Chapitre IV/
Les récentes nouvelles au sujet du départ de Jin seront bien sûr incluses dans cette fic. Mais comme je ne dispose d'aucun détail concernant les raisons de cette décision, je vais inventer beaucoup de choses. Merci pour toutes les gentilles reviews que je reçois ^^
Une quinzaine de jours s'écoula sans évènements notables à raconter mais, dans son esprit, Jin était en pleine remise en question. Il avait reçu un mail de Johnny lui racontant ce qu'il allait devoir faire pour préparer son retour dans Kat Tun ainsi que les futurs projets. En le lisant, il avait senti comme une main glacée lui étreindre le cœur. Il était trop bien à Los Angeles, il n'avait plus envie de repartir. C'était encore pire que la première fois qu'il était venu ici pour apprendre l'anglais. Tout le monde s'était étonné de la vitesse à laquelle il était parvenu à le parler couramment avec un bon accent. Il n'avait pourtant jamais été un élève brillant. Mais il avait toujours su que cette langue était capitale pour son avenir et il l'avait travaillée avec acharnement, persuadé en son for intérieur qu'il reviendrait aux Etats-Unis et qu'il avait quelque chose à y faire.
Il s'était rendu compte que la vie dans le groupe ne lui plaisait plus comme avant. On lui avait plusieurs fois fait la remarque qu'il avait l'air de s'ennuyer pendant les émissions de CKT. Il n'en avait pas seulement l'air…Ils recevaient des invités tellement débiles parfois !
Il avait pris sur lui mais il se demandait comment il allait pouvoir recommencer.
Il en parlait souvent à Joey et Dune qui l'écoutaient toujours mais ne savaient pas quoi lui conseiller. Jin ressentait de plus en plus le besoin de voir Yamapi. Il ne lui racontait rien de tout ça par téléphone préférant attendre le moment où il l'aurait en face de lui parce qu'il trouverait mieux ses mots.
Yoshiki l'avait autorisé à venir au siège d'Extasy Records. Alors un jour, il se décida à y aller et accompagna Joey puisqu'il travaillait là-bas. Il n'avait pas eu de nouvelles de Yoshiki depuis le restaurant mexicain mais il devinait facilement qu'une star de cette trempe-là devait avoir un emploi du temps de ministre.
Joey l'introduisit dans les couloirs aux murs recouverts de lambris et ce qu'il y avait comme décoration avait de quoi faire rêver : des récompenses obtenues par tous les artistes de renommée mondiale qui avait enregistré dans ce lieu : Madonna, Sting, Pink Floyd…c'était à en donner le tournis et Jin se demandait comment Yoshiki avait pu acheter un endroit pareil.
- T'as l'intention de te recueillir devant tous les murs ? lança Joey d'un ton moqueur, voyant qu'il faisait des stations fréquentes.
- Mais c'est un truc de dingue cet endroit ! En plus, c'est un vrai labyrinthe !
- Seulement la première fois, t'inquiète pas.
- Et pourquoi il n'y a de fenêtres nulle part ?
- Il a été conçu comme ça, j'en sais rien. Le problème c'est qu'on ne sait jamais quelle heure il est, si c'est le jour ou la nuit. On s'éclaire toujours à la lumière artificielle et moi j'oublie complètement le temps qui passe quand je suis ici.
Cette absence de fenêtres était un peu troublante pour Jin. Ca devait être assez étouffant à la longue !
- Tu crois que je peux voir Yoshiki ?
- Pas garanti ça. Il est en plein travail avec deux des membres de son groupe. Quand c'est comme ça, mieux vaut ne pas le déranger. Tu ne l'as jamais vu dans le boulot, Yoshiki c'est un féroce quand il s'y met !
- C'est vrai que ça fait plus de quinze ans que ça dure ce projet de Violet UK ? Comment ça se fait ?
Joey eut un sourire mi-amusé, mi-souffreteux et chuchota :
- Le boss est un maniaque de la perfection, ça frise la pathologie !
Jin retint un rire un peu incrédule. Bizarre…Yoshiki ne lui avait jamais paru comme étant casse-pied.
Joey le mena jusqu'au studio de mixage où il travaillait. Il lui expliqua ce qu'il faisait et lui fit même écouter certaines chansons de VUK. C'était…planant. Blind dance le prit aux tripes.
- Il attend quoi pour la sortir celle-là ?
- 'Sais pas. Il dit qu'elle n'est pas finie.
- Mais elle est parfaite !
- C'est ce qu'on se tue à lui expliquer. Mais comme personne n'a jamais su ce qu'il entend dans sa tête quand il imagine cette chanson, personne n'arrive vraiment à lui donner ce qu'il veut.
- Qui a écrit les paroles ?
- Lui. Paroles et musique, il fait toujours tout.
Jin avait envie de la réentendre encore. Les phrases qu'il avait retenues tournait dans sa tête et lui procurait une étrange sensation de bouleversement. Elles étaient magnifiques ces paroles et il avait envie de les fredonner…
Joey devait travailler et il ne voulait pas être une gêne. Alors il demanda s'il pouvait faire un tour :
- Tu peux oui. C'est bien simple, tu entres là où les portes sont grandes ouvertes et tu t'abstiens pour le reste. Avec un peu de chance, tu tomberas sur Yoshiki. Sinon je crains que tu ne t'ennuies vite.
- T'en fais pas, je n'avais pas l'intention de passer la journée ici. Mais je suis content d'être venu quand même.
Car il avait le sentiment de toucher du doigt la cour des grands dans ce studio. Des très grands, ceux qu'ils ne pourraient jamais rejoindre, lui le petit idol. Venir ici était une leçon d'humilité.
Il se mit à marcher dans les couloirs, avec autant de respect que s'il marchait dans un temple, en faisant attention au bruit de ses pas. Il osait à peine entrer dans les salles vides et ouvertes. Elles étaient toujours pleines d'instruments. Bizarrement, il ne croisait personne dans les couloirs et ce qu'il y avait derrière les portes fermées, il l'ignorait totalement. Chaque pièce devait être insonorisée parce qu'il n'entendait aucun bruit de musique ni de conversation. Quelle étrange atmosphère…
- Jin ?
Le jeune homme sursauta et se retourna vivement au son de la voix qu'il avait reconnu tout de suite. Il se sentit comme un enfant pris en délit de vagabondage là où il ne doit pas être.
Le maître des lieux était là, vêtu de noir de la tête aux pieds. Il était sorti d'une pièce derrière Jin et se tenait devant la porte ouverte, souriant et un peu étonné de le trouver là. Il n'avait plus sa minerve :
- Je ne savais pas que tu viendrais aujourd'hui.
- Yoshiki désolé…Je suis venu avec Joey en fait…je voulais juste voir comment c'était, je n'avais pas l'intention de te déranger. Il paraît que tu bosses beaucoup.
Le sourire de Yoshiki s'était élargi pendant qu'il parlait. L'embarras de Jin était mignon à voir.
- Ne sois pas gêné voyons, ce n'est pas grave. Je travaille beaucoup c'est vrai mais je sais que tu ne me gêneras pas.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- J'enregistre une nouvelle chanson pour X-Japan.
- C'est cool ça !
Jin avait passé des heures à se renseigner sur la vie de Yoshiki et sur le groupe. Ce qu'il avait appris avait considérablement modifié sa façon de le voir. Il avait compris pourquoi il était l'objet d'un tel culte après avoir vu défiler la longue histoire du groupe ponctuée de concerts à couper le souffle. Il l'avait vu jouer jusqu'à épuisement sur sa batterie et faire des envolées de maestro sur son piano. Un artiste et un grand ! Du talent à l'état pur et il s'était senti bien petit en comparaison.
Le visage de hide ne lui était pas inconnu. Qui n'avait jamais entendu parler de lui au moins une fois ? Apparemment, Yoshiki était toujours attristé de sa mort s'il en croyait les nombreuses fois qu'il l'avait cité dans ses interviews récentes.
Il avait très vite délaissé les potins divers pour regarder des extraits de chansons jouées en live. Ce n'était pas le genre de musique qu'il écoutait tous les jours mais quand même, c'était impressionnant. Il enviait leur prestance à tous les cinq, leur habileté de musiciens et la puissance que dégageaient les concerts.
Il avait l'artisan de cette étonnante épopée était devant lui en un homme vêtu de noir, fragile et fascinant à la fois. Ca faisait bizarre de se rappeler du look féminin qu'il avait eu à une époque. Jin se demandait d'où Yoshiki tirait la force de son jeu de batterie.
- Jin tu rêves ?
Le jeune homme sursauta légèrement et se rendit compte qu'il était planté comme un piquet devant Yoshiki depuis plusieurs secondes.
- Désolé…Tu disais quoi ?
- Je disais qu'on est en train de bosser sur la chanson mais si tu veux jeter un œil, ça ne me dérange pas.
Jin sauta sur l'occasion :
- Je viens ! Je vais me faire tout petit !
Yoshiki sourit et le fit entrer dans une salle ronde aux murs toujours lambrissés. Il y avait plein de câbles par terre et une console d'enregistrement allumée de tous ses boutons.
A l'intérieur, trois autres hommes : un ingénieur du son derrière la console, Toshi derrière un micro et un troisième homme avec une guitare que Jin reconnut étant comme Sugizo, le nouveau membre.
Il était un peu gêné car il avait l'impression d'arriver là comme un cheveu sur la soupe. Peu s'en fallut qu'il ne change d'avis et ne dise à Yoshiki qu'il repasserait quand il serait moins occupé. Mais le batteur le devança en le présentant :
- Bon, les gars, j'ai ici un ami qui est passé me voir. Et comme il est curieux, il a voulu savoir comment ça se passe chez les pros !
Cette dernière phrase fut prononcée sur un ton taquin et Jin y répondit par une légère moue.
Toshi avait déjà vu Jin et le salua d'un signe de tête. Par contre, Sugizo fronça les sourcils et le regarda attentivement :
- Je ne t'ai pas déjà vu ?
- Euh je ne crois pas monsieur, répondit Jin en s'inclinant. Je m'appelle Jin Akanishi.
- Ah mais si je te connais ! s'écria Sugizo. Ma fille est fan de toi ! Tu fais partie de Kat Tun c'est ça ?
- Oui.
- Ca alors, elle va enrager quand je lui dirai ! Elle a des posters de toi dans sa chambre, tu es son chouchou dans le groupe.
Toshi avait l'air étonné :
- Mais attends, elle a quel âge Luna ?
- Treize ans. Elle arrive à l'âge où on commence à s'intéresser aux beaux garçons, j'ai pas fini d'en entendre ! Ca ne t'embêtera pas de me faire un autographe pour elle Jin ?
Le jeune homme était rouge comme une écrevisse. C'était eux les superstars et c'était à lui qu'on demandait un autographe ! Pour le coup, il était pas mal déstabilisé !
- Oui…bien sûr euh…je vais me mettre dans un coin et vous laisser bosser.
Sans dire un mot, Yoshiki le regardait et ne pouvait pas s'empêcher de sourire. Quand il avait vu Jin passer dans ce couloir, ça lui avait fait chaud au cœur. Après une quinzaine sans que Yoshiki lui ait donné de nouvelles, Jin ne l'avait pas oublié et il était venu. Il était intimidé, impressionné et il essayait de le cacher maladroitement, c'était mignon. Jin était probablement le genre de personne qui s'attire toutes les sympathies. Il s'était beaucoup attaché à lui.
Il regarda le jeune homme filer au fond de la salle et s'asseoir à même le sol, le dos contre le mur et les jambes repliées devant lui comme s'il voulait tenir le moins de place possible dans la pièce. C'était visible qu'il avait peur de gêner.
Yoshike détourna enfin son regard pour s'intéresser à ses deux amis. Toshi semblait préoccupé et Sugizo souriait en attendant patiemment la suite des opérations.
- Allez on reprend…
Jin resta à sa place à les regarder et ne s'ennuya pas parce qu'il y avait quelque chose de fascinant à les regarder faire. Comme lorsqu'il avait regardé des vidéos d'eux, il se mit à les envier. Ils avaient une carrière quatre fois plus longue que la sienne, ils avaient tout gagné, tout surmonté probablement et plus rien à prouver. Ils donnaient l'impression d'être libres et de pouvoir faire uniquement ce qu'il voulait. Il y avait quelque chose de désinvolte à la façon dont Sugizo s'appuyait sur une jambe, à la façon dont Yoshiki hochait la tête en écoutant la voix extraordinaire de Toshi et lui disait « Ok refais-le plus bas ou plus haut… »
Jin comprit vite pourquoi il avait la réputation d'être un indécrottable perfectionniste. Il avait une bonne oreille et ne trouvait rien à redire à ce que faisait Toshi. Pourtant, Yoshiki trouvait toujours qu'on pouvait faire mieux.
Son esprit se mit à vagabonder vers un avenir rêvé. Il avait envie d'être comme eux dans vingt ans. Il voulait être maître de ce qu'il faisait, avoir un groupe de danseurs. Et pourquoi pas de musiciens pour l'accompagner ? Ce serait une belle bande de copains très unie avec lesquels il partirait sur les routes des Etats-Unis. Ses concerts auraient beaucoup de succès et il deviendrait riche. Il deviendrait ami avec Justin Timberlake et ferait même un duo avec lui !
Il s'achèterait une belle maison, ici à Los Angeles près de la mer. Elle serait très grande, trop pour un seul homme mais elle ne serait jamais vide. Il y aurait plein de chambres d'amis et il passerait son temps à y inviter du monde pour faire la fête. A quarante ans, il serait un artiste épanoui, reconnu et il danserait tant qu'il en serait capable. Son instinct paternel était éveillé depuis longtemps mais il attendrait avant de réaliser cette envie-là. Après tout, pour les hommes, il n'y avait pas de date limite pour ce genre de choses. Il serait son propre patron en tout cas et ne ferait que ce qu'il voudrait.
C'était ça le grand rêve de sa vie. Il était plus grand que tout ce qu'il avait raconté en interview. Comme beaucoup de rêves, celui-là semblait fou et inaccessible. Mais il lui soulevait le cœur d'enthousiasme et, quelque part, il gardait un petit espoir de le rendre réel. Cependant, il n'aurait osé en parler à personne de peur de paraître trop ambitieux. Même Pi n'en savait rien. Mais les trois stars qu'il avait devant lui prouvaient bien qu'atteindre les sommets est possible. Il s'agissait juste de savoir s'il avait assez de talent pour ça…
Jin était si discret qu'au bout d'une heure et demie, Yoshiki se demanda s'il était toujours là. Il jeta un œil et vit qu'il n'avait pas bougé de son coin.
- Toshi, Sugizo, on va arrêter là pour aujourd'hui.
- Déjà ? s'étonna Toshi, habitué à voir ce genre de séances se terminer à des heures indécentes.
- Oui ça ira, la chanson avance bien. En plus, j'entends à ta voix que tu commences à fatiguer.
- Ca m'arrange, dit Sugizo. J'ai des potes à aller voir.
Puis il se tourna vers Jin pour lui demander l'autographe pour Luna. Le jeune homme s'exécuta sur une feuille de calepin et s'appliqua à écrire un petit message avec la signature.
Pendant ce temps, Yoshiki disait à Toshi :
- Je vais discuter un peu avec Jin puisqu'il est venu jusqu'ici. Ne m'attends pas.
- D'accord je vais rentrer.
- Tu ne sors pas beaucoup tu sais ? Tu devrais profiter un peu plus de la ville et t'amuser un peu. Et puis…les femmes sont sublimes ici !
Mais l'expression de Toshi se ferma légèrement et il répondit :
- Moi et les femmes en ce moment…j'ai plutôt envie de rester tranquille.
Yoshiki n'insista pas. Il avait envie de parler avec Jin. Toshi quitta le studio avec Sugizo et Jin se leva, les fesses douloureuses d'être restées deux heures sur le bois dur du parquet.
Yoshiki s'approcha de lui :
- Ca va ? Tu as tenu le coup tout ce temps bravo !
- C'était cool, je t'assure. Je voudrais…être comme vous tous un jour.
- Tu n'as pas à te plaindre. Je n'étais pas aussi célèbre que toi à ton âge.
Jin sourit et rétorqua :
- Ce n'est pas vrai. Quand t'avais mon âge, c'était la période de Jealousy et ça marchait du feu de dieu pour X.
Yoshiki parut surpris :
- Je croyais que tu n'écoutais pas le groupe ?
- Je me suis renseigné parce que j'avais envie d'en savoir plus.
Yoshiki croisa les bras et le regarda avec une pointe de curiosité :
- Et ? Qu'en as-tu pensé ?
- Ben c'est impressionnant.
Jin ne savait pas quoi dire d'autre et il n'aurait sûrement jamais raconté à Yoshiki toute la rêverie qu'il avait eue pendant qu'il les regardait travailler.
- Au fait ! s'empressa-t-il d'ajouter. J'ai entendu quelques chansons de Violet UK. C'est une tuerie ce projet ! T'attends quoi pour le sortir ?
Yoshiki se mit à rire et le prit par l'épaule pour l'entraîner hors de la pièce :
- Ce n'est jamais que la millionième fois qu'on me pose la question. Et je vais te répondre la même chose qu'à tous les autres : je le sortirai quand j'en serai pleinement satisfait.
- Ben ouais mais le problème c'est qu'il paraît que tu ne l'es jamais !
Yoshiki mit ses mains sur ses hanches, l'air faussement indigné :
- On t'a fait un joli portrait de moi apparemment !
Avant que Jin ait trouvé quelque chose à répondre, il reprit en riant :
- Laisse tomber, mes techniciens ne se cachent même plus pour le dire. Je sais que je suis chiant. Mais je ne changerai pas pour autant ! Dis-moi, est-ce que tu joues d'un instrument ?
- De la guitare. Mais j'en joue comme un mec qui a appris pour épater les filles. J'ai de sacrés progrès à faire avant que de valoir quelque chose là-dedans.
Jin avait peur que Yoshiki lui demande de jouer devant lui !
- Tu as ton spectacle ce soir ? demanda Yoshiki.
- Oui, d'ailleurs, je ferai mieux d'aller répéter. Et dans quelques jours, mon meilleur ami va venir ! dit Jin d'un air ravi.
- Ah c'est bien.
Yoshiki avait envie que Jin reste encore un peu mais puisque ce dernier avait des choses à faire... Le jeune homme ajouta :
- Le 04 Juillet c'est mon anniversaire. Je sais pas trop encore ce que je vais faire mais dans tous les cas, tu seras libre ?
- Tu fais bien de me prévenir à l'avance alors, je ferai en sorte de me libérer.
- Cool ! Alors je vais te laisser bosser maintenant, bye !
Lorsque Jin fut parti, Yoshiki se sentit étrangement mal. C'était comme ça depuis quelques jours d'ailleurs. Il la connaissait cette sensation oh oui…il n'en était pas à sa première fois.
- Y'a vraiment rien qui va bien chez moi en ce moment…, soupira-t-il en secouant tristement la tête. 'Manquerait plus que ça, quel imbécile je fais…
Bien décidé à chasser sans pitié cette pensée stupide, il retourna travailler. Deux heures plus tard son portable sonna c'était Toshi, la voix désespérée.
- Yoshiki…
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda le batteur, déjà inquiet.
- Je suis en train de lire la version française d'Endless Rain que tu m'as filé. C'est horrible !
- Oh mais tu m'as fait peur idiot ! A ta voix, j'ai cru que c'était quelque chose de grave, soupira Yoshiki. T'es où là ?
- Chez toi. C'est quoi cette langue ? C'est encore pire à prononcer que l'anglais !
- Ah ça, je ne doute pas qu'on va avoir du boulot, t'as jamais été doué pour les langues étrangères !
- Oh ça va hein ! Quelle idée de vouloir faire ça aussi ? Ils vont se foutre de moi en France quand ils m'entendront !
- Mais non, ça fait toujours plaisir ce genre de choses même si c'est pas parfait. On peut bien faire ça après avoir annulé trois concerts !
- Et pour ce truc à Paris au mois de Juillet ça avance ?
- Le management fait la gueule mais notre venue est annoncée, il n'est plus question d'annuler quoi que ce soit cette fois !
- Ok ben amène-toi dès que tu pourras parce que j'ai besoin que tu m'expliques comment on prononce certains mots.
- Je viens, je viens…, dit Yoshiki en pensant très fort que la soirée promettait d'être animée. Il n'était pas patient et ce genre de petit travail en tête-à-tête finissait souvent en chamaillerie. Je vais prendre une pizza en passant.
- Tu ne fais jamais à manger toi-même n'est-ce pas ? Ta cuisine est nickel comme si elle sortait du magasin !
- Je n'ai ni le temps, ni l'envie. Mais si t'as envie de jouer les fées du logis, ne te gêne pas surtout ! Tu serais mignon avec un petit tablier !
- Yoshiki...faut vraiment que tu te maries, ça devient grave !
Le batteur partit d'un grand rire :
- C'est le mec qui vient de divorcer qui me dit ça ? Bon allez j'arrive, j'aime mieux t'avoir en face de moi pour te charrier.
- Super, ça va être ma fête ! A tout de suite alors !
Yoshiki raccrocha en pensant que Toshi devenait très bougon ces derniers temps. C'était marrant et ça lui donnait envie de l'embêter deux fois plus. Puisqu'il n'y avait rien de très urgent, il envoya promener le boulot et quitta le studio pour rentrer chez lui.
