Chapitre XIII/

Je me dépêche de vous poster ce chapitre important parce que je risque de mettre plus longtemps que d'habitude à vous poster le prochain. Après-demain, je quitte mon île pour m'installer en Métropole alors je risque d'être un peu occupée ! XD Mais je devrais retrouver très vite Internet. A très bientôt !

Jin passa la journée du lendemain à calculer l'heure qu'il était au Japon en guettant le meilleur moment pour appeler Johnny. Mais il était tellement nerveux que les heures défilèrent sans qu'il trouve le courage de décrocher son téléphone. Il attendit si longtemps que Yoshiki finit par lui téléphoner, inquiet de ne pas avoir de nouvelles de lui. Jin lui avoua qu'il n'avait pas encore téléphoné :

- Jin fais-le maintenant, conseilla Yoshiki. Sinon tu vas devoir attendre demain. Tu tiens vraiment à rester encore une nuit avec ça sur le cœur ?

Jin en avait la nausée rien que d'y penser il avait passé une nuit épouvantable et ne voulait surtout pas en passer une autre pareille. Alors il promit à Yoshiki d'arrêter de repousser le moment fatidique : après tout, il fallait bien qu'il le fasse un jour.

A peine eut-il raccroché qu'il composa immédiatement le numéro de son producteur pour ne plus donner le temps à la peur de le couper dans son élan. Mais dès qu'il entendit la voix de l'autre côté, il dut s'asseoir et respirer un bon coup. Il y avait quelque chose chez ce vieil homme qui l'avait toujours inquiété. Il prenait des airs paternalistes avec ses poulains mais il avait compris depuis longtemps qu'il y avait quelque chose de beaucoup moins jovial derrière ses yeux froids. A peine avaient-ils échangé quelques politesses que Johnny mit tout de suite les pieds dans le plat :

- Passe me voir dès que tu reviendras d'accord ? Tu vas avoir beaucoup de travail à rattraper pour préparer la tournée asiatique et je compte sur toi pour redoubler d'efforts et rattraper tes camarades.

Jin comprit qu'il devait parler maintenant :

- Ecoutez…il faut que je vous parle de quelque chose…

- Quoi ?

- Hier…Une tourneuse est venue me voir dans ma loge après le spectacle. Elle s'appelle Mary Tanner. Elle…a beaucoup aimé ce que je faisais et elle m'a proposé de faire plusieurs dates dans différentes villes des Etats-Unis.

Johnny ne comprit pas la raison sous-jacente de cette information :

- Ah ? Eh bien c'est dommage mais tu as une autre tournée à faire ! Tu peux te dire que c'est une preuve de la qualité de ton spectacle. On sortira peut-être tes chansons solos en CD au Japon, les fans seront contents et depuis que tu es parti, ils ne cessent de te réclamer. J'espère que tu as eu ton compte d'escapades américaines parce que là j'ai vraiment besoin que tu gardes tes deux pieds et ta tête sur notre sol !

- Monsieur, répondit Jin avec une telle accélération du rythme cardiaque qu'il pensa faire un malaise, je voudrais faire cette tournée.

- Ah ça non mon garçon ! répliqua froidement Johnny. Kat-Tun va avoir une année bien remplie, il est impossible que tu puisses gérer les deux !

- Vous ne comprenez pas…je ne veux pas revenir.

- Pardon ?

- Je veux…je veux quitter le groupe.

Un silence s'installa pendant quelques atroces secondes puis Jin entendit un rire qui lui retourna le sang :

- C'est ton petit succès à Los Angeles qui t'es monté à la tête ? Tu crois quoi ? Que tu vas devenir le nouveau Justin Timberlake ? Tu déraisonnes complètement mon pauvre garçon, « l'American Dream » c'était bon pour le Far West ! Enfin je suppose que tous les jeunes ont un jour ce genre de petit délire !

- Petit délire…répéta Jin qui commençait à sentit la révolte poindre sous la peur.

- Mais oui, ça te passera avant que ça me revienne ! Ton avenir est ici.

- Monsieur, répondit Jin d'une voix qui commençait à s'assurer, ce n'est pas une idée en l'air qui m'est venue en arpentant les trottoirs d'Hollywood ! J'ai envie de ça depuis des années sans jamais en avoir parlé. C'est bien plus qu'une lubie, c'est un vrai rêve. Je suis plus sérieux que jamais, je veux quitter le groupe.

Ca y est, c'était dit, il n'y avait plus qu'à attendre que la foudre s'abatte sur sa tête. De l'autre côté, il entendit clairement la voix de Johnny s'assourdir de colère. Il ne criait jamais, il avait une autre façon de faire se tordre les intestins.

- Dis-moi Jin…te souviens-tu de comment tu es rentré dans mon agence ?

- Oui…, souffla le jeune homme qui pâlit légèrement.

- Raconte-moi un peu, ma mémoire est défaillante.

- Je…je suis venu passer le casting quand j'avais 14 ans. Mais après l'épreuve de danse, je n'ai pas été retenu. Je suis allé rendre mon badge et puis…

- Et puis tu es tombé sur un monsieur qui t'as dit de rester et d'intégrer l'agence. Et c'était qui ?

- C'était…vous.

- Exactement. Si tu es ce que tu es aujourd'hui, ce n'est même pas parce que tu as réussi l'audition ce jour-là. C'est parce que je t'ai repêché. Si je ne l'avais pas fait, tu serais en train de bosser dans un bureau aujourd'hui compris ? Tu ferais bien de ne pas l'oublier et de te montrer un peu plus reconnaissant que ça.

La main de Jin tremblait. Il avait l'impression que quelqu'un lui avait passé un foulard autour du cou et qu'il était en train de serrer, serrer…il avait du mal à respirer. Il ne serait rien sans cette agence et sans les Kat-Tun…il était prisonnier et il n'avait pas d'avenir en-dehors…Johnny savait trop bien où il fallait attaquer. Jin n'avait jamais pu se sentir adulte devant lui. Il avait peur comme un enfant qui s'oppose à son père.

Je serais vraiment un égoïste et un ingrat ?

Est-ce qu'il avait vraiment le droit de prétendre à la liberté alors qu'il devait tout ce qu'il était à la Johnny's Entertainment ? Elle lui avait appris à chanter, à danser, à jouer la comédie mais en contrepartie, elle ne lâchait plus ceux qu'elle avait formés. Par reconnaissance, il devait rester et contribuer à son bon fonctionnement.

Une larme coula silencieusement de son œil il était à deux doigts de flancher, ébranlé qu'il était par l'argument de Johnny. Il n'était pas libre…

Johnny, qui ne l'entendait plus, reprit avec satisfaction :

- Bon on dirait que tu as compris. Alors tu vas aller dire à cette femme que tu as mieux à faire au Japon. Les Etats-Unis…avant deux ans, tu te retrouveras à dormir dans un carton et tu regretteras toute ta vie ta décision d'être parti.

Non, non, je ne veux pas !

Mais Jin sentait la révolte et le refus bouillir au plus profond de lui. S'il renonçait, il ne serait jamais heureux. Plus il comprenait qu'il était prisonnier, plus il avait mal. Il pleurait à présent sans faire de bruit en sentant son âme se débattre pour se libérer des liens mentaux qui l'emprisonnait.

A 26 ans, ce ne serait plus de la reconnaissance mais de la soumission. J'ai assez donné comme ça. J'ai le droit de vivre ma vie. Je ne lui appartiens pas.

- Je ne vous appartiens pas, lâcha-t-il d'une voix qui tremblait.

- Oh si tu m'appartiens ! répliqua Johnny. Sans moi, tu n'as rien. Tu perdras tes fans qui t'en voudront de les avoir abandonnés. Tu perdras tes amis. Comment crois-tu qu'ils aient réagi à ton second départ hein ?

Ca aussi ça faisait mal. Jin avait presque aussi peur d'annoncer sa décision à ses amis du groupe qu'à son producteur. Et s'ils lui tournaient définitivement le dos ?

Mais cela ne suffit pas non plus à le faire reculer. Il fallait qu'il aille jusqu'au bout maintenant sinon il n'y arriverait jamais.

- Alors, je repartirai de zéro aussi dur que ça puisse être. Je ferai des bars, des petites salles n'importe quoi. Mais au moins…je ferai ce que j'aime. Et je n'aurais à obéir à personne...Je n'oublierai jamais ce que je vous dois. Mais ma décision est prise. Et vous ne pouvez légalement pas m'empêcher de partir.

Il fallut qu'il se dise de toutes ses forces que Johnny était à des milliers de kilomètres et qu'il ne pouvait rien lui faire d'autre que lui parler à travers un combiné de téléphone.

- Depuis le début, tu m'as causé plus de soucis que les autres. Mais les fans adoraient ta petite gueule de rebelle alors je t'ai laissé faire. Si j'avais su comment ça tournerait…Tu n'es qu'un sale petit ingrat et un imbécile qui va gâcher sa vie. Je préfère te prévenir Jin : si tu pars, c'est définitif. Si tu échoues aux Etats-Unis, ce ne sera pas la peine d'essayer de revenir. Tu ne réintégreras jamais les Kat-Tun ni aucun groupe de l'agence est-ce que c'est compris ? Tu comprendras vite qu'être indépendant n'est pas si facile que ça mais moi je m'en lave les mains. Tu seras seul.

- Je sais…Et je ne vous demande rien. J'assumerai toutes mes décisions.

- Tu ne changeras pas d'avis ?

- Non.

- J'espère que ça te fera grandir un peu ! asséna Johnny. Dis à cette Mary Tanner de m'appeler.

Il raccrocha sèchement, laissant Jin pétrifié et sous le choc de ce qui venait de se passer.

Il l'avait fait. L'enfant avait poussé son cri de révolte et avait rompu ses liens. Ca avait été très douloureux et il se retrouvait maintenant devant le vide vertigineux de la liberté. Il lui faudrait beaucoup de prudence pour dessiner dans ce vide un chemin sûr qui le mènerait là où il voulait aller.

Il se leva de la chaise où il était resté cloué durant toute la conversation et sortit sur son balcon pour respirer à pleins poumons. Peu à peu, il se calma et le tableau de sa situation nouvelle se teinta de mille couleurs différentes. C'était grisant. Effrayant mais grisant. Une nouvelle vie allait commencer pour lui. Il n'était pas égoïste, Johnny avait dit ça pour le faire culpabiliser. On ne vit qu'une fois et rien ne pouvait moralement le forcer à donner toute sa vie à son agence. Oui, elle lui avait beaucoup apporté mais il n'était pas un esclave et le temps était venu pour lui de tracer sa propre voie.

Il s'essuya les yeux avec sa manche. Johnny avait été blessant et méprisant en parlant de son rêve américain. Il n'y croyait pas du tout. Il espérait sûrement que Jin, pétrit de remords et de culpabilité l'appellerait le lendemain pour s'excuser platement et le supplier de lui pardonner. Hé bien il attendrait longtemps ! Il avait l'impression que deux ailes étaient en train de lui pousser dans le dos. « Je suis libre ! », quelle pensée euphorisante ! Il allait leur montrer de quoi il était capable !

Il pensa alors à Yoshiki et fut pris d'une si intense envie de le voir qu'il ne mit pas une minute avant de sortir de son appartement pour foncer chez lui. Il y alla à pieds, fébrile et incapable d'avoir la patience de sortir son vélo ou sa voiture. Il avait besoin de se défouler et même si Yoshiki habitait assez loin, il courut, il vola tout le long du chemin, le cœur prêt à exploser.

Arrivé devant le portail, il appela Yoshiki par l'interphone :

- C'est moi. Tu es seul ?

- Oui viens, tu vas me raconter.

Yoshiki lui ouvrit le portail et Jin traversa la grande allée, toujours en courant et le vit qu'il l'attendait sur le seuil.

Yoshiki était pieds nus et portait un bas de jogging blanc avec une sorte de haut de peignoir en coton léger hâtivement passé sur ses épaules. Sans doute avait-il été en train de faire ses exercices d'étirements quotidiens.

- Mais d'où viens-tu comme ça ? s'étonna-t-il en voyant Jin courir vers lui, les cheveux en bataille et les joues rouges d'efforts.

- De chez moi !

Jin se jeta dans ses bras avec une telle fougue que Yoshiki faillit perdre l'équilibre et se mit à rire :

- Tu as couru depuis là-bas ? Quel empressement !

Jin lui coupa la parole par un baiser tellement ardent qu'il en eut le souffle coupé.

- Yoshiki, c'est fini. J'ai quitté le groupe, j'ai réussi, dit-il d'une voix précipitée entre deux baisers. Il était…pas content…mais il ne peut pas m'en empêcher…

Ses mains se mirent à parcourir le corps de Yoshiki qu'il entendit respirer plus fort.

- J'ai envie de toi…je veux qu'on aille jusqu'au bout.

Yoshiki resserra brusquement ses bras sur lui et l'entraîna à l'intérieur de la maison en refermant la porte avec le pied. Jin, pantelant, fut noyé sous des baisers et des caresses aussi pressants que les siens. Dieu qu'il le désirait !

Et puis Yoshiki arrêta tout et lui prit la main pour l'entraîner vers l'escalier qui montait à l'étage.

- Il y a trop de chemin jusqu'à ta chambre ! râla Jin.

Yoshiki ne lui répondit qu'en souriant mais ses yeux brûlaient d'une façon qui poussa Jin à accélérer le pas.

Il n'avait jamais vu la chambre de Yoshiki et elle était à l'image du reste de la maison : spacieuse, lumineuse et meublée en noir et blanc. Le grand lit était recouvert d'un édredon moelleux sur lequel ils se jetèrent à peine entrés dans la pièce, emmêlés l'un dans l'autre. Etendu sous Yoshiki, Jin se mit rapidement pieds nus pour qu'ils puissent mieux profiter de l'accueillante largeur du lit. Il ne ressentait pas une once d'appréhension, juste un désir fou. Il fit valser le haut de Yoshiki et le retourna sur le dos pour goûter enfin à cette peau qui l'attirait tellement. Il constata en regardant son entrejambe à quel point il lui faisait de l'effet et passa la main sur la bosse qui y était apparue.

- Tu n'as rien dessous ?

- Non.

Jin se mordit les lèvres et prit à pleine main le sexe de Yoshiki à travers le tissu.

Yoshiki poussa un gémissement sourd, se redressa et le fit basculer de l'autre côté du lit. Il lui arracha son t-shirt et n'attendit pas davantage pour lui ouvrir son pantalon et le tirer sur ses jambes.

- Ca fait des semaines que j'ai envie de toi…

Après le pantalon, ce fut le boxer. En un tournemain, Jin se retrouva totalement et nu et excité comme jamais il ne l'avait été. Yoshiki se glissa entre ses jambes ouvertes et mima l'acte charnel en se frottant contre lui. Jin se prit à manquer d'air et gémit son prénom en offrant sa gorge aux baisers de son futur amant.

Les choses sérieuses n'avaient pas encore commencé qu'il prenait déjà son pied comme jamais. Il avait toujours pensé que faire l'amour avec Yoshiki ne pourrait être que fantastique et il n'était pas déçu. Pour lui, c'était aussi un délicieux geste de défi, une provocation adressée à là-bas, de l'autre côté de l'océan où l'on aimait les fan-services mais où l'on détestait les véritables gays. Il sourit en pensant qu'à l'heure qu'il était, Johnny devait être en train de piquer une belle crise de colère dans son bureau pendant que lui s'envoyait en l'air avec un homme. C'était bon, c'était inoubliable et dans son dos, ses ailes continuaient de grandir…

Les mains de Yoshiki descendirent toutes les deux sur son bas-ventre et s'y installèrent pour de bon, créant une attente qui ressemblait à de la torture. Une sur son aine effleura son sexe sans jamais y aller tandis que l'autre glissa sur ses fesses, entre ses fesses.

La respiration entrecoupée, Jin agrippa le jogging de Yoshiki et commença à vouloir le lui retirer :

- Je veux te voir nu moi aussi…

Yoshiki le regarda un instant puis sans rien dire, il sortit du lit et retira son dernier vêtement devant Jin qui le dévora des yeux. Comment Yoshiki pouvait-il se sentir vieux avec un tel corps ? Yoshiki chassa de la main les épaisses mèches blondes qu'il avait devant les yeux et ouvrit le tiroir de sa table de chevet. Il en retira un préservatif et un tube de lubrifiant. A leur vue, Jin sentit son ventre se tordre d'impatience mais Yoshiki ne sembla pas vouloir le prendre immédiatement. Il remonta sur le lit, posa le tube à côté d'eux et mit la pochette de la main de Jin en souriant :

- Garde-moi ça…

Jin serra fortement les doigts sur l'objet et passa sa main libre le long d'une hanche et d'une fesse musclée :

- T'es beau...

Il fallait qu'il le sache s'il en doutait encore en dépit de ses millions de fans féminines et qu'il comprenne à quel point il le désirait.

Yoshiki eut un sourire d'ange et se pencha sur lui pour l'embrasser. Sa langue vint jouer avec la sienne, ses dents lui mordillèrent doucement les lèvres puis il se coucha sur lui mettant en contact total leurs deux corps et leurs érections. Jin le serra contre lui et le caressa aussi loin que ses bras pouvaient le permettre et remonta sensuellement ses jambes le long de celles de son amant. Il avait chaud, son rythme cardiaque s'affolait et il aurait voulu que ça ne s'arrête jamais. Il mordilla le lobe de l'oreille de Yoshiki avant de descendre se nicher dans son cou qu'il constella de baisers et vit que Yoshiki s'était emparé du tube de lubrifiant. Il s'en enduisit généreusement les doigts et sourit à Jin qui l'observait :

- Tu as peur ?

- Tu rigoles ! lança Jin avec assurance.

Yoshiki se pencha sur lui et déposa ses baisers sur son torse. Tout de suite après, Jin sentit un doigt glissant entrer en lui sans lui faire mal. Il ferma les yeux et saisit son oreiller des deux mains. Il ne voulait rien perdre de ces nouvelles sensations et avait hâte d'en arriver au plus intense.

Yoshiki s'occupa de sa verge avec son autre main suffisamment pour lui faire oublier ce qui se passait plus bas et pas assez pour l'amener à l'orgasme. Jin gémit, se tortilla sur les draps et finalement accueillit facilement deux doigts qui commencèrent à lui donner un avant-goût affolant du plaisir qu'on pouvait avoir dans le rôle de celui qui est pris.

- Yoshiki... ! hoqueta-il en arquant son dos lorsqu'il se sentit fortement titillé sur un point délicat. Bon sang ! Comment tu fais ça ?

- Tu n'as pas mal ?

- Oh non…c'est vraiment trop bon !

Tellement que sa patience atteignit ses limites et qu'il finit par réclamer beaucoup plus. A l'expression de Yoshiki, à sa façon de respirer, il savait qu'il ne pourrait plus se contenir longtemps lui non plus. D'ailleurs il retira ses doigts et glissa son autre main dans celle de Jin pour lui prendre la pochette froissée qu'il n'avait pas lâchée. Frémissant d'anticipation, Jin le regarda déchirer le papier, sortir le préservatif et le dérouler sur son sexe tendu qu'il lubrifia ensuite abondamment.

Jin écarta un peu plus les jambes mais Yoshiki l'arrêta et l'incita à se mettre sur le ventre. Il lui découvrit la nuque et Jin sentit s'y poser une paire de lèvres chaudes qui descendirent ensuite tout doucement le long de colonne vertébrale. Il prit entre ses dents le coin de l'oreiller dans lequel sa tête était enfoncée et éleva légèrement le bassin à la rencontre du sexe de Yoshiki qu'il sentait se présenter. Soudain, les mains de Yoshiki l'attrapèrent par les hanches et il y eut une poussée…

- Aaaaaah !

C'était…indescriptible. Et Yoshiki poussa un grognement de satisfaction qui lui fit courir un frisson de la tête aux pieds. Tout s'accéléra à partir de ce moment. Yoshiki donna un coup de rein brusque qui le fit entrer totalement. La douleur ne fut pas ce que Jin retint le plus mais plutôt une impression qu'une nouvelle porte venait de s'ouvrir dans sa vie. Par cette porte se déversa du plaisir sans retenu, du plaisir interdit qu'il goûta de tout son corps et de tous ses sens. Leurs mouvements se firent violents, irréguliers. Yoshiki tenait fermement les hanches de Jin pour qu'il ne lui échappe pas et lui tordait les draps, se cambrait, agitait le bassin pour toujours mieux sentir en lui le membre dur qui lui incendiait les entrailles. Sans aucune inhibition, il s'offrait tout entier et prenait tout ce que Yoshiki lui donnait.

Des doigts agiles s'enroulèrent autour de son sexe et le masturbèrent vigoureusement au même rythme que les hanches. La sensation fut tellement énorme que Jin dut se mordre la main pour se retenir de crier. S'il avait su qu'il allait ressentir ça, il n'aurait pas patienté si longtemps avant de sauter le pas !

Ils changèrent plusieurs fois de positions et mirent le lit dans un fiévreux désordre. Yoshiki savait s'y prendre pour empêcher Jin de jouir tout le faisant suffoquer de plaisir. A genoux et accroché au sommier qui tapait contre le mur, Jin parvint au bout de sa résistance et sentit l'orgasme déferler comme une lame de fond.

Les secondes qui suivirent furent un gros blanc d'où il émergea hors d'haleine, en sueur et chaque centimètre carré de son corps parcouru de frémissements. Il s'était retourné sur le dos et il se trouvait dans les bras de Yoshiki qui s'était couché sur lui, la tête sur son épaule et qui reprenait son souffle.

Dingue c'était le mot. Il ne s'était jamais senti aussi bien de toute sa vie.

Il frotta doucement sa joue contre celle de Yoshiki et celui-ci releva un peu la tête pour le regarder. Pendant un instant, il n'y eut qu'un mélange de regards et de respiration précipitée. Et tout à coup, ils se sourirent et le même petit rire heureux leur vint. Jin passa la main sur la nuque de Yoshiki et l'attira vers ses lèvres.

Dans son dos, il sentait comme deux immenses ailes qui avaient fini de pousser.