, plus bleu que les yeux des jolies anglaises qu'il avait croisé à l'occasion de ce voyage.
Il avait donc décidé de tourner une page de sa vie.
Ce qui avait finit de le décider était sans doute d'avoir croisé son maudit cousin pendant son séjour.
Cet homme, de quelques années son aîné, lui ressemblait trait pour trait, c'en était écœurant. Le pire, bien qu'il ne savait pas ce qui pouvait être le pire dans sa famille de dégénérés (l'honneur des grandes familles de sang-pur), était qu'il était sorti de la guerre visiblement aussi innocent qu'un enfant né la veille.
Ce cher cousin, après avoir passé quelques années aux yeux du Monde magique comme fidèle d'un autre dégénéré, comprenez d'un mage noir, en était ressorti blanc comme neige.
Aimery ne savait pas ce qu'avaient fumé les juges du Magenmagot, mais certainement pas un narguilé à la pomme.
Alors vivre dans le même pays qu'un pourri pareil, respirer le même air que cette ordure de mangemort avait été de trop pour lui.
Le soir même de Noël, après un repas de famille exécrable, il était remonté dans sa chambre, avait bouclé sa valise et le lendemain à la première heure, repris le chemin d'Alexandrie. Il avait dit adieu à sa mère, oublié le cousin, sa femme et son marmot, et avait pris la poudre d'escampette.
Et en arrivant aujourd'hui à Alexandrie, après son long voyage, il se sentait apaisé, soulagé d'un poids.
Oui, il oublierait qu'il avait un jour eu un membre de sa famille mangemort, qu'il avait été français, qu'il avait eu une mère anglaise… il ne se souviendrait que ce qu'il désirait se souvenir : Aimery Mortemer, conjurateur de sortilèges, Dionysias, Egypte.
A quelques pas d'Aimery, une jeune femme observait le littoral égyptien qui approchait.
Pour un premier voyage en Egypte, elle avait voulu suivre le chemin que ses ancêtres avaient pris autrefois, mais en sens inverse. Ses longs cheveux d'encre fouettaient au vent, ses yeux dorés fixaient la côte et un sourire de victoire se dessinait sur ses lèvres.
Elle avait du quitter l'Angleterre précipitamment, mais aujourd'hui n'en ressentait presque aucune amertume.
Sa carrière, toute tracée autrefois, était subitement tombée à l'eau. Depuis quelques mois il ne faisait plus bon s'appeler Mohen à Londres et partout ailleurs au Royaume Uni.
A cause d'une enflure de mangemort qui avait échappé in-extremis à Azkaban, à cause de la disparition de son meilleur ami, à cause de la perte de sa famille pendant la guerre Calista Mohen n'était plus la bienvenue dans son propre pays.
Alors elle avait fait ses bagages, et sous le conseil d'un vieil ami, avait pris le bateau à Southampton pour Gibraltar. Puis à Gibraltar avait trouvé un autre transport jusqu'à Alexandrie. Enfin, Alexandrie pointait devant le bateau.
Plus que quelques jours de voyages en terre égyptienne et elle serait arrivée au bout de son périple.
Calista se qualifiait de personne naturellement curieuse. On disait aussi qu'elle était douée, très douée ; mais en son fort intérieur elle savait qu'elle n'était qu'une ratée !
Une ratée qui avait perdu famille, amis et travail en quelques mois seulement. Elle se nommait aussi, parfois, « porte-poisse », ça lui allait bien !
La preuve était qu'elle avait coupé les ponts avec sa famille pendant des années, puis un soir on les avait tous retrouvé… morts. Cela faisait près de trois ans qu'elle ne les avait vu alors.
Puis il y avait eu son meilleur ami, un homme droit, honnête, son opposé en somme. Un rendez-vous un soir pour dîner, quelques minutes de retard, et quand elle était arrivée, elle les avait trouvé là, étendus, lui et sa femme… comme morts.
Malheureusement, il avait fallu continuer la vie.
Sa vie devenue solitaire par la force des évènements, plus personne ne voulait travailler avec elle, on murmurait sur son passage. Entendre ces moutons caqueter comme des poules dans une basse-cour avait été difficile à supporter.
Mais Calista, plus que jamais, s'était forgé un masque d'acier pour résister aux coups bas.
Et finalement, il fallait croire que le destin ne lui en avait pas assez réservé.
La nouvelle était arrivée un matin, l'ennemi juré de Mohen avait été arrêté. Sa Némésis, l'emmerdeur qui avait empoisonné sa vie à Poudlard, puis les années de guerre, serait jugé ! Elle en aurait presque sauté de joie.
Sur les témoignages de plusieurs courageux, il serait jugé par le Magenmagot. Calista, bien sûr, avait été le premier témoin.
Mais aussi le seul.
Mystérieusement les autres s'étaient tout à coup rétractés.
L'accusation était alors apparue sans preuve tangible, l'homme relâché, et Calista suspectée de vouloir nuire à l'un des sorciers les plus influents du monde magique anglais.
Cette fois-ci, on lui avait gentiment demandé d'envisager de changer de métier. Tout le monde lui susurrait des conseils, les même conseils.
Mais elle n'en avait que faire.
Elle avait résisté aux sarcasmes de sa famille, à leur mort, à la destruction de ses seuls alliés, elle n'allait pas lâcher tout au dernier moment à cause d'un grand blond aux yeux gris. Certainement pas !
Mais un ami, un des rares qui lui restait, l'avait convoqué dans son bureau par un beau soir d'hiver. Ils avaient discutés du bon vieux temps, de ses espoirs d'autrefois. Et alors qu'elle relâchait sa méfiance sur le sujet de sa visite, le vieil homme avait lancé le pavé dans la mare.
Changer de métier ?
Et il pensait qu'elle allait faire quoi à la place ?
Vendre des glaces sur le chemin de traverse ? Ouvrir une boutique de prêt-à-porter à Pré au lard ?
Puis le mot « Gringotts » était venu dans la conversation. Et finalement le terme de « conjurateur de sorts ».
A cet instant l'attention de Calista s'était réveillée. Conjurateur de sort était finalement assez proche de l'archéomagie.
Mais surtout, surtout… ça la rapprochait des grimoires interdits. Des livres que le commun des sorciers ne lisait jamais. Car si Calista n'avait aucune sympathie pour les mangemorts et autres Malefoy, McNair, Lestrange et compagnie, elle était depuis petite fascinée par les livres, par la magie ancienne… et un peu par la magie noire.
Mais voilà, ce genre de passion faisait désordre dans la vie d'une simple sorcière. Par contre, dans la vie d'une conjuratrice de sortilèges…
Et puis ce vieux fou d'ami, un peu trop regardant sur sa bonne conduite, ne serait plus là. Mohen savait très bien que Gringotts n'utilisait presque plus de conjurateurs en Angleterre, ni en Europe. Et puis il fallait mettre des milliers de kilomètres entre elle et son ennemi juré.
Alors, où allait-elle partir ?
Pour Calista, le pays était tout trouvé.
L'Egypte, halte de ses ancêtres sur le chemin de l'Orient vers l'Europe.
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Chhhhhuuuuuuuuu
