CHAPITRE 5 : Une drôle d'affaire

Yann avait passé son reste de colère sur la cassette, qui se trouvait dans un état déplorable ; des bouts dispersés partout dans le bureau, et la bande coupée en lambeaux. Il s'assit à son bureau, mais la scène de sa dispute avec Kévin refit surface, et par-là même ses doutes, ses questions.

Yann : Conneries !

Disant cela, il se leva, prit sa veste et ouvrit sa porte dans un tel fracas que tous ses gars sortirent de leur bureau.

Yann : On va à la cité des trois lys ! MAGNEZ-VOUS !

Antoine le regarda, l'air interrogatif.

Yann : Quoi ? On n'a toujours pas mis la main sur ce p'tit con de dealeur. Autant en profiter pendant que c'est calme !

Il se mit à avancer vers l'ascenseur, mais se sentant épié, il se tourna pour voir le visage de ses collègues qui le scrutaient.

Yann : DES QUESTIONS AVEC CA ?

Tous lui firent un signe négatif de la tête avant de le suivre sans dire un mot. Le Capitaine Berthier énervé comme ça, il y allait avoir du sport ! Mais personne n'osa dire quoique ce soit. La journée promettait d'être tendue.

Alex, assis en équilibre sur le bureau, montrait à Kévin les rapports des trois précédents cambriolages.

Alex : Tu vois ?

Kévin : Quoi ?

Alex : Mais là ! Toutes les pièces ont été dévalisées, sauf les chambres et la salle de bain ! On n'avait pas fait le rapprochement au départ, mais c'est clair là, non ?

Kévin le regarda dubitativement en secouant la tête !

Alex : Putain Kévin ! C'est pas après le fric qu'ils courent ces mecs !

Kévin : Hein ? Ca n'a pas de sens ton truc, toutes les victimes ont déclaré avoir été dérobées de l'argent qu'elles gardaient chez elle.

Alex : Ouais. Alors ils piquent le fric mais pas les bijoux ? On a retrouvé chez Monsieur Bartolli les bagues de sa femme, qui je cite : « sont évaluées à près de 600 euros chacune ! » Y'en avait 7 en tout. Si tu multiplies le tout, ces gars-là auraient pu empocher plus en un seul cambriolage que tout ce qu'ils ont fait jusqu' à présent ! C'est pas logique !

Kévin : Tu proposes quoi alors ?

Alex : Cette histoire, elle pue à plein nez.

Kévin : OK. Si on suit ton raisonnement, on fait quoi alors ? On regroupe tous les fichiers qu'on peut trouver sur les victimes, on va les interroger, on les arrête ?

Alex : Tu vois quand tu veux, t'as de bonnes idées aussi ! J'aime.

Kévin secoua la tête

Kévin : Ce sont des victimes Alex, faire ça c'est complètement illégal. Tu le sais ! On pourrait perdre notre job là !

Alex : Qui te parle de perdre ton job, si tu fais rien !

Kévin : Quoi ?

Il vit Alex aller se saisir de son portable et composer un numéro.

Alex : Ouais mon cochon, c'est Alex, là. Dis-moi…

Kévin ferma les yeux et se boucha les oreilles. Ce mec avait des potes partout. Il revint à la réalité lorsqu'il entendit Alex l'appeler énergiquement.

Alex : Kévin ! Pssst

Kévin : Quoi encore ?

Alex : 600 multiplié par 7 s'te plaît ?

La voix de Duval, qui retentit à la porte du bureau, les fit sursauter.

Duval : 4200 ! Alors Moreno, on ne sait toujours pas compter ?

Alex : Je … Je te rappelle. Ca va Chef ?

Duval : C'est ça ouais ! Fou-toi de moi ! Vous deux, là, la prochaine fois que vous me laisser seul avec VOS sans-papiers, je vous fais bouffer les vôtres, de papiers, c'est clair là ?

Alex : Mais Commandant, c'est Fr…

Devant le regard que lui lança Etienne Duval, Alex se tût immédiatement. Kévin sentit sur lui le regard amusé de son supérieur, et tourna la tête vers lui.

Kévin : Quoi ?

Duval : Non, rien !

Il s'éloigna du bureau, dans lequel Christophe, Laura et Amy entrèrent, revenus de leur affaire avec le Commandant.

Laura alla serrer Kévin dans ses bras.

Laura : Ça va, c'est pas trop dur ? Tu peux venir dormir à l'appart si tu veux, il est grand, y'a deux chambres !

Kévin se retira de l'accolade apposée par Laura, la regardant avec questionnement, quand Amy vint à son tour le serrer contre elle. Il se retira d'un coup brusque, et vit Christophe s'avancer vers lui.

Kévin : Tu fais un pas de plus, je te mets une tête !

Christophe brandit ses mains devant lui en signe de paix en murmurant un pardon, tandis que Kévin les regarda tour à tour.

Kévin : C'est pas vrai, vous aussi vous êtes au courant ? (Puis sur un ton implorant) Vous étiez même pas là.

Il se reprit la tête entre les mains.

Amy : C'est un commissariat, ici, tu sais ? Rien ne reste secret très longtemps.

Laura : Ça va ? T'as besoin d'en parler ?

Kévin : Laura, par pitiééééééé… Arrêteeeee !

Il se leva d'un bond et sorti du bureau, étouffant. Il se dirigea vers la cafète lorsqu'il senti un bras sur le sien et vit Laura lui barrer la route. Il soupira profondément afin de se calmer. Il les adorait tous, mais quand ils s'y mettaient…

Kévin : Ecoute Laura, ça va, d'accord ? En plus c'est de ma faute cette fois, donc…

Laura : Je sais oui. Mais je sais que tu l'aimes, alors si tu te comportes comme ça avec lui c'est que t'as une raison non ?

Kévin avança jusqu'à la salle de repos, but un grand verre d'eau avant de se poser dans la chaise vide devant Laura.

Kévin : Je le fais pas exprès je te jure, c'est juste que je suis crevé en ce moment, et quand j'arrive, j'ai pas le courage de faire quoique ce soit! Je comprends la réaction de Yann, mais j'y peux rien. Je te jure Laura, j'arrive et je m'endors direct'. C'est pas que j'ai pas envie mais…

Il sentit la main de son ami se poser sur son genou, et releva la tête pour la regarder.

Laura : Je vois bien que t'es pas bien depuis le début de la semaine, t'es agressif alors que c'est pas du tout ton genre, t'as l'air crevé. En plus t'as sacrément maigri !

Kévin se frotta les cheveux avant de lui répondre.

Kévin : Je dois avoir la grippe, rien de bien méchant ! Ne t'inquiète pas !

Laura : Ben si justement, les amis sont faits pour ça ! Tu devrais aller voir le médecin, te reposer et…

Kévin : Avec tout le taf qu'on a en ce moment ? Je doute que Mercier me donne son aval, hein ! Et puis c'est juste la question de quelques jours ; ça ira mieux après.

Laura : Ouais, quand tu auras contaminé tout le commissariat ? Si c'est le cas, comme tu seras le premier à être rétabli, tu auras à faire le boulot de tout le monde, donc deux fois plus de temps au travail et deux fois moins avec ton mari !

Elle lui lança un petit sourire.

Kévin : Ouais, et toi depuis quand t'as retrouvé un appart ?

Laura : Depuis hier seulement, j'en pouvais plus d'être chez la mère de Christophe….

Elle s'arrêta de parler quand elle vit Kévin se lever avec un petit sourire.

Laura : Hé ! Attends un peu, toi, crois pas que tu vas en rester là !

Ils entendirent la voix de Duval raisonner dans les bureaux.

Duval : Maurier, t'es passée où ? J'ai besoin de toi !

Laura soupira franchement avant de regarder une nouvelle fois Kévin et lui déposa un bisou sur la joue.

Laura : Ne crois pas que j'en ai terminé avec toi

Kévin : Oh te connaissant, ça fait longtemps que j'ai arrêté de me bercer d'illusions !

Elle lui envoya un regard empli de malice avant d'aller rejoindre le Commandant.

Duval : Bon Maurier, tu vas avec Sidibé et Lecomte m'interroger la victime du car-jacking de ce matin, que tes collègues ont laissé gentiment en plein milieu de la rue, et vous passerez aussi voir la victime du cambriolage…

Maurier : Quoi ?

Elle se refreina d'aller voir Kévin lorsque Duval lui expliqua ce qu'il s'était passé.

Duval : … alors vous me rapporter leurs témoignages, hein ! Et pas de gaffe ! Et je veux coincer ces gars avant la fin de la semaine. Parce que niveau incompétences, là, je crois qu'on a fait le tour !

Laura regarda son Commandant en trépignant.

Duval : Ben alors, t'es encore là ? Autre chose à me dire ?

Maurier : Non, rien.

Elle voulut quitter le bureau pour aller voir Alex et Kévin avant que Duval ne la prenne à parti une fois de plus, voyant Amy et Christophe arriver.

Duval : Vous tombez bien vous deux ! Vous filez avec Maurier, elle vous expliquera.

Laura soupira à fond

Duval : Hé ! Maurier ! C'est pas SOS amitié ici, alors tu prends tes affaires et tu fais ton taf ! T'iras le voir après.

Elle se retourna pour lui faire face. Devant le regard de celui-ci, elle tourna les talons.

Maurier : Bien Commandant !

Elle se rendit à l'ascenseur, suivit d'Amy et Christophe.

Amy : Ca va Laura ? T'as l'air stressé ?

Laura : Qu'est-ce que ça peut te faire à toi, hein ? T'as déjà piqué mon mec, tu crois pas que ça suffi ? Tu sais quoi ? Me parle pas !

Devant le ton employé par Laura, Amy décida qu'il valait mieux ne pas relever ce qui venait d'être dit.

Christophe : Je pense que ce que veut dire Amy, c'est qu'être stressé peut engendrer un comportement violant, avec risque de débordements car statistiquement, 87% …

Laura se retourna vers lui et lui lança un regard noir.

Laura : Tu sais quoi ? Rends-nous service. Arrête de penser !

Puis elle s'adossa à la paroi de l'ascenseur et laissa échapper un soupir rempli de frustration. Ça allait vraiment être une très longue journée.

De son côté, Yann était en planque avec ses hommes lorsqu'ils virent Marco, le dealeur qui les intéressait, arriver.

Antoine : C'est pas lui notre dealeur, là ? La gravure de mode ?

Yann suivit le regard d'Antoine et prit le talkie :

Yann : C'est bon les gars on fonce !

Avant qu'Antoine ait pu réagir, Yann sorti de la voiture et commença à courir après Marco, qui prit ses jambes à son cou lorsqu'il vit une dizaine de flics arriver vers lui. Il s'engouffra dans une contre-allée, espérant pouvoir leur échapper, mais il vit trois flics à l'autre bout de la ruelle. Il se détourna sans ralentir, pour passer par l'issue de secours la plus proche de lui. Il entra dans la cage d'escaliers de l'immeuble et se mit à gravir les marches quatre à quatre, ne s'arrêtant qu'au milieu des étages, avant de s'engouffrer dans un couloir. Avec un peu de chance, les flics mettraient du temps pour comprendre qu'il n'était pas allé jusqu'au toit et il arriverait à les semer. C'était sans compter sur Yann, qu'il vit arriver, la rage au ventre.

Yann : Arrête-toi !

Il se remit à courir, mais pris de panique, et voyant les policiers arrivés par l'autre sortie, il enfonça la porte de l'appartement qui se trouvait le plus près de lui. Avant de se jeter dedans. Il passa alors devant deux grand-mères, éberluées, qui regardaient la télévision. Il ne prit pas le temps de leur jeter un coup d'œil, se précipita vers la fenêtre donnant accès à l'échelle de secours, puis commença à descendre de manière vertigineuse.

Les deux grands-mères regardèrent passer le premier homme, puis furent surprises par un autre, plus grand, joli garçon lui aussi, qui ne s'arrêta qu'une minute devant elles.

Yann : Police! Tout va bien ! Mais vous êtes charmantes, Mesdames !

Yann leur fit un clin d'œil puis continua sa course. Les deux grand-mères se tournèrent l'une vers l'autre.

Lucette : Hum. Mignonne, la jeunesse…

Germaine : Je te l'avais bien dis Lucette, il faut sortir.

Le dealeur arriva en bas de l'échelle et se mit à courir dans la ruelle comme si sa vie en dépendait. Mais lorsqu'il tourna, il eut juste le temps de s'arrêter avant de se prendre un mur en pleine tête, bloquant l'issue. C'est alors qu'il sentit deux mains le saisir fermement par son blouson avant de le retourner et de le plaquer violemment dos au mur.

Yann : Ça te fait marrer de me faire courir ? Hein ?

Devant le sourire malheureux de Marco, Yann lui envoya une droite bien placée dans le visage, suivit par un cri du suspect avant que celui-ci ne s'effondre à terre, se tenant le nez, en sang, les larmes coulant sur son visage. Il regarda alors Yann.

Yann : Quoi ? Fallait pas me faire courir !

C'est alors qu'Antoine et les autres arrivèrent en renfort.

Antoine : Ca va chef ?

Yann, reprenant sa respiration, hocha la tête. Il vit Antoine regarder le suspect à terre puis relever les yeux vers lui.

Antoine : Qu'est-ce qui s'est passé ?

Yann : Faut croire qu'il est tombé ! Aller, embraquez-moi ça !

Deux hommes se chargèrent de menotter le dealeur et de le redresser.

Marco : Je vais porter plainte ! C'est un fou furieux ce mec, faut le faire enfermer !

Mais il se tut en voyant Yann se rapprocher devant lui.

Yann : T'as dit quoi là ? Tu vraiment voir ce que je peux faire quand je suis en colère ?

Antoine se précipita vers Yann et lui prit le bras.

Antoine : Viens, il n'en vaut pas le coup.

Devant la résistance de Yann, il lui tira le bras d'un coup sec, l'obligeant à s'éloigner, puis le regarda tandis que les hommes regagnaient les voitures.

Yann : Ça va, lâche-moi !

Antoine : Ecoute, je sais que t'as les nerfs, là, mais va falloir te calmer, parce que frapper un mec comme ça, sans raison, c'est pas vraiment…

Yann : Je l'ai pas frappé, il s'est étalé tout seul !

Antoine : Il tombe sur les fesses mais se pète le nez... Hum… Mais bien sûr !

Devant le regard de Yann, Antoine comprit qu'aucune discussion n'était possible. Il se contenta de secouer la tête avant de pousser Yann vers la voiture.

Alex et Kévin revinrent à la voiture. Ils avaient été voir Monsieur Bartolli, la première victime des cambriolages, mais leur interrogatoire n'avait abouti à rien, une fois de plus.

Kévin : Il est pas net ce type

Alex : Tu veux dire quoi par-là ?

Kévin : Je… j'en sais rien. Mais il nous cache un truc.

Alex : Le prend pas mal, hein ? Mais t'as vu le cocard qu'il a à l'œil ? Et la minerve ? Il a même du mal à se déplacer. Je pense qu'il est choqué là, c'est tout.

Kévin : Tu parles ouais !

Alex regarda Kévin mais devant le regard de celui-ci, il mit la voiture en route et s'engagea dans la circulation. Arrivés au bout de la rue, ils stoppèrent au feu rouge. C'est alors que Kévin regarda dans le rétroviseur et tourna brusquement la tête.

Kévin : Oh putain ! Je vais le tuer.

Alex : Hein ?

Il regarda dans la même direction que son collègue avant d'écarquiller les yeux. Monsieur Bartolli marchait précipitamment dans la direction opposée, sans difficulté, sans minerve et sans cocard. Mais voyant Kévin sortir de la voiture, il attrapa son blouson juste à temps pour qu'il se rassoit.

Alex : Qu'est-ce que tu fais là ?

Kévin : Ce mec nous prend pour des cons depuis le début. Je te l'avais dit qu'il était pas net !

Alex : Et tu comptes faire quoi, hein ? Le rejoindre et lui péter les dents

Kévin : Ben ouais, pourquoi pas ouais ! Au moins il aura un vrai bleu cette fois.

Il tenta une nouvelle fois de sortir de la voiture mais Alex le retint.

Alex : Kévin, Kévin ! Je sais que t'es stressé grave depuis ce matin, hein ? Mais si on décide, là, maintenant, que c'est moi le plus équilibré de nous deux, on va avoir un sérieux problème !

Kévin soupira, se prit la tête entre les mains, avant de se retourner vers Alex.

Alex : C'est bon ? Tes envies de meurtre sont passées ?

Kévin : Et on fait quoi alors ? On le laisse filer ?

Alex : On le suit, c'est tout.

Alex démarra la voiture et s'engouffra dans la première rue possible afin de rejoindre l'homme plus que louche qui s'était fichu d'eux. Ils le virent monter dans une berline et le suivirent pendant quelques temps avant de voir la voiture tourner au dernier moment vers un ancien entrepôt de logistique. Alex s'arrêta en retrait.

Kévin : Ah génial ! Et on fait quoi maintenant ?

Alex : J'en sais rien moi !

Kévin : J'appelle Mercier !

Il sortit son portable mais Alex le lui enleva avec frénésie.

Alex : Ca va pas, non ?

Kévin : Mais quoi ?

Alex : Mais quoi ? Après le savon qu'elle nous a passé tout à l'heure ? J'ai pas envie de finir à récurer les chiottes si on foire ce coup, là ! Alors on va voir ce qu'ils font, et après on voit.

Kévin : On voit quoi ?

Alex : Mais j'en sais rien moi ! Aller magne-toi.

Alex sorti de la voiture, suivi de Kévin, et ils s'approchèrent de l'entrée du terrain vague, où ils virent la voiture garée, mais personne à côté.

Alex : Il est certainement là-bas.

Il désigna l'entrepôt du menton avant de s'y diriger.

Kévin : Tu fais quoi là ?

Alex : J'ai pas les oreilles de Superman moi. Arrête de stresser va ! Aller viens

Kévin : C'est vraiment une très, très mauvaise idée !

Ils s'approchèrent en faisant le moins de bruit possible puis s'accroupirent derrière la porte principale, qui était ouverte. Kévin jeta un coup d'œil discret mais n'eut pas le temps de discerner grand-chose puisqu'un homme s'avançait vers eux de l'intérieur.

Kévin retira sa tête et se colla le plus possible à la tôle, ce qu'imita Alex en entendant les bruits de pas. Mais l'homme s'arrêta juste à l'entrée, avant de se retourner vers ses interlocuteurs, puis refit quelques pas dans le sens inverse.

Kévin et Alex lâchèrent un soupir de soulagement.

Homme 1 : J'aime pas ça ! Ca sent pas bon, les flics vont commencer à se poser des questions.

Homme2 : Qu'est-ce qu'on fait alors ? On leur laisse la c…

C'est ce moment que choisi le portable d'Alex pour sonner. Ils entendirent alors les cris des hommes à l'intérieur.

Alex : Merde, merde, merde !

Homme : Putain les flics !

Tournant soudainement la tête, Alex et Kévin se regardèrent.

Alex : On fait quoi là ?

Devant la tête de Kévin, Alex resta figé.

Alex: Kévin ?

Kévin: On court !

Alex: Quoi?

Kévin se leva et lui saisit le bras.

Kévin : COURS !

Ils détalèrent le plus vite possible en voyant trois hommes sortirent armes aux poings. Des coups de feu retentirent, et ils essayèrent tant bien que mal d'éviter les balles, se dirigeant vers la voiture, n'ayant aucune autre couverture. Alex se jeta littéralement sur le siège conducteur avant de vider ses poches pour trouver la clef, balançant les portables, et essaya de l'introduire dans le contact, mais ses mains tremblaient tellement que ça lui était difficile. Kévin entra côté passager au moment où un tir vint exploser le pare-brise. Ils se reculèrent tous les deux sous le choc, avant qu'Alex ne réessaye désespérément de mettre le contact.

Kévin : Grouille-toi putain !

Un autre tir les obligea à se baisser ; la balle siffla à leurs oreilles et termina sa course dans le pare-brise arrière.

Alex : Hé merde ! T'es marrant toi aussi !

Kévin sorti son arme et tira à son tour sur les hommes, sans grand résultat. Ils étaient à couvert derrière des voitures, eux non.

Kévin : Démarre bordel

Alex : Je fais ce que je peux, ok ?

Kévin : C'est pas toi le pro des vols de bagnole, d'habitude ?

Alex : Je me fais pas tirer dessus quand je fais ça, d'habitude !

C'est à ce moment-là qu'Alex arriva enfin à faire démarrer la voiture, et sans réfléchir se mit à foncer sur les trois types qui continuaient à leur tirer dessus. Il accéléra en passant à leur hauteur, mais ceux-ci s'écartèrent et continuèrent à les mitrailler. Kévin regarda derrière lui et ne vit plus qu'un seul homme au milieu de la route, tandis que les autres arrivaient en voiture et partaient dans la direction opposée à la leur. Il retourna la tête et s'appuya contre le siège.

Kévin : Putain, on a eu chaud

Alex : C'était terrible quand même, non ? Comme dans un film de…

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que deux dernières détonations se firent entendre et la voiture devint incontrôlable. Il essaya de maîtriser le véhicule qui se stoppa peu après, non sans avoir fait une embardée.

Kévin : C'était quoi ça ?

Alex souffla un grand coup quand la voiture s'immobilisa.

Alex : Il a dû toucher un pneu !

Puis il tourna la tête soudainement vers Kévin, qui le regarda avec questionnement, avant qu'une seule et même question ne franchisse leurs lèvres.

Alex/ Kévin : C'est quoi c't'odeur ?

Ils sortirent de la voiture en un seul et même mouvement et se mirent à courir, mais ils n'étaient pas assez loin quand la voiture explosa. Ils se firent projeter au sol.

Alex tenta de lever la tête mais sa vue se troubla, et la dernière chose qu'il pensa après avoir aperçu Kévin allongé inerte de l'autre côté de la rue, ne fut pas réconfortant.

Alex : Mercier va nous tuer !

Il perdit connaissance.