Chapitre VII/

Pour me justifier sur mon rythme de parution anormalement rapide, je n'ai qu'un mot à dire : je passe les vacances les plus ennuyeuses de ma vie (dans un coin où il n'y a strictement rien à faire) alors je me plonge dans cette histoire pour me changer les idées. ^^"

La déprime lui avait perturbé l'esprit ou quoi ? Un jeune homme…de vingt ans de moins que lui en plus ! L'âge l'avait-il transformé en vieux pervers ? Sa jeunesse et sa joie de vivre l'avaient profondément touché. Jin avait apporté une bouffée d'air frais dans sa vie qu'il voyait en gris. C'était un peu parce qu'il était là qu'il avait retrouvé le moral. Mais ça ne devait pas aller plus loin, jamais. Il n'avait rien à lui apporter, homme sur la pente descendante, trop triste, trop sombre pour quelqu'un comme lui. Jin ne comprenait pas. Il valait mieux qu'il s'éloigne de lui pendant un moment.

« Et vraiment Yoshiki, grouille-toi de trouver une nouvelle copine. Si tu commences à regarder les hommes, c'est qu'il y a quelque chose de détraqué chez toi. »

« Je n'ai plus de temps pour ça Toshi. La musique sera ma seule maîtresse. Je préfère rester tout seul. »

Les jours qui suivirent ne furent pas très amusants pour Jin : Pi fut beaucoup moins disponible, occupé qu'il était par sa relation toute neuve avec Dune. Il découchait souvent, laissant Jin aux prises avec ses pensées concernant Yoshiki. Le jeune homme avait commencé par le laisser tranquille, croyant que Yoshiki préfèrerait ne pas trop le voir pendant quelques temps. Il pensa qu'il valait mieux attendre qu'il se manifeste de lui-même et c'était une sorte de test pour savoir si Yoshiki ne lui en voulait vraiment pas.

Pour s'empêcher de penser, il se noya dans le travail. Le succès de son spectacle ne montrait pas le moindre signe d'essoufflement, un exploit sur une aussi longue période et pour un artiste inconnu. Il avait même eu droit à des articles dans la presse californienne et à un passage à la télé régionale. Dans le public, on voyait de plus en plus d'Américains mêlés au Japonais. Il était heureux et occupé au point d'en oublier le Japon dont il n'essayait même plus de prendre des nouvelles.

Avant qu'il ait eu le temps de s'en apercevoir, une dizaine de jours avaient passé et Yoshiki n'avait donné aucun signe de vie. Jin aurait pu se dire que ce n'était rien et qu'ils n'étaient pas proches au point d'être obligés de se voir sans arrêt. A la place, il ressentit ce silence comme un abandon vexant. Il essaya d'appeler Yoshiki, son portable était sur répondeur. Les SMS ne reçurent aucune réponse non plus. Il entra dans un état à mi-chemin entre la tristesse et la colère. Yoshiki lui avait dit qu'il n'était pas fâché alors qu'est-ce que signifiait ? Il obtint des nouvelles par Joey : Yoshiki était retourné au Japon pour affaires. Jin lui demanda de le prévenir lorsqu'il serait de retour et n'eut plus qu'à ronger son frein. L'absence de Yoshiki aurait pu être une bonne excuse et pourtant cela ne fit qu'aggraver son anxiété. Il aurait quand même pu lui dire qu'il partait !

En quel honneur ? lui souffla parfois sa conscience. T'es juste un pote hein ? Tu crois peut-être qu'il appelle tous ses amis pour les tenir au courant de tous ses faits et gestes ?

Cette pensée de bon sens l'obligea à se calmer et à attendre patiemment. Il dû attendre encore une semaine au bout de laquelle il se trouva coincé à devoir reconnaître une chose : Yoshiki lui manquait. Il suivait de loin en loin Dune et Yamapi pour se distraire mais finalement, leur couple n'éveillait en lui qu'un intérêt limité. Il se contentait de prêter une oreille attentive quand l'un et l'autre lui racontait quelque chose et il se sentait seul de ne pouvoir rien raconter lui. Qu'aurait-il dit d'ailleurs ? Qu'il avait envie de voir Yoshiki et que le fait de n'avoir aucune nouvelle de lui perturbait même son sommeil ? Pas vraiment normal comme attitude, fallait vraiment qu'il se soigne…

Enfin, le SMS salvateur arriva sur son portable de la part de Joey. Il était très tôt et Jin revenait tout juste d'une soirée en boîte organisée après son concert.

« Le boss est au bureau. Il y est allé tout seul puisque c'est dimanche » Jin ne fit ni une ni deux. Yoshiki était revenu et n'avait pas non plus répondu aux messages qu'il avait laissés sur son répondeur. Il remit sa veste qu'il avait à peine eut le temps de retirer et ressortit de son appartement.

Après des semaines de canicule, le temps avait fini par tourner à l'orage. Le soleil à peine levé révélait de gros nuages noirs qui ne demandaient qu'à lâcher leur cargaison de pluie sur la ville. Jin trouva facilement une place dans la rue déserte et s'engouffra dans le bâtiment. Il savait très bien se diriger dans ces couloirs à présent et il traça tout droit vers le studio sombre dans lequel Yoshiki s'enfermait des heures entières pour travailler. Pas un instant, il ne réfléchit à l'accueil que celui-ci allait lui réserver.

Il frappa à la porte et Yoshiki lui ouvrit. Il vit une surprise totale se peindre sur son visage :

- Mais qu'est-ce que tu fabriques ici ?

Jin entra vivement dans la pièce puis se tourna vers lui, les bras croisés, le nez frémissant d'indignation pendant que Yoshiki refermait la porte :

- Pourquoi tu ne réponds plus à mes appels ? Et ne me sors pas cette excuse à la con du « j'ai plus de crédit ! »

Yoshiki l'avait regardé tout ce temps avec le même sourire moitié-doux, moitié amusé qu'il avait souvent avec lui :

- Non en effet, je ne connais pas ce genre de problèmes.

- Donc tu les as bien reçus ? C'est quoi ton problème ?

Maintenant qu'il l'avait de nouveau devant lui, Jin sentait disparaître tout son énervement et comprenait de plus en plus qu'il était en train de se couvrir de ridicule en se comportant comme une petite amie délaissée. Il ne pouvait plus qu'essayer de sauver la face. Mais Yoshiki l'acheva en haussant les épaules :

- Qui te dit que j'ai un problème Jin ? Ce serait plutôt toi. Tu débarques ici à 6 h du matin, furieux pour je ne sais quelle raison. Je ne te dirai pas à quoi tu me fais penser, ça risquerait de t'énerver. J'ai eu tellement de travail à faire ces derniers temps que j'ai lâché mon portable personnel. J'en ai deux tu sais ? Un pour le boulot, un pour le privé. Et si tu as essayé de m'appeler pendant que j'étais au Japon, ça n'a même pas dû passer. Qu'avais-tu de si important à me dire ?

Evidemment, Jin n'avait rien à répondre parce qu'il s'était comporté comme un parfait crétin en agissant sur un coup de tête une fois de plus. Qu'est-ce qu'il était venu faire ici au juste ? La honte l'envahit au point qu'il eut envie de partir en courant.

- Désolé Yoshiki. Je sais pas ce qui m'a pris…dit-il d'une voix étouffée sans plus oser le regarder. Je n'avais pas de raison de venir, je vais te foutre la paix maintenant. C'est juste que…j'ai cru que tu ne voulais plus me voir.

Yoshiki se rapprocha de lui, toujours en souriant ce qui rassurait Jin autant que ça l'énervait parce qu'il sentait que Yoshiki avait envie de se moquer de lui. Mais chez lui, même ce genre de sourire contenait encore un soupçon de mélancolie.

Yoshiki leva la main et fit tomber doucement son poing sur la tête de Jin en demandant d'un air joueur :

- Je rêve ou je t'ai manqué ? Hé mon grand, tu as plein d'autres amis pour te passer de moi !

- Ne me parle pas comme si j'étais un gosse ! s'écria Jin, les joues rouges. Ca va, j'ai assez honte comme ça, pas la peine d'en rajouter !

Incapable de rester plus longtemps dans cette situation, Jin voulut passer devant Yoshiki pour déguerpir mais celui-ci l'attrapa au vol :

- Jin ne te vexe pas comme ça... Et ne t'en fais pas, je ne suis ni fâché ni ennuyé par toi.

- Ah bon ? bougonna Jin. On est toujours amis alors, t'as pas cherché à te débarrasser de moi ?

Yoshiki mit si longtemps à répondre que Jin lui lança un regard furieux :

- Non mais je rêve ! Ce n'est pas moi qui ait commencé je te signale !

- Tu n'es pas fautif. Je pensais que ce serait mieux que je m'éloigne un peu.

Sans lâcher Jin, Yoshiki posa doucement son front contre la tête du jeune homme. Ce contact ne dura qu'un instant mais Jin fut parcouru d'un grand frisson et il rata les premiers mots de la suite :

- Tant pis puisque tu me colles, ce sera à tes risques et périls !

- Et je risque quoi ? demanda Jin alors qu'une petite voix dans sa tête lui disait qu'il le savait fort bien.

Mais Yoshiki sauta du coq-à-l'âne :

- Tiens, il pleut ?

En effet, en tendant l'oreille, Jin perçut le bruit d'une pluie diluvienne qui s'abattait dehors. Bientôt, ce fut un coup de tonnerre assez proche qui résonna.

- Tu es venu à pied ou en voiture ? demanda Yoshiki.

Jin sentit venir une excellente raison de mentir :

- A pied, répondit-il en prenant son air le plus ennuyé. Je peux rester là le temps que ça se calme ?

- Bien sûr, répondit Yoshiki en souriant. Mais tu vas t'ennuyer.

Jin ne fit ni une ni deux et alla s'établir dans un confortable fauteuil tournant en déclarant :

- Mais non, ne t'en fais pas. J'aime bien te regarder bosser !

Yoshiki parut surpris mais le laissa faire et retourna à son énorme console. Il mit un casque sur ses oreilles et Jin n'eut pas la moindre idée de ce qu'il pouvait écouter et trafiquer avec tous ces boutons. En tout cas, il avait l'air concentré. Il ne fut même pas vexé que Yoshiki ne fasse pas le moindre effort pour s'occuper de lui et le désennuyer ! Puisqu'il avait débarqué ici sans prévenir alors que Yoshiki avait autre chose à faire, il ne se sentit pas le droit de râler.

Il se balança avec nonchalance sur son fauteuil. Il était bien là dans la chaleur et le calme total du studio. Tout y était noir depuis les murs jusqu'au sol en passant par les meubles. Il n'entendait que les faibles bruits du siège de Yoshiki qui grinçait quand il bougeait et la pluie au-dehors.

Il était content d'être là. C'était aussi bête et simple que ça mais il était mieux là à ne rien faire qu'à regarder Yoshiki bosser que chez lui en train de se monter la tête comme il l'avait fait ses derniers jours La honte de tout à l'heure s'était un peu calmée. Il avait compris une chose : Yoshiki en pinçait toujours pour lui. Il ne le disait pas clairement mais il était doué pour le faire comprendre autrement. Et pour la première fois, Jin se prit à réfléchir à ce qui se passerait s'il se prêtait au jeu. Il n'y avait jamais pensé avant : qu'est-ce que ça faisait d'être avec un homme ? Est-ce que ça lui plairait ? Au-delà de tous les problèmes que pourraient lui attirer la chose, il était curieux. Il n'avait jamais reculé devant les nouvelles expériences. Celle-ci l'intriguait autant qu'elle l'inquiétait parce qu'il ne serait pas le seul impliqué. Yoshiki avait un fond de sentiment pour lui et la dernière chose qu'il voulait c'était le blesser, lui qui semblait déjà si fragile.

Dommage...avec quelqu'un d'aussi cinglé que moi, peut-être que j'aurais essayé juste pour le fun. Mais je ne prendrai pas le risque avec Yoshiki.

Cette petite décision rapidement ratifiée, il sentit ses paupières s'alourdirent. Il avait passé une nuit blanche et maintenant qu'il était calme, il avait très envie de dormir. Il ferma les yeux dans l'optique de se reposer quelques minutes. De toute façon, Yoshiki était parti dans son monde et n'était pas prêt d'en revenir.

Lorsque Yoshiki estima qu'il ne pouvait plus améliorer davantage l'arrangement de la partie de Jade qu'il se repassait depuis une heure, il retira son casque et s'adossa à son fauteuil avec une grimace de lassitude. Il préférait être seul pour ce genre de chose. Quand il était avec le groupe, Pata s'endormait, Heath faisait semblant d'écouter et Toshi finissait toujours par lui reprocher « son perfectionnisme pathologique. » Seul Sugizo essayait de prêter attention à ce qu'il faisait mais Yoshiki pensait que c'était seulement parce qu'il venait d'entrer dans le groupe. Puisqu'au bout du compte, il était le seul à bosser sur ses détails, il aimait mieux le faire tout seul.

Il avait totalement oublié ce pauvre Jin mais il fut très surpris de découvrir qu'il s'était endormi en travers de son fauteuil, en une position acrobatique qui lui vaudrait sûrement de bonnes courbatures quand il se réveillerait.

Yoshiki appuya son coude sur l'accoudoir de son fauteuil, sa main sur sa joue et l'observa en souriant. Jin était casse-pied, collant, bavard, énergique, spontané, lumineux, jeune et plein de vie. Tout ce qu'il n'était pas et tout ce qu'il aimait aussi. Il avait un peu tendance à le voir comme un gamin alors qu'il avait vingt-six ans mais Jin était un peu ambigu. Il avait la force, le sex-appeal et la débrouillardise d'un homme adulte mais son sourire était celui d'un petit garçon. Jin était encore un homme-enfant qui oscillait selon les moments entre un esprit mature et des crises de gamineries. Il était déjà loin le temps où il le prenait pour un crétin d'idol. Il trouvait même que Jin méritait mieux que ça. Il l'aimait vraiment beaucoup, il l'attendrissait, il lui remontait le moral…et il l'attirait irrésistiblement.

Yoshiki se leva sans faire de bruit et s'approcha du dormeur dans l'optique de le réveiller. Il se risqua à effleurer ses cheveux du bout des doigts mais il eut peur que Jin s'en rende compte et il retira très vite sa main. Il l'appela doucement et le prit par l'épaule pour le réveiller :

- Jin ? Tu devrais rentrer chez toi. Tu es fatigué et je crois qu'il y a une accalmie.

Jin se redressa et étira son corps endolori :

- J'me suis endormi sans faire exprès. J'ai fait la fête toute la nuit.

Il leva le nez vers Yoshiki et le regarda un moment avant de lui sourire. Il était vraiment idiot...mais quand il y avait une connerie à faire, c'était toujours pour sa pomme.

- Dis Yoshiki…

- Oui ?

- Je sais que tu ne veux plus en parler mais réponds-moi franchement. T'as toujours envie de m'embrasser ?

Yoshiki poussa un léger soupir :

- Si je te dis oui, tu pars en courant ?

- Non, ça ne me fait pas peur. C'est juste bizarre, j'ai jamais essayé. Et je me demandais ce que ça ferait.

Le visage de Yoshiki prit une étrange expression entre le sourire et la grimace :

- Tu es incroyable toi. Et sacrément gonflé de dire ça pour un hétéro.

Jin demanda avec inquiétude :

- Ca te vexe ?

- Non, je suis juste stupéfait.

- J'ai souvent des idées bizarres. Et quand elles se fixent dans mon crâne, c'est dur de les sortir.

- Ok. Et ton idée fixe du moment c'est quoi exactement ?

Encouragé, Jin choisit d'y aller au culot :

- Je voudrais essayer parce que je suis un fichu curieux qui y pensera toujours tant qu'il n'aura pas testé.

Il baissa les yeux, gêné et pouvant à peine croire ce qu'il disait :

- Seulement...je ne veux pas que ça te fasse du mal. Tu comprends…je sais pas si t'as des sentiments. En fait, t'as raison, je suis sacrément gonflé de te demander ça, acheva-t-il en se grattant les cheveux d'embarras.

Yoshiki s'accroupit pour être à sa hauteur et lui demanda avec sérieux :

- Blague à part, tu veux vraiment que je le fasse ?

Jin acquiesça sans un mot en sentant son cœur rater un battement. Il se demandait ce que Yoshiki pouvait bien penser.

Ensuite, il ne fut plus capable ni de bouger ni de réfléchir. Yoshiki s'appuya sur les accoudoirs et hissa son visage vers le sien. Lentement, vraiment lentement comme s'il ne le croyait pas. Jin franchit de lui-même les derniers centimètres sans y penser. Le premier contact fut hésitant mais pas longtemps. Yoshiki avait des lèvres toutes douces et Jin se rendit compte de quelque chose d'étonnant : il était à l'aise. Pas timide, pas effrayé du tout, il y alla franchement et scella ses lèvres à celles de Yoshiki. Il n'alla pas jusqu'à l'approfondir toutefois, il se contenta d'un baiser doux, léger mais bien plus long que ce qu'il aurait pensé a priori. Il aimait ça. Vraiment. Il aimait la bouche de Yoshiki sur la sienne, son odeur à lui et même ses bras tendus de chaque côté de sa tête.

Lorsque Yoshiki s'éloigna, il se sentit frustré. Ouvrant les yeux, il tomba sur un sourire doux et une main qui lissa tendrement les mèches de son front :

- Tu es dégourdi pour une première expérience.

Jin fit une petite moue :

- J'ai 26 piges, pas 15. Et j'suis pas une fille !

Yoshiki se mit à rire et passa son index sur une de ses joues :

- Pourtant tu rougis !

- C'est pas vrai !

Jin était assez choqué parce qu'il ne s'était pas attendu à ce que baiser soit aussi bon. Il avait déjà envie de recommencer.

C'est pas possible ! Est-ce que je serai… ? Mais aucun mec ne m'a jamais attiré pourtant !

Sauf Yoshiki. Il fallait bien qu'il reconnaisse que ce baiser lui avait révélé l'attirance qu'il éprouvait pour lui. Ce n'était pas finalement pas si anormal qu'il lui ait tant manqué durant son absence. Mais c'était un peu dur à avaler comme révélation. Heureusement qu'il était assis…

Yoshiki s'était relevé mais il était toujours penché vers lui, appuyé sur les accoudoirs :

- Alors ta curiosité est satisfaite ? Je suis sûr que t'as trouvé ça bizarre finalement.

- Ben en fait.., balbutia Jin. J'ai aimé.

- Tu as aimé ? répéta Yoshiki.

- Oui...Je suis peut-être encore plus cinglé que je ne le pensais finalement, marmonna-t-il avec un petit rire.

Il se sentait comme un assoiffé à qui l'on n'a pas donné assez d'eau. N'écoutant que son envie, il se tint aux bras tendus de Yoshiki et se redressa pour l'embrasser de nouveau avec encore moins d'hésitation que la première fois. Il sentit clairement à sa réaction que Yoshiki était surpris. Il se dégagea un instant pour souffler d'une voix faible :

- Qu'est-ce que tu fabriques ?

- Je crois que cette nouvelle expérience me plaît beaucoup finalement. Ne me demande pas ce qui me passe par la tête.

Yoshiki resta figé quelques secondes puis soudain, il reprit les lèvres de Jin entre les siennes pour un baiser incroyablement sensuel et langoureux que Jin savoura sans retenue. Mais Yoshiki n'osa pas le toucher davantage et garda ses mains sur les accoudoirs.

Quant ils n'eurent plus de souffle, ils se séparèrent et Yoshiki se redressa complètement. Jin avait le cœur qui battait à tout rompre et son cas lui apparut définitivement comme un grand mystère. Une chose était sûre : il ne regrettait absolument pas d'être venu.

Bon…je fais quoi moi maintenant ?

- Jin, tu devrais rentrer chez toi maintenant.

Le jeune homme lança à Yoshiki un regard de reproche :

- Tu me chasses ?

- Ce n'est pas ça…, soupira le plus âgé. Je pense que c'est nécessaire pour toi, je vois presque les rouages de ton cerveau qui s'emballent. Ils ne doivent pas avoir l'habitude !

- Non mais je t'en prie, fous-toi de moi !

Yoshiki eut un petit rire et répéta :

- Va, la pluie s'est arrêtée. On se voit demain si tu veux.

Jin commençait à comprendre pourquoi Yoshiki voulait qu'il s'en aille. Il était toutefois certain de revenir le lendemain sans avoir changé le fond de son opinion.

Il ne protesta plus, se leva du fauteuil et dit au revoir à Yoshiki sagement, de loin avec un signe de la main.

Puis il sortit du bâtiment et marcha en direction de sa voiture. Dehors, ça sentait la pluie fraîchement tombée et la chaleur s'était apaisée. Il avait la tête qui tournait un peu et plein de sentiments divers dans le cœur. Mais un spectateur extérieur n'aurait vu qu'une chose : le sourire crétin qu'il avait sur le visage.