Chapitre 6
Après bien des mois, voici la suite… Elle est complexe et assez onirique.
Bonne lecture !
Un son mélodieux s'éleva dans la salle de repos. Un son léger et clair. Trowa jouait d'une flute traversière quand Quatre l'accompagna de la lyre. Le jeune druide ne pu s'empêcher d'ouvrir les yeux d'étonnement. Comment le prince pouvait-il connaître cette mélodie de la lune et de sa forêt ? Chaque note s'entrelaçait à celle de l'autre instrument, le murmure des anges ne pouvait être plus pur. L'image de Trowa surplombant Quatre alanguit à ses pieds aurait pu inspiré Phidias lui-même. Lorsque les doigts du prince cessèrent de caresser la lyre après une dernière note cristalline trowa lui posa la question qui lui brûlait les lèvres et le cœur.
- Comment ?
- Chaque nuit ou presque, dans mon sommeil je rêvais d'un garçon aux cheveux de terre et aux yeux couleurs d'émeraude. Il jouait cette mélodie si belle, si douce, qu'elle me semblait être celle de la dame du sycomore. Combien de fois ai-je joué ces notes sur ma harpe ?
- Moi ?
- Tu étais seul, assis une branche d'un arbre immense comme je n'en ai vu que sur le mont Liban. Des arbres si grands et si nombreux qu'ils cachent le ciel…
- Ma forêt…
- Mais j'avais beau jouer, ma musique était triste, seule, incomplète…
- Au cœur de la nuit, j'attendais un murmure, un bruissement dans les feuilles des chênes comme un appel, une promesse…
- Tu étais petit garçon puis tu as grandis… J'attendais avec tant d'impatience mon rêve secret… Les yeux bleus gourmands de son amant lui arracha presque un gémissement
- Un soleil aveuglant, un enfant né d'un lotus…des cheveux dorés, des yeux bleus clairs me regarde en souriant. Tu avait ton doigt sur tes lèvres, il fallait taire le secret. Je t'ai vu après avoir bu l'élixir sacré couché contre le flanc d'un lion…
- Sandrock…
- Chaque nuit à l'orée des songes, j'étais enlacé par une douce chaleur. Elle s'insinuait partout comme goûtant chaque parcelle de mon corps. Des baisers légers et tendres, un goût de miel sur mes lèvres…
Ce fut au tour de Quatre de rougir.
- Sais-tu ?
- Je suis allé au plus profond de nos temples de millions d'années, dans nos maisons de vie. J'ai fait traduire les plus anciens textes…sans succès. J'ai invoqué Oupouaout mais je n'ai vu que les chemins sanglants de la plaine de la désolation…
- As-tu vu ?
- Oui… Le Sahaim… et l'esprit de la forêt « le grand cornu »
Le regard de Trowa se fit plus profond encore, plus vert, insondable. Ses doits caressèrent la gorge pale avant le l'encercler.
- Tu sais ?
Quatre sourit d'un rire dans joie. Son regard se fit plus clair encore. Il était celui d'un homme plus vieux; beaucoup plus vieux, comme sans âge. Il n'avait pas peur de lui, ni du sahaim ni même du grand cornu. Les mains fines, douces et pourtant si fortes se posèrent sur les siennes après avoir déposé la lyre sur le sol. Délicatement elles les écartèrent puis elles les retournèrent. Il déposa un doux baiser dans la paume de sa main droite. La plaisir brûla dans son bas ventre. Pourtant les yeux bleus étaient à cet instant là plus glaçant que le vent de décembre. La beauté passionnelle et la mort parfaitement unies. Avec une force surprenante qui lui coupa le souffle il l'attira à lui.
- le savoir est une malédiction. Druide des terres de l'ouest, j'ai traversé des océans d'éternité, si loin que ni le mal, ni le bien de ces grecs n'existent…Je t'ai recherché au délà des limites de mon monde…je devine à peine des causes à tout cela. Mais - son regard devint coquin- est-ce important ?
Il l'embrassa fougueusement. Il n'y avait plus besoin de mots.
Avant de sombrer corps et âme dans les bras de Quatre, Trowa revit les images de la plaine des désolations… la mort, le sang et le silence.
Les entraînements au combat étaient quotidiens. Le lien qui les unissait ne facilitait pas les mouvements. Heero souffrait plus que tout autre. Ses mouvements violents envoyaient son partenaire dans le décor. Et cette natte, elle atterrissait systématiquement sur sa gueule. Pourtant il avait vu une fois le scythe cheveux détachés après le bain. Cette cascade soyeuse lui balayant les reins et les fesses l'empêchait de dormir. Qu'aucun autre de la touche sauf à vouloir mourir. Duo avait quand à lui d'autres soucis. Peu habitué à calculer ses actes, se fiant à ses instincts, il avait du mal à suivre les mouvements d'Heero. Et dieu, quelle force. Il l'a sentait à travers le lien de cuir.
Zech demanda à Heero de l'affronter. Wufei et Duo se retrouvèrent de fait adversaires. Mais la force qui explosa quand les deux bâtons de leurs compagnons s'entrechoquèrent les laissa bouche bée. Wufei vit avec quelle passion Zech luttait. Le combat l'avait comme transformé. Ce n'était plus le guerrier impassible, beau et calme mais le dieux de la guerre réincarné, magnifique, à la fougue contagieuse. Heero lutta pied à pied mais du s'avouer vaincu. Zech le salua dignement.
- Tu as dignement combattu Yui du Nord
- Mais tu m'as rapidement vaincu.
- l'entraînement et le lien nouveau t'ont handicapé. Il me tarde de t'affronter à nouveau !
- l'honneur sera pour moi !
L'éphémère sentiment d'admiration ou d'intérêt qui passa dans le regard du prince de Thèbes alors qu'il s'adressait à son adversaire n'échappa pas à Wufei dont le cœur se serra.
Le soir tombait sur la Cadmée. Après un banquet revigorant et un bon bain, les guerriers regagnaient leurs couches.
- Heero, peux tu m'aider ?
Heero ne se fit pas prier pour aider son compagnon à tresser ses cheveux. Ses mains si dures au combat savaient être douces. Elles s'attardèrent plus que nécessaire avant de glisser le long de son dos et caresser le creux de ses reins.
- tu n'es pas fatigué ? Le sourire coquin de Duo mourut devant celui carnassier de son compagnon.
Il s'assit plus confortablement et l'attira pour qu'il s'assoit sur ses cuisses. Le sexe déjà dur d'Heero réveilla celui de Duo. Les gémissements du prince furent aspirés par les lèvres impatiente. Le fin pagne de lin n'offrait pas beaucoup de protection aux mains qui se saisirent des fesses musclés et rebondies de Duo. Ce dernier se tendit mais il ne lui laissa pas le temps de reprendre ses esprits. Une de ses mains avaient saisi sa virilité et la frottait son sexe. Duo s'accrochait aux épaules puissantes du guerriers. Le plaisir se déversait sur lui par vagues brûlantes. Quand les doigts le pénétrèrent pour leur union, il ne les repoussa pas pour la première fois. Quand ils le quittèrent, le vide lui fit ouvrir les yeux. Heero le regardait tendrement, un sourire secret, pendant qu'il prenait son visage entre les mains pour le forcer à le regarder lui demandant l'ultime permission.
Heero devenait fou devant ces yeux devenus noirs par le désir, chastement baissé à demi. Lorsqu'il libéra le visage aimé, il le senti s'enfouir au creux de son épaule. Il tira le drap à eux pour protéger leur union. Il se fit tendre et patient. Le guidant à travers le plaisir et aussi la souffrance. Duo lui donna tout et le plus important sa liberté. Quand les corps furent apaisés, après les coups de reins, les délices de l'union, le prince des plaines enlaça son âme sœur.
