Bonsoir!

Voici venir le chapitre quartre des aventures égyptiennes de votre dévouée Calista Mohen... version corrigée...

Remerciements: à Lliana Analissa Lyn pour sa relecture, à Ginevra Lyra pour sa patience parfois quand je la fais ch£$r en lui demandant son avis, exceptionnellement ce chapitre n' a pas été relu par mister Tangente...Je remercie aussi Bidibou pour ses coups de main parfois quand un mot m'échappe (si ça m'arrive!), mon Larouse sur pc, mes guides de voyages Gallimard et Delta Flammarion, et une certaine JKR d'avoir créé quelques perso qui m'ont inspirés pour ceux qui viennent dans ce chapitre!
En dernier, mais pas des moindres, Ayako et Nelson... je vous coeur!
Et der des ders, mes lecteurs, reviewers... sans vous cette fic ne vivrait pas!

Bonne lecture!


IV . Vol de nuit


"We sail through endless skies, Stars shine like eyes", "Planet Caravan" – Black Sabbath.

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Dans l'obscurité naissante de la nuit dionysienne, ailes blanches déployées, un oiseau profitait de la fraîcheur de l'hiver nilotique. Volant à seulement quelques mètres du sol, ses yeux noirs comme des billes d'obsidienne scrutaient les ruines et le sable sombres à la recherche d'un repas nocturne digne de ce nom.

Après avoir assouvi son instinct sauvage, le chasseur reprit son envol en un battement majestueux de plumes blanches et dorées, ses grandes serres battant l'air avant qu'il trouve un vol stable au dessus de l'étendue marine du lac Qarun. Puis filant en suivant le vent d'ouest, le rapace nocturne dirigea sa tête vers le sud-est, il s'éloigna de la mer intérieure en remontant le bras du Nil qui alimentait le Fayoum.

Finalement, débouchant sur l'agglomération moldue de Medinet, il dirigea son vol vers la ville de la reine de Ptolémée Philadelphe. Il descendit en fixant le dromos d'un temple et battit de ses longues ailes d'albâtre pour poser ses pattes sur une vieille stèle, le regard d'obsidienne fixé sur l'astre de Khonsou, dont la pâleur ressortait sur le bleu profond du ciel nocturne égyptien.

Sautant au sol sans déployer ses ailes, le rapace avança entre les ruines d'un pas dandinant. Il cherchait. Mais ce ne fut pas une souris ou un rat qui attira finalement son regard sombre comme une nuit sans étoile. Ce fut un mur, une signature sur ce mur, un motif gravé dans ce mur.

Alors que la faible lumière lunaire était diminuée par la forêt de colonnes, l'ombre du rapace se mit à grandir, grandir, jusqu'à devenir celle d'une forme humaine. Le sorcier, qui venait ainsi d'apparaître, s'approcha encore et passa une longue main noueuse sur le bas-relief, cherchant quelque chose.

Au même moment, juste derrière lui un grand crack se fit entendre. L'animagus se retourna d'un bloc vers le bruit. Face à lui, vêtus de capes sombres, au moins cinq silhouettes lui faisaient face, baguettes en mains, l'attitude menaçante.

Pris au pied mur dans tout les sens du terme, baguette trop loin, il ne lui restait que ses yeux nyctalopes pour apprécier la complication qu'il n'avait pas su prévoir.

Le silence se brisa au bruit des crissements du sable sous les pas des intrus. Ils avançaient lentement vers l'animagus comme une meute de loups vers une proie esseulée.

Au même instant, un éclair rouge jaillit du noir et fractura le relief de grès devant lequel le visiteur solitaire était. Quelques plumes blanches volèrent, attestant de sa présence quelques millièmes de secondes avant.

Puis un juron se fit entendre, tout droit sorti de la silhouette auteur de l'attaque.

-« Bordel, ce con m'a échappé ! Vous autres, restez pas comme ça les bras ballants, cherchez le que diable ! » Au son de sa voix énervée, l'animagus devina que l'homme devait être le chef de la bande.

Ce dernier fit quelques pas, regarda ce qu'il restait du mur qui intéressait tant sa proie. Le mur était en miettes. Il jura de nouveau et se retourna vers ses complices.

-« Arsinoë… J'étais sûr que ce nom te convenait à merveille. Je savais qu'un jour je te trouverai, toi, le grand mage de l'Orient. Mais tu as mi le temps pour venir. Alors c'était donc bien ici le point de départ… hein ? Aaahhhahahah ! » Déclama la voix masculine, concluant sa phrase dans un grand éclat de rire moqueur.

Un second éclair de stupéfixion fendit l'air et rata encore le volatil adroit. Rageant et insultant le tas de plume, les cinq individus cherchèrent dans l'obscurité où avait pu passer la cible.

Alors le rapace se posa sans peur aucune sur l'épaule du chef. Celui-ci ne manqua pas de sursauter de surprise.
-« Fidèle à ta réputation, engeance de cracmol. Plus silencieux que la nuit, aussi brillant qu'un éclat d'obsidienne… C'est du moins ce que disent les récits sur toi. Mais je suis désolé, ce que tu recherches… tu ne l'auras pas !» Le provoqua-t-il, sa voix montant de plus en plus haut. « C'est moi qui vais retrouver le trésor des Lavia… Et toi ? Et bien toi, tu vas juste m'aider ! »

L'oiseau ne montra ni colère ni surprise à l'annonce et resta comme de marbre sur l'épaule de son prédateur. L'homme tourna le visage pour dévisager l'animal.

-« Une chouette… j'aurais pensé qu'avec ton humilité si… inexistante, il faut l'avouer, tu aurais été un animal plus royal. Pourquoi pas un faucon ? Mais une chouette, c'est si … sage, non vraiment, ça ne te va pas ! »

L'oiseau resserra ses serres sur l'épaule, puis d'un battement d'ailes s'éloigna, non sans laisser un cadeau cuisant à l'impertinent, une serre bien maligne éraflant sa joue à travers le tissu sombre qui le recouvrait.

-« Sale bâtard ! Tu me le paieras un jour ! »

Baguettes levées, le groupe des cinq scrutait la nuit à la recherche de l'inconscient qui venait de blesser leur chef, dans son estime et dans sa chaire.
L'autre main du leader, crispée comme une pince rouillée, battait l'air à la recherche de l'effraie.

Alors qu'ils se retournaient pour se retirer, une voix chaude comme le soleil d'Egypte descendit du haut d'une des colonnes de la salle hypostyle du temple.
-« Payer ? C'est les sorciers qui ont une dette envers moi… n'oubliez pas… » Les mots se finirent dans un doux murmure mais clairement audibles.

Un bruit de froissement de plumes et de tissu plus tard, le rapace nocturne s'était définitivement envolé.

Rageant de l'insulte, de l'éraflure faite à son beau faciès et de la perte de ce qu'il pensait être le chemin vers la gloire, le chef baissa le voile qui cachait encore un pant de son visage noir à l'obscurité presque totale. Il essuya le filet de sang qui coulait déjà dans la barbe naissante, et lançant un point rageur vers le ciel s'exclama :
-« Sale moineau du Nil ! Un jour j'aurai ta peau Nour ! Foi d'Azulay… je t'aurai cracmol d'Orient. Je vais te manger cru, toi, le faucon d'Egypte. » Puis il pouffa, oubliant sa défaite d'un soir, ses yeux sombres s'animèrent d'or. « Même si le faucon n'est plus qu'une effraie. »

Derrière lui, les quatre hommes, qui l'accompagnaient, rirent de son trait d'humour comme de la dernière blague à la mode.

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-« Hey, t'as lu la gazette du Marabout ? » Demanda un élève d'une voix sur-excitée.

-« Ba non, qu'est-ce qu'il y a ? » S'étonna son camarade interpellé.

-« Une attaque, une profanation la nuit dernière… »

Dimanche matin, dans le petit amphithéâtre où allait se dérouler le premier cours d'archéomagie médiévale depuis des mois, les élèves étaient en train de pépier comme des oiseaux dans une volière, s'agitant en tout sens, comme si l'apocalypse avait été annoncée le matin même.
Ignorant le brouhaha, Calista Mohen avança dignement au milieu des cris et discussions, écoutant d'une oreille distraite le sujet du jour, une attaque de sorciers vandales sur un monument de la région, qui avait provoqué l'effervescence chez des élèves de doctorat.

Car oui, elle se retrouvait à enseigner l'archéomagie médiévale à une troupe de gamins à peine plus jeunes qu'elle de trois ou quatre ans, et certainement plus calés qu'elle en matière d'archéomagie. Le vieux Ibn Snaï était-il tombé sur le crâne, ou bien avait-il fait une indigestion de loukoum à la rose ?
Enfin, oubliant son appréhension, elle revient à la classe présente, toujours aussi confuse, les élèves n'ayant visiblement pas remarqué sa présence, trop occupés à se passer un journal chiffonné par trop de lecteurs.

Se retenant d'oublier les bons préceptes qu'avait essayé de lui inculquer son grand-père, elle évita de jeter un sort de mutisme sur l'ensemble des bavards, comme sa colère éveillée le lui soufflait. Puis s'assis sur un coin de son bureau, nonchalamment, attendant que sa classe se décide à prendre place pour écouter son cours, posant ses yeux d'or en fusion sur un seul élève.
L'élève ne mit pas longtemps à capter le regard exaspéré posé sur lui. Perdant soudainement contenance, il prit place en frissonnant, donna un coup de coude à ses camarades et attendit en silence. Le regard alors se reporta sur un autre élève et ainsi de suite, jusqu'à ce que le dernier se soit assis en silence.
Quand enfin, tout le monde eut regagné sa place, les coupures de journaux rangés, leurs notes sorties, la jeune femme daigna les saluer, tout en précisant qu'elle stupéfixerait le premier qui ouvrirait la bouche. Visiblement, elle obtint l'effet escompté, personne ne pipa mot jusqu'à la fin du cours.

-« Bien, maintenant que vous êtes calmés, j'aimerai faire les présentations. J'ai pour nom Calista Rébecca Mohen. » Elle nota d'une écriture large et nerveuse son nom sur le tableau noir. « Pour vous, je reste Miss Mohen. » Précisa-t-elle froidement. « Je ne suis pas professeur ou archéomage de formation, mais je vous demanderai tout de même de respecter mon travail, et ainsi respecter le choix de votre directeur d'université. »

Cette dernière phrase provoqua le retour du brouhaha dans l'amphi, même si personne n'osait trop élever la voix, un ensemble de chuchotements se fit entendre. S'éloignant du tableau et se saisissant de sa baguette de bois clair, la jeune femme jeta son regard d'ambre polaire sur la salle.

-« Un problème ? Vous aimez le mime Marceau à ce point ? » Ironisa-t-elle.

Mais immédiatement, sa voix cassante refroidit les ardeurs verbales de son public.

-« Parfait. Vous m'en verriez navrée de devoir tous vous bâillonner pendant mes cours. Vous serez donc adorables de ne plus continuer de me couper la parole pour vos bavardages futiles, qui attendront la fin de ce cours pour reprendre. Suis-je bien claire ? »

La classe entière hocha de la tête.

-« Merveilleux. Je continue donc, je suis auror de formation, j'ai combattu durant la dernière guerre qui vient de prendre fin… celle contre… vous-savez-qui. Je ne me considère tout ce qu'il y a de plus loin d'une héroïne et je ne supporte pas qu'on me lèche les bottes. Si par contre vous pensez que je ne possède en rien les qualité nécessaires, ni même la culture pour cet enseignement, encore une fois allez vous plaindre à votre directeur… Je pense qu'il sera heureux de discuter de cela avec vous, autour d'une tasse de thé trop sucré, accompagnée de quelques pâtisseries locales écœurantes. »

Un rire discret s'éleva des élèves, la description leur avait semblée si réelle, enfin pour ceux qui avaient eu le droit à un accueil chaleureux de la part du calife de séant.

-« Enfin, au cas ou certains ne l'auraient pas encore remarqué de part mon accent, je suis anglaise, d'ascendance anglo-hispanique. Sur ce, je vous invite à vous présenter vous même. Vous verrez, il n'y a rien de difficile à cela. »

Les élèves devirent verts de peur quand on leur demanda de prendre la parole, comme s'ils avaient peur que le dragon, ou le corbeau comme certains avaient déjà surnommé Mohen, ne les avale tout cru parce que la présentation ne lui plaisait pas. Mais chaque élève défila ainsi, se présentant à ses condisciples et son nouveau professeur. Quand au bout de quelques premiers sacrifiés ils remarquèrent que Mohen ne disait plus rien, les élèves suivant se déridèrent et parlèrent d'une voix beaucoup plus claire.
Dans son coin, la jeune anglaise suivait d'un œil les présentations, silencieuse mais bien présente, et d'un autre, bien plus discret, observait la dernière rangé de la classe. Quand vint le tour des derniers élèves, un jeune homme blond se leva du dernier rang, ses yeux bleus brillants d'espièglerie. Il s'avança avec une allure conquérante vers l'estrade, d'un geste faussement embarrassé se passa une main nerveuse dans ses cheveux courts pour les décoiffer, et sans préambule fit une pirouette digne d'une coure royale pour saluer la classe et son professeur.

-« Miss Mohen… mesdemoiselles, messieurrs, Sigfrid Jäger ! Chefalier serrfant de ces dames, amateurr de jolies filles. » Il fit un clin d'œil à une élève assise au premier rang. « Je suis l'indigne hérritier d'une famille de sang purr allemande ! Oh honte, oh désespoirrr !… pourr mon pèrre ! » Plaisanta l'étudiant à l'accent germanique indécrottable, provoquant cette fois une franche hilarité parmi ses camarades, et même un vague sourire sur le visage froid de son professeur. « Plus sérrieusement, j'ai le prrojet de defenirr arrchéomage. J'ai étudié à Peaux Pâtons, en Frrance, puis depuis quelques années pourrsuis mes études en Aiguypten. Je députe actuellement une thèse surr « les trraductions de manucrrits orrientaux en langue gerrmanik aux trreizième et quatorrzième siècles, et leurrs incidences surr le monde magique de l'époque », en prrenant appuis surr diferrses fouilles… Palpitant en somme. » Finit-il, mimant un bâillement.

-« Merci monsieur… Jäger. » Lui répondit le professeur. « Personne suivante ? »

-« A fotrre serrfice prrofesseurr ! » Répondit le jeune allemand, saluant une dernière fois avant de s'éclipser vers le fond de la classe sous les regards émerveillés de certaines filles et hilares de certains garçons.

Puis le silence reprit ses droits, pendant que quelques étudiantes tournèrent la tête vers le fond de la classe et affichèrent leur plus beau sourire en voyant l'élève qui avançait nonchalamment vers le tableau. L'individu affichait une morne indifférence à ce qui se passait autour de lui, comme si les œillades énamourées de la gente féminine n'était pas pour lui. En résumé, il se comportait exactement à l'opposé de son camarade Jäger, qui lui jouait de sa popularité et de son charme sans se lasser. Calista suivit le jeune homme du regard, ne pipa mot des murmures produits par les élèves et n'afficha aucune émotion encore une fois quand l'élève, relevant la tête, fixa dans ses yeux d'or son regard d'argent.

Saluant plus modérément ses camarades et son professeur, un sourire condescendant sur le visage, un regard pouvant paraître hautain, le jeune homme à la courte chevelure blond pâle commença sa présentation.

-« Aimery Baldwin Onfroy de Mortemer, généralement appelé Aimery Mortemer… c'est déjà suffisamment pompeux ! » A ces mots, la classe éclata de rire, puis se souvenant de leur professeur, reprit son silence attentif. « Je suis français, avec malheureusement des origines anglaises que je me répugne à nommer ici pour vos chastes oreilles. » Ajouta-t-il, le ton dédaigneux. « Je mène actuellement une thèse sur les preuves en archéomagie médiévale de l'existence des démons et leurs incidences dans la pratique de la magie noire. Passionnant même si très peu documenté. » Précisa Aimery Mortemer.

A l'édiction rigoureuse du sujet de la thèse, Mohen releva la tête et dévisagea le jeune homme. Les démons ? Intéressant. Donc chez les Mortemer on reconnaissait l'existence de telles créatures, réfutées par la communauté sorcière depuis plus de deux cents ans. Tournant la tête vers sa classe, elle remarqua l'air médusé de certains élèves, ne connaissant probablement pas le terme.

-« Monsieur Mortemer, pouvez vous expliquez à vos camarade ce qu'est un démon, et son implication magique ? »

-« Certainement professeur. Les démons entrent dans les créatures magiques potentiellement les plus dangereuses. Il s'agit d'une personne, d'ascendance sorcière souvent, possédant la particularité d'avoir deux âmes dans un même corps. On dit alors qu'elle est possédée. Cette double spiritualité s'exprime par de grandes capacités magiques, des dons pour maîtriser les éléments, des connaissances d'origines inconnues. Tous ces critères ont été reconnus et répertoriés d'après le dernier sujet, observé durant le règne des Nasrides. Bien sûr les démons ont une connotation néfaste par leur lien à la magie occulte et à la nécromancie. Seulement, les démons ont été considérés comme un fantasme du monde moldu médiéval et sans aucune preuve d'existence depuis une décision de la Confédération Internationale des Sorciers en 1777. »

-« Parfaitement bien expliqué monsieur Mortemer. Question personnelle, croyez-vous en ces démons ? »

-« Je n'ai jamais eu la preuve tangible de leur existence, j'avoue avoir toujours des doutes. »

-« Pourtant la plus part des égyptiens n'ont certainement jamais vu de djinns, mais croient en leur présence. »

-« Certes. Mais je ne suis pas un simple fellah, j'ai, pour ma part, besoin de preuves concrètes pour croire en quelque chose. » Rétorqua Mortemer. « Enfin pour finir, je projète de devenir conjurateur, dans un premier temps certainement pour Gringotts. Voilà, je n'ai rien d'autre à ajouter. »

-« Merci monsieur Mortemer, allez rejoindre vos camarades en silence s'il vous plait. Suivant ? »

Une dernière personne se leva dans le fond de la classe, placée entre Jäger et Mortemer. Aussi blonds et pâles étaient ses deux amis, aussi brun et bronzé était ce dernier. De longs cheveux noirs et bouclés, des yeux aussi sombres que l'ébène, la taille plus petite que les deux précédents, l'allure purement latine et sûr de lui, il grimpa sur l'estrade. Le sourire sincère qu'il arborait semblait être le juste milieu entre celui trop aguichant de l'allemand et l'autre si coincé du français. Avec l'aisance naturelle de celui qui a, de part son sang, l'aptitude de s'adresser aux foules, il se présenta :

-« Lorenzo Scapolare, fils de Tiberias Scapolare… oui celui qui est ministre italien de la magie. Je suis présentement la déception familiale, ayant refusé de suivre des études de droit et législation magique à Ravenne, ainsi pour ceux qui espèrent quelque piston auprès de mon père… ne rêvez pas. Mais j'ajoute aussi que je ne suis pas italien, non, je suis sicilien, et la nuance est importante. Pour revenir à l'archéomagie, ma thèse porte sur l'utilisation des maléfices dans les systèmes de défense des nécropoles égyptiennes, de l'Antiquité tardive à l'avènement des Mamelouks. »

-« Qui est votre directeur de recherche ? »

-« Le professeur Goosemore, il dirige la chaire de défense contre les maléfices. J'avoue que son cours me passionne. Le votre n'est qu'une option, que j'espère m'être utile. »

Pour la première fois de la journée, Mohen émit un sourire sincère et naturel. Le jeune sicilien en fut presque estomaqué, et s'en retourna s'assoire rapidement pour retrouver contenance, tout en se demandant la raison d'une telle expression.

-« Cette femme est un monstre de manipulation, j'en suis certain ! » Déclara-t-il en murmurant aux oreilles d'Aimery et Sigfrid. « Elle peut être aussi charmante qu'une sirène quand elle sourit, et aussi détestable qu'une harpie quand elle se ferme à toutes expressions. Effrayante ! »

-« C'est tout simplement un monstrre. » Rétorqua l'allemand.

-« Je ne pense pas. » Répondit le français, ses yeux posés sur le dos de Mohen en train d'écrire quelques noms de sites au tableau. « Elle s'est construit une muraille, mais elle n'était pas aussi désagréable la semaine dernière. »

-« Pfff ! Elle t'a déjà ensorrcelé. »

-« Etonnant qu'elle ne t'ait pas encore fait tourner la tête, Sigfrid. » Répliqua Lorenzo pour défendre son ami français.

-« Ca viendra, Enzo, ça viendra… il ne sait pas résister au sexe faible… »

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Remontant rageusement les couloirs de l'université égyptienne, Calista Mohen fouettait rageusement un long parchemin le long de sa hanche. Il n'y avait pas une semaine qu'elle était là, à Dionysias, mais déjà sa poisse légendaire l'avait rattrapée au pays d'Osiris.

Qu'avait elle fait pour le mériter ? Ou alors qu'avait bien pu faire un de ses ancêtres pour que la malédiction continue encore sur elle ? Bonne question !

Pestant contre le dédale de couloirs qu'était l'université du Fayoum, elle massacra, encore quelques secondes, le parchemin qu'elle tenait à la main. Puis poussa une porte, qu'elle pensait être celle de son bureau, mais se retrouva dans un lieu chargé de livres qui ne lui ressemblait pas. Elle venait tout bonnement de se tromper de couloir… encore une fois !

-« Oh, Calista ! Mais entrez donc ma chère ! »

La voix, qu'elle se disait connaître, sortait d'un petit homme râblé et au crâne aussi poli qu'un miroir du Nouvel Empire, à se demander s'il avait eu un jour des cheveux. Ses grands yeux pâles au regard innocent la fixaient comme si elle était une sainte apparition du grand Merlin.
Un nom lui vint immédiatement à la bouche :

-« Professeur Goosemore ? » S'exclama-t-elle, quelque peu surprise.

Archimède Goosemore était un homme simple, celui qui avait longtemps appuyé son goût de l'histoire malgré les cours soporifiques du professeur Binns. Il se trouvait qu'il avait été une courte période professeur à Poudlard, mais surtout un ami de famille.

-« Ma chère petite, quel plaisir de vous revoir. Vous ici… et ce démoniaque Tancrède qui ne m'avait rien dit. »

Calista sourit à l'adjectif qui convenait si bien à l'image qu'elle avait eu du directeur en arrivant.

-« Je ne suis arrivée que depuis quelques jours, je suis le nouveau professeur de Médiéval. »

-« Ah oui. Le précédent a subitement disparu, on ne savait que faire… Mais je suis heureux que cela vous profite ma petite, vous le méritez. Mais… vous sembliez quelque peu tendue ? »

Tendue ? Il avait le goût de l'euphémisme le vieux Archi, pensa Mohen. Elle était plus que tendue, elle était énervée. Non, pas énervée, elle était hors d'elle…
Vingt-huit ans d'absence, et voilà qu'il était impossible de faire valoir ses droits. Depuis qu'elle était arrivée, elle se dépatouillait comme elle pouvait avec la paperasserie de l'administration cairote.

-« Oh, pas grand chose… juste les inconvénients de la bureaucratie égyptienne je pense. » Dit-elle, en minimisant l'acte, cachant le parchemin.

Sans demander d'autorisation, le professeur Goosemore attira le dit rouleau d'un accio et faisant preuve d'une indiscrétion qui horripila la jeune professeur, il déroula et lu.

-« Oh, l'acte de propriété de ... » Le regard de Calista le dissuada d'en dire plus. « Je vois, un problème de patronyme je suppose. L'administration égyptienne est parfois tatillonne et … lente, je vous l'avoue.»

Calista l'aimait bien, le vieux Archi. Même si retrouver une personne qui l'avait connue avant ne lui plaisait qu'à moitié, et surtout une personne sans gène comme lui. Donc il y avait une limite à sa curiosité, et cette limite s'appelait « politesse ». Depuis quand Goosemore avait-il des méthodes à la Albus Dumbledore ? Bon elle reconnaissait préférer avoir Goosemore dans les bottes que Dumbledore, affaire de conscience.

Un Mohen ne devait avoir conscience que de sa valeur et de ses connaissances, c'était toujours ce que disait son grand-père, guerre à son âme. Mais appelez ça comme vous voudrez, pour elle, entendre la voix de son frère lui faire des remarques était ce qu'elle appelait avoir une conscience. Et la plus mal placée qui soit !

Mais là, elle aurait bien aimé qu'Archimède ait une conscience qui l'empêche de poser des questions et de fouiner dans les affaires des autres. Tout comme remuer du fumier faisait toujours remonter les mauvaises odeurs, remuer le passé faisait resurgir les mauvais souvenirs. Et côtés mauvais souvenirs, Calista en possédait un Poudlard Express entier !

-« Oui, je remercie constamment mon grand-père pour sa brillante idée le jour de ma naissance. » Répondit-elle sur un ton mordant.

-« Se laisser aller à la haine n'apporte rien de bon mon enfant, croyez en le vieux Archi qui en a déjà pas mal au compteur… »

-« Il me traitait de monstre, de honte familiale, de déchet… Il disait que je salissais l'honneur de sa précieuse famille. »

-« Oui… je reconnais qu'il a eut des mots durs, mais dans le fond, il vous aimait, quoi qu'il en dise. »

-« Alors il le cachait bien ! » Répondit-elle, hargneuse.

-« Asseyez-vous Calista, vous avez besoin de vous détendre. Ne vous inquiétez pas pour votre paperasse, j'ai l'homme de la situation… à condition que vous ne disiez rien à Tancrède. » Proposa-t-il, un sourire embarrassé aux lèvres. « Voyez-vous, ils ne s'aiment pas beaucoup ces deux là… »

-« J'aurais une question à vous poser. »

-« Oui ? Je vous écoute… »

-« Aimery Mortemer, qu'avez-vous à me dire sur lui ? »

Archimède tourna le dos à la jeune femme, l'observa un peu par en dessous, comme pour trouver, inscrit en lettres d'or sur son visage, la raison d'une telle question. Puis ne trouvant pas, il répondit évasivement pour la tester.

-« Oh… Mortemer. Et bien, fils aîné de Baudouin Mortemer, un grand guérisseur français, mère anglaise… euhh je pense que vous aurez deviné de quelle grande famille elle vient d'ailleurs… »

-« Malefoy… je me demande surtout comment un lion a fait pour épouser une vipère… » Persifla la voix froide de la jeune anglaise.

-« Enfin, il a étudié en France à l'académie de Beaux-Bâtons, puis l'année même de son diplôme a continué ses études en Egypte, alors qu'il avait une place offerte à Ravenne, ainsi qu'une réservée à la section d'arts magiques de Cambridge. Pourquoi il a choisit de partir comme ça, je ne le sais pas. Il a toujours été un élève brillant, même ici, et depuis cette année il prépare sa thèse… C'est un battant. Pas comme monsieur Jäger, lui c'est quelqu'un de très capable, mais il aime en faire le moins possible. Sauf si on parle de livres, alors là il entre en transe. »

-« Et sa thèse ? »

-« La thèse de monsieur Jäger ? »

-« Je me fous du paon, je parle de Mortemer. » S'énerva Calista.

-« Oh oui… Aimery a commencé en septembre dernier sa thèse, sous la direction de votre prédécesseur, mais celui-ci étant porté disparu, c'est à vous que revient cet honneur. »

-« Chouette… » Répondit Calista, d'une voix tout sauf enjouée. « Il s'intéresse à la magie noire ? »

-« Aimery ? Ma foi, je ne pense pas, mais je sais qu'il déteste son cousin anglais… Peut-être un peu moins que vous. J'ai entendu dire que vous aviez témoigné contre lui. Culotté ! Mais stupide. Vous auriez pu y rester. Cet homme est dangereux. Vous auriez du continuer à l'ignorer, comme à Poudlard. »

-« Merci, votre sollicitude me touche, mais le seul danger qu'il a réellement présenté pour moi à été quand nous jouions au quidditch l'un contre l'autre. Depuis, il est devenu détestable, avant il était simplement méprisable. »

-« Je pense que vous vous ressemblez beaucoup… »

-« C'est la mode de me comparer aux ex-mangemorts ? » Demanda-t-elle froidement, un sourcil sarcastiquement relevé.

-« Non, pas vous et Malefoy, je parlais de Mortemer… Semblables et pourtant si différents. »

-« Vous divaguez Goosemore, vous devriez arrêter l'absinthe ! » Sur ces mots, la jeune femme sortie du bureau, oubliant son parchemin.

A Suivre...


Voila!
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