Merci à yuuchan de ses encouragements !

Chapitre 8

Il détestait comment cet homme envahissait l'espace de Zech, comment il le touchait. Zech avait l'air de le connaitre car il le laissait faire.

T : il ne te mérite pas ce petit guerrier.

Z : ne le sous-estime pas !

T : droit et si compatissant Zech ! Tu es magnifique Zech ! Tu mérites bien plus que cet avorton qui t'encombre.

Z : tu ne pas dire cela, ce n'est pas noble !

T : mais c'est la vérité. Le peu que j'ai vu était pathétique…

Le sourire sardonique de Treize acheva de plonger le poignard dans la fierté du fils du Dragon. Cela faisait d'autant plus mal qu'il savait que la vérité était présente dans ces mots.

Z : il faut du temps. Ses techniques sont intéressantes mais si elles sont différentes.

Le regard goguenard de Treize en disait long sur sa conviction. Zech était fidèle à lui-même, à sa grandeur d'autant plus grande qu'elle était naturelle, d'autant plus grande qu'elle écrasait les autres sans efforts.

T : Il n'a même pas su te toucher…

Zech détourna son visage.

Z : cesses cela…

T : tu sais que j'ai aimé Milliardo…

Z : je ne suis pas lui !

T : Sais tu que je t'aime encore davantage ?

Z : que dis tu? C'est son image que tu cherches à travers moi !

T : tu as tort. Tu es un être magnifique Zech. Ta retenue, ta pudeur, ton obstination, qu'il doit être doux d'être aimé de toi…

Zech évita le baiser et repoussa fermement le guerrier Sparte. Treize bien que déçu, ne fut que plus émoustillé par cette attitude. Il aimait les conquêtes après tout et celle-ci valait bien des combats.

T : tu as tort. Tu es fais pour connaître les vertiges de la passion…

Wufei qui entendit des pas dernière lui, dû quitter sa cachette et faire connaître sa présence.

T : Tiens tiens, voici le fameux Wufei.

Ce dernier réprima un frisson glacé et le salua. La main de Treize qui s'abattit sur son épaule dans un geste amical n'en avait que l'apparence.

Z : Wufei, je te présente Treize de Sparte. Treize voici mon âme Wufei.

Le sourire de Treize qui n'atteignait pas ses yeux finit par le faire détester complètement du chinois.

T : Je vous quitte. Une est sur le point d'accoucher.

Il partit de sa démarche assurée et féline. Il y avait quelques chose de dangereux dans l'aura que dégageait cet homme dont le seul qualificatif valable semblait être guerrier.

Zech qui avait suivi le regard de Wufei le mit en garde.

Z : Fais attention à Treize. C'est un guerrier né, extrêmement dangereux. Il est fort mais aussi très intelligent.

W : est-il prince de Sparte ?

Z : Il n'y a pas de prince à Sparte.

Le regard interrogateur de Wufei ne l'étonna pas.

Z : viens, je préfère t'en parler dans notre cellule.

Durant le trajet vers leur chambre, Wufei ne pouvait s'empêcher de sentir la présence du prince. Son aura était une douce caresse qui le frôlait chaque fois qu'ils étaient proches. Il voulait le toucher. Il le faisait déjà avec les yeux, à la dérobée. Les mots de Treize était comme du poison, irritant, rongeant l'intérieur de son être inexorablement. Il devait lutter mais pour la première fois il ne savait comment faire.

La main puissante de Zech sur son avant bras le ramena brutalement à la réalité. Il détourna les yeux pour masquer sa gêne. Cet embarras l'entravait chaque jour davantage !

Z : as-tu lu des histoires se rapportant à Sparte ?

W : oui, ils seraient des guerriers exemplaires et il est fait référence à un Léonidas, un chef mythique de cette cité.

Z : Léonidas n'est pas un mythe. Il a sauvé la confédération des cités contre les barbares. Il s'est sacrifié avec ses hommes. Ils étaient 300 et pourtant ils ont arrêté une armée mille fois supérieure.

W : comment cela est-ce possible ?

Z : ils se sont sacrifiés jusqu'au dernier. Heureux de mourir au combat car pour eux il n'y a pas de mort plus belle et plus noble. Les spartiates n'ont pas de hiérarchie réellement. Ils se nomment eux-mêmes les égaux. Leur cité bien que grecque a des coutumes étranges. Il y a deux rois et deux conseils dont un est composé des anciens. Dès la naissance, les garçons et les filles sont élevés au combat. A 7 ans on les abandonne à eux même.

W : c'est incroyable, comment font-ils pour survivre.

Z : Ils ont tous les droits du moment qu'ils ne sont pas pris sur le fait !

W : n'est-ce pas déshonorant que de pousser ses enfants au vol et à la mendicité !

Z : Wufei, ce n'est pas seulement le vol… c'est le meurtre aussi…Ils sont spécialistes des combats de nuits. Il est même un mythe les disant capable de voir les nuits sans lune et de marcher sans bruit. D'ailleurs, ne laisse en aucun cas Treize t'approcher et surtout t'isoler dans un coin sombre.

W : il n'oserait pas !

Le regard de Zech se fit dur et ferme.

Z : ne commets pas l'erreur de le sous-estimer. C'est le combattant le plus dangereux que je connaisse. Il ne connait qu'une seule ivresse, c'est celle des combats. Il tue depuis qu'il est enfant. Ta vie ou celle d'un autre n'est rien. Il prend ce qu'il veut.

W : c'est toi qu'il désire.

Z : c'est l'image de mon frère.

W : n'a-t-il pas de compagnon ? La curiosité de Wufei était piquée à vif.

Z : il a une compagne.

W : une femme ?

Z : c'est extrêmement rare. Une est de Sparte comme lui. Elle très dangereuse aussi et jalouse. Elle va bientôt donner naissance à leur deuxième enfant, c'est pour cela que tu ne l'as pas vu. Elle reviendra dans quelques lunes après avoir abandonné son enfant à la cité comme le veut les lois de Sparte.

W : Les parents n'élèvent pas leurs enfants ?

Z : Ils ne savent lequel est le leur, ils les défendent donc tous. Mais Sparte se meurt. Les égaux sont de moins en moins nombreux et leurs esclaves se sont révoltés.

Quelques heures plus tard, dans la cellule de Zechs et Wufei.

Depuis quelques jours, le lien de cuir leur a été retiré. C'est à la fois un soulagement et un manque. Wufei doit admettre qu'il n'arrive toujours pas à s'adapter au combat avec son compagnon. L'absence du lien n'a rien changé. Il sent bien les regards qui se posent sur eux, sur lui surtout. Il hait l'absence du regard de Zechs sur lui encore davantage. Cette absence de reproches, cette patience impassible qui le blessent plus surement qu'une gifle en plein visage. Il se sent faible, incapable, seul. Tout ce chemin, ces années loin des siens, de sa maison pour arriver ici et n'y trouver que cela. Son orgueil essaie bien de se révolter, mais il se sent impuissant, la tête confuse, les membres lourds.

La nuit est froide. Leur couverture est une maigre protection contre l'air glacial qui entre par toutes les ouvertures. Il ne peut résister à la tentation du corps allongé prés de lui et dont il sent la chaleur caresser son flanc. Il se rapproche à le frôler.

Mais Zechs ne dort pas.

Il veut s'écarter quand il s'en aperçoit mais Zechs tend son bras et le plaque contre lui. Et immédiatement sa chaleur l'envahit.

Z : tu trembles et tu claques des dents.

W : je suis désolé.

Z : tu n'as pas à l'être. Tu me réchaufferas aussi.

Et ce fut tout.

Mais pour Wufei se fut plus que tout.

Son corps mu par une volonté qui lui est propre, se colle le plus étroitement contre celui du prince. Contre cette peau douce sous laquelle les muscles sont durs. Son souffle s'accélère, le sang bat dans ses tempes. Alors qu'il est allongé, il est pris de vertige. Les deux bras puissants le serrent davantage. Ses mains caressent chaque carrés de peau qu'elles peuvent atteindre. Zech le saisit par les épaules, pour le voir. Mais Wufei ne peut soutenir le regard bleu glacé. Il aurait pourtant vu alors que loin d'être glacé il était brulant. Car Zech devinait que trop bien le combat intérieur de Wufei. Le fier, le noble guerrier venant de l'autre côté du monde. Sa peau était comme de la soie. Son corps fin et souple enflammait ses sens. Il luttait contre ses désirs et ses sens au nom de ses coutumes. Zech avait l'habitude de susciter le désir sexuel des autres. Mais jamais un homme n'avait montré cet acharnement à le combattre. Jamais personne n'avait montré un désir plus pur. Et lui pour la première fois, il avait envie de toucher ce garçon si mystérieux. Des deux yeux noirs liquides, cette bouche fine et sévère et pourtant il percevait tant de choses derrière…

Z : regardes moi Wufei.

W … son voix s'étouffe dans un gémissement.

Z : n'est pas peur.

W : wo ai ni (je t'aime en chinois),

L'aveu venait de si loin, il avait avait été porté si longtemps que Wufei sous le coup de l'émotion n'avait pas réalisé qu'il avait parlé dans sa langue maternelle.

Zech avait portant compris. Ses doigts caressèrent les lèvres qui les avaient prononcés.

Z : wo ai ni…

Wufei n'aurait pas eu un air différent si la foudre était tombée sur lui. Zech en aurait ri mais rien ne prêtait à rire. Wufei était au bord de la rupture. Il était en proie à des sentiments trop forts, trop contradictoires. Il le pris tout contre lui, l'apaisant.

W : je …comment ?

Z : ne te forces pas mon aimé (ces mots prononcés pour la première fois, glissent sur ses lèvres plus doux que le miel, plus brûlants que la flamme).

Zech ne peut s'empêcher de baiser ce front noble, ses yeux humides. Il n'ose pas encore ravir cette bouche tant le souffle de Wufei est court. Wufei s'accroche à lui comme un noyé.

Z : ne te forces pas mon aimé, nous avons le temps…

W : comment est-ce possible ? Tu ne peux m'aimer… Je ne suis pas digne…

Z : je t'ai reconnu pourtant.

W : comme peux tu es être si sur…

Zech n'y résista pas et ravit ses lèvres. Wufei perdit une fois de plus pieds et appris que la force pouvait être douce, la puissance sereine et passionnée.

Pourtant pour la première fois depuis longtemps il ne voulu pas se laisser écraser par les évènements. Il voulait gouter, partager et dominer à son tour l'être qui obsédait ses pensées et son cœur.

Ils étaient hors du temps et du monde. À cet instant rien de comptait plus pour eux. Mais le monde inexorablement poursuivait sa course, sans espoir de retour.

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