Bonsoir!

Voici la version 2 du chapitre 5.

Remerciement: Nelsooonnn! Et oui, c'était son premier chapitre en tant que correcteur officiel, et Ayako derrière parce qu'elle en voit toujours '-- (suis-je si mauvais en ortho?). Merci à mes habituels guides de voyage Gallimard et Delta Flammarion, Merci à vous mes lecteurs-lectrices!


V . La proie et le chasseur


« Quand l'élève est prêt, le maître apparaît. » Audiard, « Mélodie en Sous-sol »


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Dès le premier de ses cours auquel il assista, Sigfrid Jäger ressentit une forte antipathie pour le professeur Mohen. Il n'aurait su expliquer pourquoi, lui qui habituellement appréciait plus que quiconque les charmes de la gent féminine, mais un petit quelque chose chez cette anglaise lui faisait hérisser le poil. Peut-être aussi était-ce parce qu'Aimery, son meilleur ami avec Enzo, l'avait rencontré avant lui, et fait encore plus extraordinaire, en avait dit du bien.
Pourtant il ne pouvait et ne voulait pas reconnaître que de voir Mortemer ainsi l'énervait autant que les airs supérieurs affichés par Mohen.

Et puis la raison principale, la vraie ne pouvait être que l'odeur de soufre et ce soupçon de mystère, trop sombre pour que le soleil d'Egypte le dissipe, qu'elle traînait toujours avec elle, et ses affreuses fripes noires qu'elle arborait en fouinant dans les coins reculés de la bibliothèque, ou parfois dans les couloirs. Vraiment, elle l'énervait, l'horripilait, lui sortait par la baguette… Mais en même temps l'intriguait. Et s'il y avait bien une chose qui pouvait le faire sortir de ses livres adorés, encore mieux qu'une jolie fille, c'était un mystère. Moins on lui en disait, plus Sigfrid avait envie d'en savoir. C'était simple, il avait dans le sang le goût du risque, des recherches, des enquêtes… Et aussi développés que le goût du cirque, comme le disait si bien Enzo Scapolare.

Entre ses deux inséparables amis, s'il devait se définir, il aurait dit qu'il était tout simplement un joyeux drille. A son grand damne, Sigfrid était généralement vu comme le clown de service, pourtant il aimait l'étude… Dès qu'elle sortait des sentiers battus par les profs, que le sujet était hors programme. Sigfrid, s'il venait du même monde qu'Aimery, avait abandonné depuis longtemps l'idée de se faire une place dans la bonne société. Il préférait l'aventure.

Sur ce point, Lorenzo différait encore, lui avait choisi l'étude de l'archéomagie uniquement pour échapper au destin obscur de bureaucrate que lui réservait sa famille. Mais des méthodes peu orthodoxes des siens, le sicilien avait gardé quelques caractéristiques qui avaient plus d'une fois, en 8 ans à Beaux-Bâtons, sauvé les fesses de l'allemand, voire aussi sa baguette. Ses rares colères pouvaient exploser aussi subitement qu'une éruption de l'Etna, son pas silencieux de kneazel s'avérait utile dans les cas de virée nocturne, et son sens de la diplomatie pouvait encore mieux vous sauvez de la punition quand vous vous faisiez prendre.

En gros, là où Aimery était flegmatique, Sigfrid était enjoué ; là où Sigfrid jouait le bouffon, Enzo jouait l'intrigant ; là où Enzo était futé, Aimery était calculateur. A vrai dire, qui aurait pu trouver d'esprits mieux assortis ? Sigfrid se demandait parfois comment ils avaient pu devenir aussi inséparables. Pourtant, à Beaux-Bâtons, les choses n'étaient pas si bien parties. C'était seulement en dernière année qu'Aimery c'était laissé approché. Avant ça, il avait toujours été un sauvage, et encore aujourd'hui se comportait comme un prince trop bien pour le reste des élèves. A ce demander si les filles, qui le poursuivaient de leurs ardeurs, n'étaient pas aussi stupides qu'il le disait.
Leur camaraderie était née avec le projet de partir en Egypte, avec le fantasme d'aventures, de gloires à venir. Et depuis, même le sable d'Egypte n'avait pu gripper la machine bien huilée de leur amitié. Mais il manquait peut-être encore le piston pour faire avancer la dite machine, la grande aventure qu'ils attendaient.

Quoi qu'en pensa Sigfrid, il lui fallut tout de même reconnaître que la nouvelle venue s'était discrètement et doucement fait une place dans l'univers du vieux Tancrède. Si ses cours ne le passionnaient pas, elle se révélait tout de même un prof ferme mais respectable. Ses amis et les autres étudiants ne semblaient pas déçus par le programme et la trouvaient bien renseignée pour une ancienne auror.

Seulement, le problème de l'allemand était toujours la jeune anglaise à la silhouette de manche à balais, ou du moins son regard d'autour qui ne laissait rien passer, même pas la lecture de « Quidditch Zeitung ». Vraiment, elle ne connaissait rien aux plaisirs de la vie celle-là ! Déjà qu'il ne pouvait plus draguer tranquillement, papoter avec son voisin (pas avec Aimery, celui-ci était toujours sérieux comme un planton de Buckingham), si en plus elle lui enlevait le doux plaisir de lire quelque chose d'instructif pendant que sa douce voix racontait des salades dont il n'avait rien à battre… Où allait le monde !

Heureusement, il lui restait la joie immense de torturer moralement les bleus de l'université. Et dans ce domaine, il était particulièrement doué. Bon, il n'était pas aussi beau parleur qu'Enzo, il n'avait pas eu sa famille pour exemple dans ce domaine, mais il se débrouillait très bien, il fallait le reconnaître. Et dans sa liste de victimes préférées, il y avait le médaillé d'or, le champion toute catégorie.

Un pauvre type, bête comme ses pieds (voire même plus bas), à peine capable de se vanter auprès des autres de choses ridicules et donner des solutions les plus abracadabrantes sur des sujets facilement explicables. Le gars en question était en deuxième année, ce qui déjà forçait Sigfrid à croire aux miracles, et suivait les cours de sortilèges en vue d'obtenir une licence (l'espoir faisait vivre…). L'allemand lui avait donné quelques cours particuliers, poussé malgré lui par le professeur de sortilèges, et ainsi, il avait pu constater de visu le profond crétinisme qui atteignait ce malheureux garçon. Un anglais en plus ! Entre lui et Mohen, ça ne poussait pas la Grande Bretagne dans le cadre de ces destinations prioritaires.

Mais, depuis l'arrivée du nouveau professeur d'archéomagie médiévale, il remerciait plus que jamais son petit Gillou le chelou d'exister. Et c'est en sortant du dernier cours de Mohen qu'il croisa son bouc émissaire adoré, passant dans le couloir.

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Le bouc, à la laine ondulée et blonde, avait pour nom Lockhart, Gilderoy Lockhart. C'était un élève qui au premier abord pouvait passer pour timide, toujours le nez en l'air à rêvasser aux héros, aux grands sorciers qui avaient marqués l'Histoire de leurs noms. En cours il buvait les paroles de ses professeurs, rêvant un jour de devenir celui qui trouverait la tombe de Merlin ou encore sauverait tout un village d'une armée de trolls. Toute personne ne cherchant pas à le connaître aurait pu le prendre pour un éternel rêveur.

Mais Lockhart avait développé une poignée d'autres caractéristiques qu'on ne pouvait décemment nommer qualités : il aimait écouter aux portes les récits des autres, se glisser sous un banc pour épier les conversations personnelles et donner des conseils éventés sur tout et n'importe quoi dès qu'il le pouvait.

En gros, il était l'archétype de la grande-gueule et du vantard, se mêlant de ce qui ne le regardait en rien.

Par un bel après-midi de février, alors qu'il sortait tout juste de cours de sortilèges, il se dirigea vers la bibliothèque de l'université. Il avait pour projet de dévorer le dernier volume d'un ethnomage sur les loups-garous et les vampires. En résumé, il allait savourer quelques heures de plaisir et de détente dans un coin sombre du rayon des créatures magiques.

Quand, alors qu'il était royalement installé, sa belle robe myosotis étalée autour de lui comme une corolle, un indésirable de germain fit halte devant lui. Celui-ci, il ne pouvait le croiser sans avoir envie après de se jeter du haut d'une pyramide.

Mais ce jour-là, à peine l'aigle allemand l'avait-il ouverte, pour lui asséner quelques coups de bec bien sentis, qu'une furie lui fonça dessus telle une buse sur un garenne à découvert. En moins de temps qu'il n'en fallut pour le dire, avec l'habitude de la situation, Lockhart se faufila telle d'une musaraigne et s'éclipsa entre les rayonnages.

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Lors d'un après-midi où elle avait enfin trouvé le temps pour ses recherches à la bibliothèque, entre les cours et les copies, Calista Mohen trouva Jäger, le comparse de Mortemer, à terroriser un élève de deuxième année.
Pendant qu'elle faisait la morale au tortionnaire sur ses manières de gosse attardé, le souffre douleur s'échappa. Elle n'avait en tout et pour tout vu que des yeux myosotis noyés de larmes sous une mèche de cheveux dorés.
Calista hésita un instant sur ce qu'il fallait faire (ils n'étaient plus au collège, les punitions allaient bien pour des gosses de onze ans, pas pour un gamin attardé de vingt-trois), puis une idée brillante lui vint dans son esprit tortueux. Elle n'avait pas de temps à elle, et visiblement le bourreau n'avait que ça à faire.

Un sourire sadique aux lèvres, elle déclara au contrevenant qu'elle acceptait de passer l'éponge, en échange de son attention en cours, et de quelques services rendus.

Le soir même, Sigfrid passa des heures penchés sur les grimoires que Mohen n'avait pas encore eu le temps d'éplucher. Pestant contre leur jeune professeur, ses manières discutables et son nouveau sort d'esclave, le fautif se promit d'une revanche.

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Quelques jours après son altercation avec Mohen, Sigfrid ne put s'empêcher, aux détours d'un couloir, de revenir vers sa proie qui lui avait si injustement échappé l'autre jour.

-« Alorrs Gillou, t'aurrais pas eins conseil surr « comment pien copier le defoirr de son foisin » ? Eins petite regarrd en piais peut-êtrre ? Ou pien la mèche implacaple qui perrmet de cacher le regarrd d'un trricheurr comme toi ? »

Gilderoy Lockhart ouvrit de grands yeux terrorisés en voyant sa bête noire apparaître dans un renfoncement du couloir, à la sortie de son cours.
-« La-la-lâche moi sale pouilleux ! » S'exclama l'étudiant effrayé.
-« Paufrre frroussarrd fa, même plus drrôle à asticoter, tu trremples dès qu… »

Mais Jäger ne put terminer sa phrase, un regard d'ambre venait lui aussi de le clouer sur place.
C'était bien sa veine.
Laissant Gilderoy lui échapper pour la seconde fois, il répondit sans honte aucune aux yeux dorés de son professeur d'archéomagie médiévale.

-« Monsieur Jäger, quelle surprise ! Il faut croire que vous aimez l'ombre, je vous trouve toujours loin de la lumière, bibliothèque, recoins des couloirs… Peut-être un fond de placard pour la prochaine fois ? » Le professeur Mohen le fusillait sur place de son regard enflammé et de sa voix où le sarcasme n'était plus le moins du monde voilé. A croire qu'elle avait pris des cours avec Mortemer se dit-il.

-« Le soleil et ma peau ne s'entendent pas à merrfeille Mademoiselle. Mais pourr le placarrd, c'est une infitation ? » s'entendit-il lui répondre du tac au tac.

Calista Mohen lui renvoya son sourire, version surgelé. Elle n'avait visiblement pas le même humour que lui.

-« Suivez moi Jäger, je crois que j'ai du travail à l'ombre pour vous. Que diriez vous d'éplucher quelques vieux grimoires en allemand ? »

-« Comme fous désirrrez, Mademoiselle. » Sigfrid mit toute sa morgue naturelle sur le mot " mademoiselle ".

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Trois heures plus tard, les mains noires d'avoir tourné des pages vieilles de plus de 500 ans avec une poussière presque aussi âgée, Sigfrid releva les yeux. Il se trouvait dans le bureau de la jeune femme, mais était seul. Sa curiosité naturelle le poussa à investiguer les lieux à la place des livres, fouiller les tiroirs plutôt que des pages.

Il ne découvrit rien d'autre qu'une pile de gants en cuir fin (Cette femme devait avoir peur de se salir les mains pour en avoir autant.), quelques vieux manuels aux initiales mystérieuses sur la page de garde, et un livre dans une langue obscure n'utilisant ni l'alphabet occidental, ni le cyrillique, ni démotique, ni même arabe. Se grattant le crâne pour trouver ce que cela pouvait bien être, il n'entendit pas l'archéomage revenir.

-« Je ne vous dérange pas Jäger ? »

Le ton était ironique. Ah ! Ce qu'elle pouvait l'agacer à lui parler sur ce ton.

-« Arrr… Non, pas du tout Mademoiselle. Je me demandais de quelle langue il poufait pien s'achirrr. » Lui répondit l'effronté, levant le livre qu'il tenait en main.

-« A votre avis ? »
-« Je n'en ai pas la moindrrre idée. Je ne connais pas toutes les langues de la Terrre fous safez. Et puis ça ne rressemple pas à ce qu'ici en Aiguypten on crroise. Ni hiérroklyphes, ni hérraldique, ni démotique. »

-« Du proto-hébraïque. Plus écrit ni utilisé depuis près de deux mille ans. »

-« Sauf parr fous ! » Ne put-il se retenir de remarquer.

-« Vous faites erreur. »

-« Ce lifrre a été imprrimé, pas écrrit à la main, il y a donc des gens qui depuis prrès de deux mille ans continuent d'utiliser cette écrriturre. Je me trompe ? De plus, c'est ici le seul lifrre que fous possédez. Pourquoi garrder un lifrre qu'on ne comprrend pas ? »

-« On ne vous a jamais dit que la curiosité était un vilain défaut Jäger ? »

Et aller ! Encore une fois elle utilisait son nom sur ce ton. Sigfrid commençait à en avoir marre.

-« Fous safez prrofesseurr, entre gens du même âge ou prresque, on peut utiliser les prrénoms, ça se fait. »

-« Ne détournez pas la conversation, et rendez moi ce livre. »

-« A la seule condition que fous me disiez ce qu'il contient. »

-« Avez vous déjà entendu parler de la ville de Samarie, monsieur… Sigfrid Jäger ? »

Le jeune allemand grimaça sur l'emploi de son nom de famille, mais avoua que cette fois-ci elle avait prononcé son prénom avec. Il avançait.
Samarie, Samarie ? Une ville de l'antiquité, c'est tout ce dont il pouvait se souvenir.

-« Je ne crrois pas en afoirr entendu parrler plus que ça en arrchéomagie. Pourrquoi ? »

Sortant sa baguette de bois blanc suivit d'un sort d'attraction, le livre vint se poser dans sa fine main gantée de noir.
-« Car ce livre, monsieur, parle des mages de Samarie. N'avez vous jamais entendu le nom de… » Elle fit une pause, vissant ses yeux dans ceux du jeune homme. « De Chiraz de Samarie ? »

Il fouilla sa mémoire, le nom faisait quelque peu écho à ce qu'il avait lu récemment, peut-être même à ce qu'il avait cherché pour elle.
-« Le nom ne m'est pas inconnu. Eins mage noirr je crrois. »

-« Hum… Monsieur Jäger, apprenez à faire la différence entre un savant et un mouton, vous voudrez bien me faire ce plaisir s'il vous plait. » Lui répondit-elle, le toisant à ces mots.

Elle reprenait sa vieille habitude, et Sigfrid se sentit bouillir. La manière dont elle prononçait son nom était une insulte, pleine de sarcasmes, de froid tout britannique. Et puis que voulait-elle dire avec son savant et son mouton ? Mouton, dans le sens suivre les autres ? Si elle l'entendait ainsi, voulait-elle dire que ce Chiraz n'avait pas été un mage noir ? Comment le savoir ? Il décida avant tout de lui rendre la monnaie de sa pièce.

-« Merrci prrofesseurr pour cette inestimable leçon. Mais dites moi Mademoiselle,… » Il utilisa le même ton que la jeune femme avec lui. « …que fait un imminent prrofesseurr comme fous à lirre des lifrres en langues morrtes sur des mages noirrs rraides depuis enfirron huit cents ans ? »

Calista Mohen ouvrit les yeux un peu plus grand, montrant ainsi, faiblement, qu'il l'avait surprise. Prenant le silence de la jeune femme pour une hésitation, il décida de battre le fer pendant qu'il était chaud.

-« Monsieur le dirrecteur ne serrait cerrtainement pas trrès fierr d'apprrendrre que sa derrnièrre rrecrrue fait décrrypter des lifrres consignés à ses étudiants. N'est-ce pas Mademoiselle Mohen ? Qu'en pensez-fous ? » Lui aussi savait utiliser le chantage, et il allait le lui montrer.

-« Méfiez-vous Jäger, vous avez la langue trop bien pendue. Et je pense que monsieur Ibn Snaï n'aime pas les bavards. » Elle s'approcha de lui jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que quelques centimètres entre leurs deux nez, dardant ses iris de bronze poli dans les yeux pers de son vis à vis. « Qu'en pensez-vous ? » Le singea–t-elle.

Sigfrid avala douloureusement sa salive, se demandant comment il allait se sortir de cette embrouille encore. Pour une fois, Enzo n'était pas là, Aimery non plus, et lui et son fichu caractère de chien hargneux ne pouvaient que faire s'envenimer les choses. Mohen avait raison, mais il savait aussi qu'il n'avait pas tort.

Bon, il n'allait pas cracher dans l'eau qui un jour l'avait abreuvé, il devait reconnaître que les recherches de Mohen n'étaient pas sans intérêt. D'ailleurs, si elles l'avaient été il n'aurait pas voulu en savoir plus sur elle, sur sa vie. Et puis il devait arrêter de se leurrer, elle était plutôt son genre de fille aussi. A bien la regarder elle n'avait que la peau sur les os, mais elle avait un tempérament de feu… De ce feu là qui avait toujours attiré les fauves.

-« Sigfrid, je… je suis désolée. Repartons sur une meilleure base, voulez-vous ? Vous êtes un excellent élève, vous êtes peut-être un peu trop curieux. Mais j'ai besoin de vos connaissances en allemand, en égyptien aussi, comme de celles de messieurs Scapolare et Mortemer. Ce que je peux vous promettre, c'est que mes intentions, envers ces recherches, ne sont pas mauvaises. Vous acceptez toujours ? »

Alors qu'il se décarcassait pour trouver une solution, elle s'excusait, prenant son silence pour de la colère.

-« Je m'excuse aussi. » Dit-il, insistant plus que d'habitude sur le 'x' et le 'u', renforçant son accent.

-« Dites moi, que diriez-vous, vous et vos deux amis de venir un soir discuter de nos recherches en commun ? »

-« Pourrquoi pas. Fous pourrriez peut-êtrre aussi nous instrruirre comme des safants et non comme des moutons. »

La jeune femme lui sourit. L'étudiant recula, rompant la distance toujours si proche entre lui et son professeur.

-« C'est une idée à développer. Dès que j'en ai fini de ces formalités administratives et autres parchemineries, nous ferons une petite réunion pour mettre en commun ce que nous avons trouver. »

-« Ce serra parrfait ! » S'exclama Jäger. « Maintenant, si ça ne fous dérrange pas, je fais rrejoindrre mes rrecherrches. Bonsoirr prrofesseurr. » Il inclina la tête en disant ces mots et sortit.

-« Bonsoir… Sigfrid. »

Calista le suivit lentement jusqu'à la porte, observa sa silhouette dans le couloir, et referma le lourd battant de bois clouté.

Ce gamin, avec ses manières de chenapan irrésistible, lui rappelait quelqu'un. Vraiment, il Lui ressemblait un peu trop. Aussi blond que l'autre était brun, mais aussi têtu, curieux et irrespectueux. Ce « Lui » était un ami cher qu'elle n'avait pas vu depuis ...
Un ami ?
Une voix masculine, flegmatique et froide revint dans sa mémoire. « Ne fais confiance à personne, les amis c'est une faiblesse que nous autres ne pouvons nous permettre. Seuls les idiots ont des amis. N'oublie pas ! ».
Alors pouvait-elle parler d'ami ?
Non, il faisait parti de ceux qu'on préfère oublier plutôt que de se souvenir traîtreusement qu'ils ont un jour fait partie de la famille…

Revenant à la réalité, elle se massa les tempes et repensa à sa discussion avec Jäger. Il semblait que l'université abritait encore plus de ressources qu'elle n'aurait pu y penser au départ…

Et caressant un simple anneau d'argent qui ornait une de ses mains gantées de cuir noir, elle organisa la suite de ses recherches.

A suivre...


Un 5ème chapitre de terminé... ne reste plus qu'à reviewer! Chuuuuuuuuuuuu!