Chapitre XVIII/

Allez je poste un peu plus vite ce coup-ci et j'annonce que le prochain chapitre sera probablement le dernier.

Je lis attentivement vos reviews pour voir un peu comment vous ressentez l'avancement de cette fic et ça m'a pas mal aidée pour me diriger vers la fin. Merci à mes fidèles lectrices et à bientôt pour le dernier round !

Durant les jours qui précédèrent le premier concert de la tournée américaine de X-Japan, Jin sentit que l'ambiance était un peu étrange dans le groupe. Yoshiki, nerveusement plus fragile que les autres membres, était sujet à des crises de mauvaises humeurs, voire à des coups de colères qui éclataient souvent pour un rien. Il se calmait aussi vite qu'il s'était énervé mais cela laissait un durable sentiment de malaise sur ceux avec lesquels ils travaillaient au Wiltern Theater et qui n'étaient pas habitués à son caractère.

Toshi inquiétait à la fois Yoshiki et Jin à cause de ce qui s'était passé chez le batteur. Mais il n'avait jamais plus dit le moindre mot concernant ses sentiments envers Yoshiki et il se comportait exactement comme si rien ne s'était passé. Craignant sa réaction s'ils remettaient le sujet sur le tapis, les deux amants évitaient donc également de l'évoquer.

Heath, Sugizo et Pata étaient fébriles. Ce concert à Los Angeles semblait revêtir surtout une importance particulière pour Pata. Contrairement aux deux autres, il était là à l'époque où X avait lamentablement échoué dans sa tentative de percer aux Etats-Unis. Un soir chez Yoshiki, il fut manifestement pris de nostalgie. Alors que la conversation glissait une fois de plus sur ce concert qu'on espérait être un succès, Pata commença à raconter à Jin l'histoire de leur première épopée au pays de l'oncle Sam.

Jin en fut plutôt surpris. Il n'avait aucun problème avec Pata mais il n'avait jamais vraiment eu de conversation avec lui. Le guitariste l'intriguait pourtant. Il était tellement frêle qu'il pensait être capable de le porter sans effort. Son visage trop ridé pour son âge trahissait une hygiène de vie qui n'avait pas été des plus sages. Et surtout, sa discrétion en faisait de loin le membre le plus énigmatique du groupe aux yeux de Jin. Pour ce qui était du jeu de guitare, Jin l'admirait davantage que hide ou Sugizo, surtout depuis qu'il avait commencé à s'entraîner sérieusement sur la Lee Paul que Yoshiki lui avait offerte. Il éprouvait toutes les difficultés par lesquelles il faut passer pour arriver à valoir quelque chose à cet instrument. Pata avait la même guitare que lui mais les sons qu'il en tirait n'étaient pas comparables aux siens et Jin était resté rêveur durant plusieurs minutes après avoir surpris Pata, une clope au bec, en train d'effectuer nonchalamment un solo sur lequel, lui, peinait depuis dix jours.

Ce soir-là donc, Jin, assis par terre sur l'épais tapis qu'il y avait devant la télévision de Yoshiki, sentit que Pata avait envie de raconter ce voyage et le jeune homme était tout disposé à l'écouter. Le guitariste était assis dans le canapé et tenait à la main...une tasse de thé. Jin avait déjà compris l'image quasiment canonique que les fans avaient de Pata et sourit légèrement en constatant que- non évidemment- il ne pouvait pas carburer qu'au whisky !

Pata commença à raconter leur arrivée à New-York et leurs déambulations dans les rues où ils se faisaient sans cesse dévisager par les passants.

- Il faut dire que nous avions de drôles de dégaines ! Même moi j'ai honte quand je vois ce que je portais à l'époque !

- Et les pantalons discos que tu portes aujourd'hui, t'en as pas honte ? le taquina Heath qui passait près d'eux alors qu'il se dirigeait vers la terrasse pour y fumer.

Pata roula des yeux et continua :

- Nous étions très excités et un peu cons aussi. On faisait les malins dans la rue et plus on choquait les gens, plus ça nous faisait rire.

- Toshi aussi ? demanda Jin qui avait du mal à imaginer le si sage chanteur en train de jouer les provocateurs.

Pata parut comprendre le sous-entendu et sourit :

- Lui c'était le seul à tenir la porte aux dames !

Jin se dressa sur ses genoux et interpella par-dessus le canapé Yoshiki qui était assis plus loin à une table au milieu d'une paperasse concernant un énième contrat qu'il allait signer pour prêter son image à la chaîne de supérettes 7 Eleven :

- Hé Yoshiki ! T'as fait quoi comme bêtise à New-York il y a vingt ans ?

- J'y étais pas, j'étais à Paris ! répliqua le batteur. Et merci de me rappeler que ça remonte à l'Antiquité !

Pata pouffa de rire et Jin se rassis sur ses fesses :

- Qu'est-ce qu'il faisait à Paris ?

- Il tournait un clip, répondit Pata. Il rêvait depuis longtemps de visiter Paris mais nous on voulait aller aux Etats-Unis. Du coup, il est parti tout seul !

- Et alors ? Vous avez fait quoi à New-York ?

- On a bu comme des trous, on a fait beaucoup de magasins, dit Pata. Taiji s'arrêtait devant toutes les grosses motos qu'il voyait garées le long des trottoirs. Un type a même cru qu'il voulait lui voler la sienne ! On a dû attraper Taiji par la peau du cou et déguerpir parce que cet abruti était prêt à la bagarre ! Quant à hide, il faisait des bras d'honneur à tous ceux qui le fixaient trop longtemps.

Jin écoutait en écarquillant les yeux. Il avait le sentiment un peu décevant qu'il s'était conduit comme un enfant de chœur en comparaison. Un comble pour celui qui passait pour le rebelle des Kat-Tun !

Rebelle pour midinettes ouais... pensa-t-il un peu amer. Eux au moins, ils ont su ce qu'était la vie rock'n roll.

Depuis le temps qu'il entendait parler de hide, il n'avait jamais osé en demander plus concernant le guitariste. Mais Pata semblait assez disposé à parler de lui et c'est ce qui le décida à dire à mi-voix :

- Je me demande comment était hide dans la vie…

Il baissa un peu la tête et poursuivit sur un ton hésitant :

- Je suis curieux. Je vous ai tous connus sauf lui et j'en entends tout le temps parler alors...

Pata parut réfléchir un instant mais il finit par sourire. Il répondit d'une voix douce en faisant des pauses entre les phrases :

- C'était quelqu'un qu'on ne pouvait pas connaître sans l'aimer. C'est sûr, il avait un mode d'emploi à part et il était parfois difficile à suivre. Mais je n'ai jamais connu quelqu'un qui portait en lui une telle réserve de gentillesse et de timidité. Il jouait les fous, les psychopathes mais en réalité, il était tout le contraire. Il était très intelligent et c'était un vrai bourreau de travail et un entêté comme Yoshiki. Mais au fond de lui, il manquait cruellement de confiance.

- De confiance ? s'étonna Jin. Ben c'est pas l'impressionnant qu'il donnait !

- Je sais. Mais en dehors de X, il était fait pour être un leader. Il n'était pas autoritaire mais il entraînait naturellement les gens derrière lui. Lui et moi, nous étions le jour et la nuit pourtant je l'ai toujours accompagné dans tous ses délires. Ce que peu de gens savent, c'est qu'il était plus fragile qu'il n'en avait l'air.

- Vous êtes quelqu'un de calme vous...ca devait être sportif la vie avec hide !

- Oui très ! Moi ça ne me dérange pas d'être tout seul. Mais hide détestait ça. Il avait terriblement besoin d'être entouré et apprécié. Il n'était jamais aussi heureux que quand il y avait un bordel monstre chez lui. Il empêchait même les gens de partir en cachant leurs affaires !

Pata poussa un léger soupir et eut un soupir un peu triste :

- Je sais bien que ça fait douze ans qu'il est mort et que nous devons reléguer tout ça au passé désormais. Mais la vie est indéniablement plus triste depuis qu'il n'est plus là. Tu dois nous trouver ridicules à parler encore de lui comme s'il était mort le mois dernier.

Jin hésita à répondre. Ce qu'il trouvait ridicule, c'était les fans qui pleuraient encore douze ans après alors que la plupart n'avaient jamais connu hide de son vivant. Ca, il avait du mal à le comprendre. Maintenant, s'il s'agissait d'amis proches...Il essaya d'imaginer ce qu'il ressentirait s'il perdait Yamapi. Il serait anéanti pour longtemps c'est sûr. Mais il fut totalement incapable de se projeter douze ans plus tard. Trop compliqué si on n'est pas en situation... Alors il répondit prudemment :

- J'ai jamais perdu personne moi. Ni parent, ni ami. Alors je peux pas me mettre à votre place. Et puis j'ai pas le droit de juger.

Pata hocha la tête d'un air neutre :

-Tu as de la chance. J'espère que tu n'auras pas à connaître ça.

Conscient que la conversation avait dérivé sur un sujet trop grave, Jin la redirigea sur le voyage à New-York sans demander davantage de précisions concernant hide.

Durant les jours qui suivirent, Jin resta fourré avec le groupe aussi souvent que lui permettaient ses propres répétitions. A part Toshi, personne d'autre n'était au courant de sa relation avec Yoshiki mais Pata, Heath et Sugizo l'acceptaient sans poser de questions.

Luna aussi était toujours là mais le jeune homme se doutait bien que c'était surtout pour être avec lui. Il tint sa promesse en l'invitant à l'un de ses spectacles d'où la fillette sortie transportée. Elle lui lança un compliment qui lui fit chaud au cœur :

- Je comprends que tu sois parti si c'est pour faire ça ! Je suis sûr que tu vas devenir super célèbre !

Ce n'était que l'avis absolument pas objectif d'une gamine de treize ans mais Jin le paya quand même d'un radieux sourire et d'un bisou sur la joue qui fit rougir Luna jusqu'aux oreilles.

Le concert de Los Angeles approchait et pour les amants cela signifiait beaucoup car Yoshiki partirait le lendemain et Jin enchaînerait avec sa propre tournée au mois d'octobre.

Il avait pris une décision : celle d'acheter un billet d'avion pour le Japon. Il avait des choses à régler là-bas avant de se lancer dans l'aventure américaine. Il voulait revoir sa mère et son frère pour leur raconter de vive voix le nouveau tournant qu'avait pris sa vie. Il était bien sûr exclu de leur parler de Yoshiki. Il ne voulait même pas imaginer leur réaction s'ils apprenaient... Et à cette pensée, il se sentait presque nauséeux. C'était vraiment compliqué de sortir avec un homme, vraiment… et son bonheur se payait aussi de beaucoup d'angoisses et de mensonges. Combien de temps cela durerait-il ? C'était LA question qui traînait depuis le début et qui n'avait toujours pas de réponse.

Yamapi aussi lui manquait. Il voulait encore de ses nuits à squatter chez l'un ou chez l'autre où ils discutaient et fichaient le désordre jusqu'au petit matin. Il avait besoin de ses conseils et de son esprit plus objectif que le sien pour le rassurer de tout ce qui allait arriver.

Et la troisième raison de son retour au pays, c'était les Kat-Tun. Le problème de son départ ne serait jamais complètement réglé tant qu'il ne serait pas allé les trouver pour se justifier de vive voix. Il séjournerait à Tokyo de façon discrète parce qu'il ne voulait pas avoir à rencontrer Johnny. Il ne viendrait pas à l'agence mais il s'arrangerait pour rencontrer ses anciens camarades les uns après les autres en allant chez eux ou en leur donnant rendez-vous quelque part. Même Kame n'y échapperait pas ! Il allait sûrement se prendre l'engueulade de sa vie mais tant pis, au moins les choses seraient mises à plat. Qui sait ? Peut-être qu'il parviendrait à convaincre le désormais seul leader du groupe qu'il n'était pas qu'un sale petit égoïste.

Il sortit de l'agence de voyage où il venait de réserver sa place pour le Japon et alla faire un saut dans une minuscule librairie confidentielle du centre-ville qui avait pour particularité de ne vendre que des livres et des magazines venant directement du Japon. Comme les immigrants étant nombreux à Los Angeles, le propriétaire de la boutique parvenait à maintenir un chiffre d'affaires correct et Jin trouvait là ce qu'il avait l'habitude de lire à Tokyo.

Il n'avait jamais été très doué avec les kanjis et s'était souvent faire charrier sur le sujet. A force de ne lire qu'en anglais, il se demandait si sa « dyslexie » n'allait pas s'aggraver ! C'était quand même un comble de maîtriser une langue étrangère mieux que sa langue maternelle ! Cette boutique lui permettait de continuer à lire en kanjis et d'avoir des nouvelles du pays.

L'endroit était trop petit pour l'amoncellement de livres et de magazines qui s'entassait mais un semblant de classement permettait quand même de s'y retrouver. Par pure curiosité, Jin alla jeter un œil du côté des revues à potins pour voir si le débat sur son départ des Kat-Tun durait toujours. Et quelle ne fut pas sa surprise en découvrant, sur un petit encadré à gauche d'une couverture de mauvais goût, une photo de lui accompagné de…Dune !

Il aurait été bien incapable de dire où et quand cette photo avait été prise. Mais la légende ne laissait aucun doute sur son sens : « Jin des Kat-Tun : sa nouvelle vie aux Etats-Unis. » Il se précipita sur l'article en page huit. Il était vraiment tout petit et ne racontait que des choses que les fans connaissaient déjà. Il y avait une autre photo de lui et Dune en train de marcher dans la rue. Elle était aussi insignifiante que la première, ils ne se tenaient même pas la main mais le paparazzi avait cru bon d'ajouter que ses fans allaient devoir sortir leurs mouchoirs parce qu'il n'était plus un cœur à prendre ! Jin était stupéfait du culot qu'il fallait avoir pour oser publier un mensonge éhonté en se basant sur une photo qui ne prouvait rien du tout !

Ce n'était pas la première fois qu'il était pris en photo à son insu et que les journalistes lui prêtaient une fausse relation. C'était même une sorte de routine pour les membres de la Johnny's et ce ne fut pas le contenu de l'article qui le bouleversa tant. Mais cette fois, il en était certain même ici, à des milliers de kilomètres du Japon, il n'était à l'abri de rien.

Il ressortit de la boutique après avoir acheté le magazine. Pas qu'il avait voulu engraisser les salopards qui l'avaient écrit mais il aurait besoin de l'avoir avec lui dans les prochaines heures.

Il appela Dune et lui demanda s'ils pouvaient déjeuner ensemble pendant sa pause. Il la retrouva au Burger King qui se trouvait à côté de l'hôpital. Dune était encore en tenue d'infirmière parce qu'elle n'avait qu'une heure de pause. A peine arrivé, Jin lui montra le magazine.

- Même si tu ne peux pas lire, la photo suffira à te faire deviner le contenu de l'article…

La jeune femme eut une grimace en voyant le cliché :

- Oh c'est pas vrai…soupira-t-elle. Quels sales fouilleurs de poubelles ceux-là ! Maintenant, je parie que des milliers de filles au Japon sont en train de chercher le meilleur moyen de me jeter une malédiction ! Ils n'ont pas mon nom au moins ?

- Non rassure-toi. Ils n'ont que ces photos pourries et ils ne donnent aucun détail. Je vais leur écrire un démenti bien senti si tu veux.

Dune n'avait pas l'air plus choqué que ça et elle répondit gaiement :

- Tant que je ne peux pas être reconnue, c'est l'essentiel. Pour le démenti, fais comme tu le sens. Mais je passe trop de temps avec toi vraiment ! Je vais finir par me faire lyncher, il paraît qu'elles sont dangereuses tes groupiasses !

Elle leva la tête en riant vers Jin mais son sourire fondit lorsqu'elle vit la peine éclater dans les yeux du jeune homme :

- Jin qu'est-ce que tu as ? J'ai dit quelque de mal ?

Jin, qui ne s'était toujours pas assis, se laissa tomber sur la banquette en face d'elle d'un air extrêmement abattu. Il avait le cœur lourd depuis qu'il avait découvert cet article et Dune était la seule à qui il pouvait confier ce qui lui faisait si peur.

- Non, ce n'est pas ce que tu as dit. C'est cet article. Je sais maintenant que les paparazzi peuvent m'atteindre ici aussi facilement qu'au Japon. Et j'ai si peur…pour Yoshiki et moi.

- Va lui montrer ça.

Jin secoua la tête :

- Non, le concert est demain. Il est très occupé et je veux qu'il puisse y aller avec l'esprit libre. Je ne lui en parlerai qu'après. Tu sais, au départ, c'est lui le premier qui disait qu'on serait sûrement obligés de se séparer au bout d'un moment. Mais je sens bien qu'il a changé d'avis. Il veut rester avec moi et ça me rend heureux comme pas permis. Mais maintenant, je sais qu'on sera toujours obligés de mentir et de se cacher. Bientôt, je vais revoir ma mère à Tokyo et je me demande comment je vais arriver à la regarder dans les yeux. Et nous aurons toujours la crainte d'être découverts par un paparazzi. Lui, il est tellement haut que je ne pense pas qu'il risque grand-chose. Moi par contre…

Dune répondit gravement :

- Jin, tu cogites trop. Je pense que tu devrais seulement faire ce dont tu as envie et aviser au jour le jour. Tu l'aimes alors reste avec lui un point c'est tout. Tu ne peux pas tout avoir alors si tu dois mentir, mens ! Si tu crois que ta famille ne t'aime pas suffisamment pour passer par-dessus ça, mens-leur et envoie chier le reste ! Je crois vraiment que ça en vaut la peine.

Quant à être découvert, il y a plein de stars qui ont caché leur sexualité sans que personne ne se doute de rien. Le moment venu, elles ont décidé elles-mêmes de se révéler. Toi aussi, un jour, tu te trouveras peut-être dans une position qui te permettra de le faire sans risque. En attendant, un peu de prudence et puis c'est tout !

- Comme tout paraît simple quand je t'écoute…dit Jin avec un faible sourire.

- Mais C'EST simple ! C'est toi qui te fais trop de films !

Dune avança le bras et prit la main de Jin dans la sienne :

- Tu es devenu prise de tête depuis que tu es avec lui tu sais ? Avant, tu ne te posais pas de questions, tu fonçais toujours tête baissée ! Je ne t'ai jamais vu aussi angoissé que depuis que tu sors avec lui. Quelque part, c'est un peu triste.

- C'est vrai. Je m'inquiète beaucoup plus de l'avenir qu'auparavant. Ma vie a changé sur bien des plans.

- C'est l'histoire la plus sérieuse que t'ait jamais eue ?

- Oui je crois bien, souffla Jin. C'est la première fois de ma vie que je veux garder quelqu'un à ce point. Je me demande comment j'ai pu envisage d'abandonner et d'espérer que Toshi finirait par prendre le relai. Ca me ferait trop mal si ça arrivait et je suis bien soulagé qu'il m'ait dit qu'il ne tenterait rien pour nous séparer.

- Je veux rien dire sur Toshi mais…t'es sûr qu'il n'essaiera pas ?

Jin haussa les épaules d'un air las :

- Est-ce que j'ai d'autre choix que de lui faire confiance ? J'ai pas du tout envie de foutre la merde entre lui et Yoshiki. Et puis, Yoshiki m'a dit des trucs qui m'ont rassuré.

Jin s'affala sur la table tachée de gouttes de Coca séchées et marmonna :

- Je veux rester avec lui…tout le temps, tout le temps, tout le temps…

Un sourire attendri se dessina sur le visage de Dune qui demanda :

- Tu lui as dit ? Que tu voulais vraiment construire quelque chose avec lui ?

Jin se redressa et secoua légèrement ses cheveux qui partaient dans tous les sens à cause de la main angoissée qui n'avait pas cessé de jouer dedans.

- Jamais comme ça. On est un peu dans le flou, dans le « on verra bien ».

- Bon, alors un conseil : d'accord, tu lui fous la paix jusqu'au concert. Mais après, va lui dire clairement ce que tu désires. Fais-le avant qu'il parte en tournée. Le flou en amour, c'est pas bon, y'a un moment où il faut savoir ce qu'on veut. De toute façon, je suis sûre qu'il en sera ravi.

- Ouais je pense aussi.

Jin inspira profondément et eut soudain un grand sourire :

- C'est dingue, je me sens mieux !

- Appelle-moi l'infirmière du cœur mon chou !

- La meilleure de toute !

- Bon c'est pas tout ça mais on n'a toujours pas mangé !

- Ah c'est vrai et pour te remercier d'avoir ouvert le bureau des pleurs je t'invite ! Prends ce que tu veux et ce sera un menu XL pour moi !

- Comme quoi, quand l'appétit va, tout va ! commenta Dune en riant.