Disclaimers : C'est connu, les perso appartiennent à notre chère et tendre J.K.R. sans qui toutes ces fic n'existeraient pas...

Couples : HP/DM

Rating : Ceci est clairement une fic de rating M !


Fleur d'automne

Chapitre 4

Harry se retourna doucement, la main toujours sur sa baguette.

« Qu'est-ce que tu fais ici, Malefoy ? Demanda-t-il froidement. »

Le blond avait un sourire en coin, trop satisfait au goût du brun. Il retira finalement les mains de ses poches et les leva en signe de paix.

« Figure-toi que ce serait plutôt à moi de te poser la question… (Harry fronça les sourcils à cette remarque.) Bienvenu au manoir Malefoy, Potter. »

Le visage de Drago se fendit en un sourire blanc éclatant, ses mains s'ouvrant en signe de bienvenue. Après quelques minutes de silence électrique pendant lesquelles Harry tenta tant bien que mal de comprendre ce que son pire ennemi avait derrière la tête, le blond soupira puis reprit de son ton lancinant :

« Que comptes-tu faire maintenant, Potter ? Parce que je pourrais très bien tourner les talons et te laisse poireauter encore longtemps ici mais ça serait prendre le risque que tu t'introduises dans le manoir… Ou bien je peux tout autant te faire une visite guidée pour t'avoir à l'œil. »

La raison d'Harry lui cria alors de retourner de là où il était venu, il avait appris au fil des années qu'on ne faisait pas confiance à un Malefoy. Oui mais, s'il retournait au labyrinthe, trouverait-il la sortie ?

Il ne s'était pas encore décidé que quelque chose en lui le poussa à avancer. Le sourire du blond s'étira plus encore qu'il ne pouvait l'être lorsqu'il vit le brun faire un pas dans sa direction, il se tourna à demi comme pour le laisser passer et annonça simplement :

« Par-là. »

Le brun préféra alors le suivre, la main toujours posée sur sa baguette, et Drago n'y vit aucune offense.

Au sommet de l'interminable escalier, la lumière phosphorescente des pierres bleues laissa graduellement place à la lumière blafarde de torches, sûrement magiques, espacées sur les murs d'un long et étroit couloir vide.

Drago devait avoir repéré qu'Harry était sur la défensive, sursautant à chaque craquement plus fort que les autre, car il soupira presque :

« Détends-toi, Potter. Ce manoir a beau être le manoir Malefoy, il n'y a personne dans cette aile et la partie centrale qui est réservée aux invités est actuellement vide. Relax…

- Cela ne changeant rien au fait que je me trouve actuellement dans ledit manoir qui reste pour moi un terrain hostile. »

Drago eut un petit ricanement dédaigneux avant de se retourner vers Harry.

« Ecoute-moi bien, Potter. Tu es ici sur mon seul bon vouloir. Tu as raison de te méfier, j'aurais très bien pu me débarrasser de toi au sous-sol et je le peux encore. Un mot de trop et s'en est fini du célèbre Harry Potter mais à quoi bon tout ce mal quand je sais parfaitement qu'ils viendront pour moi à ta mort, aussi accidentelle puisse-t-elle paraître ? »

Il avait maintenant son index posé sur la poitrine d'Harry, un sourcil levé alors qu'il attendait que l'argument fasse sens pour le brun. Mais le Gryffondor avait un tout autre problème en tête car, en cet instant, il ne pouvait s'empêcher de trouver Malefoy beau. Ses cheveux blonds, presque blanc à la lumière, étaient rapidement ramenés en arrière dans un désordre rangé leur donnant un aspect soyeux, sa peau pâle scintillait presque à la lueur des torches, parfaitement lisse et délicieuse, et ses yeux argentés étaient d'une beauté envoûtante, presque fantomatique. Harry retint un soupir de dépit en se disant que la lumière diffuse et la fatigue lui jouaient définitivement des tours.

« Ton bon vouloir ? Ironisa finalement le brun pour chasser ses pensées traîtresses. »

Le blond se détourna et répondit d'une voix étrange :

« Je m'ennuis à mourir, il faut bien trouver comment s'occuper.

- En effet, il faudrait vraiment s'ennuyer pour inviter son pire ennemi chez soi, railla Harry. »

Drago ne répondit rien à ça, il semblait même troublé. Des deux jeunes, Harry restait le plus perturbé. En effet, le chemin détaillé que ses yeux avaient fait quelques instants auparavant sur le visage de Malefoy l'avait déstabilisé. Il ne savait plus vraiment où il en était ni quoi en penser. Une boule chargée d'angoisse, de peur et de haine se formait dans sa gorge, lui laissant un goût âcre en bouche alors que la passion brûlait ses entrailles.

Et c'était étrangement calmant. Non pas comme si cette présence familièrement énervante avait perdue de sa dangerosité, ni comme si toutes ses années d'amertumes avait disparues en l'espace d'un regard. Non, pire. Cette flamme qu'il avait vue dans les yeux de Drago n'avait fait accentuer cette sensation de danger et toute cette amertume, raffermissant encore plus une haine déjà présente au plus profond de son être et de sa chair, le confortant dans une tension qui était devenue commune avec le temps. Presque malgré lui, Harry lâcha sa baguette, parfaitement à l'aise dans cette atmosphère aux contours familiers.

Ce fut dans un silence lourd que le Serpentard entra dans une grande pièce un peu plus haute de plafond que le couloir, avec de grandes fenêtres encadrées de rideaux vert émeraude sur deux des murs. Dans l'ombre, sur leur droite, se trouvait un lit à baldaquins parfaitement fait ainsi qu'une armoire en bois. Au centre de la pièce, se trouvaient un canapé et deux fauteuils assortis aux rideaux autour d'une table basse en bois sculpté. Finalement, sur la gauche, entre deux fenêtres, se trouvait un buffet en bois sombre et ouvragé. Drago s'en approcha et l'ouvrit avec la force de l'habitude.

« Je te sers quelque chose, Potter ? Autant fêter nos retrouvailles, lâcha-t-il sur un ton ironique.

- Je dois avouer que je m'en serais passé pour cet été… Compléta Harry froidement. »

La remarque décrocha un sourire à Malefoy.

« Je propose donc une bouteille de liqueur. Composition toujours inconnue mais ça fait son effet, crois-moi.

- Je ne te croirai que si tu en bois également. »

Cela ne sembla pas déranger le blond pour un sous alors qu'il sortait deux verres du buffet avant de venir s'asseoir dans un fauteuil. Harry se laissa tomber dans le canapé sans y être invité alors que Drago leur servait un verre chacun. Le brun s'assura que le blond buvait réellement avant d'avaler le contenu de son verre d'une traite. A sa grande surprise, le Gryffondor apprécia ce liquide qui lui brûlait le palet et la gorge, il attendit un instant puis se resservit un verre pour en apprécier encore plus les saveurs. Il s'avéra que l'alcool lui monta rapidement à la tête, effaçant toute trace de soucis qui avaient pris racine en lui. Il en oublia même que le fait que le Serpentard l'ait trouvé à la sortie du labyrinthe avec un tel timing que ça n'indiquait rien de bon.

Drago qui s'était servi un autre verre fut incapable de le finir. Il le regardait à moitié plein (ou à moitié vide), le faisant tourner entre ses doigts en se demandant ce qui avait bien pu le prendre d'inviter Harry à l'intérieur. Lorsque ses yeux se posèrent sur sa pendule, il se décida à reconduire le brun hors du manoir, hors de cette intimité qui le rendait vulnérable. Ce fut à ce moment-là qu'il réalisa que le Survivant s'était endormi sur son canapé.

Un frisson le parcourut sans qu'il puisse en décrire l'origine exacte. Le sentiment de vulnérabilité soudainement envolé et remplacé par une impression de puissance : la vie d'Harry Potter était entre ses mains. Reposant son verre qu'il n'arrivait décidément pas à finir, il fit un pas jusqu'au pied du canapé, ne pouvant détacher ses yeux de la silhouette du brun. Il observa sa main délicatement posée sur sa poitrine se soulever au rythme de ses inspirations régulières, suivit la ligne de son bras jusqu'à ses biceps qui se perdaient sous son tee-shirt manches courtes et arriva à son cou lisse et dégagé. Avant qu'il ne réalise ce qu'il faisait, Drago avait un genou sur le canapé et les deux mains sur ce cou caramélisé, la peau était brûlante sous ses doigts, le pouls régulier. C'en était enivrant, il inspira un grand coup, savourant l'instant autant que faire se peut puis il alla s'allonger sur son lit, s'imbibant de ce sentiment de supériorité à n'en plus pouvoir.

Harry ne s'était pas réveillé.