Chapitre IX/
Le concert de Lollapalooza approchait.
Jin, sachant que Yoshiki était très occupé, évita d'être trop dans ses pattes. C'était surtout par rapport à tous les gens avec lesquels Yoshiki travaillait qu'il se faisait discret car ils finiraient par être intrigués voir carrément agacés de le voir sans cesse rôder autour d'eux alors qu'il n'avait officiellement aucune raison d'être là.
Yoshiki, qui avait laissé tomber son myspace depuis belle lurette mais qui voulait un moyen simple et rapide d'être en contact avec ses fans, s'inscrit sur Twitter. Jin y était déjà (sous un faux nom) et le mit dans ses contacts. Le jour-même, il vit un message qui disait « Je n'arrive pas à dormir…quelqu'un…aidez-moi. » Pendant deux secondes, Jin se demanda comment Yoshiki pouvait publier des trucs pareils : que pouvaient-ils bien y faire ses fans ? Ca faisait un peu dramatique aussi…
Yamapi ne dormait pas non plus car il jouait au nouveau jeu qu'il s'était acheté dans la journée sur la PS3 de son ami. Alors Jin fila dans la salle de bain avec son portable et appela Yoshiki, sachant qu'il était très angoissé par le concert :
- Hé Yoshiki…si t'as du mal à dormir, appelle-moi au lieu de lancer un appel désespéré sur Twitter à des gens qui ne peuvent pas t'aider. Tu vas les inquiéter en plus !
- Je regrette déjà d'avoir posté ce message à vrai dire, répondit Yoshiki. Je raconte un peu trop de bêtises sur ce genre de trucs. Mais si tu voyais les réponses que je suis en train de recevoir ! J'ai dit une fois que j'avais l'impression d'avoir un million de mamans quand je lis le genre de messages que les fans m'envoient. C'est trop mignon !
- Je ne veux pas jouer la maman mais tu peux me raconter pourquoi tu n'arrives pas à dormir ?
- A cause du concert comme toujours. Et maintenant je m'inquiète aussi pour celui de Yokohama. On n'a jamais fait un stade aussi grand, c'est compliqué et puis j'ai des problèmes par rapport à Heath.
- Quel genre ?
- Tu vois qui c'est Taiji ?
- Ouais, l'ancien bassiste que t'as viré du groupe ?
- Oui. Je l'ai invité à venir jouer à Yokohama.
- Vous n'êtes pas fâchés alors ?
- Non plus maintenant. Et puisqu'il a toujours gardé une base de fans très fidèle, j'ai pensé que ce serait sympa pour eux comme pour lui de revenir pour cette occasion.
- Ben je suppose que oui, je ne le connais pas. Et en fait, tu te sens mal par rapport à Heath parce qu'il a remplacé Taiji ? Mais il a dit quoi lui ?
- Il a accepté mais je me demande s'il le vit vraiment bien. J'appréhende un peu le moment où ces deux-là vont se retrouver en présence. Je ne voudrais pas que ça pèse sur l'ambiance.
- Je comprends…
- Ajoute à ça que la vente des billets se fait plus lentement que d'habitude. On dirait que le public nous boude du coup, je me demande si les récents choix du groupe ont plu et tout…
- Attends, t'as vu le nombre de places dans ce stade ? En plus, c'est pas à Tokyo alors relaxe, je doute que le public te tourne le dos après si longtemps.
Concernant les activités du groupe les plus récentes, Jin avait jeté un œil sur les derniers clips de Jade et Kurenai. Il les avait trouvés…affreux ! Il ne pouvait pas dire mieux. Voir Yoshiki déguisé en geisha lui avait arraché un éclat de rire devant son ordinateur. Il ne comprenait pas comment le leader si intelligent et perfectionniste avait pu laisser passer des horreurs pareilles. Évidemment, il avait gardé la bouche cousue et était décidé à ne jamais dire son avis franc à Yoshiki même sous la torture, celui-ci ayant surtout besoin d'être rassuré.
- Tu veux que je vienne ?
- Il est super tard ! Ou super tôt, ça dépend comment on se place…
- Je m'en fous puisque je ne suis pas couché. Mais tu vas peut-être te reposer finalement.
- Non viens, je serai mieux avec toi qu'en train de tourner tout seul dans ma maison.
Yoshiki lui indiqua précisément comment aller chez lui et lui dit qu'il laisserait le portail automatique ouvert. Jin sauta aussitôt dans ses chaussures sous le regard médusé de Yamapi :
- Mais où tu vas à cette heure-ci ?
- J'ai un pote qui n'a pas le moral donc je vais le voir. Si tu sors avant que je rentre demain matin, mets la clé dans la boîte aux lettres comme d'habitude.
Yamapi acquiesça sans chercher à en savoir davantage, étant comme Jin, un habitué des rythmes irréguliers et des sorties sur des coups de tête.
Jin était un peu fébrile parce qu'il n'avait jamais vu la maison de Yoshiki. Elle fut facile à trouver, située sur une grande artère de la ville le long de laquelle s'alignaient d'autres villas de célébrités. Il s'engouffra par le portail automatique ouvert, le long d'une allée bordée des deux côtés d'une épaisse haie qui cachait la maison.
Yoshiki était déjà sur le seuil en train de l'attendre et Jin émit un sifflement admiratif en voyant la maison. Il ne l'avait pas du tout imaginé si grande ! Et la fontaine dans la cour lui parut le comble du chic !
- Tous les gens qui viennent ici pour la première fois me font cette tête-là, dit Yoshiki en s'avançant vers lui. C'est un peu monotone à force…
- Ah bon, je vais prendre un air blasé alors !
Jin haussa les épaules :
- Oh c'est qu'une villa énorme avec trois ou quatre voitures de luxe dans le garage, c'est rien ça, j'ai mieux chez moi !
Yoshiki éclata de rire et le prit par la main :
- Toi alors, tu ne t'arrêtes jamais ! Allez viens, je suis content que tu sois là.
Jin nota que Yoshiki était habillé très décontracté : t-shirt long et pantalon de jogging. C'était marrant de le voir ainsi comme prêt à aller se coucher.
Mais il fut tiré de son observation lorsqu'il vit l'intérieur de la maison. Le voyant muet et figé, Yoshiki lui sourit avec une pointe de moquerie :
- Tu admires ?
- Tu ne te sens pas seul dans un truc aussi grand ?
- Parfois oui mais j'ai souvent du monde. Et puis j'aime bien avoir beaucoup d'espace, c'est un luxe auquel je tiens. Les logements japonais sont souvent si étroits !
- Tu m'étonnes ! approuva Jin en pensant au 30 m2 dans lequel il vivait dans le centre de Tokyo. Et t'es fâché avec la couleur ?
- C'est pas joli ?
- En fait si. Mais c'est pas courant de voir une maison où il n'y a que du noir et blanc.
La télé était allumée sur un film que Jin ne connaissait pas mais il fut étonné de l'ordre qui régnait partout.
- Faudrait pas que tu voies le bordel qu'il y a chez moi…Ah au fait ! Tu as une guitare électrique ?
- Oui pourquoi ?
- J'ai un truc à te montrer !
Yoshiki l'emmena à l'étage dans une pièce où étaient entreposés divers instruments dont une guitare que Jin brancha en demandant :
- Tu en joues ?
- Mal. C'est un instrument pour lequel je n'ai jamais eu de talent.
- On peut pas être bon partout !
Jin s'assit par terre en tailleur et commença à jouer Kurenai en se concentrant de son mieux. Ce n'était pas parfait, il le sentit bien et se mit à rougir en pensant que Yoshiki côtoyait tous les jours des guitaristes mille fois meilleurs que lui. Il finit par rater une note et n'eut plus le courage de reprendre :
- Tu m'intimides, y'a rien à faire ! râla-t-il. Mais ne te moques pas ! J'essaie de jouer avec le CD maintenant mais ça m'embrouille…
Il leva les yeux et vit Yoshiki debout, les bras croisés avec une telle tendresse dans le regard que son cœur en rata un battement.
- Ce n'était pas si mauvais, dit Yoshiki d'une voix douce. Et je suis vraiment touché que tu aies pris une de mes chansons. Continue, tu vas finir par la maîtriser.
- J'espère. Je m'entraîne sur la guitare que tu m'as donnée.
Yoshiki s'approcha lentement de lui, retira la guitare qu'il reposa sur son socle et prit Jin par les poignets pour l'aider à se relever. A peine était-il debout qu'il le prit dans ses bras. Jin était de plus en plus accro à sa douceur et à ses étreintes. Il n'avait pas l'habitude d'être celui qui se fait câliner et c'était une place plus qu'appréciable. Yoshiki murmura près de son oreille :
- Tu vois, j'ai déjà oublié tout ce qui me tracassait. Je n'avais pas conscience d'à quel point j'avais besoin de quelqu'un comme toi dans ma vie. Je suis vraiment content de t'avoir trouvé.
Jin lui sourit et posa un long baiser sur le coin de ses lèvres. Il sentait bien mieux le corps de Yoshiki sous ce simple t-shirt que quand il avait ses blousons. Il était agréable à toucher sous le tissu, chaud, svelte et musclé.
Me voilà qui aime le contact d'un mec…décidément il y a un plomb qui a sauté dans ma cervelle ! XD
Après quoi, ils redescendirent au salon et Jin vit sur la table basse plusieurs books estampillés au logo de X-Japan.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il en s'asseyant sur le canapé de cuir noir.
- Des photos de presse concernant le groupe, répondit Yoshiki en s'asseyant près de lui. C'est comme un album de souvenirs.
- Tu étais en train de t'y replonger ?
- En fait, il faut que j'en sélectionne quelques-unes pour une rétrospective sur le groupe qu'un magazine américain voudrait faire.
- Je peux regarder ?
- Bien sûr !
Jin prit l'un des portes-vues qui pesait bien son poids. Mais avant de l'ouvrir, il tira un coussin de derrière son dos et le posa sur les genoux de Yoshiki :
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je m'installe ! déclara Jin avec un grand sourire.
Il s'allongea, les pieds dépassant du canapé et posa sa tête sur le coussin avec un soupir d'aise :
- Voilà c'est comme ça que je comprends la vie !
Il cala l'album sur son ventre et l'ouvrit.
- Quand je vois certaines photos, j'ai honte de moi, avoua Yoshiki en riant.
- Lesquelles ?
- Celles où je fais la salope !
- Comme celle-là ? fit Jin en lui mettant sans pitié sous le nez une photo datant du début des années 90 où Yoshiki semblait prêt pour une séance SM.
Yoshiki se cacha les yeux avec la main :
- Oh mon dieu, enlève-moi cette horreur !
- T'as raison d'avoir honte tiens ! dit Jin en éclatant de rire. Ne montre surtout pas ça aux Américains, ils risquent de te prendre pour un travesti, ça la fout mal niveau crédibilité dans le rock ! Et puis, tu es drôlement mieux avec les cheveux courts !
Yoshiki lui sourit avec douceur et commença à lui caresser les cheveux. Pendant ce temps, Jin observait avec un intérêt passionné les photos du passé de Yoshiki en posant toutes sortes de questions. Il trouvait que Yoshiki avait osé des choses qu'il n'aurait jamais pu faire.
- Raconte-moi des anecdotes de cette époque. Je suis sûr que tu as fait plus de conneries que moi.
- J'en sais rien mais j'en ai fait de belles c'est sûr, répondit Yoshiki sans cesser de jouer avec les cheveux de Jin. Je pense que je détiens le record du lancer de télé par la fenêtre.
- Quoi ? Pourquoi t'as fait ça ?
- Je ne sais plus trop. Je devais être soit bourré, soit en colère.
Jin lui jeta un regard effaré :
- Rappelle-moi de ficher le camp la prochaine fois que t'es en colère !
- Rassure-toi, je me suis un peu calmé.
- Tu lances la télé moins loin ?
La tête de Yoshiki se baissa sous un rire silencieux avant qu'il reprenne :
- Je t'en raconte d'autres ?
- Toutes celles que tu voudras !
Et Yoshiki raconta et ça dura un long moment ponctué de fous rires. Jin eut la confirmation que la vie de rockeur était pleine de péripéties. Lui qui passait pour le moins sage des Kat-Tun, il se faisait l'effet d'un enfant de chœur !
C'était merveilleusement bon d'être allongé là, la tête sur ses genoux avec la main de Yoshiki dans les cheveux. Au fur et à mesure, Jin sentit la fatigue le gagner enfin tandis qu'il tournait les pages de l'album. Yoshiki avait cessé ses caresses et il ne l'avait pas entendu depuis un moment. En levant le regard, il s'aperçut qu'il s'était endormi. Était-ce vraiment sa présence qui l'avait apaisé au point de l'endormir enfin ? C'était doux à imaginer…
Il était presque cinq heures du matin et le ciel pâlissait déjà. Il était trop tard pour vraiment dormir et Jin ne voyait pas l'intérêt pour lui de rentrer maintenant. Il allait rester là jusqu'à ce qu'il fasse jour.
Avec beaucoup de précautions, pour ne pas réveiller Yoshiki, il reposa l'album lourd sur la table et s'appuya sur une main pour se hisser vers le visage du dormeur. Son cœur se mit à battre sur un rythme heureux et il posa un long baiser sur ses lèvres. Yoshiki respira profondément et ramena ses bras autour de la taille de Jin mais il n'ouvrit pas les yeux. Jin se réinstalla, couché sur le côté, la tête sur le coussin posé sur les genoux de Yoshiki et attrapa un pan de son t-shirt avec lequel ses doigts jouèrent doucement, doucement, jusqu'à ce que le sommeil l'emporte.
Quand il émergea de nouveau, ce fut de nouveau avec la main de Yoshiki dans les cheveux. Il ouvrit les yeux péniblement, ébloui par le soleil qui entrait à flot par les grandes baies vitrées du salon. Yoshiki était accroupi près de lui, fleurant bon le gel douche et le shampoing. Son visage exprimait plus de bien-être que Jin ne lui en avait vu jusque-là. Ce fut la première fois que les mots « il est vraiment beau » se formèrent clairement dans la tête de Jin.
- Keleurilé ? marmonna-t-il, encore groggy.
- 10 heures. Tu étais bien parti pour dormir toute la journée et je t'aurais laissé faire si je n'avais pas dû sortir aujourd'hui.
- Non t'as bien fait, répondit Jin en se relevant péniblement. J'vais pas squatter ton canapé toute la journée.
Il se remit sur ses pieds avec son estomac qui criait famine. En bon hôte attentif, Yoshiki avait tout prévu et un petit déjeuner l'attendait dans une cuisine si propre et si rangée qu'on aurait pu douter que quelqu'un vivait là.
- Tu as une femme de ménage maniaque ou tu ne manges jamais chez toi ? demanda Jin en s'asseyant devant une tasse de thé et des pancakes.
- J'ai deux femmes de ménage, je suis souvent dehors et en plus de ça, je suis maniaque ! répliqua Yoshiki en riant.
Sur un ton plus sérieux, il reprit :
- Je pars pour Chicago dès ce soir. Je vais y rejoindre les autres pour les répétitions. Après Lollapalooza, je partirai directement pour le Japon. En plus du concert, j'ai beaucoup d'affaires à régler là-bas alors on ne verra pas pendant deux ou trois semaines.
- Mince…, dit Jin d'un air tout triste. Ca va me faire bizarre parce que je me suis vite habitué à te voir souvent.
- Tu es mignon…, dit Yoshiki en lui prenant la main. Je reviendrai le plus tôt possible.
- Et en bon état de préférence. J'espère que tu vas arriver à tenir trois concerts en aussi peu de temps.
- Je pense que oui. Je ferai ce qu'il faut pour ça et je vais être bien sage : je ne ferai pas de bêtises avec ma nuque.
- Dis Yoshiki, est-ce que quelqu'un est au courant que…qu'on se voit quoi ?
- Absolument personne.
- Est-ce que ça te dérangerait si j'en parlais juste à Pi ? Tu comprends…j'ai jamais eu le moindre secret pour lui. Il m'en voudra trop s'il découvre un jour que je lui ai caché ça.
- Je comprends mais…il est suffisamment ouvert sur la question ?
Jin fit une petite grimace :
- J'suis pas sûr…je ne parierai pas sur sa réaction si c'était quelqu'un d'autre. Mais là c'est moi. Je ne peux pas croire qu'il se moquerait de moi ou que je le dégoûterais. C'est pas possible qu'il me fasse ça…
Yoshiki l'observa avec une pointe d'inquiétude :
- Moi je ne le connais pas alors j'ai un peu de mal à avoir un avis. Mais réfléchis bien et surtout choisis tes mots. Assure-toi qu'il n'ira pas vendre ce scoop à la presse ou tout raconter à Johnny ou à je-ne-sais-qui. Les conséquences seraient terribles pour toi et je m'en voudrais pour toujours.
- Pi ne ferait jamais ça ! s'écria Jin, le cœur serré rien qu'en envisageant ces affreuses perspectives. J'ai gardé bon nombre de ses secrets alors il me gardera celui-là.
- Si tu le dis…mais est-ce que ce ne serait pas mieux d'attendre que je sois revenu ? Si jamais…enfin si ça tourne mal, je préfère être là.
- Je sais pas...de toute façon je vais y réfléchir d'abord. N'y pense plus et concentre-toi sur le concert. Tu stresses toujours ?
- Moins. J'ai eu une vraie crise d'angoisse cette nuit. Mais quand tu es arrivé, je me suis senti mieux. J'ai même réussi à dormir. Quand je te disais que tu m'étais nécessaire !
- Si je peux rendre service hein !
Yoshiki sourit puis il prit le visage de Jin entre ses mains et l'embrassa longuement en passant doucement sa langue sur les lèvres du jeune homme :
- Ta bouche a un goût de confiture, c'est encore meilleur de t'embrasser, souffla-t-il.
- Tu veux que je mette du gloss aux fruits comme les nanas ?
- Nan ! – Yoshiki passa le pouce sur la bouche de Jin et ajouta : c'est un des trucs que je préfère, tes lèvres. Elles donnent vraiment envie…
- Ne te gêne pas !
Yoshiki ne se fit pas prier et ils faillirent oublier le temps qui passait jusqu'à ce que la montre de Yoshiki émette un petit bip.
- Il faut que j'y aille…
- Ok alors je lève le camp aussi. Mais je peux m'autoriser une question indiscrète ?
- Vas-y.
- Je suis surpris que tu n'en aies pas parlé au moins à Toshi. Tu as peur qu'il cafte lui ?
- Non j'ai entièrement confiance en lui sur ce point, répondit Yoshiki dont le visage se crispa quelque peu. C'est pour une autre raison que je ne lui dis rien. Il ignore totalement que je puisse avoir cette tendance…à l'époque, je n'osais pas en parler. Puis le temps a passé, on ne s'est pas vus pendant des années et puis tu es arrivé. Peut-être que je lui dirai un jour mais ce n'est vraiment pas le moment.
Il ajouta d'une voix beaucoup plus basse :
- Notre réconciliation compte beaucoup pour moi…A présent, je ne veux plus rien tenter qui risque d'amener des problèmes entre nous.
- Tu as peur qu'il te fuit parce que t'es avec un mec ou parce que tu as gardé un secret pour lui ?
- La deuxième… ce genre de surprises après presque quarante ans d'amitié…
Jin pensait qu'après aussi longtemps, leur amitié ne risquait plus grand-chose. Il n'était absolument pas vexé que Yoshiki ne parle à personne de leur relation car il n'avait jamais été question pour lui non plus de la rendre officielle. Seulement, Yamapi était là, il vivait chez lui et il avait très mauvaise conscience de lui mentir et de lui cacher une chose aussi importante.
Il lui restait encore à calmer sa peur et à trouver le courage de lui parler.
