Disclaimers : C'est connu, les perso appartiennent à notre chère et tendre J.K.R. sans qui toutes ces fic n'existeraient pas...
Couples : HP/DM
Rating : Ceci est clairement une fic de rating M !
Fleur d'automne
Chapitre 5
Harry frissonna alors que son esprit s'éveillait doucement, encore imprégné d'alcool. Il lui fallut un moment avant de pouvoir commencer à formuler une pensée cohérente, sentant petit à petit le contrôle de son corps lui revenir. Chacun de ses membres semblaient s'être transformés en plomb pendant la nuit et sa tête était habité par un marteau-piqueur. Sortant peu à peu sa conscience du brouillard, il rassembla ses souvenirs de la veille. Premier constat : il n'était pas dans son lit à l'hôtel.
Soudainement, la réalisation qu'il se trouvait toujours dans le manoir Malefoy lui tomba dessus, prenant toute son ampleur. Il se redressa sur les coudes en un instant, les yeux ouverts, les sens aux aguets, son cerveau totalement opérationnel. Ce souvenir du danger agit sur lui comme un stimulant.
Sa main se précipita automatiquement pour sa baguette mais cette dernière avait disparue. Son sang se glaça d'horreur, alors que la panique commençait à prendre racine en lui. Un ricanement sur sa gauche attira immédiatement son attention. Drago était là. Assis confortablement dans un fauteuil, il abordait un air trop satisfait, ses doigts jouant avec… la baguette d'Harry.
« C'est ça que tu cherches, Potter ? Demanda-t-il avec un de ces sourires en coin qui donnait au brun envie de le frapper. »
Le blond passa alors la baguette d'une main à une autre en l'examinant du regard puis la posa délicatement sur son accoudoir. Voyant qu'Harry ne répondait pas, il haussa élégamment les épaules et se pencha pour se servir une tasse. Le brun remarqua alors le service à thé posé sur la table, la porcelaine s'accordant étrangement bien avec les mains fines du blond. A la surprise du Gryffondor, Drago tremblait. Pas le genre de tremblement accompagnant la peur ou la faim, plutôt la douleur musculaire et l'effort que des mouvements précis lui demandait.
Ce dernier, croisant son regard, posa immédiatement la théière et se redressa dans son siège, ne prenant pas la peine de lever sa tasse de la table.
« Pourquoi moi ? »
La question échappa au brun mais, ne sachant pas vraiment quoi dire d'autre pour briser ce silence, il la laissa filer. Drago releva alors la tête vers lui et ils se fixèrent droit dans les yeux, comme pour essayer de lire les pensées de l'autre.
« De quoi, je te pris ? Finit par répondre le blond.
- Pourquoi m'avoir fait entrer, moi, plutôt qu'un autre ?
- Est-ce que tu vois quelqu'un d'autre ici à part toi ? Questionna Drago, désignant les alentours d'un geste de la main avant de conclure avant un haussement d'épaules. On fait avec ce qu'on a. »
Malefoy s'arrêta un instant, semblant contempler la possibilité d'ajouter autre chose. Finalement, il se leva de son fauteuil avec un soupir et reprit :
« Il y également quelque chose que je veux, un petit quelque chose que je désire plus que tout… Commença-t-il en contournant le canapé. Et tu es le seul à pouvoir me l'offrir, Potter. »
Il s'arrêta alors au-dessus du brun, le fixant toujours dans les yeux alors que ses mains courraient sur le dossier du divan. Il se pencha alors en avant, annonçant sur un ton presque ennuyé :
« Il se trouve que j'ai bien l'intention de l'obtenir d'une manière ou d'une autre. Tu seras donc mon invité jusqu'à ce que j'aie ce que je demande. »
Harry se retint de sourire à ça. Drago avait définitivement trop l'habitude d'être à la tête d'une armée de servants prêts à tout pour leur jeune maître et l'envie de simplement le contrarier fleureta avec lui le temps d'un instant. Finalement, il se contenta de tendre le bras pour attraper une mèche du blond qui retombait sur son front et l'autre sorcier se laissa faire sans bouger d'un pouce.
« Oh, je vois, reprit lentement le brun, faisant jouer les cheveux entre ses doigts. Dans ce cas, si mon hôte veut bien se donner la peine de se débarrasser de cette odeur, je me ferais un plaisir de l'aider en retour. »
Sans lâcher le Serpentard des yeux, il porta la mèche à ses lèvres. Ce geste ne fit qu'amplifier l'odeur désagréable d'alcool et de tabac froid qui flottait autour de Drago mais il ne put s'en empêcher. Le blond se recula vivement sans briser le contact visuel pour autant.
« Ce n'est qu'une question de temps, Potter, annonça-t-il, sa voix n'ayant qu'à peine perdu sa froideur Malefoyenne. Je te conseille néanmoins de ne pas oublier que tu te trouves toujours quelque part dans mon manoir… Et, bien que le fait que tu sois un bon sorcier est indéniable, je te conseille de ne rien tenter de dangereux, ce serait fâcheux qu'il arrive quoi que ce soit à mon invité… »
Le blond se dirigea alors vers sa salle de bain d'un pas aussi calme que son sang bouillonnant le lui permettait et claqua la porte derrière lui. D'un même geste, il frappa du poing le miroir qui se trouvait en face lui, le fracturant un peu plus qu'il ne l'était déjà. La douleur lui lança dans tout l'avant-bras, ce qui n'eut pour effet que de l'énerver encore plus. Avec un grognement de frustration, il jeta sa chemise par terre et frappa à nouveau dans le miroir. Cette fois-ci, le choc remonta jusqu'à l'épaule.
Il haïssait Potter. Il détestait tout de lui, ses grands airs qu'il se donnait, son intelligence, sa puissance, son grand cœur, son courage, sa bienveillance, son entourage, son physique, son sourire si naturel envers ses amis qui le soutenaient quoi qu'il advenait alors que lui, Drago Malefoy, était seul sur son trône de glace, au-dessus de ceux qui ne voulait pas de lui.
Il frissonna, non pas de froid, plutôt de colère. Une colère qu'il accumulait années après années depuis leur première rencontre. Une colère qu'il n'arrivait pas à contenir ou tarir et ce malgré leurs nombreuses confrontations. Pire, elle ne faisait qu'augmenter à chacun d'elle, lui rappelant amèrement tout ce qu'il n'était pas.
Plus le temps passait, plus il se haïssait lui-même de se sentir ainsi. Comment cet être pouvait-il arriver à le déstabiliser de la sorte ? Il n'était pas faible mais c'était à croire que Potter était dans son esprit, lisant dans ses émotions, dans ses faiblesses comme dans un livre ouvert. Chose plus qu'improbable car des deux c'était bien lui le meilleur occlumens.
Mais ce qu'il méprisait par-dessus tout, c'était ses yeux. Ces yeux qui vous transperçaient, qui vous liquéfiaient, qui vous donnaient l'impression de n'être que poussière destinée à disparaître… Ces yeux qui rappelaient qu'il serait toujours et encore un Potter. Oui, ce nom maudit hantait Drago jour et nuit depuis l'enfance, lui rappelant que, en tant qu'héritier de la famille Malefoy, il avait été condamné à vivre sa vie en enfer. Il était né pour être servi et craint, pour être respecté et, au final, qui pour le servir et le craindre, qui pour le respecter alors qu'il tentait vainement de fuir l'ombre dominatrice du Lord Noir ?
Son bras droit lui lança, un nouveau frisson de douleur. Il se mordit la lèvre pour étouffer le cri de désespoir qui menaçait de s'échapper alors qu'une tâche rouge sang se formait sur le bandage de son bras gauche. Potter le trouvait pitoyable, toutes ces années à se confronter lui avaient au moins appris ça, et il était parfois tenté de le croire. A ce moment-là plus qu'à d'autre. Pourtant quelque chose l'empêchait de plonger totalement de ce côté de la barrière, quelque chose d'autre qu'il avait trouvé dans le regard que lui avait jeté le brun en jouant avec ses cheveux.
Il n'était pas sûr de ce qu'il avait perçu d'autre au travers des yeux de son ennemi mais ça n'avait fait que raviver son désir de rabaisser le Gryffondor, le descendre plus bas que terre, de lui cracher au visage, de l'humilier. Il ne serait heureux que lorsqu'il sera prosterné à ses pieds, à le supplier, à pleurer, à crier, à se tortiller dans la poussière. Il voulait le réduire à néant. Il voulait faire disparaître Harry Potter car rien de ce que Drago vivait maintenant ne se serait passé si le brun n'avait pas existé !
A cet instant, toute la rage du blond bouillait au fond de ses entrailles. Il sentait son bras droit lui lancer jusque dans l'épaule et les nerfs sous son bras gauche s'enflammer. La douleur et la rage étaient si intenses qu'il ne s'aperçut même pas qu'il commençait à s'enfoncer les ongles dans son avant-bras gauche. Un mince filet de sang tâcha un peu plus le bandage, amplifiant toujours sa douleur et n'apaisant en rien la sensation de démangeaison qui le rongeait de l'intérieur. Alors il ne pouvait que serrer toujours plus la main, enfonçant ses ongles plus profondément dans sa chair meurtrie.
La dernière vague de douleur le brisa. Sa vue fut voilée par les larmes qui lui étaient monté aux yeux, il lâcha finalement prise au moment où l'une d'elle coula sur sa joue. Il s'essuya rageusement les gouttes qui lui perlaient le coin des yeux, se jurant qu'il n'y en aurait pas d'autres, puis il commença à défaire ses bandages. Dès les premiers tours, il se mordit la lèvre pour ne pas laisser échapper un cri.
Sa peau était ensanglantée, irritée, et ses mains qui tremblaient ne lui permettaient pas toute la délicatesse que la manœuvre nécessitait. A bout de patience, les nerfs à vifs, il attrapa sa baguette et il défit les bandages à l'aide d'un sort. Au moins, il avait encore cet avantage sur son ennemi : ce dernier ignorait toujours qu'il était impossible pour le Ministère de détecter qui que ce soit en train d'utiliser la magie dans ce manoir, quel que soit le sort…
.o0°0o.
Harry était assis dans le canapé, sirotant distraitement une tasse de thé et volant quelques gâteaux au passage, lorsque ses yeux se posèrent sur le paysage pour la première fois. Il ne put alors s'empêcher de constater que le soleil n'était pas encore très haut dans le ciel. « Cela ne change rien au fait que je dois sortir d'ici au plus vite… » Pensa-t-il, se forçant à accepter le fait qu'il se trouvait dans une impasse.
Pour sûr, il avait toujours sa baguette puisque Malefoy l'avait laissée mais ce dernier n'avait pas tort quand il disait qu'Harry ne se sortirait pas si facilement du manoir. Bien évidemment, son absence du matin passerait inaperçue étant donné que son oncle ne prenait pas la peine de l'attendre pour partir en balade et il ne s'inquiéterait pas le soir non plus s'il ne le voyait pas. Mais pour peu que quelqu'un le lui fasse remarquer, à ce moment-là, le brun aurait des problèmes, de sérieux problèmes.
Mais tout cela ne changeait rien au fait qu'il était l'invité de son pire ennemi. Il ne voyait pas comment partir avant d'avoir remplie la requête de Malefoy, et, étrangement, il avait un mauvais pressentiment la concernant. Certes, il se méfiait tout le temps du Serpentard mais cette fois-ci était différente. Déjà le soir précédent, il avait remarqué que le blond agissait bizarrement et Harry s'était bien assez souvent pris la tête avec lui pour savoir que quelque chose n'allait pas. C'était comme si, lorsque Drago lui parlait, il essayait de voir sa réaction au-delà de la réponse.
Sans oublier cette impression d'être constamment surveillé qui lui collait à la peau.
Lorsqu'Harry entendit finalement la porte de la salle de bain s'ouvrir, il ne se donna pas la peine de tourner la tête, à quoi bon se précipiter vers la sentence ? Or Malefoy ne dit rien, il revint calmement vers son fauteuil. Il ne s'arrêta que lorsqu'il se tint face au brun et Harry dut bien reconnaître que son cœur rata un battement quand leurs regards se croisèrent. Ses cheveux blonds étaient encore en désordre et ruisselait sur sa chemise à manche longue, cette même chemise mal boutonnée qui laissait apparaître la peau blanche et lisse de son cou, et ses yeux étaient d'une beauté à couper le souffle. Ils étaient toujours du même gris, lançant des éclairs comme une tempête un jour d'orage mais il y avait définitivement autre chose, quelque chose de plus que d'habitude.
Involontairement, un sourire naquît sur le visage du brun. Il haïssait Malefoy et le voir ainsi, dans cette attitude décontractée, presque faible, lui donnait envie de jouer avec lui à la manière d'un chat qui verrait une souris.
Drago frissonna, ce sourire ne lui inspirait rien de bon. Il prit une grande inspiration, se forçant à se détendre, après tout, n'était-ce pas ce qu'il voulait ? Priant pour obtenir la patience nécessaire pour achever sa vengeance, il se laissa tomber dans le canapé à côté du brun. Il attrapa finalement une tasse de thé et la but en silence, ne pouvant s'empêcher de remarquer du coin de l'œil que Potter, même s'il ne lui prêtait plus attention, continuait de sourire.
Une dernière inspiration et le blond se sentit prêt. Ou alors, non, il ne l'était pas du tout mais il se refusa le droit de repousser plus longtemps cette opportunité pour qu'elle finisse par lui filer entre les doigts. Il posa sa tasse sur la table et finit par prendre la parole :
« A ton avis, qu'est-ce qui peut être pire que l'enfer ? »
La question surpris Harry qui tourna enfin la tête vers Drago, l'interrogeant du regard. Son sourire qui avait fané le temps d'un instant devint encore plus grand, il pouffa puis finit par éclater de rire. Entre deux hoquets, il fit signe au blond de se rapprocher et le Serpentard se pencha légèrement dans sa direction, indigné que le brun puisse se moquer aussi ouvertement alors qu'il était sérieux.
D'un geste vif, Harry passa alors son bras par-dessus l'épaule du blond et l'attira à lui.
« A vrai dire j'en sais rien, Malefoy… Souffla-t-il à son oreille. »
Drago était comme figé sur place, pris entre l'horreur et le dégoût. Il débattait encore pour savoir quelle serait la meilleure attitude à adopter lorsqu'il sentit le souffle du Gryffondor glisser le long de sa mâchoire jusqu'à la base de son cou. La prise sur l'épaule du blond se raffermit lorsqu'il continua dans un murmure :
« Mais pourquoi ne pas trouver par nous-même ? »
