Bonjour!

Voici donc la version corrigée du chapitre 8.

Remerciements à mes deux béta-lecteurs qui abattent un sacré boulot à la chasse aux fautes! Aussi à mes guides de voyages, à quelques sites internet qui me fournissent tant de précieux détails et à mes lecteurs tout simplement! Je vous coeur!

Bonne lecture! Encore et comme toujours, notes en bas de page!


VIII . L'allée d'Ouréthékaou


"What is this that stands before me? Figure in black which points at me, Turn around quick, and start to run, Find out I'm the chosen one, Oh nooo!
Big black shape with eyes of fire, Telling people their desire, Satan's sitting there, he's smiling."
"Black Sabbath", de Black Sabbath, album Black Sabbath, 1969.


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Une silhouette titubante remontait lentement la rue El-Corniche (1) dans la nuit Cairote. Sur son passage, les derniers égyptiens encore dehors à cette heure tardive s'éloignaient pour laisser passer l'homme à la mine patibulaire qui les toisait de son regard éméché. A bien y réfléchir, il n'aurait pas dit non à une petite bagarre, un peu d'action pour le sortir du coma éthylique dans lequel un excès de zibib (2) et de bières locales l'avait plongé.
Mais ignorant royalement les hommes qu'il croisait, il retrouva l'immeuble du quartier chic de Garden City (3) où il partageait un appartement avec l'incapable choisi par son employeur.

Arrivant devant sa porte, d'un sortilège il ouvrit l'huis et pénétra dans le hall. Titubant quelque peu, il avança tant bien que mal dans l'entrée sombre, percutant la paire de chaussures que son enfoiré de partenaire avait laissé traîner dans le passage, et réussit à se souvenir qu'un Lumos l'aiderait à y voir mieux.

S'adossant au mur blanc du vestibule, il referma la porte, le plus doucement qu'il put avec la dose d'alcool qu'il avait dans le sang. Mais contre toute attente, elle claqua fermement en résonnant dans son crâne d'ivrogne avec des accords d'orchestre rouillé.

Puis abandonnant les chaussures en pagaille, il fit quelques pas le long du couloir. Il fut quelque peu étonné de trouver la porte du bureau grande ouverte, mais ne releva pas plus le fait exceptionnel. Normalement son associé fermait toujours le bureau, mais peut-être était-il encore éveillé.

Un courant d'air le sortit de sa réflexion difficile. Se concentrant vers la source du vent frais qui parcourait l'appartement et le faisait frissonner, il suivit le corridor jusqu'à la porte du fond. Arrivé à mi-chemin, il lui sembla entendre un bruit venant de la chambre de son associé.

Là encore, la porte était grande ouverte, laissant passer l'air de la nuit et la faible lumière d'un rayon de lune. L'incapable avait du s'endormir la fenêtre ouverte.

En entrant, il remarqua le désordre digne d'un souk qui régnait dans la pièce. Il n'était pourtant pas dans les habitudes de son collègue de s'endormir sans ranger ses affaires. Il l'aurait même qualifié de maniaque et tatillon lorsqu'il s'agissait de ses affaires. Il tourna très lentement sa tête, les gestes ralentis par l'alcool, pour voir son partenaire endormi dans son lit, sa peau noire contrastant avec les draps blancs du lit.

Alors, un bruit sec le fit sursauter. Dans son dos, il sentit une présence. Pivotant aussi vite que son cerveau pouvait l'ordonner à son corps, il aperçut une silhouette noire comme le néant placée entre lui et la porte de la chambre.

Frissonnant, la main tremblante, il brandit devant lui sa baguette tout en reculant lentement. Pendant des années il avait été celui qui faisait peur, qui terrorisait moldus, cracmols et sorciers. Mais voilà, en un soir l'action se retrouvait inversée. Il ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait. Pourquoi réagissait-il ainsi ? Cette personne n'était peut-être pas dangereuse…

Mais au même instant, une main noire repoussa la capuche qui masquait les traits de son assaillant. Reculant plus vite, l'ivrogne percuta le mur du fond, coincé entre deux armoires il n'avait plus d'échappatoire, sa main tremblait de plus en plus, même maintenir sa baguette droite face à lui était devenu un geste trop difficile.

L'inconnu s'avança et son visage entra dans le halo de lumière faiblarde diffusé par la baguette de sa proie. Alors, l'homme pris au piège s'arrêta de respirer. Ses yeux se figèrent sur les traits vides, sur la chair absente, sur les orbites creuses des yeux qui le fixaient comme un trou noir encré dans son âme.

Alors au même instant dans son crâne les souvenirs remontèrent, des cris d'horreurs avec, des suppliques, des rires, des images d'un corps se tordant dans les flammes.

Puis le corps mutilé et gémissant de ses souvenirs devint son corps. Le brasier de sa mémoire devint réel, il vit les flammes grandir tout autour de lui, comme dans un cauchemar éveillé, et se rassembler, s'organiser comme un bataillon de soldats exterminateurs qui en aurait eu après sa vie, après son existence.

Hurlant, se tordant de douleur, il lâcha sa baguette. Le sort de lumière s'éteignit brusquement. Mais l'homme continua de se tortiller sur le plancher de la chambre, assailli par ses souvenirs, se retrouvant à la place de ses anciennes victimes, les unes après les autres.

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Un cri inhumain sortit Azulay Zabini de son sommeil. Se réveillant et se levant en l'espace de quelques secondes, il fut quelque peu désorienté dans un premier temps. Puis ses yeux tabac s'habituant à l'obscurité de sa chambre, il avança en shootant dans la pagaille d'objets épars sur le sol.

Maudissant le responsable de ce souk, il saisit sa baguette et alluma immédiatement un chandelier près de son lit. Il admira alors l'étendue des dégâts, ses vêtements coûteux mélangés pêle-mêle sur le plancher de la chambre, ses armoires et commodes éventrées par un sauvage. Et enfin le sauvage en question, son non-indispensable partenaire, ce fou furieux de Dirk Avery, étendu par terre, ivre-mort, ronflant comme un sonneur de cloche.

-« Mais qui m'a foutu un idiot pareil ! C'est pas possible ! »

Donnant un coup de pied bien senti dans une des jambes de son détestable compagnon de recherche, Azulay réveilla sans ménagement l'ex-mangemort innocenté. Immédiatement, rouvrant les yeux et la bouche, Avery poussa un cri semblable au keening (4) d'une banshee (5) au point d'en casser les oreilles du sorcier noir.

-« Putain… mais quel … » Zabini ne termina pas sa phrase, préférant s'occuper de jeter un sort de mutisme à son acolyte pour le faire taire.

-« Ah tout de même. T'es vraiment qu'un imbécile fini à la potion d'enflure. Regarde dans quel état est ma chambre ? ça t'arrive de passer une nuit en restant sobre ? J'te jure ! » Râlant après la carpe encore étendue sur son parquet, il rangea la désordre en quelques coups de baguette.

-« Je vais demander au patron qu'il m'envoie un autre incapable plus sortable que toi. Je n'en peux plus moi. J'ai accepté ce marché parce que j'ai besoin d'argent, pas pour servir de nurse à un raté de ton genre Dirk ! »

Enfin, soulevant d'un sortilège le corps amorphe de son associé, il le transporta dans sa chambre avant de le libérer de son sort de silence.
A peine ses lèvres et ses cordes vocales furent-elles réveillées, qu'il se remit à brailler, hurler, crier.
A grands coups de menaces, Azulay Zabini réussit à calmer le fou furieux. Lové dans les bras du grand noir comme un enfant dans le giron de sa mère, l'ancienne terreur des moldus anglais raconta sa vision, son cauchemar.

-« Je te dis que je l'ai vue, elle était là… Elle est revenue d'entre les morts pour se venger. Elle attend son heure et nous dévorera tous ! »

-« Bien sûr… » Murmura Zabini, sceptique quant aux paroles d'Avery.

-« Faut tous les prévenir, elle vient tous nous chercher ! »

-« Heureusement, moi elle ne me fauchera pas… » Murmura Zabini encore une fois, d'un ton moqueur.

-« C'est elle, je le sais, elle n'avait plus de visage, mais j'ai reconnu son regard, je sais ! » La voix affolée de l'homme montait de plus en plus haut.

-« Ah oui, je vois, elle n'avait pas de visage, mais elle avait des yeux ! » Ricana Zabini.

-« Moque toi, moque toi ! Je sais que c'est elle, nous avons fait une erreur ce jour là en la… en la… »

Affligé de la conduite d'un de ses pairs, Zabini fixa d'un air dégoûté l'homme éploré et tremblant de peur à la suite d'un simple rêve. Il ne fit que dodeliner de la tête, faisant semblant de suivre la conversation décousue du fou.

-« Et… elle avait un nom cette chère beauté sans tête ? »

-« Chuuttt ! On ne le prononce pas ! C'est la mort elle-même ! »

-« Ah, oui, bien sûr, si c'est la mort… »

-« Chuuutt ! A force d'appeler les choses…

-« Oui, oui, je sais… elles finissent par venir ! Et bien, si tu n'y vois pas d'inconvénient, j'aimerai qu'elle vienne très vite me libérer d'un imbécile actuellement ! »

Chassant d'un sort l'insoutenable cocktail d'odeurs d'alcool et de peur émanant de son associé, il se décida à passer une longue matinée à rassurer ce crétin que son patron lui avait collé dans les pattes.

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-« Calista ? » Appela une voix masculine, à la suite de quelques coups frappés sur le bois d'une porte.

Mais aucune réponse ne vint. Aimery Mortemer s'autorisa donc l'ouverture de la porte.
Poussant l'huis, il découvrit un lit défait et vide dans une chambre colorée d'azur et de vert d'eau au décor épuré. Avançant d'un pas félin, il nota un rideau s'envolant doucement sous le souffle du vent passant par la fenêtre ouverte. Il rejoignit le balcon et observa la jeune femme échevelée, une djellaba bleue ondulant dans l'air humide du Nil, qui admirait le paysage matinal d'un Caire déjà bien éveillé.

-« Bonjour… je venais te réveiller pour ton rendez-vous, mais visiblement… » Il s'arrêta en pleine phrase.

Calista Mohen venait de tourner le visage vers lui, un regard noyé de douleur, un vague sourire crispé sur les lèvres pour le saluer. Il était clair que ce n'était pas le chant du muezzin qui l'avait réveillée.

-« Visiblement la nuit n'a pas été très bonne… » Reprit Aimery.

-« Juste un cauchemar pour la terminer en beauté. Je commence à prendre l'habitude, depuis quelques semaines ils reviennent ! Ils m'ont laissée tranquille pendant quelques mois et… Ce bon vieux Alastor appelait ça « traîner des casseroles » ! Et dans le genre, j'en traîne plus d'une. Des vieux démons que je n'ai toujours pas exorcisés. » Expliqua l'anglaise, le ton cinglant, amère de se laisser ainsi aller.

-« Je sais ce que c'est… J'ai aussi quelques vieux démons… un en particulier. » Répondit-il.

Il posa un regard compatissant sur le corps fin et souple que l'ample vêtement ne cachait pas tant que ça. Il remarqua alors les mains osseuses, maigres, sèches, la peau décolorée et lisse, les cicatrices couvrant un bras, une jambe grêle. Etrangement, il n'avait jamais noté que son professeur et amie pouvait être à ce point … Etait-elle malade ? Inquiet et perdu dans ses pensées, il sursauta à la question qui vint.

-« Ton cousin ? »

-« Oui… » Soupira le français, reprenant rapidement le fil de la conversation.

-« Et bien, il a de quoi faire … rien qu'avec nous deux ! » Releva-t-elle ironiquement, sa voix plus froide que le pôle nord.

-« Pardon ? Alors comme ça tu le connais… » S'étonna faussement Aimery, il y avait déjà longtemps qu'il était sûr et certain que Mohen et Malefoy avaient du se croiser, et plutôt deux fois qu'une.

-« Qui ne connaît pas Malefoy ? » Susurra cyniquement Calista.

-« Que t'a-t-il fait pour que… ? »

-« Une affaire entre lui et moi ! » Répondit-elle d'un ton qui ne supportait aucune autre question. « Je ne l'ai jamais apprécié, mais fut un temps j'avais du respect pour lui. Maintenant je n'ai que dégoût et j'attends l'heure de ma revanche… La vengeance est un plat qui se mange froid, n'est-ce pas ce que disent les français ? »

-« Humm… oui. Personnellement, je ne pense pas à la vengeance, elle ne servirait à rien, et d'autres le feront pour moi. Je préfère l'ignorer, je sais que je le blesse encore plus à ne pas répondre à ses désirs et à ceux de ma mère… A traîner l'honneur des Malefoy dans la boue, comme il dit si bien. D'une certaine manière, ma revanche a été de partir en Egypte. Et depuis j'ai relativement la paix ! »

-« Oh moi aussi ! Car il ignore que je le poursuivrais jusqu'aux Enfers. » Susurra la jeune femme d'une voix dangereusement basse. « Il le saura uniquement quand on y sera ! Dieu n'aurait pas créé une chose aussi divine que la vengeance pour qu'elle soit bâclée ! » Répondit Calista, un sourire machiavélique illumina soudainement son visage.

-« Je ne voudrais pas t'avoir comme ennemi. » Remarqua Aimery.

-« Oh, ce n'est pas difficile. Ne te range jamais du côté de ceux qui me barrent la route, ne me trahis jamais… Et tu n'auras rien à craindre. » Releva-t-elle avec un rictus luciférien.

-« Tu fais peur, à parler ainsi. » Dit-il, son épiderme frissonnant le long de sa colonne vertébrale aux paroles de la jeune femme.

-« La peur tue l'esprit, oublie la peur ! Craindre mais ne pas avoir peur ! La peur t'empêche d'agir au moment opportun. » Expliqua Calista d'un ton docte.

-« Comment peux-tu dire ça ? Tu n'as donc peur de rien ? » S'étonna le jeune français.

-« Peur ? Non, je crains, je n'ai pas peur. » Déclara l'anglaise, sa voix froide reprenant naturellement le dessus.

-« Et que crains-tu ? » Demanda-t-il, nonchalamment appuyé d'une épaule contre le mur, un vague sourire amusé sur les lèvres devant l'assurance de Calista.

-« Je crains le feu et les serpents… le reste est de moindre importance ! » L'assura-t-elle.

-« Et la Mort ? »

-« La Mort ? Elle marche à mes côtés depuis ma naissance, elle est devenue une compagne assez agréable avec le temps. Non, je ne la crains pas, la Mort est inévitable, elle est la conclusion de toute vie. On ne peut aller contre la Mort. »

-« Quelle sagesse… Mais surprenant, surtout de quelqu'un comme toi… Je t'aurai imaginée craignant la Mort personnellement. »

-« En quoi est-ce surprenant ? J'ai vu mourir sous mes yeux ceux qui m'étaient les plus chers et même d'autres… Sans jamais pouvoir agir, sans jamais pouvoir faire quelque chose. Quand tu as vécu une période de ta vie où chaque matin tu remerciais Dieu de t'avoir offert un jour supplémentaire, tu finis par vivre avec l'idée que la vie peut se terminer brusquement, d'un simple éclair vert, ou même entre les draps blancs de Sainte Mangouste. Et quand tu te retrouves toi-même ange de la mort… tu n'y penses plus. Tu remercies simplement de ne pas être de ceux qui partent. »

-« Tu as des vies sur la conscience si je comprend bien. »

-« Je ne suis pas une machine à tuer, bien sûr que je les porte sur ma conscience, mais en même temps je me dis que si certains d'eux étaient encore là, cela signifierait que moi je n'y serai plus. Quand tu tues pour survivre, tu oublies l'horreur de ce qu'est cet acte, tu ne penses plus que pour toi. C'est égoïste, mais l'homme est par nature égoïste. L'altruisme est une sentimentalité que cultivent les idiots et dont se parent les hommes politiques. »

-« Tu es aigrie ce matin »

-« Tu le serais aussi… si tu avais passé la nuit à revivre la mort des tiens. »

-« Désolé… »

-« Ne t'excuses pas, j'ai toujours eu ce côté en moi. Mes cousins, mon oncle, mon parrain étaient les seuls qui arrivaient à m'attendrir depuis petite. Aujourd'hui… il ne me reste personne dans le monde des vivants. Vois-tu, pendant un temps j'ai cru que l'altruisme serait ma bouée de sauvetage, j'ai vécu pour eux, pour les protéger. J'ai mis de côté mes études d'archéomagie, j'ai continué mes recherches sagement de mon côté et je me suis engagée comme auror pour les sauver tous. Résultat ? Plus personne… Finalement, le plus ironique dans l'histoire, c'est que ce con de Lucius a mieux réussi en se rangeant du mauvais côté. »

-« Ce n'est pas une raison. Un jour il finira par payer ses mauvais choix… Il faut juste garder la foi. »

-« Garder la foi… Oui, pourquoi pas. Ce dire qu'un jour, je pourrai remettre un pied en Angleterre sans qu'il m'attente un procès. Le bonheur serait de revenir pour SON procès. Là, je crois que je monterai directement au Paradis. »

-« Oui, tu peux toujours rêver ! » Pouffa Aimery.

-« Rêver, oui, je crois que ce n'est que ça… Optimisme et utopie ! » Ironisa-t-elle.

-« Au fait, tu as du courrier. Il vient d'arriver. Et si tu veux être à l'heure, il y a du café de prêt. Ton djinn est efficace, comment as-tu pu avoir ses services ? » Demanda-t-il, changeant de sujet, en continuant sur le balcon pour rentrer par le salon.

-« Il est venu de lui-même… Au fait, il s'appelle Nour. » Expliqua Calista en le suivant.

-« Nour ? Ce n'est pas… ? » Demanda-t-il, les yeux écarquillés et la voix étonnée.

-« C'est moi qui l'ait baptisé ainsi, son nom d'origine était imprononçable. »

-« T'as le sens de l'humour au moins… » Souligna Aimery avec flegme.

-« Tu n'as pas cours aujourd'hui ? » Le questionna la jeune femme, un sourire sadique au visage indiquant qu'elle ne cherchait qu'à arrêter ses remarques désobligeantes.

-« Non, je suis venu faire quelques recherches dans ta bibliothèque… » Expliqua-t-il « Comme tu me l'avais proposé… » Hasarda le français.

-« Je pense que tu trouveras ce qu'il faut pour ton mémoire. Ma mère avait un volume de « L'Etude de Démonologie, ou le chemin de l'Immortalité », mais je ne l'ai pas retrouvé. Il est peut-être mal rangé. »

-« Je verrai bien. Merci encore. »

-« De rien. Mais en échange j'aurai besoin de tes services. » Lui dit la jeune femme, l'air de rien en sirotant un café noir fraîchement servi par Nour le djinn.

-« Et que puis-je ? » Demanda Aimery.

-« Tu m'as bien dit avoir fait une maîtrise de potion ? »

Aimery acquiesça silencieusement, attendant l'explication qui allait suivre, ses yeux d'acier rivés dans les iris flamboyants de son professeur.

-« Peux-tu préparer ceci sous quinzaine ? » Demanda Calista en faisant glisser ses longs doigts décharnés sur le bois de la table et laissant derrière, en encre de flamme, apparaître un graffiti.

Mortemer observa l'inscription sur la table, un sourcil relevé dans une expression typiquement malefoyenne, rappelant soudainement à son professeur de qui il était le cousin. Puis passant sa main dessus, elle s'effaça immédiatement sans résistance. Regardant sa paume, il y vit les caractères consignés.

-« Pas la peine de le dire je pense, mais ceci restera entre toi et moi… »

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Après un petit déjeuner frugal, vêtue de noir jusqu'au bout des doigts comme à son habitude, l'humeur sombre à vouloir décrypter les derniers mystères du monde pour effacer de sa mémoire certains souvenirs, Calista Mohen remonta les rues du Caire vers la succursale de Gringotts.

En arrivant au siège de la banque des gobelins, elle trouva le bureau de Zabini vide. Ou du moins vide de la présence de son immense occupant à la peau d'ébène. Mais le secrétaire particulier de monsieur lui présenta le précieux document. Ignorant le regard hautain de l'importun, elle s'installa près d'une fenêtre et commença son travail consciencieusement.

Alors qu'elle avait déjà rayé la possibilité que le texte soit de l'hébreu, de l'arabe ou du grec ancien, la jeune femme décida d'utiliser dans son intérêt l'absence de Zabini pour demander quelques informations au scribouillard.

-« Dites moi, que savez-vous du précédent traducteur ? » Se hasarda-t-elle, dans le style généraliste, pour mettre en confiance le gibier.

L'homme, entre deux âges, le regard aussi lumineux que le fond d'un chaudron culotté, la fixa sans vraiment la voir, de son expression absente.

-« Et bien, assez peu de choses, seulement qu'il a très vite baissé les bras quand messieurs Zabini et Avery lui ont présenté le document. » Dit-il de sa voix aussi vivante que celle d'un mort.

-« Avery ? L'associé de monsieur Zabini ? »

Le nom alluma une zone sombre du cerveau de Calista. Avery, un des nombreux interpellés lors des procès de mangemorts. Mais encore un, avec son ami Malefoy, qui avait réussi à passer au travers des mailles du filet tendu par Croupton et sa clique. Si Calista n'aimait pas Lucius Malefoy, elle exécrait Avery et son sourire malsain. Il y avait une différence entre être un fou prêt à tout pour dominer et être un malade avide de sang et de massacres. Cette différence chez Calista s'appelait " respect ", mais elle se souvint aussi que Malefoy avait depuis quelques années perdu son respect.
Revenant vers son interlocuteur, elle écouta son explication. Une chose était sûre pour elle, Avery n'était certainement pas en Egypte pour peaufiner son bronzage ou faire briller son cerveau de doxy dans les bureaux de Gringotts.

-« Oui, si on veut. » Répondit-il évasivement. « Mais le traducteur n'a pas fait grand chose, il a juste annoncé que le texte était un faux. Monsieur Avery n'a pas aimé ses explications, alors il l'a mis à la porte. »

-« Et par hasard, savez-vous d'où vient ce charmant parchemin ? » Demanda Calista, la voix mielleuse pour amadouer le dragon.

-« Je ne connais pas le détail.» Grogna le scribe aux allures de croque-mort, retournant à ses occupations.

Calista le remercia d'un grand sourire, ses yeux d'or plantés dans ceux délavés et pâles du pauvre homme. Celui-ci, comme sous le charme, lui répondit d'un semblant de rictus coincé, la seule chose dont il devait être capable.

Au bout de trois heures, après avoir tourné et retourné le texte, le parchemin et les lettres dans tous les sens, Calista se sentait de plus en plus énervée. Pour se changer les idées, elle quitta le bureau à l'ambiance mortelle pour aller explorer les couloirs de la banque.

Comme elle sortait de la bibliothèque réservée aux membres du cercle restreint des conjurateurs, dont elle faisait dorénavant partie, elle sentit dans son dos un regard perçant. Se retournant, elle croisa les yeux bleu-mordoré d'un jeune homme brun qui lisait dans un coin un vieux grimoire. L'homme détourna la tête et continua sa lecture comme si de rien était. La minute suivante, Calista l'avait complètement oublié alors que devant elle, l'allure royale d'une panthère en chasse, arrivait Azulay Zabini.

-« Bonjour ma belle ! » Miaula l'homme félin tout en effleurant sa main gantée d'un baiser.

Enervée par les manières collantes de son ancien camarade de maison, Calista ne remarqua pas que dans son dos le jeune chercheur la fixait avec encore plus d'insistance.

-« Bonjour Sam ! » Répondit sur un ton glacial la jeune femme, tout en s'éloignant pour rejoindre le bureau.

De ses grandes jambes habillées de blanc à la mode coloniale, Zabini suivit les pas précipités et nerveux de sa future prise. L'observant, il lui trouva tout à coup des allures de petit rat tournant dans sa cage.

-« Ecoute, je m'excuse… »

-« Oh vraiment, tu t'excuses… pourquoi ? » Lui demanda Calista d'une voix dangereusement calme. « Pour ne pas avoir respecté ton horaire de rendez-vous ? Mais je t'en prie, ta conquête de cette nuit a du te retenir je suppose ! » Le tança-t-elle avec tout son mépris, dès qu'ils furent derrière la porte du bureau.

-« Euh… non, je te promet, ce n'est pas ce que tu crois, c'est Dirk, il est rentré ivre ce matin et il a fait une crise d'angoisse. Il m'a transformé l'appartement en capharnaüm. Un vrai boulet. » Soupira-t-il. « Alors, je m'excuse, et puis… »

Mais Calista ne lui laissa pas le temps de poser de question ou de s'expliquer en largeur, battant le fer pendant qu'il était brûlant.

-« Dans ce cas, tu m'invites à déjeuner ! J'ai passé une matinée à me torturer les yeux et les méninges, je peux au moins avoir une récompense pour efforts fournis à ta cause… non ? »

-« Oh, oui, bien sûr, où ai-je la tête ! » Sur ces mots, il rouvrit la porte du bureau, laissa galamment passer la jeune femme et lui emboîta le pas vers la sortie. « Je connais justement un excellent restaurant sur l'allée d'Ouréthékaou (6). »

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Suivant son guide dans les ruelles de la Citadelle, Calista découvrit enfin l'allée d'Ouréthékaou, l'équivalent égyptien du chemin de traverse. Ils redescendirent à la place Saladin, au sud de la banque, puis prirent à l'Ouest. Dans la rue Chaykhou, elle admira les magnifiques façades de palais, madrasa et mosquées, observant ici la simplicité de l'architecture d'une khanqa (7) et là le travail compliqué d'une calligraphie sculptée dans la pierre.
Mais rien n'annonçait un vieux café, il n'y avait pas de vieille enseigne rouillée uniquement visible aux yeux des sorciers, pas plus qu'il n'y avait de Tom derrière son comptoir dans son pub enfumé. Non, il n'y avait qu'une vieille porte cloutée, sous une arcade polylobée, percée dans la façade sombre et poussiéreuse d'un vieux palais, au milieu d'une ruelle encombrée de marchands ambulants, de charrettes, d'ânes, de motos, de vieilles voitures et de passants.

Zabini s'approcha de la porte et frappa un coup avec sa main gauche, pendant que de la droite il la frappait de sa baguette dissimulée dans sa manche. Immédiatement, le battant s'ouvrit sur une large cour verdoyante et un portier souriant.

-« Sabah el-kheir ! » S'exclama l'homme, habillé de blanc de la tête aux pieds et le crâne ceint d'un keffieh rouge sang.

-« Sabah… vous même. » Marmonna Azulay en passant devant le portier sans le voir. « Ces chiens m'exaspèrent, toujours à faire des courbettes, des sourires… »

Calista ignora la saute d'humeur de son compagnon, n'en pensant pas moins que pour un sorcier d'origine africaine il se montrait hautain et goujat avec les égyptiens de condition inférieure à la sienne.

-« C'est par ici… » Lui indiqua Zabini.

Ils traversèrent le charmant jardin intérieur avant d'arriver face à une grande fontaine.

Le monument antique s'élevait sur deux étages en demi-cercle, le décor simple était composé de sept arcades surmontées de frontons moulurés. L'ensemble majestueux était taillé dans une pierre aux chaudes couleurs de sable. Le fond du bassin s'ornait d'une grande mosaïque colorée présentant une étoile à huit branches frappée au cœur d'une lionne abritée sous les ailes d'un griffon majestueux. Sous les pattes des félidés était calligraphiée une phrase qui sonnait comme familière aux souvenirs de Calista : « La source de la Vie s'écoule du Désert ».

Zabini s'arrêta devant la fontaine, d'où s'élevait un bruissement séraphique, sortit sa baguette et parla d'une voix forte et claire :

-« Ô toi source de toute vie, Oum el-dounya (8) ouvre nous les portes d'El-Fostat (9)! »

Le nymphée (10) répondit à l'invocation du géant noir en se divisant en deux autour de son bassin. L'arcade du centre pivota comme une porte s'ouvrant sur un autre monde. Et sous une voûte d'eau, Calista et son guide pénétrèrent sur l'allée d'Ouréthékaou, le cœur même de l'antique Fostat.

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Attablés dans un petit restaurant d'une allée parallèle à celle d'Ouréthékaou, Calista et Azulay dégustaient un repas fait de mézées, suivit de viandes grillées servies avec le kouchari (11) et des taamiya (12) . Ce dernier met était sans conteste le préféré de la jeune femme, qui picorait chaque plat comme un moineau anorexique.

Le grand inconvénient, dans des pays comme l'Egypte où pour manger on utilise ses doigts et un morceau de pain plat, était l'obligation pour Calista d'enlever ses précieux gants. Face à ses amis égyptiens elle n'avait aucun complexe, mais face à un Zabini, aussi mauvais observateur soit-il, elle dut se prémunir d'un petit tour de passe-passe pour qu'il ne remarque rien.
Ainsi, Azulay Zabini passa son repas à fixer les yeux incroyablement lumineux de son invitée ou le fond des plats, sans jamais noter que la main droite de la jeune femme ne portait plus de gant.

De fil en aiguille, elle arriva à le faire parler. Elle tâtait ainsi le terrain, pour savoir enfin où elle s'était glissée. On avait beau dire, elle avait peut-être hérité du don familial pour les ennuis, mais elle n'était pas aussi fonceuse et aveugle qu'un gryffondor énervé.

-« Alors, où étais-tu pendant toutes ces années ? » Demanda-t-elle à son ancien con-disciple.

-« Et bien, juste après avoir reçu mes diplômes, il y a déjà de ça neuf ans, j'ai signé chez Gringotts et j'ai travaillé un peu partout, surtout au Maroc au début. Passionnant ! Puis j'ai eu une offre pour la Mauritanie, où j'ai redécouvert mes origines. J'ai passé une éternité dans le désert et j'ai pénétré dans une autre vie ! C'est un peu ce qui m'a poussé à venir en Egypte lorsque ma mission s'est terminée. La région était devenue un peu houleuse, nous avons du partir. » Expliqua-t-il d'une voix passionnée.

-« Mais tu travailles vraiment pour Gringotts actuellement ? » Le questionna Calista, en encrant ses yeux d'or iridescent dans les prunelles tabac de sa proie.

Ensorcelé par ce regard hors norme, Azulay ne réfléchit même pas à la question et répondit immédiatement, amusé :

-« Non, tu penses bien, c'est qu'une couverture ! Mais je suis encore en contrat avec eux bien entendu. »

Il s'arrêta soudain, regarda intensément le plat de tahina (13) devant lui cherchant à réunir ses pensées quelque peu décousues. Puis releva la tête, un air étonné peint sur ses traits sombres, et dévisagea la jeune anglaise en face de lui.

-« Je… je n'aurai pas du te dire ça. Ne pose pas ce genre de question s'il te plait. » Sa voix n'était plus qu'un murmure, le ton était désolé.

-« Voyons, ne fais pas l'enfant, dis moi pour qui tu travailles, il n'y a pas de secret entre nous… » Susurra Calista, poussant un peu plus loin sur le terrain devenu glissant.

-« Désolé, je ne peux pas te dire ça. C'est un secret… bien trop secret ! Je ne peux pas le trahir. Il… il m'a assez fait confiance pour me confier cette importante mission. Tu sais de quoi il retourne ? Je pense que tu l'as déjà deviné, non ? »

-« Je devine … que vous cherchez quelque chose en rapport avec les Lavia ? Je me trompe ? »

-« Non… tu as vu juste, je ne sais pas comment tu fais d'ailleurs. » Murmura-t-il, impressionné. Puis il continua, sa voix prenant une toute autre inflexion. « Ils auraient laissé un grand trésor, un trésor dont la valeur dépasse celle de l'argent, de l'or ou de n'importe quelle formule magique apportant la richesse. C'est au delà de l'imaginable. La plus grande découverte offerte à l'humanité, imagine ça ! » Sa voix était soudainement redevenue passionnée.

-« Le trésor d'Eyal Lavia. Oui, je connais. Qui, ayant étudié consciencieusement l'histoire de la magie médiévale, ne connaît pas l'histoire de la famille Lavia ? Grande famille de sorciers, venue de l'antique royaume d'Israël (14) , qui en suivant les troupes de Salaa-el-din (15) en Egypte, se serait installée à El-Qahira pour fonder l'école de magie la plus importante de tout l'Orient. Cette école n'est qu'une légende. Tout comme l'histoire selon laquelle Eyal Lavia, fils aîné de la famille, aurait découvert le secret de l'immortalité, mais ayant des scrupules face à Dieu, car il était croyant, aurait enterré le secret dans le désert pour que seuls les hommes dignes de cette découverte ne le retrouvent. »

-« Ce n'est pas une légende ! » S'exclama Azulay, tout joyeux de parler de ce qui le captivait, oubliant même que cela faisait parti du secret. « Nous avons trouvé des preuves. Même exactement, les plus grosses preuves ont été mises à jour, il y a de cela une trentaine d'années, à Dimeh (16) . Trois archéomages, trois anglais je crois même, ont fouillé le site, après les moldus. Ils n'ont pas été les premiers, mais ce qu'ils ont trouvé, seuls des sorciers pouvaient le déterrer ! Le manuscrit, que tu dois traduire, devrait nous indiquer le dernier indice sur le chemin vers le trésor. Nous savons déjà qu'il se trouve au Fayoum. »

Calista releva la tête et fixa intensément le jeune noir quand il parla de trois archéomages anglais. L'observant, elle nota précieusement dans son crâne chaque indice que ce fou lui laissait comme on distribue des miettes aux moineaux. Puis, osant le tout pour le tout, elle se concentra pour influencer encore une dernière fois le coup du sort.

-« Trois archéomages anglais ? Ils travaillaient pour Gringotts ? » Demanda-t-elle, sa voix devenue soudainement veloutée, ses yeux de nouveau rivés à ceux d'Azulay.

-« Oh, non, tu penses bien. Et d'ailleurs pour avoir ce parchemin, cela a été la croix et la bannière. Je ne connais pas tous les détails, mais… il semblerait qu'ils aient fouillé sous la direction de l'Université des Arts Magiques d'Orient, Dionysias quoi. » Expliqua-t-il, sa méfiance envolée et ses expressions de plus en plus volubiles.

-« Oui, je connais, merci de l'explication. Et comment ton… commanditaire… a-t-il pu mettre la main sur un parchemin qui aurait du rester dans une réserve poussiéreuse de la dite université ? » Le pressa-t-elle, la voix dangereusement basse, sa mâchoire se contractant comme sous un effet de colère refoulée, telle un félin prêt à bondir sur un gibier qui le narguait depuis trop longtemps.

-« Je ne connais pas le détail, mais en tout cas le parchemin a été récupéré il y a peu de temps. Quelques mois en fait. Monsieur …, eeuh je ne dirai pas son nom, m'a sorti d'un embarras conséquent et m'a immédiatement proposé de partir pour l'Egypte, de trouver un traducteur efficace, et de commencer les recherches. Je sais seulement que le directeur de cette maudite université a fait quelques difficultés à nous trouver un traducteur. Et en fait de traducteur, il nous a conseillé un incapable. Enfin, je t'ai croisé par hasard et maintenant j'espère que tu trouveras la clé de ce parchemin… pour que nous trouvions la clé du trésor ! Nous allons devenir célèbres Calista ! » Dit-il, soudainement excité, en prenant la main gauche de la jeune femme. L'anneau qu'elle y portait brilla intensément le temps d'une seconde, comme pour se moquer de la si grande confiance du sorcier.

-« Oui… à notre célébrité ! » Murmura Calista tout en prenant son verre, les yeux dans les yeux avec le bavard, un sourire mystérieux au coin des lèvres et surtout une immense gratitude pour l'incontinence verbale de son compagnon.

Leurs verres de vin s'entrechoquèrent dans un délicat tintement de cristal, alors qu'ils trinquaient à l'avenir. Avenir que l'un voyait brillant, lumineux comme un rêve, pendant que l'autre l'imaginait sombre et dangereux si ce dit trésor existait bien et tombait entre de mauvaises mains, des mains comme celles de l'associé d'Azulay par exemple.

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(1) Rue el-Corniche : rue du Caire qui serpente le long des quais du Nil, rive Est. Très animée le soir pour ses cafés et boites de nuit à touristes aujourd'hui, mais très souvent les cafés sont exclusivement réservés aux hommes.
(2) Zibib : alcool anisé, cousin de l'ouzo.
(3) Garden City : quartier moderne du Caire, sur le bord du Nil, juste au nord de Mar Girgis et au sud du célèbre musée d'art égyptien.
(4) Keening : mot irlandais, le cris perçant et déchirant d'une Banshee, annonçant la Mort.
(5) Banshee : créature de la mythologie celtique, principalement irlandaise, femme au corps décharné, échevelée, poussant un cris terrifiant lorsqu'elle sent la Mort venir faucher quelqu'un.
(6) Ouréthékaou : dans l'Egypte ancienne, nom donnée à la personnification de la magie des Dieux. Le lieu est inventé, il sera l'équivalent du chemin de traverse.
(7) Khanqa est un mot d'origine persane, désignant un établissement réservé à de mystiques musulmans, dépendant souvent d'un ordre ou d'une confrérie soufi qui a décidé de vivre retirée du monde.

(8) Oum el-dounya : mère du monde, en arabe.
(9) El-Fostat : premier nom d'El-Qahira (le Caire), première capitale musulmane fondée en 639, signifiant : campement. Les chroniqueurs de l'époque l'appelaient aussi « Oum el-dounya ».
(10) Nymphée : fontaine antique qui desservait en eau tout un quartier ou toute une ville, souvent placée sur un axe principal d'une ville romaine. Ici, le nymphée de la description est inspiré de celui du site jordanien de Gerasa.
(11) Kouchari : plat égyptien populaire fait de riz, lentilles, macaronis, tomates et oignons.
(12) Taamiya : nom égyptien pour les falafel, sorte de beignet de pâte, de pois chiches ou fèves écrasés, mélangé à des épices et herbes. Un délice !
(13) Tahina : crème de graines de sésame.
(14) Royaume d'Israël : ne pas confondre avec l'état célèbre d'aujourd'hui et Jérusalem (ancienne capitale du Royaume de Judée), aujourd'hui il s'agirait plus de la zone géographique de la Palestine, une de ces villes principales était Samarie !
(15) Salaa-el-din : ou Saladin, grand sultan d'Egypte, de Syrie, Mésopotamie…Il renversa le royaume franc de Jérusalem en 1187 avec la prise de Jérusalem qui provoqua la 3ème croisade… entre autres choses ! Mais l'histoire l'a gardé en mémoire comme un champion de la guerre sainte musulmane, homme d'honneur et juste.
(16) Dimeh : ville fantôme perdue dans le désert dont il reste principalement aujourd'hui de grands pans de murs, les fondations d'un temple, le tout gagné de plus en plus par le sable. Situé au nord du lac Qarun dans le Fayoum. Comme Dionysias elle était un point de départ des caravanes et un point de défense contre les incartades des peuples du désert.


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Chuuuu!