Titre : Apprivoise-moi

Chapitre 3 : Première escale.

Personnages : Jack, Nine, Rose et le Tardis

Rating PG-13

Thème de la fic : Le Doc et Rose ont accueilli Jack à bord du Tardis. Rose et le Tardis sont sous le charme du beau Capitaine, le Docteur est lui très circonspect, voir hostile mais ce n'est pas pour autant qu'il est insensible au sex-appeal de Jack.

Warning :

Spoilers : oui, tout azimut.

Béta : Black59

….

Jack était parfaitement conscient de l'effet qu'il avait sur les autres. Ça faisait longtemps qu'il avait appris à tourner à son avantage l'emprise de ses phéromones. Le sexe était une arme, voir une monnaie d'échange qu'il utilisait sans complexe. Et il aimait ça.

Si, à l'adolescence son héritage Kr'ttt avait été dur à porter, maintenant, il l'assumait pleinement et jouait les serpents tentateurs tout azimut. Rose était toute émoustillée, elle était d'un abord aisée, ça faisait d'elle une proie facile. Mais, elle était clairement la chasse gardée du Docteur.

Le Docteur ? Jack n'avait pas manqué le moment de flottement lorsque le Docteur était entré dans la garde-robe. Le Docteur avait été troublé, comme s'il avait été surpris par son propre désir. Oh, oui, parce que c'était bien du désir que Jack avait vu dans ces grands yeux en amande. Un désir sauvage, primaire, que Jack avait ressenti au plus profond de son être, comme si le Docteur l'avait possédé là, physiquement. Ouah ! Tout ça juste dans un regard ! Jack en avait presque les jambes qui flageolaient d'anticipation.

Il avait renfilé une tenue plus en adéquation avec son genre.

« Je te rejoins à la cuisine, il faut que je repasse par ma chambre » Avait-il dit à Rose sans lui donner plus d'explication.

Jack avait récupéré son manipulateur de vortex, et l'avait mis autour de sa cheville. Après que le Docteur lui ait confisqué son désintégrateur, Jack avait pris soins de lui cacher qu'il possédait un manipulateur de vortex portatif, et lui avait laissé croire qu'il ne possédait que la version embarquée de son vaisseau.

Ça faisait déjà depuis quelque temps que le modèle réduit, dont la vocation première était de servir de canot de sauvetage oude module de secours, l'avait lâché, mais tant qu'il le gardait en sa possession, il pouvait espérer pouvoir le réparer. Et puis, si les fonctions de téléportation et de déplacement temporel étaient en rade, les autres accessoires, eux, étaient toujours opérationnels.

Jack avait dans l'idée que Rémona pourrait bien être pour lui plus qu'une escale. Si le Docteur avait l'intention de le larguer sur ce caillou, il préférait avoir sur lui ce qui était finalement son seul bien.

Il avait rejoint Rose à la cuisine. Il avait pris, vite fait, un morceau de Kafan avec un jus de fruit et ils avaient été retrouver le Docteur sur le pont.

Le Tardis s'était matérialisé à proximité d'un petit bourg. Lorsqu'ils étaient sortis Jack n'avait pu résister à la tentation de faire le tour du vaisseau. Il était un malade des vaisseaux, ça lui faisait presque autant d'effet qu'une jolie fille. Celui là était vraiment stupéfiant à plus d'un titre.

Le Docteur et Rose avaient attendu, l'observant avec une complicité amusée.

« Jolies boiseries, je confirme » Avait-il dit.

« N'est-ce pas ? » Avait fait le Docteur.

« Oh, dis le Jack » Avait fait Rose.

« Quoi ? »

« Qu'il est plus grand à l'intérieur, quoi ! »

« Oh ! Oui, effectivement. Ça doit faciliter grandement le stationnement, vous utilisez un filtre de perception ? »

« Oui » Avait répondu le Docteur.

« Vous êtes réellement un Seigneur de Temps » Ce n'était pas une question, juste une constatation qu'avait émis Jack, quelque peu soufflé.

« Le dernier »

« Okay » Avait fait Jack perplexe.

« C'est tout ? » Avait fait Rose, un peu déçue.

Rémona était une petite colonie agraire. Jack n'avait absolument aucune idée de ce qu'ils pouvaient bien faire là. Le Docteur et Rose marchaient devant de concert, tandis que Jack se faisait l'effet d'un jeune chiot collé à leurs basques. Ils s'étaient baladés, ainsi, sans but précis, comme des touristes.

Ils avaient goûté les spécialités locales, Rose avait fait une ou deux emplettes sous le regard paternel du Docteur.

Jack lui s'appliquait, l'air de rien, à ne pas les perdre dans la foule, tout en se faisant aussi discret qu'il le pouvait. Le Docteur le surveillait du coin de l'œil, Jack en était conscient. Il avait le sentiment que le Seigneur du Temps attendait la moindre occasion ou prétexte pour le laisser ici. Et franchement Jack n'avait aucune envie de prendre racine. Finalement, leurs pas les avaient ramenés jusqu'au Tardis.

« Pour une fois le ciel ne nous est pas tombé sur la tête, c'est bien surprenant » Avait fait Rose.

« M'ouï » Avait répondu le Docteur distraitement en fixant le paysage se déployant devant lui.

« Qu'est-ce que vous en pensez, Capitaine ? »

« De quoi ? » Avait fait Jack qui s'attendait à se voir interdire l'accès au vaisseau.

« Je suppose que vous n'envisagez pas de vous faire fermier ? »

« La drogue, c'est pas mon truc » Avait répondu Jack amer.

« Ooh ! Alors vous avez remarqué ? »

« Remarquer quoi ? » Avait fait Rose.

Le Docteur n'avait pas répondu, laissant ce soin à Jack.

« Ce sont des champs de maltac, celui-ci est encore en herbe, mais celui d'à côté a été moissonné très récemment »

« Vous êtes capable d'identifier du maltac en herbe, Capitaine ? » Avait pointé le Docteur.

« J'ai remarqué, comme vous les doigts rougis des paysans au village. Les enfants ont cet air hagard que donne le pollen en se dispersant dans l'atmosphère. Dans moins d'une génération toute cette population sera sous l'emprise de la drogue » Avait expliqué Jack.

« Oh, mais pourquoi ? Comment ? » Avait fait Rose horrifiée.

« C'est un scénario classique, des trafiquants intergalactiques débarquent, offrent aux paysans de cultiver leurs graines, leur promettant de racheter à prix d'or, leur récolte. Et ils le font. Au début, c'est très bien, c'est de l'argent facile, les paysans se modernisent et puis, petit à petit se prennent au jeu. Le pollen les intoxique et les rend dépendant à leur insu. Ils réduisent leurs autres cultures pour produire plus de maltac, jusqu'à en devenir dépendant aussi économiquement parlant. De plus, le maltac appauvrit les terres. Dans moins de cinq générations ces gens crèveront de faim, ils ne seront alors plus que de la chair à esclave. »

« Et on fait quoi ? » Avait fait Rose en se retournant vers le Docteur.

Le Docteur lui continuait de fixer Jack.

« On peut faire quelque chose, non ? »

« Tu veux faire quoi ? » Avait répondu Jack désemparé.

« Je ne sais pas, moi ! Mettre le feu à ces champs, par exemple »

« Ça ne résoudrait rien, au pire les trafiquants s'en prendraient aux paysans » Avait expliqué Jack et il avait ajouté : « Non, il faudrait pouvoir dissuader les trafiquants d'une manière ou d'une autre »

« Dissuader ? » Avait fait le Docteur, avec un regard sombre lourd de menace. « Et que nous proposez-vous, Capitaine comme moyen de dissuasion ?»

Le Docteur l'attendait au tournant, Jack en était conscient, il avait tout à coup l'impression de passer un oral à l'Académie devant le grand manitou en personne. Non, pas que l'Homme en Blanc se soit jamais mêlé de faire passer les examens. En fait, Jack ne l'avait jamais vu. Entre-aperçu une ou deux fois, oui et de très loin.

Le pire était que Jack ressentait le besoin de bien faire. Pas de l'impressionner, Jack n'était pas stupide au point de croire qu'il pouvait impressionner un Seigneur du Temps. Non, il se sentait comme un petit garçon voulant faire la fierté de ses parents. Jack s'en voulait de réagir ainsi, il se sentait stupide et ridicule, mais rien ni faisait, il était totalement sous l'emprise de cet homme.

Jack avait fait le point sur ce qu'il avait remarqué, puis il s'était lancé :

« Le seul moyen d'éloigner les trafiquants définitivement, c'est de faire en sorte que cette planète ne soit pas rentable, par exemple en rendant la drogue inconsommable »

« Et on fait ça comment ? »

« Le phénigue, c'est un champignon microscopique dont les effets sont très désagréable sans pour autant être mortel. Sauf à de très rare exception près »

« Vous envisagez sérieusement de contaminer cette planète avec un parasite particulièrement prolixe ? » Avait fait le Docteur.

« Évidement, non. Vous savez, le coup des nanogènes, ce n'était pas prémédité. J'ai fait une bourde, et une grosse, je vous l'accorde, mais c'est pas pour ça que je suis suffisamment stupide pour relâcher délibérément un germe hautement contaminant dans un écosystème » Avait répondu Jack un peu agacé. « Le phénigue se développe naturellement sur les cuves de racox des navires cargos, les trafiquant décontaminent l'intérieur des cuves avant chaque chargement, mais ils nettoient rarement l'extérieur. »

« Donc, il suffirait de contaminer l'intérieur des cuves avec l'extérieur » Avait fait Rose, qui aimait bien cette idée « T'est sûr que ce truc n'est pas dangereux ? »

« Moins dangereux que la drogue elle-même, mais suffisamment désagréable pour décourager les toxicos, tout au moins ceux qui rapportent »

« Vous semblez vraiment bien maîtriser le sujet, Capitaine » Avait constaté le Docteur.

Jack n'avait pas relevé le sous-entendu, même s'il aurait était incapable d'expliquer comment il en savait autant sur le trafic de maltac. Probablement encore un truc qu'il avait appris pendant les deux années qui lui manquaient. C'était plutôt curieux que les connaissances soient restées alors que ses souvenirs s'étaient, eux, totalement et définitivement évaporés.

« Ça ne devrait pas être très difficile de se matérialiser à bord du cargo avec le Tardis et de procéder à la contamination de la drogue. » Avait dit Jack, et avant que le Docteur qui avait reporté ostensiblement son attention sur les champs de maltac ne dise quoi que ce soit, Jack avait ajouté : « Ça sera plus délicat de détruire de manière définitive ces champs sans faire de dégâts collatéraux, je m'en charge.»

A suivre…