CHAPITRE 22 :
Mercier : Berthier !
Yann : Quoi encore ?
Mercier : Mais vous allez vous calmer, oui ?
Yann était arrivé avec Antoine deux heures auparavant, et déjà la Commissaire regrettait de l'avoir accepté aussitôt dans son équipe. Certes, il était Capitaine, et un bon Capitaine par-dessus le marché ; mais ses sentiments prenaient le dessus et plus que le flic, c'était le mari qui était entré en action. Secouant tout le monde, criant, rageant, secouant les branches avec une vitalité telle que jamais quelqu'un aurait pu croire qu'il venait de sortir de l'hôpital. Et Nicole était déjà fatiguée rien que de le voir s'agiter dans tous les sens.
Yann : Et le pont de la Seine, vous y avez été ?
Antoine : On y a envoyé une équipe y'a 30 minutes Yann !
Yann : Qu'est-ce qu'ils foutent alors ?
Antoine : Tu veux pas rentrer te reposer, là ?
Yann : Quoi, je t'emmerde peut-être ?
Antoine : C'est même plus une question de peut-être à ce stade ! T'es intenable depuis que t'es arrivé.
Yann ouvrit la bouche mais Antoine la lui bâillonna de sa main.
Antoine : .CALMES. .. . ! On apprécie ton aide, tu nous as indiqué pas mal d'endroits où on n'a pas été, c'est très bien, mais on prend la relève.
Il tarda à enlever sa main, mais voyant le visage de son supérieur se détendre, il finit par la retirer. Yann secoua juste la tête avant de partir s'isoler. Et Antoine de soupirer de soulagement, croisant le regard implorant de gratitude de Nicole Mercier.
Antoine : Ce mec je l'adore en tant que supérieur, en tant qu'ami, mais nom d'un chien je suis heureux de ne pas être PD. Parce que se le farcir en tant que mari, non merci !
La Commissaire partit à rire, suivie d'Antoine, le commentaire relevant un peu la tension qui s'était installée depuis 6 jours.
Alex franchit les portes de l'ascenseur, tête baissée, l'inquiétude traduite par ses traits tirés, Laura à ses côtés. Ils étaient partis en renfort de l'équipe de la B.A.C. pour aller vérifier les lieux que Yann leur avait indiqué, mais ils revenaient, une fois de plus, bredouilles.
Tous plus démoralisés les uns que les autres, sans plus de solution apparente. A leurs têtes, Nicole ne prit pas la peine de poser LA question, il était évident que les recherches avaient été, une fois de plus, infructueuses. Elle secoua la tête, dépitée. Comment tout cela avait-il pu atteindre un tel niveau. Un flic, un lieutenant qu'elle appréciait, malade, incapable de continuer le boulot qu'il aimait. Et elle ne s'était aperçue de rien. Moreno lui avait expliqué en détail toute l'histoire, du moins ce qu'il en connaissait et les choses dont il avait été le témoin, et elle, n'avait jamais prêtée attention au mal-être et aux malaises de son subordonné. Avait-elle été tellement accaparée par son travail ? Lorsqu'elle avait su, l'effet de la révélation avait été comme un coup de poing. Elle s'était alors promis d'enlever ses œillères et de faire plus attention à son Lieutenant, lui promettant une réaffectation de poste qui ne le changerai pas énormément, au même étage, dans les bureaux les plus proches, pour ne pas qu'il se sente isolé.
Oui, elle lui avait promis, et elle allait tenir sa promesse ! Du moins, dès que son équipe le retrouverait.
Yann releva la tête en entendant un coup frappé et la porte s'ouvrir. Devant le visage d'Alex, tout espoir s'envola et son visage se referma de nouveau.
Alex : Je suis désolé.
Yann : Putain mais c'est pas vrai ! Où est-ce qu'il est bordel ! Vous avez tout fait, les lieux aussi personnels que quelconques. Il lui est arrivé quelque chose, c'est obligé. Il aurait déjà donné signe de vie sinon ! L'Alerte diffusée à la télé l'aurait au moins fait réagir ! Oh non…
Alex : Quoi ?
Yann se prit la tête entre les mains. Il savait bien que son mari n'était pas suicidaire le moins du monde, mais est-ce que dans ce cas… était-il possible que…
Alex avait dû deviner ses pensées.
Alex : C'est pas son genre. Je dois t'avouer que j'y ai déjà pensé, mais non. Je ne le vois pas faire ça, aussi mal soit-il ! Une goutte de sang lui ferait presque tourner de l'œil et il déteste la violence, alors je le vois mal s'ouvrir les poignets ou essayer de se mettre une balle.
Yann releva la tête d'un coup. La phrase d'Alex avait fait mouche. Il se leva d'un bond, puis sauta sur Alex avant de l'embrasser rapidement à pleine bouche et de filer, laissant un Alex médusé.
Yann : T'es un génie Moreno, t'es un génie !
Toujours sous le coup de la surprise, Alex finit par mettre la première et partit en courant à la suite de Yann.
Alex : Ouais, je sais ouais ! Mais tu peux préciser génie de quoi exactement ?
Ils arrivèrent devant l'entrepôt. Le seul lieu dont personne ne s'était soucié, pas même lui. Mais si Kévin se sentait aussi coupable que Yann le pensait, le seul lien que son mari aurait pu avoir avec lui était son sang.
Il sortit précipitamment de la voiture, Alex à ses trousses, avant qu'ils ne se mettent à courir vers la bâtisse.
Yann : Tu fais le tour, je vais voir à l'intérieur. Le premier qui le trouve prévient l'autre.
Alex acquiesça puis partit en direction opposée à Yann, qui s'engouffra énergiquement à l'intérieur. Sa panique reprit le dessus une seconde, et il tenta de maîtriser les battements assourdissants de son cœur.
Il ne prit pas le temps de regarder aux alentours et se dirigea rapidement vers l'endroit où il s'était effondré quelques jours plutôt. Son cœur dans les tempes, il s'arrêta net, lorsqu'en tournant, il l'aperçut. Gisant par terre, inanimé, une main sur cette tâche si douloureuse, et une furieuse envie de vomir fit son apparition. Il déglutit tant bien que mal, avant de se précipiter aux côtés de son mari, se laissant tomber à genoux, le parcourant de ses mains pour une vérification nécessaire, avant de ne trouver aucune blessure quelconque. Frénétiques, ses doigts se posèrent à son cou, son autre main tapotant une joue fraîche dans l'espoir de lui faire recouvrer ses esprits. Et puis l'odeur lui parvint, les relents d'alcool engageants ses narines dans une danse désagréable. Non ! Pas lui, pas son mari. Lui qui ne tenait pas l'alcool.
Il se saisit de son portable et composa au plus vite le numéro des secours, dissertant avec eux, leur indiquant l'adresse, avant de raccrocher et d'appeler Alex ; comme promis, ayant pour seule réponse un « J'arrive » pressant.
Puis il reporta sa main sur la joue de son homme, la caressant, le capturant dans ses yeux émeraude, gravant ses traits au marqueur indélébile.
Alex : Mais il a fait quoi ce con ?
Yann se retourna, surpris par le ton colérique de son collègue. Mais à son visage, il sut que la colère était l'extériorisation de son inquiétude. Le bruit des sirènes se fit entendre, et Yann se demanda si, cette fois-ci, ils arriveraient à temps.
Et ils étaient arrivés à temps. Mais pas assez, visiblement, pour empêcher Kévin de sombrer dans un coma diabétique profond, aidé par la consommation accrue d'alcool.
Le Dr Anjak était venu expliquer à Yann la situation. Son mari avait fait une surdose d'insuline rapide ; pensant peut-être contrôler son taux au mieux, mais oubliant l'information concernant les hypoglycémies sévères suite à une consommation excessive. Car même si cela débutait par une hyperglycémie ravageuse, l'hypo suivait toujours derrière. De plus, il n'avait apparemment pas pris le soin de faire son insuline lente, et le tout lié à ses abus avait eu raison de son corps, empêchant la conscience de se substituer au néant dans lequel Kévin se trouvait plongé. Et plus les heures et les jours passaient, plus Yann devenait fou.
4 jours d'une attente insoutenable, 4 jours qu'il n'avait pas quitté son chevet, dans l'espoir de pouvoir replonger son regard dans ces deux prunelles océan qui le faisaient chavirer. 4 jours à perdre un peu plus pieds.
Car les médecins avaient été clairs. S'il ne se réveillait pas très vite, il n'y aurait plus rien à espérer. Et cette idée le terrorisait. Il ne pouvait pas vivre sans son mari, cette pensée était nette depuis le jour qui avait suivi leur dispute. Kévin lui avait terriblement manqué, et il ne voulait pas revivre ça. Jamais. Alors il s'accrochait. Pour lui. Pour eux. Il n'avait jamais lâché sa main plus de quelques secondes, celles qu'il prenait pour aller se soulager ; rien d'autre. Il parcourait son visage de baisers, comme chaque jour, un rituel qu'il espérait s'avérer utile. Il voulait que Kévin sente sa présence, il espérait que ça l'aiderait à surpasser ses démons et revenir vers lui. Si tant était qu'il avait encore le courage de lui faire face. Car les mots étaient toujours présents entre eux, et si Kévin s'était détruit à ce point en moins d'une semaine, Yann ne doutait pas de la raison. SA faute. Qu'il se devait de réparer à tout prix.
Alors, en désespoir de cause, il s'était mis à lui murmurer tout ce qu'il lui passait par la tête, s'excusant encore et encore à n'en plus finir, lui susurrant des « je t'aime » du plus profond de ses entrailles, lui demandant pardon, l'implorant de revenir à lui.
Et enfin, enfin, alors qu'il venait de s'endormir d'un sommeil léger et ravagé par sa culpabilité, il l'avait senti. Il se redressa, et serra une nouvelle fois la main douce qu'il venait de sentir bouger dans la sienne. Son regard se fixa sur les yeux clos de son mari ; et de nouveau un tressaillement léger se fit sentir contre sa paume.
Un sourire illumina son visage éteint depuis 4 jours, et il vit enfin les paupières closes essayées de s'ouvrir, de revenir vers et avec lui. Il appuya machinalement sur le bouton afin de prévenir l'équipe médicale, et reporta toute son attention sur le visage de son mari. Et son cœur tressauta de joie à la vue de deux immenses yeux azurs qu'il se prit en pleine figure. Sans réfléchir, guidé par l'euphorie, il se pencha et se saisit des lèvres de son époux dans un baiser tendre et passionné, qui sans aucun mot utile voulait tout dire.
Il ne se sentit pas repoussé, et trop heureux de cette joie retrouvée, il s'éloigna de cette bouche tant désirée, l'émeraude plongeant sans aucune retenue dans l'océan qui s'étendait devant lui.
Et un seul mot pu sortir de sa gorge nouée par l'immense soulagement qu'il ressentait.
Yann : Je t'aime.
Il n'eut pour seule réponse que l'esquisse d'un sourire avant que ses yeux ne se referment, mais il s'en contenta. Tout n'était peut-être pas perdu.
Kévin soupira. 5 jours qu'il était ici, 5 longues journées durant lesquelles il avait tenté de récupérer. Son coma avait laissé quelques séquelles. Des hypoglycémies persistantes et une envie de dormir quasi permanente.
Mais ses taux se stabilisaient et le Docteur Anjak était venu lui annoncer sa sortie pour l'après-midi même. Il avait eu le droit aux leçons de moral de Laura, Louis, Antoine, Marco, et Alex, surtout Ale, qui l'avait traité de tous les noms avant s'excuser. Même la Commissaire avait mis son grain de sel. Mais elle était partie en le rassurant, le mettant en repos forcé durant deux semaines, lui ayant fait la promesse qu'un poste avait été aménagé rien que pour lui. Consultant. Pas besoin d'aller sur le terrain, il ne savait pas en quoi cela allait consister, mais il occuperait toujours son bureau actuel, toujours en étroite collaboration avec ses amis, et rien que pour cela il avait eu envie d'embrasser Nicole. Au dernier moment, un soupçon d'esprit émergeant l'avait fait se contrôler, heureusement.
Il vit Yann arriver, le sourire n'ayant pas quitté ni ses lèvres, ni son visage ni ses yeux durant ces cinq jours. Il était resté à ses côtés, parlant de tout, de rien, lui demandant pardon. Simplement. Et Kévin ne comprenait pas. Le pardon n'avait jamais été donné à Yann car il n'en avait pas besoin, le seul fautif étant lui-même.
Et après les mots durs que son mari lui avait dits, sa réaction l'étonnait d'autant plus.
Yann : Tu es prêt ?
Kévin : Prêt ?
Yann : A sortir ! On rentre chez nous !
Aussi surpris soit-il, Kévin ne laissa rien paraître. Avait-il bien entendu ? Chez eux ? Dans leur nid qu'il avait cru ne jamais revoir ? Auprès de son mari qu'il croyait avoir perdu ?
De peur que son rêve ne s'arrête, il ne dit rien, hocha simplement la tête, saisit la main que Yann lui tendait, et profitant de cette chaleur qui lui avait manqué, se raccrocha à lui comme à un rêve.
Le trajet se fit en silence, et une fois rentré, Kévin se retrouva face à ses incertitudes, ne sachant quoi faire, que dire, comment se comporter.
Yann : Tu vas pas rester planter dans le hall comme ça !
Kévin leva deux yeux malheureux vers son mari, qui, n'y tenant plus, s'approcha de lui et captura son visage de ses mains.
Yann : J'ai été le plus beau des salauds, Kévin. Tu n'as pas mérité mes mots. Je t'aime, et je m'en voudrai toute ma vie. Je n'ai jamais eu honte d'être avec toi, d'être ton mari. Je n'ai jamais eu honte de toi. Mais j'ai honte de moi, de ce que je t'ai dit, et je ne te demande pas d'oublier, simplement d'essayer de me pardonner. J'ai été terrorisé à l'idée de te perdre, je ne veux plus jamais être séparé de toi. Je sincèrement désolé. Comme tu ne peux même pas t'imaginer.
Ses mots s'éteignirent, sa voix submergée par ses sentiments. Kévin posa ses mains sur celles de Yann, entrecroisant leurs doigts.
Kévin : Je ne peux pas te pardonner, Yann. Je ne peux pas… car tu n'as rien à te faire pardonner. Je t'ai menti, malgré ma promesse, et même si tes mots m'ont fait mal, je n'ai jamais pu t'en vouloir. Tu es mon mari, je t'ai trahi ; je les ai mérité.
Yann : non Kévin, non. Jamais tu m'entends ? Jamais tu ne dois penser ça. Je les ai dit sous le coup de la colère, j'étais mal, et apprendre ça… J'ai eu peur. Peur pour toi, peur en réalisant ce qui aurait pu t'arriver.
Kévin posa un doigt sur les lèvres de son mari, l'intimant au silence.
Kévin : Si on a tous les deux dérapés, nous sommes tous les deux excusés.
Leurs regards se figèrent, et Yann embrassa son doigt comme s'il était l'objet le plus précieux à ses yeux.
Yann : Je ne veux plus jamais être séparé de toi. Alors quoiqu'il se passe à présent, plus de secrets, plus de non-dits, je veux être là pour toi comme tu l'as été pour moi.
Et devant les yeux brillants d'amour et d'envie de son ange basque, il sourit.
Yann : Je t'aime
La bouche de Yann rencontra les lèvres sirupeuses de Kévin, tendres, chaudes, suaves, ces deux bijoux dont le manque s'était apposé très tôt à Yann. Avec toute son avidité à rattraper ces moments manqués, par ce bonheur de pouvoir goûter à nouveau à cette langue gourmande ; douce et expérimentée, Yann laissa ses sens le guider, demandant l'autorisation, sa langue franchissant ces barrières roses, les léchant presque timidement, les caressant, avant que la bouche de Kévin accède à sa demande et que leurs deux souffles s'unissent enfin, se supportant chacun, leurs corps et leurs mains s'agitant enfin, se collant l'un contre l'autre dans cette immensité qui s'offrait à eux.
Leurs mouvements comme un balai, leurs pas s'accordant sur ce parquet, leurs jambes se mêlant, se touchant, se rencontrant, sans jamais se gêner, leurs deux torses dévêtus se collant peau contre peau, chaleur de leur deux êtres se complétant sans mot aucun, continuant cette danse endiablée de deux âmes se retrouvant enfin, ayant faim l'une de l'autre, pressées de se donner à nouveau ; et sans jamais se séparer, sans jamais ouvrir leurs yeux, gagnés par cette aura les enveloppant de ses bras, rattrapés par cet éclair d'amour passionné, ils se retrouvèrent sur le lit, dans leur chambre, lieu de leur don infini. L'émeraude et l'azur se noyèrent enfin l'un dans l'autre, leurs hanches se collant, leurs cuisses se contractant au rythme de leurs bassins pris dans cette étrange valse de pureté, redécouvrant la sensation de leurs mains sur le corps de l'autre, comme au premier jour.
Et comme si le renouveau ne les avait jamais quitté, leurs ceintures se défirent, leur jeans valsèrent, leurs boxers s'envolèrent, et le désir brûlant leurs ardeurs, les mains de Yann s'attardèrent sur ce torse amaigri mais si toujours si fier, dessinant le contour de ce thorax ardent, l'emportant dans les braises infinies de cet amour surprenant, tandis que son dos se contracta sous le plaisir des caresses de son mari. D'un nouveau balais échangé, leurs bouches se dévorèrent, leurs sexes douloureux se rencontrèrent, et leurs hanches, leurs reins, leurs jambes bougèrent d'un accord commun non décidé, à l'unisson de l'autre, sans jamais se quitter, sans jamais se refreiner, accordant la cadence de leurs baisers, de leurs caresses, de leur excitation sur le mouvement adverse. Emportés dans ce nouveau torrent de cette passion à jamais ranimée, à jamais définie, mais toujours renouvelée, leurs gestes se firent plus saccadés, leurs mouvements plus dévorants, leurs désirs plus demandant.
Comme pour demander la permission, Yann s'arrêta un instant, son regard insistant, dans lequel son désir s'inscrivait, brûlant. Et Kévin hocha la tête, simple petit signe d'acceptation qui valait plus aux yeux de Yann que biens de mots. Ses doigts se glissèrent jusqu'à sa bouche enflammée, et, ne détachant pas ses yeux du regard de braise de Kévin, il les suçota, les salivants à outrance, avant de guider sa main vers le bouton de rose de son mari, qu'il caressa, presque timidement, avant d'y entrer un doigt en douceur et en tendresse, lentement, profondément, intimement, pour aller au contact de cette sphère de plaisir qu'il savait réceptive. Et Kévin s'arqua dans un gémissement de plaisir absolu, s'abandonnant totalement aux caresses expertes, désireux de plus, voulant cependant garder ce contact si intime, si unique, n'appartenant qu'à eux.
Puis l'index vint rejoindre le majeur dans cette antre chaude, et Yann se mit à faire des va-et-vient innocents, se délectant de la réponse jouissive de son amant, en voulant toujours plus, réclamant encore et encore ce contact, se délectant de leurs ardeurs inassouvies.
Kévin : Viens
Ce simple mot fit perdre tout contenance à Yann, et retirant ses doigts délicatement, il apposa son sexe à l'entrée de ce corps totalement offert à lui, assouvit à son désir, demandeur de son ardeur. Dans un mouvement de reins délicat, il s'enfonça alors entièrement au plus profond de son amant, leurs cris se mêlant, la satisfaction d'une union retrouvée leur faisant perdre toute contenance.
Les jambes de Kévin se resserrèrent autour de sa taille, l'attirant plus près de son corps, l'intimant d'aller plus profondément, leurs cœurs se mêlant et tressautant au rythme de leurs mouvements. Yann adopta une cadence saccadée, parfois accélérant, parfois ralentissant, gémissant en réponse à ce paradis dans lequel il était plongé avec son mari, et enserrant le sexe de Kévin dans sa main, il accorda le tempo de leur union magique, de leur balais unique avec l'idée en tête que ces épreuves traversées, les avaient fait se séparer pour me mieux se retrouver, les avaient déchirés pour mieux se réconcilier.
Dans leurs deux cris mêlés à une jouissance jamais encore égalée, leurs deux êtres se sondèrent dans la béatitude retrouvée, conscients que malgré la maladie, malgré les blessures, malgré certains mots, ils s'étaient une fois de plus retrouvés, ils n'avaient pas abandonnés, et de leur deux âmes tremblantes et abasourdies par cette union de nouveau scellée, ils eurent la certitude, à ce moment-là, que peu importe ce que l'avenir leur réserverait, leur amour les guiderait, car la vie devant eux s'étendait, et avec elle le bonheur d'être enfin heureux. D'être deux. A Jamais.
FIN.
