Chapitre XI/
Je voulais terminer cette fic avant de devoir reprendre les cours à la fac mais je crois que je ne vais pas y arriver ! XD Je continue donc de publier à un rythme rapide tant que je peux encore le faire ! Et je remercie de nouveau mes fidèles revieweuses qui continuent de me suivre !
Lorsque le jour fut levé, Jin sortit du McDo où il avait passé la nuit la plus longue de sa vie et se décida à rentrer chez lui. Il avait peur de la confrontation avec Yamapi et plus la force de s'engager encore dans une nouvelle dispute. Les mots durs mais rationnels de son ami l'avaient si profondément atteint qu'il était à deux doigts de renoncer à ses rêves et de se résigner à rentrer au Japon après la fin de son séjour à Los Angeles.
Il arriva à son appartement et, à peine, eut-il ouvert la porte qu'il se retrouva nez-à-nez avec Yamapi. Celui-ci, à en croire sa mine froissée, n'avait pas dormi et son visage se peignit d'un immense soulagement :
- Bon sang, je me demandais si tu finirais par rentrer ! Cette ville n'est pas sûre la nuit !
Jin ne s'attendait tellement pas à cet accueil qu'il en resta comme deux ronds de flancs :
- Tu…tu t'inquiétais pour moi ? Pourquoi tu ne m'as pas appelé ?
Yamapi répondit d'un air gêné :
- J'ai eu peur que tu m'envoies chier.
Jin ferma la porte tandis que Yamapi reprenait :
- Je suis vraiment désolé. Certains mots ont dépassé ma pensée hier soir. Si tu étais sérieux dans ton projet de rester ici, j'ai dû te faire très mal.
- Oui…mais je suppose que tu me recommandes toujours de revenir au Japon ?
Yamapi soupira et répondit d'un air désolé :
- Je crois en ton talent Jin. Mais ce milieu est difficile et dangereux et je ne serais jamais tranquille si je te voyais prendre un tel risque. J'ai peur de la colère de Johnny et de ce que tu deviendrais si tout ne se passait pas comme prévu.
- Je parle anglais…ça pourra toujours servir pour une reconversion, dit Jin avec une pointe d'amertume.
- Super quelle réussite… ! Je voudrais au moins que t'essaie de couper la poire en deux et que tu tâtonnes du côté des States en continuant d'assurer le coup au Japon. Ne lâche pas tout comme ça.
Jin haussa les épaules avec lassitude et répondit :
- Ca c'est la voix de la raison. Mais je sais pas trop comment faire. En fait, j'ai pas réfléchi comme d'habitude.
Il n'aurait jamais pu le dire tout haut mais il était immensément soulagé d'être là à discuter avec Yamapi d'une façon parfaitement normale. Visiblement, son ami n'était pas fâché contre lui et il était tout disposé à oublier leur dispute.
Comme sa nuit blanche commençait à le peser sérieusement, il roula sur son lit avec un soupir de fatigue avant d'aborder l'autre sujet sensible :
- Et pour Yoshiki ? Je veux t'entendre dire que tu es revenu sur ta pensée.
Yamapi vint s'asseoir en tailleur sur son matelas au pied du lit de Jin et répondit :
- Je peux lui accorder le bénéfice du doute. C'est peut-être un type bien si tu tiens à lui. Mais je voudrais que tu me racontes comment ça s'est produit et que tu m'en dises plus sur lui.
- Alors…tu acceptes que mon orientation sexuelle soit un peu modifiée ?
- Et qu'est-ce que je peux faire d'autre ? Si je n'acceptais pas, on se fâcherait gravement et j'ai pas du tout envie de ça.
- Tu peux me promettre de garder un secret total sur cette histoire ?
Yamapi se redressa un peu et regarda Jin dans les yeux pour affirmer :
- Je serai muet comme une tombe, je te le promets.
Jin eut un sourire, le premier depuis la veille qu'il avait passée dans l'angoisse de sa discussion avec Yamapi. Cette promesse comptait énormément à ses yeux car il savait maintenant que la dispute était finie et que tout était pardonné des deux côtés. Il était aussi très heureux d'avoir enfin quelqu'un avec qui partager ce qu'il vivait et lorsqu'il commença à raconter son histoire, il fut impossible de l'arrêter ! La rencontre, l'amitié, l'attitude ambiguë de Yoshiki, comment il s'était retrouvé pris au piège en voulant seulement jouer, combien il adorait le toucher et l'embrasser- Yamapi fit une grimace gênée-et combien Yoshiki le bouleversait par sa sensibilité et la profondeur de son âme.
- Il a toujours l'air d'être sur la corde raide. On a envie de le consoler mais en fait, ce n'est qu'une apparence. Il est costaud même s'il ne s'en rend pas compte. Il faut l'être pour avoir traversé toutes ces histoires depuis si longtemps. Il croit que je suis plus fort que lui mais je n'en suis pas si sûr.
- Parce que tu es faible toi ? demanda Yamapi.
- Je n'ai pas beaucoup souffert dans ma vie. J'ai peut-être été plus heureux que lui mais je suis sûrement beaucoup moins résistant faute d'avoir vécu de quoi m'endurcir. Quand on a vécu ce qu'il a vécu, y'a deux solutions : soit on se flingue soit on survit. Et ceux qui s'en sortent gagnent une énorme résistance. Je crois que c'est son cas.
Il émit un petit rire :
- J'ai quand même remarqué qu'il avait le goût de la théâtralité. Il exagère peut-être un tantinet pour émouvoir les fans.
- Hé ben…murmura Yamapi. Si tu voyais la mine que tu as quand tu parles de lui. Tu as les yeux qui brillent et un sourire qui ne décroît plus. Tu tiens vraiment à lui.
- Oui vraiment. Et si tu savais comme je suis soulagé de t'en parler ! Je ne pouvais le faire avec personne et ça commençait à être pénible.
- Moi je suis content qu'on ait pu régler ça avant que je parte.
Jin lui tendit la main, Yamapi la prit sans hésiter et ils se donnèrent une poignée virile et pleine de chaleur qui se chargeait d'exprimer tout ce qui aurait été trop mièvre de dire tout haut. Ce petit moment fut ensuite gracieusement achevé par Yamapi :
- Il serait temps que tu prennes une douche non ?
Jin éclata de rire et fila à la salle de bain.
Deux jours plus tard, Yamapi repartit pour le Japon et Jin retrouva à nouveau son studio vide avec un petit vague à l'âme. Il n'aimait pas trop vivre tout seul et le départ de son ami laissait un gros vide. En ce qui concernait son spectacle, il faisait une petite pause. Cela faisait des mois qu'il le jouait toujours de la même façon et il n'était pas fâché de pouvoir s'en détacher un peu. Il avait aussi envie d'y mettre un peu de neuf.
Il n'avait pas retrouvé tout son moral parce que le retour au pays se faisait plus réel que jamais pour lui. Mais maintenant, il n'était plus seul parce que Yamapi portait son secret et qu'il lui semblait que quelque chose en lui s'était allégé.
Après l'avoir déposé à l'aéroport, il passa la journée à ranger son appartement qu'ils avaient tous les deux mis dans un beau désordre. Maintenant qu'il y pensait, il était souvent allé chez Yoshiki mais l'inverse ne s'était jamais produit.
- Pas sûr qu'il apprécie, marmonna-t-il en comparant mentalement son petit chez-lui bondé d'affaires à la villa ultra sobre et spacieuse de Yoshiki.
Peu importait l'endroit, il lui manquait encore plus depuis qu'il n'avait plus Yamapi pour le distraire. Comme il ne pouvait rien faire d'autre que de l'attendre, il employa ses « vacances » à coucher sur le papier les idées de chanson qui lui traînaient dans sa tête depuis des semaines. Si son manager le laissait faire, il avait l'intention de rajouter les meilleures à son spectacle et d'inventer de nouvelles chorégraphies.
Se poser à une table avec une boisson chaude à portée de main pour écrire lui fit un bien fou. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas pris du temps pour ça et il s'y plongea avec une telle concentration qu'il ne vit pas les heures défiler. L'inspiration était là, les mots coulaient tous seuls sous son stylo et il avait déjà des idées de pas de danse. L'idée le traversa un instant de faire quelque chose par rapport à Yoshiki, une chanson où il ferait semblant de s'adresser à une fille mais qui lui serait destinée. Mais très vite, il abandonna l'idée parce qu'il réalisa que cette relation, si particulière était impossible à mettre en mots. De plus, en se souvenant des chefs d'œuvre que Yoshiki était capable de composer, il se dit que jamais il n'oserait lui présenter quelque chose de son cru de peur que Yoshiki n'apprécie pas.
- Dur de sortir avec un génie quand on fait le même boulot que lui…, soupira-t-il. Encore heureux que je ne sois pas dans le rock sinon j'aurais laissé tomber tout de suite !
Il entra donc dans une intense phase de travail et, pendant plusieurs jours, il passa la majeure partie de son temps penché sur son bureau ou à gratter sa guitare. Il devait profiter de ces moments-là parce que chez lui, l'inspiration n'était pas régulière il alternait toujours une période de panne totale avec une grosse période de création.
Un jour qu'il était fatigué d'écrire, il alla sur le tout petit balcon de son studio pour fumer un peu. C'était la fin de l'après-midi, un moment qu'il aimait bien parce que la température devenait idéale après une journée de chaleur.
Il était là depuis dix minutes lorsqu'il reçut un SMS de Yoshiki qui lui demandait s'il était chez lui. Il avait le cœur battant en répondant que oui, il était là. Est-ce que ça signifiait que Yoshiki était revenu ?
Yoshiki ne répondit pas à son message mais il n'eut pas besoin d'attendre longtemps. On frappa à sa porte, il courut presque pour ouvrir et trouva Yoshiki sur le seuil.
- Je te dérange pas ?
- Non mais tu plaisantes ? croassa Jin. Je suis tellement content de te voir !
Il fit aussitôt entrer Yoshiki et ferma la porte pour éviter que les voisins n'assistent un fougueux baiser auquel Yoshiki répondit en mettant du cœur à l'ouvrage.
Qu'est-ce que ça faisait du bien ! Jin se sentit immédiatement retourner à un douillet état de calme lorsque Yoshiki le serra contre lui et releva son visage pour l'observer :
- Tu en meilleur état que je ne l'avais pensé. Tant mieux. Je me suis inquiété après le coup de fil que tu m'as passé la dernière fois.
- Je sais, je suis désolé.
- Tu peux me dire ce qui t'es arrivé ?
Jin prit Yoshiki par la main pour l'emmener dans le « salon » qui lui servait également de chambre.
- Euh c'est petit et bordélique…
- Peu m'importe, répondit Yoshiki.
Il n'y avait pas de canapé parce qu'il se dépliait pour servir de lit à Jin et ce dernier ne l'avait pas rangé…ni même fait !
Mais Yoshiki ne s'en formalisa pas du tout et s'assit sur le matelas en attirant Jin à lui.
- Je ne t'ai même pas demandé…, fit remarquer le jeune homme. Je sais que ça a très bien marché à Yokohama parce que j'ai vu les vidéos. Mais est-ce que physiquement ça va ?
Il tira légèrement sur le col de la veste de Yoshiki :
- Je vois que tu portes de nouveau ta minerve.
- C'est toujours comme ça après une série de concerts mes douleurs sont plus aigues. Mais ne t'en fais pas, je m'y suis fait. Quand je les sens, je me rappelle qu'elles sont les conséquences d'un concert génial et je me dis que ce n'est pas cher payé pour ce que je vis.
- Oui mais quand même, on va s'installer mieux que ça, dit Jin en souriant.
Il incita Yoshiki à s'allonger complètement et s'étendit contre lui en l'étreignant. C'était probablement la position la plus intime qu'ils aient eu jusqu'à présent En plus, ils étaient dans son lit, les draps étaient défaits... L'ambigüité de la situation fit naître des papillons dans son ventre et il se rappela que Yamapi avait évoqué le jour où ils finiraient par coucher ensemble. Est-ce que Yoshiki en avait déjà envie ? Pour sa part, il en serait de ça comme du reste : il allait devoir y venir de façon progressive. Ce n'était pas tant la crainte de la douleur qui le retenait. Ils passaient tous par là et aucun n'en était traumatisé non ? C'était plutôt parce que cette étape risquait de faire basculer leur relation vers il-ne-savait-quoi. Pour le moment, l'équilibre qu'ils avaient lui convenait et il avait un peu de l'inconnu qui les attendrait après cet acte.
Yoshiki avait posé sa tête sur la sienne et sa main droite sur sa hanche. Ses doigts accrochaient son t-shirt large comme s'il avait envie de le soulever pour toucher sa peau.
- Raconte-moi tout maintenant, réclama-t-il.
- En fait, ce n'est pas tant le fait que je sorte avec un homme qui a choqué Pi, dit Jin à mi-voix.
Il avait fermé les yeux et savourait l'odeur de Yoshiki ainsi que le mouvement de ses doigts dans le creux de sa hanche.
- Il s'est mis en colère que je lui ai dit que c'était toi…Il a eu peur que tu veuilles juste me manipuler pour tirer ton coup.
Les doigts s'arrêtèrent et il sentit Yoshiki se crisper :
- Est-ce que je donne l'impression d'être comme ça ?
- Non ! répondit Jin en le serrant un peu plus fort. Mais Pi ne te connaît pas. Il voit toujours le verre à moitié vide, et moi toujours à moitié plein. On n'est assez différents mais on se complète et c'est pour ça qu'on s'entend bien. Au final, le lendemain on a discuté. Je lui ai parlé de toi et il a fini par digérer la nouvelle. Il est parti en me promettant de garder le secret. Tu peux être sûr qu'il le fera.
Les doigts de Yoshiki reprirent leurs caresses.
- C'est pour ça que tu pleurais quand tu m'as appelé ?
- Non. Je…je lui ai parlé de l'envie que j'avais de quitter les Kat-Tun. Il m'a fait comprendre que c'était de la folie pure. Que ce soit lui qui me le dise…ça m'a fait très mal parce qu'il a plus de bon sens que moi. J'ai réalisé que je n'avais aucune chance.
Jin répéta à Yoshiki les arguments que son ami lui avait servis parce que chacun d'eux était resté gravé dans sa tête. Yoshiki écouta d'un air grave et, comme une manière d'accentuer son réconfort, sa main chercha le bord du t-shirt de Jin et se glissa dessous pour atteindre sa peau.
Jin ne l'arrêta pas bien au contraire. Yoshiki avait la main chaude et ses doigts de pianiste se mirent à courir sur la peau douce de son flanc en lui faisant de petits chatouillis. Son corps se mit à bouger et à se tendre lentement contre celui du batteur. Comme il basculait la tête en arrière, Yoshiki en profita pour l'embrasser et sa main gauche plongea dans ses cheveux pour lui caresser la tête d'une telle façon que Jin dut retenir un gémissement. Il s'agrippa au blouson du plus âgé qui se tourna davantage sur le côté pour mieux l'étreindre.
Quand la bouche de Yoshiki quitta la sienne, Jin mourait de chaud et avait presque oublié de quoi il voulait parler. Ce fut Yoshiki qui reprit :
- Ton ami a raison sur un point : le talent ne suffit pas. Je connais suffisamment le milieu pour en être certain. C'est pour ça que j'aurais du mal à te donner un conseil. Il faut que tu voies des deux côtés ce que tu gagnes et ce que tu perds et que tu choisisses ce qui serait le mieux pour toi. Je ne voudrais pas te pousser sur une voie que tu risquerais de regretter.
- Ce que je gagne du côté des Kat-Tun : la sécurité, la célébrité, une situation pas trop mal financièrement, des bons moments avec mes potes même si on se dispute parfois. Mais j'aurais aussi gagné un regret éternel de ne pas avoir essayé de réaliser mon rêve. Ca me poursuivra toujours et jusqu'à mon dernier souffle, je me demanderai « Et si je l'avais fait ? »
- Je comprends totalement, tu peux me croire. La solution la plus raisonnable serait que tu envoies des démos à toutes les maisons de disques le plus tôt possible avant que tu sois obligé de repartir. Tu verras bien ce qui se passera.
- Ouais…, soupira Jin. T'as vu ? C'est moi qui ai besoin de réconfort maintenant…Et toi je sens que tu vas mieux que jamais.
- C'est vrai. Je ne sais pas ce que j'ai depuis Chicago mais je me sens vraiment bien. C'est sûrement le fait d'avoir réussi à déclencher cette tournée américaine. J'ai le sentiment que les choses vont enfin décoller pour nous. De plus, à Yokohama, ça a été génial avec Taiji. Tu sais que lui et Heath s'entendent comme larrons en foire ?
- Ah ouais ? C'est marrant.
- J'étais si mal à l'aise ! Il est malade, il a l'air plus vieux que nous tous. Je ne pouvais pas m'empêcher de penser que si je ne l'avais pas viré du groupe, il ne serait pas dans cet état aujourd'hui. Et lui, il m'a pardonné tout ça. C'est comme si un pan du passé avait enfin disparu. Je ferai en sorte qu'on ne se perde plus de vue à partir de maintenant.
- Tu es heureux…constata Jin avec un sourire. Ca s'entend dans ta voix.
- Je ne sais pas.
- Est-ce que tu rêves parfois d'avoir une autre vie ?
La réponse de Yoshiki fut sans hésitation :
- Non, jamais. Parce que je suis devenu exactement ce que je voulais être.
- Ben tu vois, être heureux c'est se demander parfois si on voudrait être quelqu'un d'autre et pouvoir répondre « non » avec certitude.
- Alors pourquoi je me sens si mal parfois ? Tu sais tout ce que je traîne en moi.
- Tu crois que tu te sens mal, répliqua Jin avec force. Tu traînes tes chagrins passés comme une mauvaise habitude. La vérité c'est que t'as pas voulu les lâcher. Ton père, hide…tu as peur de les trahir si tu cesses de les pleurer. Il suffirait que tu t'enlèves cette idée de la tête et tu découvrirais que tu es sorti du brouillard depuis un bail alors que tu t'y croyais toujours.
En parlant, Jin ne regardait pas Yoshiki parce qu'il avait le visage au niveau de son torse et qu'il profitait de son odeur. Les mains de Yoshiki ne bougeaient plus sur lui mais la droite était toujours sous son t-shirt. Il ajouta avec une pointe de tristesse :
- La vérité c'est que tu n'as pas vraiment besoin de moi. Ce qu'il te faut, c'est ton groupe. Si tu te sens bien aujourd'hui, ce n'est pas grâce à moi.
Yoshiki releva soudain les cheveux qui lui tombaient sur le front et y appuya longuement ses lèvres. Puis il murmura :
- Est-ce qu'il faut forcément avoir besoin de quelqu'un pour l'aimer ? Et toi ? Tu t'imagines être quelqu'un d'autre parfois ?
- Oui, répondit Jin en sentant de nouveau sa gorge se bloquer. Je ne suis pas ce que je voudrais être. Je veux changer de vie. Tu vois Yoshiki ? Au fond, le plus malheureux de nous deux, c'est moi.
Une caresse sur sa joue…il leva le nez et rencontra le regard à la fois doux et désolé de Yoshiki. Il ne répondit rien mais il l'embrassa de nouveau et Jin sentit dans son baiser quelque chose qui fit s'emballer son rythme cardiaque. Yoshiki se remit à caresser sa tête tandis que l'autre main retrouva refuge sous son t-shirt et glissa dans son dos. Là, du bout des doigts, Yoshiki se mit à tracer des lignes le long de sa moelle épinière, lieu d'extraordinaires connexions nerveuses qui envoyèrent comme des secousses électriques dans chaque recoin de son corps. Quand il passa sur un point dans le bas du dos, juste dans le creux de la ligne, Jin en ressentit l'effet jusque dans son sexe qui se mit à durcir. Il manquait déjà d'air et se serra contre Yoshiki en haletant. Il écarta précipitamment les pans de sa veste et ouvrit sa chemise pour atteindre sa peau qu'il perçut aussi chaude que la sienne. Il l'avait déjà vu et il savait que Yoshiki avait gardé une apparence de jeune homme. Il posa les mains sur ses pectoraux, sur son ventre, sur ses bras…Il aurait bien voulu lui retirer sa minerve mais il avait peur qu'il se fasse mal ensuite.
Yoshiki avait un petit sourire en coin et en moins de temps qu'il n'en faut pour dire ouf, sa main qui avait continué de caresser son dos plongea sans mal dans le pantalon large que portait le jeune homme en même temps qu'il commençait à lui dévorer le coup de baisers.
Jin s'arqua brusquement dans un cri étranglé Yoshiki avait saisi son sexe tendu. Jamais il n'avait fait une chose pareille avec un homme mais il était loin de vouloir le repousser. Oh non ! Il était excité comme jamais et ne voulait surtout pas que s'arrête. Le dos creusé, le visage en arrière, il offrait de bon gré son cou et sa bouche à Yoshiki qui s'en occupait avec application. Il resserra sa main et accéléra ses mouvements sur le sexe de Jin qui laissait déjà échapper des prémices de jouissance.
Jin avait la gorge sèche à force de respirer par la bouche. Paralysé par le plaisir, il gémissait désormais sans retenue, agrippé à la chemise ouverte de Yoshiki. Ce dernier, tout en continuant de le masturber, se pencha sur son visage et murmura d'une voix rauque :
- Si tu savais à quoi tu ressembles en ce moment…Tu ferais envie à un hétéro.
Un baiser au souffle chaud au creux de l'oreille :
- Tu aimes ce que je te fais ?
- Putain t'imagines pas…continue…encore…
Yoshiki ne se fit pas prier pour le satisfaire et pour mieux accentuer le plaisir, il serra encore plus Jin contre lui pour que son corps ne lui échappe pas dans les secousses que lui procuraient ses va-et-vient. Ainsi coincé, incapable de faire autre chose que de subir, Jin s'accrocha à ses draps et partit dans une longue montée en puissance jusqu'à l'explosion finale. Rarement il avait connu un pareil orgasme avec la masturbation. Après une tension extrême, il se détendit progressivement alangui dans les bras de Yoshiki. Tout son corps était parcouru de mille petites bulles de bonheur et son front était humide de sueur. Il lui fallut un moment pour ouvrir des yeux flous et encore un autre pour être capable de parler au milieu de sa respiration saccadée. Yoshiki avait retiré sa main de son pantalon et il sentait une humidité à son entrejambe. Il allait devoir prendre une douche mais il n'était pas certain de pouvoir tenir debout.
C'était dingue ce qui venait de se passer. A présent, il était sûr que Yoshiki avait envie de lui. Il n'aurait pas fallu grand-chose pour qu'il saute le pas parce qu'il avait vraiment adoré ce qu'ils avaient fait. Mais pour le moment, Yoshiki ne semblait pas avoir prévu d'aller plus loin. Il reprit seulement ses lèvres d'une façon légère et tendre juste pour que le souffle rapide de Jin se mêle au sien. Puis il chuchota :
- Je voudrais passer le reste de la journée avec toi. Tu veux qu'on aille manger dehors ?
Jin répondit avec la tête et Yoshiki le lâcha totalement pour se redresser en position assise. Mais d'au-dessus, il continua de le couvrir de son regard.
Comme ils allaient sortir, il fallut bien que Jin se lève aussi pour se laver et se changer. Quand il fut debout, ses jambes tremblaient encore. Il s'enferma dans la salle de bain et se déshabilla. Le simple fait de sentir l'air sur sa peau encore très sensible lui fit courir des frissons de la tête aux pieds et fit pointer ses tétons. Avant d'entrer dans la douche, il croisa son reflet dans le miroir au-dessus du lavabo et s'arrêta pour se regarder. Ses cheveux ébouriffés gardaient ainsi la trace de la main de Yoshiki. Ses lèvres déjà assez pulpeuses étaient rouges et sensuellement gonflées. Son regard avait changé. Il brillait de désir et de plaisir mais on y distinguait également, comme une petite flamme de défi adressée à qui ? Quelque chose était là, lové dans ses iris noires et ne demandait qu'à s'affirmer. Il sentait encore les mains de Yoshiki sur lui. Il avait envie de lui comme un fou mais aujourd'hui, ils n'iraient pas plus loin. Ils allaient sortir en faisant semblant de n'être que des amis mais ce serait quand même une magnifique journée. L'attente n'était pas une mauvaise chose car elle rendrait encore plus intense le jour où il ferait enfin le grand saut.
