Bonsoir!

Voici donc la seconde version du chapitre 6!

Remerciements: à mon bêta lecteur Nelsoooonnn! Et à Ayako qui fait le 2nd round.A celles et ceux qui parfois, sans le savoir, m'ont donnée des idées! A mes lecteurs! Je vous coeur!

Note: en bas de page!


VI . Histoire de Parchemins…


"That kinda lovin', Turns a man to a slave, That kinda lovin', Sends a man right to his grave..." Crazy - Aerosmith


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Le mois de mars arriva très vite et les quelques semaines nécessaires à Calista Mohen pour s'installer en Egypte n'avaient pas été de trop. Pour l'aider dans ses devoirs de professeur d'archéomagie médiévale, le directeur avait accepté de lui adjoindre un assistant, laissant bien entendu le choix de la personne à la jeune femme. Et à la surprise de nombre d'élèves, Aimery Mortemer se retrouva promu assistant en titre.

Il fut évident que, dans un premier temps, le choix ne plut guère au vieux Tancrède comme aux camarades du français. Et suivant les conseils de Goosemore, Aimery ne fit aucune vague, s'écrasa dans un coin du bureau de son professeur et passa ses après-midi à classer des rapports de fouilles poussiéreux, des cartes et des parchemins mités sans jamais rechigner.

Et le temps fit progressivement son œuvre. Ses camarades oublièrent qu'il était devenu à leurs yeux le préféré du nouveau professeur, le directeur oublia que Mohen le gardait ainsi sous son aile, mais Mortemer n'oublia pas que Mohen lui avait ainsi renvoyé la monnaie de sa pièce, quand il l'avait aidé à trouver Dionysias.

Au fils des jours passés sur sa table, Aimery Mortemer nota les habitudes de son professeur. Il remarqua d'abord l'absence de livre dans le bureau. Le fait lui sauta aux yeux, surtout quand on savait le nombre d'heures que Mohen passait en bibliothèque elle-même, ou bien faisait passer à son camarade, l'inimitable Jäger. Une seconde observation, plus méticuleuse, lui apprit que, en fait d'absence de livre, il y avait une forte présence magique dans la pièce, même lorsque la jeune femme était absente. Enfin, relevant les yeux aux bons moments lorsque l'archéomage partageait avec lui l'espace réduit du bureau, il comprit les deux premières remarques qu'il s'était fait. Calista Mohen ne faisait tout bonnement confiance à personne. Elle n'avait foi qu'en elle-même, sa magie et la dissimulation.

Ainsi, les livres, grimoires et autres documents devaient bel et bien fourmiller dans le bureau, mais métamorphosés en objets quotidiens et inoffensifs, tout le monde passait devant sans les voir. Une telle méthode de subterfuges aurait pu paraître stupide, idiote et tellement sans fondement s'il avait suffit d'un simple « finite incantatem » pour la rendre inoffensive. Mais Mohen avait réponse à tout.

Et un jour où la curiosité avait été plus forte que tout, comprenez un jour où il avait du trop écouter Sigfrid Jäger le mettre en garde contre la démoniaque Calista Mohen, il fit la surprenante découverte que ses sortilèges étaient personnalisés. Mortemer décida de ne plus jouer les Sigfrid, resta à sa réserve de rapports et oublia momentanément les grimoires mystérieux qui l'entouraient, invisibles à ses yeux mais visibles à sa magie.

Enfin, ce contact élève-professeur quasi quotidien les poussa à devenir de plus en plus proche. Aimery se surprit à parler, discuter avec la jeune femme aussi facilement qu'avec un ami.
De même, lorsqu'elle rencontrait un problème dans ses recherches, qu'elle croisait un sujet manquant de logique, elle n'hésitait jamais à lui demander son avis.
De fil en aiguille, de jour en jour, ils devinrent l'un à l'autre aussi nécessaires que la nuit à la lune et le soleil au jour.
Un semblant d'amitié s'esquissa entre eux, une ébauche de complicité naquit, comme si des fils invisibles avaient été noués entre eux à leur insu, comme s'ils avaient été les deux morceaux d'une seule âme.

Ainsi, entrant dans une certaine confidence et idée soufflée par le vieux Goosemore, l'élève aida son professeur dans ses démarches administratives. Habitué aux subtilités de la vie égyptienne, moldue comme magique, il l'exhorta à la patience avec les différents services administratifs qu'elle sollicitait.
Après quelques semaines, la jeune femme pu enfin retrouver les biens qui avaient été autrefois ceux de sa famille. Par la même, Mortemer découvrit donc que les Mohen, grande famille de sorciers anglais au sang pur, avaient eu des membres vivant au Caire. Chose qu'il avait tout bonnement ignoré pendant plus de vingt ans.
Il apprit par la même occasion que la mère de Mohen, qu'il appelait désormais Calista quand ils étaient entre eux, avait aussi été archéomage en Egypte, puis d'un coup de tête était rentrée en Angleterre dans sa famille, sans explication, pour mourir quelque mois à peine après son retour.
Visiblement, les Mohen, de mère en fille, aimaient être des mystères vivants, le passé prenait le présent à témoin.

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A la demande d'une missive reçue un de ces matins de mars, Mohen se retrouva conviée chez le directeur de la succursale égyptienne de Gringotts pour son nouvel emploi de conjurateur de sortilèges.

Depuis l'université de Dionysias jusqu'au Caire, elle ne mit que quelques secondes. Utilisant un portoloin, elle arriva directement dans un lieu que maintenant elle connaissait assez : chez elle.

Faisant quelques pas dans ce qui était désormais son appartement au Caire, elle admira les lambris sombres restaurés ses dernières semaines. L'appartement, vaste, aéré, ne ressemblant en rien à ce que les habitants cairotes, vivant un peu plus à l'est(1) , partageaient souvent à plusieurs, était situé dans un vieil immeuble du quartier copte : Mar Girgis(2) .
Cet immeuble où quelques décennies avant elle, sa mère avait aussi vécu. Mais de son passage en ses murs, Calista n'avait trouvé de traces que dans la bibliothèque, là où quelques vieux ouvrages indiquaient par leurs titres les recherches qu'avait pu entreprendre la femme qui lui avait donné le jour.
Il y avait bien aussi un vieux gramophone et quelques disques de musiques locales, ainsi que des morceaux de jazz américain, preuves que sa mère avait visiblement aussi un goût pour la musique moldue, mais rien qui pouvait intéresser une jeune femme des années 1980 aimant le rock'n roll. Calista était donc décidée à s'offrir le luxe d'un électrophone lors de sa prochaine balade dans le Caire moldu.

Sans plus traîner, elle se changea dans une tenue plus locale pour traverser les rues du Caire. Et une fois vêtue d'une galabieh noire, discrètement rebrodée d'or et d'argent pour féminiser ce vêtement d'homme en soit si banal, une nouvelle femme s'avança sur la terrasse de l'appartement pour admirer les toits plats cairotes. Le linge étendu aux fenêtres dominait fortement dans le décor, ne laissant rien voir de ce que qu'on aurait pu imaginer de l'Egypte : une vue sur des pyramides et le sable du désert.

Délaissant la vue sur le Nil et les terrasses voisines, elle descendit les marches du vieil immeuble tel un cabris, se sentant une nouvelle âme tout à coup. Ignorant le regard désapprobateur de sa concierge, une vieille matrone rondouillarde vêtue de noir dont la seule touche de couleur était son crucifix d'or, elle déboucha dans la venelle arrière au fort parfum peu envoûtant d'ordures et d'eaux croupies.
En passant dans les rues du quartier de Mar Girgis, elle admira la vie animée des vendeurs, des petites gens, la joie des enfants, le sourire d'une vieille femme à la porte de sa maison, les acclamations des mécanos devant un garage. Calista en oublia presque les années de peine et de peur qu'elle avait passées en Angleterre, oblitéra presque le pourquoi de son retour dans ce pays qui aurait du la voir naître.

S'éloignant de Mar Girgis, le quartier chrétien, elle remonta vers le nord. Après avoir longé discrètement les abords des cimetières mamelouk, ses pieds la conduisirent vers la Citadelle (3) comme si elle y était déjà venue. Sur la place Saladin, elle tourna à gauche, se faufila silencieusement dans un dédale de petites rues tortueuses la guidant toujours plus au nord et finalement remarqua la vieille façade qu'elle cherchait. La banque gobelin avait élu domicile dans un vieil immeuble dont l'extérieur n'attirait pas l'œil par sa richesse, croulant, lézardé et à la façade d'un goût européen orientaliste douteux, dénotant totalement au milieu d'un vieux quartier aux splendides mosquées et madrasa. La porte qui perçait harmonieusement la façade était ornée de deux lions, assis symétriquement.

Ici rien n'annonçait ce qui pouvait se tenir à l'intérieur. Peut-être les passants imaginaient-ils un vieux palais, d'un de ces princes turcs énamourés de la grande Europe au dix-neuvième siècle, un de ces immeubles construits pendant la domination anglaise et abandonnés depuis. Les quartiers historiques de la métropole africaine regorgeaient de vieux appartements laissés à l'abandon par leurs malheureux propriétaires. Celui-ci pouvait passer sans problème pour l'un d'entre eux.

Mais en fait, si un moldu s'était approché un peu plus, il aurait peut-être pu distinguer une plaque de laiton gravée tout en haut du perron néo-classique.
Seulement, il était bien connu que les moldus ne voyaient jamais rien, et malgré les millions de cairotes qui passaient devant chaque année, chaque mois, chaque vendredi, seules une centaine de personnes au Monde tout au plus devaient savoir qu'il fallait d'abord caresser les cerbères pour pouvoir monter.

Mohen passa négligemment un bras sur le lion de gauche, pendant qu'elle flattait la gorge de celui de droite. Apaisés, les deux lions de pierre laissèrent échapper un ronronnement de plaisir comme l'archéomage continuait son chemin.

Sur le perron, un aigle de pierre, du haut du fronton, la dévisagea outrageusement pendant que, dans le fer forgé qui ornait la porte, un visage de gobelin s'animait.

-« Qui demandez vous ? » Demanda la voix froide de la créature d'acier.

-« Maître Ragnok m'envoie, j'ai rendez-vous avec le directeur. »

-« Ah oui, mademoiselle Calista Rébecca Moreno d'A… » Répondit le petit personnage à la barbe en pointe, tout en faisant pivoter le portail.

-« Oui, c'est moi, pas la peine de sortir tout le pedigree… » Le coupa Mohen en poussant la lourde porte.

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Presque une heure plus tard, Calista Mohen sortit enfin du bureau du directeur de la succursale cairote de Gringotts. Le gobelin lui avait tenu la jambe si longtemps, l'assommant de son discours soporifique, que la jeune femme en avait des fourmis dans les pieds.

Se dirigeant vers la sortie dans un des nombreux longs couloirs qui serpentaient dans cette sombre bâtisse, perdue dans ses pensées, elle ne vit pas venir la future collision.
Ce fut seulement lorsqu'elle se retrouva projetée sur le mur du corridor qu'elle réalisa son étourderie.

S'excusant déjà de sa maladresse, une grande silhouette sombre de courba devant elle avant de se déplier de nouveau et de la dominer de toute sa taille.
Face à la jeune anglaise, un spécimen sorcier assez rare se dévoila. Grand, au point de faire passer les gobelins qui animaient les lieux pour des puces, la peau sombre telle l'ébène et des dents blanches comme l'ivoire, le nouveau venu dévisagea Mohen sans retenue.
Comme elle allait s'éloigner et passer son chemin, une poigne de fer écrasa son bras en la retenant.

-« Veuillez accepter mes plus plates excuses madame, je ne vous avais malheureusement pas aperçue dans la pénombre de ce couloir. Vous m'en voyez bien désolé, une si lumineuse beauté devrait se voir de loin ! »

La voix, flatteuse, douce, chantante presque, lui rappelait quelque chose. L'homme s'était exprimé en anglais, et à la grande surprise de l'archéomage, sans aucun accent.

-« Vos excuses sont acceptées, moi-même n'étais pas tout à fait à ce que je faisais. Ne m'en veuillez pas si je m'éclipse de suite, mais je suis attendue. »

-« Oh la ! Belle dame, pourquoi tant de hâte ! Laissez moi me présenter. Azulay Zabini, à votre service gente dame. »

En prononçant ces quelques mots, Zabini fixa ses pupilles tabac dans celles d'ambre de son interlocutrice. Le regard fauve de l'un rencontra alors le regard rapace de l'autre, comme deux prédateurs se faisant face, ne voulant rien laisser de territoire à l'opposant.

-« Zabini… » Murmura Calista.

Le nom lui disait quelque chose, remontant loin en arrière, loin vers la Manche, vers une île qu'elle avait presque réussie à oublier ces dernières heures. Refaisant surface comme un trésor qu'on met à jour après des siècles d'oubli, le nom de Zabini évoqua dans l'esprit de l'anglaise un vague visage au teint mat dans une marée d'étudiants en robes noires et chapeaux sorciers.

-« Oui, autrefois, par-delà certaines mers, je portais aussi le prénom de Samuel. »

-« Et l'insigne de préfet de la maison Serdaigle ! » Lui rappela Mohen en haussant un sourcil.

-« Ah ! Nous nous sommes donc connus à Poudlard ? » S'étonna-t-il.

-« Connus… je ne pense pas. Vaguement croisés dans les couloirs serait plus juste ! » Le cingla-t-elle d'une voix polaire.

Ignorant comment la jeune femme essayait de fuir tout point commun avec lui, de filer à l'anglaise sans plus de cérémonie, Zabini continua sur son ton doux et calme à prononcer ces compliments mielleux.

-« Comment ne pas vous remarquer au milieu de ces visages communs ! Je m'en serais souvenu. »

-« Oh ! Vous vous souvenez peut-être effectivement de m'avoir… comment dit-on ? Ah oui, connue. Calista Mohen, ancienne préfète de Serdaigle … aussi ! » Elle finit sa phrase sur un sourire narquois et forcé qui laissa Zabini sans voix.

-« ça alors… Mohen… le rat de bibliothèque ! »

Il était tout de même vexant qu'au milieu d'une maison, dont la réputation de ses étudiants était de passer plus d'heure à étudier par jour qu'un gryffondor en passait à réfléchir en une semaine, on l'ait surnommée « le rat de bibliothèque ». Elle n'y avait pas passé sa vie non plus. Bon, soit, elle avait dépensé plus de temps dans la réserve en une année que tout autre élève en 7 ans d'étude, mais ce n'était pas une raison.
Oubliant l'affront, elle répondit sur un ton rogue :
-« Elle-même ! Si maintenant monsieur a fini son numéro de charme, j'ai encore à faire personnellement ! »

-« Hey ! Attend… sans rire… je … enfin je suis désolé. Je me suis comporté comme un idiot. Mais d'habitude ça marche. »

-« Et bien maintenant tu sauras qu'il existe une exception : les rats de bibliothèque. Si tu permets, il doit y avoir encore un rayonnage qui m'a échappé. » Lui répondit sèchement Calista.

-« Au fait, tu ne connaîtrais pas un traducteur d'hébreux ? » Avança-t-il, essayant une dernière tentative.

-« Pardon ? » Elle s'arrêta dans sa course et se retourna d'un bloc, surprise par la question.

-« Oui, tu connais bien les livres, tu parles plusieurs langues, je me demandais si… Enfin, pour les travaux que j'effectue pour Gringotts, je cherche un traducteur compétent en hébreux et araméen. »

L'information ne fit qu'un tour dans le crâne de Calista, visualisant parfaitement ce dont il devait s'agir.

-« Pour un document d'époque ptolémaïque je suppose ? »

-« Non, c'est bien là le problème. On nous a fourni un traducteur d'hébreux, mais il ne comprend rien. Le parchemin en notre possession est daté du moyen âge, époque des croisades je crois. Mais le traducteur ne comprend rien à ce qui est écrit. Il s'agit bien de l'alphabet hébreux, mais les mots sont imprononçables pour lui. Alors je cherche un autre avis… »

-« Moyen âge, quel siècle ? » Le questionna Mohen, son regard suspicieux posé sur son condisciple.

-« Douzième ou treizième. Pourquoi ? »

-« Je ne sais pas, je ne pense pas connaître de traducteur spécialisé sur cette période. A-t-il pensé à chercher si l'alphabet avait servit à retranscrire une autre langue ? Je ne sais pas, peut-être pas de l'araméen, plutôt de l'arabe… ou même du latin ? »

-« On a tout essayé. Rien à faire. Visiblement la personne qui a écrit ça a oublié les voyelles. »

De nouveau, une lumière s'alluma dans le cerveau de la jeune femme. Elle savait bien que l'alphabet hébreux n'avait jamais comporté de voyelles. Elles étaient un apport moderne à l'écriture actuelle. Au douzième siècle, il était normal que l'auteur n'ait pas connu les annotations modernes. Quel idiot lui avait bien pu engager Zabini pour qu'il lui réponde une telle évidence ?
Sa curiosité animée, réveillée, Mohen oublia qu'elle devait rentrer de bonne heure à Dionysias. Et occultant le fait qu'elle n'avait jamais trop aimé l'attitude sûr de lui de Zabini, comme celle supérieure de son serpentard de frère à Poudlard, elle demanda l'impensable.

-« Puis-je voir cette énigme ? »

Tout sourire que son joli petit rat ait mordu au fromage, Azulay Zabini conduisit sa nouvelle proie vers ce qui avait su éveiller sa curiosité et endormir sa méfiance.

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Alors que Calista Mohen sortait du siège égyptien de la banque Gringotts, Zabini était trop occupé à observer partir la charmante sorcière, qu'il avait réussit à appâter avec un vieux bout de parchemin, pour remarquer un mouvement vif qui se produisit dans son dos.
Un homme sorti de l'ombre et avança vers le grand sorcier à la peau noire. Lui posant une main à la peau claire sur l'épaule, le nouveau venu fit quelques peu sursauter Azulay Zabini.

-« Et bien Zabini, qu'est-ce qui te captive à ce point ? Ce chat famélique ? » Plaisanta une voix glaciale avec une pointe de folie dans le ton.

Se retournant, Zabini fit face à son compagnon de recherche, un jeune homme brun, le teint maladif, grand et élancé qui en fait ne lui inspirait que moyennement confiance.

-« Ah… c'est toi ! » Soupira Zabini.

-« Hey hey ! Attention, elle te fait tourner la tête ! » Ricana l'homme.

-« Non Avery, ce n'est pas un chat famélique, … mais oui, elle me fait… elle me fascine. Mais l'avantage, c'est qu'elle est fascinée par notre parchemin. » A ses mots il pointa un doigt vers le sujet de leurs recherches. « Elle reviendra, elle est trop curieuse pour abandonner maintenant. »

-« Curieuse comme une chatte on dit ! » Ironisa la voix froide.

Le dit Avery tourna la tête vers la table au centre du bureau qui leur servait de lieu de réunion et avisa le parchemin encore étalé sur la table.

-« Tu ne devrais pas le laisser traîner. C'est pas parce qu'on y comprend rien que… »

-« Tu l'aurais vu ! Je suis sûr qu'elle m'a caché quelque chose. A peine ces yeux ses sont posés sur cette vieille croûte qu'elle a commencé à sauter comme une gosse au pied du sapin de Noël. C'est bien la première fois que je me trouve en présence d'une femme qui est excitée par autre chose que moi ! » Se moqua le grand noir.

-« Excitée ? Notre petit chat aura trouvé la souris à son goût alors ! »

A ces mots, Avery fixa à nouveau son regard sur la silhouette qui s'éloignait dans la rue. Un regard qui, s'il avait été magique, aurait pu faire des trous dans la galabieh noire de la jeune femme.

-« Ce n'est pas un chat Dirk, c'est un rat, un rat de bibliothèque, elle ne voit pas plus loin que la poussière sur la couverture de ses vieux grimoires adorés. Elle va bien gentiment nous faire la traduction qu'on désire. J'en suis certain maintenant… »

-« Méfie toi Azul, les rats véhiculent la peste. Moi à ta place je ne lui ferais pas totalement confiance. Ne te prend pas pour le plus grand séducteur du Caire. Elle n'est pas venue pour toi, et ne reviendra pas pour tes beaux yeux. Ce qui l'attire c'est notre trésor incompréhensible. »

-« Oui, et pour le voir, il faut qu'elle revienne vers nous… pas le choix ! »

-« Tu es sûr tout de même qu'elle n'a rien copié, noté… » Demanda la voix suspicieuse et lente de son collègue, comme s'il pesait chaque mot pour que Zabini en comprenne bien le sens.

-« Rien, elle n'a fait que l'observer pendant plus d'une demi-heure, j'ai cru qu'elle avait pris racine ! »

-« Hum… elle ne m'inspire pas confiance tout de même. Quelque chose de… je ne sais pas quoi ! »

L'homme brun au teint pâle ferma les yeux pour essayer de placer un mot sur ce qu'il avait ressenti à la présence de la jeune anglaise. Mais Zabini ne le croirait pas s'il lui disait qu'il avait le sentiment d'avoir déjà croisé cette sorcière, cette présence, cette aura mystérieuse et sombre. Il ne savait pas où exactement, mais cela lui reviendrait. Il trouverait. Il mettrait un nom et un lieu sur cette impression.

-« Tu es fou Dirk, comme Il nous l'a dit ,on passe par elle. On applique son plan, après on avisera. Mais je te jure qu'à Poudlard cette fille n'a jamais eu d'amis, depuis on ne lui connaît personne, même pas un membre de famille. Elle est à nous, personne ne la cherchera après. »

-« Bien, suis Ses indications, mais évite de tomber sous son charme. Bien que personnellement je me demande ce que tu lui trouves à ton rat famélique. Chez moi quand on trouve un pigeon, on a au moins le bon goût qu'il soit appétissant. Sur le tien, y a tout juste que les os à sucer. »

-« T'es immonde Avery. Ferme là ! Je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi. »

A suivre...


Notes:

(1) A l'est de Mar-Girgis, on trouve les vieux cimetières Mamelouk du Caire, aussi appelé Cité des morts.
(2) Mar Girgis est un vieux quartier du Caire, un des plus anciens. Il se situe au sud du centre-ville, sur les bords du Nil, face à l'île de Rhode (c'est son nom). C'est l'autre nom du quartier copte, autrement dit chrétien.
(3) La Citadelle est le vieux quartier musulman, construit autour du fort de Salaadin, il date principalement du Moyen Age, époque des Croisades. Tout autour on trouve un grand nombre de mosquées, madrasa (écoles coraniques) et de vieilles maisons et palais turco-arabes. Quartier à l'est de la ville.


Un autre chapitre de clos... à vous maintenant!
Chuuuu!