Disclaimers : C'est connu, les perso appartiennent à notre chère et tendre J.K.R. sans qui toutes ces fic n'existeraient pas...

Couples : HP/DM

Rating : Ceci est clairement une fic de rating M ! (Je vous aurais prévenus.)


Fleur d'automne

Chapitre 6

Comme d'un seul homme, ils frissonnèrent à l'unisson.

Leur étreinte n'avait rien de tendre, le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle était même électrique. Et, même si leurs peaux ne se touchaient pas, elles étaient comme transpercées de milliers de petites aiguilles, les faisant frémir de la tête aux pieds.

Drago se força à se détendre lorsqu'il réalisa à quel point les jointures de ses mains étaient devenues blanches à force de se crisper sur ses genoux. Pourtant, tout son calme et son éducation Malefoyenne ne firent pas long feu face à la rage qu'alluma Potter en jouant avec ses nerfs.

Parce que c'était vrai. Harry ne pouvait peut-être pas dire s'il était bien dans cette étreinte non plus mais il arrivait néanmoins à en tirer une certaine satisfaction, celle que le pouvoir qu'il avait sur le Serpentard à l'instant lui donnait. Il fit jouer une mèche blonde entre ses doigts et, à cette distance, il fut capable de distinguer une légère senteur au-delà de celle du shampoing. Un parfum frais et vivifiant qui lui montait à la tête, lui rappelant l'odeur des cèdres. Alors il avança doucement les lèvres, venant effleurer ce cou, comme un papillon se poserait sur une fleur, espérant y trouver un peu de cette sève dont l'arôme lui faisait tourner l'esprit.

Pour Drago, les instants qui passaient inlassablement étaient une torture. Chaque souffle devenait brûlant contre sa peau, chaque baiser un coup de dents qui mordait dans sa peau jusqu'au sang. Harry ne faisait que le frôler, et pourtant, il avait l'impression qu'on lui arrachait peu à peu sa peau en lambeau avant de tailler dans sa chair. Tout en lui rejetait cet homme dont l'étreinte le blessait, cette personne qui faisait de lui un être faible.

Et plus il luttait contre Harry, contre ses gestes, contre ses mots, plus il luttait contre lui-même, contre ses réactions, contre son impuissance. Lui, Drago Malefoy, était totalement incapable de réagir face à une telle situation.

Soudain, tout s'arrêta de tourner. Harry recula, l'air chassé de ses poumons par le coup que le Serpentard venait de lui donner. Comme si un sort venait de se rompre, le blond retrouva vie. Il sauta sur ses pieds et traîna le Gryffondor jusqu'à sa salle de bain, mettant une porte entre eux.

Il ne fallut par longtemps avant que la voix indignée du brun lui parvienne de l'autre pièce :

« Peut-on savoir en quel honneur je me retrouve ici ?

- Je tiens à ce que mes invités restent propres, Potter.

- En plus de ça, on se croit drôle ! Railla-t-il mais il n'ajouta rien d'autre. »

Parler lui avait demandé un certain effort. Malefoy ne l'avait pas raté et il avait plus de mal à retrouver une respiration normale que ce qu'il avait pu espérer. Avec un soupir, il se résigna. Ce n'était que partie remise.

L'eau de la douche était glacée. Il réalisa alors avec un nouveau frisson pourquoi la peau du blond avait été si froide contre ses lèvres maintenant brûlantes. Ce feu dans sa bouche ne pouvait que lui rappeler au combien l'adversaire était de taille à lutter et à se défendre. Il pouvait reconnaître que c'était à la fois excitant et terrifiant parce que, si Drago décidait de se prendre au jeu, il ne pourrait plus rien faire. C'était ce qui l'avait poussé à agir en premier, à jouer avec une limite que le blond ne se serait jamais permis de franchir… Mais maintenant que l'effet de surprise était passé, il n'était pas sûr d'être prêt pour la revanche.

Lorsque le blond put distinguer le son de la douche, il se força à se décoller de la porte avant d'aller s'effondrer sur son lit. Croisant les bras sur son visage, il essaya de calmer les battements de son cœur, inspira de grandes bouffées puis expira longuement. C'était peut-être le seul moyen pour lui de réussir à calmer le sang qui pulsait à toute allure dans ses veines.

Drago essaya alors de se détendre, tentant vainement de penser à autre chose que Potter, nu de l'autre côté de cette porte. Il n'y avait aucun doute, ce qu'il haïssait le plus chez le brun, c'était son humanité. Pour un Malefoy, pour lui qui était né plus bas que rien, il ne pouvait que s'éblouir à regarder ceux qui brillaient au-dessus. Son cœur se serra, il n'était rien de plus qu'un corps sans âme maintenant, un simple pantin, une marionnette sans vie. Il était telle une bête acculée, un animal docile à qui on avait ôté le pouvoir de se rebeller contre son maître, ayant perdu son vrai désir de vengeance. Il n'y avait qu'à travers sa haine contre Potter qu'il arrivait encore à se sentir vivant parce qu'il avait perdu de vue son véritable ennemi.

Il ferma doucement les yeux, fatigué et las de cette existence qu'il était forcé de mener et dont il ne pouvait se défaire.

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Drago s'éveilla lentement, bercé par une douce chaleur et ce parfum léger qu'il était incapable de nommer. Il bougea lentement, prenant finalement conscience du poids d'un bras reposant sur ses côtes et de la tête appuyée entre ses omoplates. Il remua un peu plus, se décidant à ouvrir les yeux avec un mauvais pressentiment. Il observa la main délicatement posée sur son torse, les doigts s'emmêlant dans le col de la chemise, puis finit par se retourner face à Harry.

Son regard fut aspiré par ce vert, celui qu'il avait tant l'habitude de voir et de haïr. Mais il y avait aussi autre chose, quelque chose de résolument calme qui le cloua sur place. Le pouvoir et l'insoumission lui firent oublier le temps d'un instant la main du brun sur sa hanche, ses lèvres sur les siennes.

Leurs souffles s'accrochèrent un instant puis une deuxième fois, avec plus d'insistance, et Drago décida que, quoi qu'Harry soit en train de lui offrir, il prendrait tout. Il dépouillerait le Gryffondor de tout ce qu'il était prêt à lui donner et tout le reste au passage, tout jusqu'à ce qu'il ne lui reste plus rien.

Etrangement, Drago avait envie de rire, sa position était inconfortable, son cou faisant un angle étrange, et ce baiser, lent et doux, était pour lui comme une torture. Une de ces tortures longues et fastidieuses qui vous rongent de l'intérieur pour mieux vous détruire. Avant de se rendre compte de ce qu'il faisait, il agrippa Harry par son tee-shirt et le força à bouger. Ce fut le lancement d'une première bataille qu'aucun des deux jeunes n'étaient prêt à perdre.

Dans un mélange de mains, de langues et de soupirs, Drago dut au moins reconnaître qu'il n'avait jamais rien goûté d'autre qui avait eu ce goût-là. La saveur de la haine, sauvage et brute, une flamme violente et dévastatrice qui embrasa ses nerfs au moment où il sentit les dents du brun se refermer sur sa lèvre inférieure.

« Hey, vas-y doucement. »

La remarque lui échappa dans un soupir plus aguicheur qu'il ne l'aurait voulu mais il n'eut pas le temps de le regretter, le sourire que lui rendit Harry en jouant avec les boutons de sa chemise valait des millions. Pour rien au monde, le Serpentard ne saurait décevoir la lueur de défi qui s'était allumé au fond de ses yeux émeraude. Oh que non !

Sans un mot de plus, ses lèvres trouvèrent le chemin de leurs consœurs. Dans ce combat silencieux, les ongles du brun se firent un chemin le long du torse de Drago, l'électrisant au-delà du raisonnable, au point même où le blond en oublia presque la haine qui l'animait. La réalité ne tarda pourtant pas à lui retomber dessus à l'instant où les doigts du brun se firent un chemin à sa ceinture, Harry connectant leurs bassins dans un grognement à peine étouffé.

Si le blond devait reconnaître au moins une chose au rouge et or c'était son courage mais, aussi aventurier soit-il, ce terrain était le sien.

Sans plus attendre, il fit passer le tee-shirt du brun par-dessus sa tête avant d'inverser leurs position et de plaquer ce dernier au matelas. Et il y avait définitivement quelque chose d'excitant dans le fait de dominer Harry Potter, de sentir presser son corps fermement plaqué sous le sien, ses cuisses musclées pressées de chaque côté de son bassin alors que ses hanches demandaient silencieusement plus. Drago était prêt à tout sacrifier pour quelques secondes de plus à le contrôler.

Et des sacrifices, il en fit.

Les préceptes Malfoyens les premiers. Puis un peu de dignité par-ci, par-là et un peu plus à chaque gémissement qu'Harry lui tirait. Pas mal de patience et d'auto-flagellation pour essayer de se rappeler qu'il n'avait pas le droit d'apprécier cela autant qu'il le faisait à l'instant. Enfin, une bonne quantité de salive et les muscles de sa mâchoire sur l'érection du brun.

Le Gryffondor avait bien essayé de l'en empêcher les premières secondes, aussi maso s'était-il montré jusqu'à maintenant, il semblait toujours vouloir éviter un coup de dents mal placé. Drago n'était pas prêt de s'arrêter pour autant. Il n'aurait pensé que se trouver dans cette situation humiliante pourrait lui procurer une telle impression de supériorité et il savourait chaque instant, se nourrissant des faiblesses de Potter, comblant son cœur d'un plaisir sadique. Il savait qu'Harry s'en mordait littéralement les doigts, pour se contrôler ou ne pas soupirer, peu importait la raison du moment que le résultat était là.

Le brun était à sa limite, il le sentait dans toute la tension du corps sous lui, dans la fièvre et le chaos qui habitait ses gestes, dans la fine couche de sueur qui couvrait son torse, dans ses yeux. Ces yeux vert émeraude qui, pour la première fois de sa vie, suppliaient Drago. Un plaisir noir pétrole remplit le cœur du blond alors que le Gryffondor éjaculait dans sa main.

Les yeux d'Harry restèrent fermés un long moment après cela. La redescente avait dû finir en chute libre quelque part en chemin, probablement au moment où il avait réalisé que c'était toujours Malefoy qui se trouvait au-dessus de lui. Drago ne lui laissa clairement pas le plaisir de fuir cette réalité, il se hissa dans une ondulation jusqu'aux lèvres rosies et son ennemi et les embrassa paresseusement.

Le brun réagit immédiatement, il ouvrit les yeux et repoussa le Serpentard avant de sortir du lit. Le blond le regarda se passer une main nerveuse dans les cheveux en jurant à mi-voix, un sourire satisfait au visage.

« Potter, appela-t-il finalement. Reviens ici, et sans vêtement de préférence. »

Harry se figea sur place avant d'effectuer un demi-tour lent, se demandant à quoi est-ce que le blond pouvait bien jouer. Il avait déjà eu sa part de domination et de pompage d'égo au-delà du raisonnable, le brun le savait, sa voix l'avait trahi.

Ses yeux tombèrent finalement sur Drago, allongé sur le côté, il le fixait avec un sourire trop grand et un regard brûlant. Oh mais bien sûr… Si le blond avait réussi à pousser Harry de l'autre côté de la barrière, ça aurait trop demandé qu'il ne soit pas affecté. Voilà qui ne fit qu'ajouter à la liste grandissante des regrets que le Gryffondor avait d'avoir ainsi tenté l'ennemi.

Malgré toute l'opposition que son cerveau put émettre, Harry finit par se plier à l'ordre. Il se dit qu'avec un peu de chance, Malefoy serait rassasié bien assez tôt pour peu qu'il reste de bonne humeur, ce qui semblait être le cas à l'instant alors il n'allait pas commencer à le contrarier tant qu'il le pouvait.

Ce fut ainsi que le brun se retrouva à nouveau plaqué au matelas, la peau du Serpentard enflammant la sienne, sa langue perfide se glissant avec fougue entre ses dents. Leurs souffles se mêlaient dans l'arôme particulier et légèrement salé des premières gouttes de sueur. Harry attrapa au vol et étouffa de justesse l'idée qu'il pouvait réellement être en train d'apprécier ce baiser. Parce qu'il ne pouvait pas. Il ne voulait pas se dire que cette guerre avec Malefoy était si vide de sens qu'ils en venaient à se foutre en l'air. L'instant d'après tout son corps se tendait et son cerveau court-circuitait lorsqu'il sentit les doigts du blond s'immiscer en lui.

Harry rejeta violement la tête en arrière, rompant le contact de leurs langues, pourtant aucun son ne passa la barrière de ses lèvres, sa voix brisée par le choc. Il dut forcer la bouffée d'air suivante dans ses poumons, réalisant à quel point ses doigts étaient crispés sur les draps.

« Voyons, Potter, ne sois pas si gourmand, ricana Malefoy au-dessus de lui. »

Le blond poussa alors ses doigts un peu plus loin et le Gryffondor ne se débattit qu'à peine, il n'en avait plus la force. Drago en riait intérieurement, il le savait, mais il ne pouvait plus rien faire, quelque chose s'était liquéfier en lui au moment où le blond l'avait pénétré. Et son cœur qui semblait sur le point d'exploser, son rythme à l'image de leurs interactions de plus en plus chaotique, et sa voix qui ne lui répondait plus, et ses mains qui avaient trouvé que des cheveux blonds auxquels se raccrocher.

Le Serpentard était tout aussi parti qu'il ne l'était, ses yeux restés clos trop longtemps au moment où il avait pénétré totalement le brun, ou la tension dans sa mâchoire lorsqu'il les avait ré-ouverts pour voir Harry se branler vers son deuxième orgasme en trop peu de temps. Parce qu'après tout, foutu pour foutu, la vue était délicieuse depuis ces hauteurs…

.o0°0o.

« Putain, j'en peux plus… Je crève la dalle ! Comment tu peux encore tenir le coup sans bouffer ?!

- Surveille tes mots, Potter… »

Harry était couché sur le côté, dos à Malefoy. Il le sentit alors se rapprocher de lui, parlant finalement dans son oreille de sa voix lancinante et calculée :

« En parlant de putain… Comment ça fait de se retrouver en dessous ?

- Je n'en sais rien, tu veux essayer peut-être ? Répliqua Harry sur un ton de menace.

- Je suis surpris que tu aies encore l'énergie de proposer, railla immédiatement Drago. Parce que se faire baiser comme une pute tout un après-midi par son ennemi juré, c'est le genre d'expérience qui laisse des marques… Et de la fatigue.

- Oh, la ferme ! »

La voix d'Harry était montée d'un cran dans la fermeté, espérant ne plus en entendre parler. Drago se tut alors un instant et le brun fit l'erreur de croire qu'il allait s'arrêter là.

« Potter, reprit-il. Tu ne serais pas un peu maso sur les bords ?

- La ferme.

- Non mais, pardon si je me trompe, il m'a semblé que de nous deux c'était bien toi qui ondulait comme une traînée.

- La ferme !

- C'est bien toi qui a fini par en demander plus, accroché à mon cou sans vouloir me lâcher…

- Par Merlin, tu vas la ferme, oui ?! Finit-il par crier. »

Lorsqu'un ricanement lui parvint, Harry n'y tint plus. Il roula et, d'un même mouvement, se plaça à quatre pattes au-dessus du blond, le regardant droit dans les yeux. Drago souriait, ses lèvres s'étirant dans un sourire déformé par la haine, quelque chose proche du rictus.

« Il n'y a que la vérité qui blesse, Potter, et regarde la vérité en face… Tu t'y plaisais en dessous de moi.

- Malefoy ? »

Le calme du ton lui fit arquer un sourcil en silence. Harry l'interpréta comme une invitation à continuer :

« Je pense qu'en te disant cela je ne t'apprendrais rien mais tu n'es qu'une espèce d'enflure moisie jusqu'au trognon ! Et je te hais… Je pense que tu ne peux même pas imaginer à quel point. »

En cet instant où la nuit tombait, le corps d'Harry n'était plus qu'une masse sombre au centre de laquelle brillaient deux émeraudes allumées par une flamme de mépris. Drago se redressa sur les coudes et planta ses yeux dans ceux du brun, deux pouvaient jouer à ce petit jeu. Il répondit alors d'une voix basse et calculée, faisant sonner cette réponse comme une menace.

« Oh que si j'imagine… J'imagine parfaitement et, réjouis-toi, Potter, je suis en train de te faire partager le sort que m'a réservé chaque jour de ma foutue existence. Haïr, toujours et encore plus, te haïr toi de préférence, puis un tel pour on-ne-sait-quelle-raison et son voisin aussi, juste pour le plaisir d'être méprisant. Oh, et ne va pas te prendre à penser « Que ce serait-il passé si je lui avais serré la main en première année ? » parce qu'il ne se serait absolument rien passé. Surprise ! Je suis né avec, Potter. J'ai ça dans le sang, j'ai ça dans la tête, je suis un Malefoy ! Et, oui, même avant de te connaître je te haïssais. Je te haïssais pour avoir volé la foutue illusion de pouvoir que possède ma putain de famille avec leur sang pur et toutes ces autres conneries auxquelles j'ai un jour pu croire mais, tout ça, ce n'est qu'un ramassis de merde en boîte. Oh oui, Potter, je peux comprendre ce que ça fait de se sentir rabaissé ! »

L'un et l'autre se fixaient en silence, se sondant du regard, cherchant à savoir ce qui allait se passer ensuite. Mais nu dans un lit, certaines choses étaient vidées de leurs contextes, de leurs excuses, ne laissant plus beaucoup de vêtements pour habiller la vérité sous un jour plus favorable.

« Qu'on soit clair entre nous, reprit Harry après un moment. S'il m'est arrivé de me demander ce qui se serait passé si je t'avais suivi à Serpentard, j'ai vite chassée cette pensée de mon esprit… Je ne suis pas de ceux qui regrettent leurs choix, quoi qu'il arrive je continuerai d'avancer. Depuis ma première année à Poudlard, je vis pour l'espoir du jour prochain et celui de voir enfin cette guerre finir. J'étais prêt à accepter n'importe qui à mes côtés, Malefoy, et je le suis toujours. Pourtant, il y a des choix que chacun fait et je ne peux forcer personne. Chacun sa vie, chacun ses choix. Bons ou mauvais, on choisit, on assume, on se relève, on tâtonne à nouveau, peut-être qu'on se foire une ou deux fois de plus parce qu'au final, l'idéal, c'est quoi ? C'est celui qu'on choisit de bâtir de ses propres mains. »

Il marqua une pause, scrutant le visage du blond mais ce dernier restait de marbre, ses yeux plantés dans les siens.

« Je vais te dire un dernier truc. Il y a des choses que Voldemort (Drago frissonna visiblement.) peut faire, des choses horribles et terrifiantes, mais il y en a une qu'il ne peut nous voler. L'espoir, Malefoy. Quoi qu'il fasse en chacun de nous existe cette flamme et ça, personne ne peut nous en priver… Personne, pas même Voldemort. De par ses actes, il est capable de l'enfouir au plus profond de chacun de nous, et c'est ce qu'il veut, mais jamais il ne le fera disparaître complètement. Parce que l'espoir c'est ce qui fait vivre. Surtout chez des gens comme toi et moi. Quand on est de ceux né avec un fardeau trop lourd pour nous et c'est l'espoir qui nous a toujours fait vivre, et c'est pour ça qu'on tiendra jusqu'au bout… Quoi qu'il arrive. »

Harry se tut à nouveau et regarda Drago se lever avec un soupir.

« Le sexe était bon, comment on a fait pour tout gâcher, hein ? »

Nouveau silence puis soudain, le blond éclata d'un rire sans joie.

« On tiendra jusqu'au bout… (Il fit volte-face puis cria presque.) On tiendra jusqu'au bout ?! Mais quel bout au juste, Potter ! Qu'est-ce que tu sais vraiment de moi ? Qu'est-ce que tu sais de ma vie ! De mon enfer ?! Rien, absolument rien ! On est différent toi et moi, aujourd'hui plus que jamais. »

Il s'arrêta pour reprendre son souffle et recommença la voix cassée et presque tremblante.

« Tu ne peux même pas imaginer au combien le Seigneur des Ténèbres est puissant, Potter. Il est dangereux, très dangereux… et effrayant. Il ne nous laisse pas le choix, tu marches ou tu crèves, c'est aussi simple. (Il regarda ses mains un instant puis reporta ses yeux vers le brun.) Je vais te dire en quoi nous sommes si différent, Potter : je suis né le pistolet sur la tempe et toi dans les mains. »

Sa voix se brisa sur ses dernières phrases. Il fixa un moment le vide, perdu dans ses pensées puis il se reprit, attrapa ses vêtements et se rhabilla. Et Harry devait avouer qu'il n'aimait pas ça, peu importe le nombre de fois où il avait rêvé de voir le blond brisé, il avait toujours cultivé l'espoir qu'il continuerait à lui résister éternellement. C'était inacceptable.

« Malefoy ! Appela-t-il au moment où il réalisa que le blond était sur le point de partir. »

Harry se leva d'un bond et, ignorant le fourmillement qui lui remonta désagréablement le long de la colonne vertébrale, il attrapa Drago par le bras et le força à lui faire face.

« On n'en a pas fini. Qu'est-ce que ça veut dire tout ce- »

Le brun se tut immédiatement lorsqu'il vit la grimace de douleur passer sur le visage de son ennemi. Le Serpentard tenta de libérer son bras de l'emprise mais Harry raffermit sa prise sur son poignet. Le brun frotta sa cicatrice un instant puis, prenant une grande inspiration, il remonta la manche du blond jusqu'au coude. Ses yeux tombèrent d'abord sur un bandage rougi qu'il retira sans hésiter et laissa glisser au sol. Il ne fut qu'à moitié surpris lorsqu'il vit la Marque de Ténèbres s'agiter d'un noir vif sur la peau laiteuse de Malefoy. La seule chose qui l'étonna réellement fut de la voir ainsi cerclée de rouge, griffures allant parfois même jusqu'au sang.

« Je te le dit clairement, Potter, parce que tu n'avais pas l'air de vouloir comprendre, reprit sombrement Drago. Il est trop tard pour moi… J'ai franchi la ligne de non-retour. Et même toi, le Sauveur, tu n'y pourras rien. »

Harry eut à peine le temps de distinguer la pointe de la baguette du blond que tout était déjà noir. Alors qu'il sombrait dans l'inconscience, ses pensées se tournèrent vers les dernières heures passées avec Drago, pas leurs conversations mais plutôt leurs actes. Bordel mais quelle mouche l'avait piqué ! Il avait couché avec un homme. Réflexion faite, il s'était fait baiser par un homme par simple… Caprice ? Même lui ne serait dire ce qui l'avait poussé à agir ainsi.

Ce n'était pas le fait d'avoir couché avec homme qui le bouleversait vraiment, après son histoire avec Cho il s'était pris à se demander comment une aventure avec homme pourrait être. Non, ce qui le tourmentait c'était toutes ses autres questions et nouveaux horizons que lui aurait ouvert cet homme en question… Pourquoi avait-il fallu que ce soit Malefoy !