Yann arriva au commissariat, le visage fermé. Il était de très mauvaise humeur et il sentait que la journée n'allait pas être facile. Il s'arrêta à la DPJ et prit le chemin qu'il connaissait par cœur pour rejoindre le bureau de son mari, qu'il entendit en pleine conversation avec Alex.

Alex : …carrossée comme une décapotable, des jambes à n'en plus finir, et une paire de « eins » mon pote, incroyable ! Une pure beauté !

Kévin se mit à rire

Alex : Ben quoi ?

Kévin : C'était où ça, déjà ?

Alex : Hier soir, au Malabana, t'écoutes pas ce que je te dis ou quoi ? J'ai pas pu rester jusqu'à la fin du numéro, mais crois-moi…

Kévin : Alex, Alex… Tu sais où il est ce cabaret, non ?

Alex : Ben ouais… Mais je vois pas…

Il se figea et écarquilla les yeux en grand face au regard de Kévin, qui riait toujours.

Alex : Non… C'est pas… C'était pas…

Kévin : Si t'étais resté jusqu'au bout, je crois que tu aurais eu une surprise, mon pote !

Alex : Un Trans' ?

Il se prit la tête dans les mains

Alex : Oh mon dieu ! T'imagine, si j'avais…. Oh non !

Kévin : J'imagine bien, ouais. Un conseil, reste avec Amy.

Il rigola de plus belle, mais devant la tête d'Alex, il s'arrêta.

Kévin : Quoi ?

Alex : C'est juste que… M'en veux pas, hein ? Mais jamais quelqu'un m'a fait débander aussi vite de toute ma vie !

C'est le moment que choisit Yann pour apparaître, et fixer Kévin qui ne l'avait pas encore vu.

Yann : Kévin !

Ce dernier se retourna vers son mari, mais voyant la tête de ce dernier, son sourire se perdit aussitôt.

Kévin : Un souci ?

Alex, regardant à tour de rôle Yann et Kévin, prit le parti de se lever, croisant le regard noir du capitaine.

Alex : Je… Café… C'est bien ça.

Il s'éclipsa, laissant les deux amants seuls. Kévin se leva pour se diriger vers Yann qui n'avait pas bougé de l'embrasure de la porte.

Kévin : Parle-moi, qu'est-ce qui se passe ?

Yann : Ce qui se passe ? Il se passe que mon mari était tellement crevé hier soir qu'il est parti dormir sans m'attendre, il se passe que ce matin en me réveillant mon mari était parti sans même laisser un mot, il se passe que je commence à en avoir marre que l'on se croise sans arrêt et que tu m'évites.

Kévin : Quoi ? Mais qu'est-ce que tu racontes, là ? Je ne t'évite pas !

Yann : Ca fait une semaine que ça dure, Kévin. Une semaine qu'on ne parle pas, que tu ne me regardes presque plus, une semaine qu'on n'a pas fait l'amour !

Kévin : Tu tiens des comptes maintenant ?

Pourquoi avait-il sorti ça ? Il ne percutait vraiment pas aujourd'hui.

Il vit Yann partir brusquement, mais le rattrapa à grandes foulées, et le saisit par le bras afin de lui faire face.

Kévin : Je suis désolé. Excuse-moi. C'est pas… Je suis vraiment crevé, on a beaucoup de boulot en ce moment. Et c'est vrai que le soir, j'ai qu'une envie c'est d'aller dormir. Alors oui, je suis désolé de ne pas avoir pu satisfaire les besoins corporels de mon mari, mais je n'étais pas vraiment en état !

Yann (dans un murmure) : Les besoins corpo…

Il se détacha violemment de l'étreinte de son homme avant de faire quelques pas puis de se retourner, prenant une grande inspiration afin de contrôler ses nerfs. Mais sa voix monta malgré lui.

Yann : J'ai effectivement des besoins Kévin. Je suis un homme. Un homme qui doit gérer chaque jour une équipe de plus de 10 personnes, mais qui essaye, malgré sa propre fatigue, de se montrer attentionné envers son homme et de ne pas le délaisser. Alors excuse-moi de me poser des questions !

Il se retourna mais avant d'avoir pu faire un pas, il sentit un bras s'accrocher au sien.

Kévin : Yann, tu es mon mari et je t'aime…

Yann se retourna brusquement et lança un regard qui fit peur à Kévin. Mais ce qui le fit reculer, ce fut le ton et la colère de son mari.

Yann : Oui, et bien il se trouve que TON mari en a marre ! Tu veux pas parler, c'est ton problème ! Quand tu seras moins prit dans ton travail, si t'arrives à libérer quelques précieuses secondes de ton temps, passe me voir. En attendant, fou moi la paix !

Sur ces paroles, il se dirigea vers l'ascenseur pour aller rejoindre son bureau.

Non, cette journée n'allait vraiment pas être facile.