Recto
Tout était noir et chargé. L'air pesait semblait peser une tonne sur ses épaules. L'odeur qu'il sentait était chaude, humide, un mélange de sueur, de parfums, d'alcool et d'encens mortel. Naruto se répugna à penser aux chairs se frottant l'une contre l'autre, sans pudeur, et sans beauté. Ici il n'y avait pas la notion de nom, plus d'identifiant, juste des sales gosses. Ceux qui boivent plus de litres d'alcool en une soirée que leurs parents ne boivent dans le mois. Ceux qui fument plus que les grands ne fument dans leur vie. Ceux pour qui l'amour se fait à dix sur une banquette.
Il était à peine entré qu'il étouffait déjà sous le poids de la connerie infantile.
Et que dire du lycée ? On aurait dit que la fumée des joints s'était imprimée sur les murs. L'esprit des tables d'écoles, de la discipline, et de l'étude n'était plus. Tout n'était plus que liberté à l'état le plus primaire. Pas de frontières, pas de jeunesse, juste des hommes livrés à eux même. Dans un con d'ombre, il vit trois personnes, une fille et deux garçons qui étaient en train de s'aimer sans retenue ni pudeur devant les autres.
Puis, il ressentit ce que ça faisait d'être seul au monde. Ino avait posé ses yeux sur lui, et alors le monde présent autour de lui, n'était plus que néant. Les yeux du jeune homme fuirent ceux de l'adolescente et descendirent maladroitement sur la cambrure de son dos. Elle se retourna totalement, ne permettant plus au jeune homme de voir le bas de son dos. Elle se mût tel un serpent, faisant onduler sa silhouette nette. Les plis de sa robe se retroussèrent et tombèrent sur ses hanches. A cette vue, Naruto déglutit et garda son regards posé dans les yeux de l'adolescente. Elle s'éloigna peu à peu, les bras le long de son corps, dévoila sous sa robe fendue, ses longues et fines jambes prolongées par des talons vertigineux.
D'instinct, il la suivit. C'était une invitation à procréer un amour naissant. Il marcha juste derrière elle, sur ses talons, s'enivrant à chaque brassée d'air de son subtil parfum. Même si la démarche chaloupé et excessivement sensuelle de la blonde en aurait dérouté plus d'un, Naruto n'eut jamais un regard déplacé. Durant, cette marche et cet amour silencieux, il garda son regard fixe sur sa nuque. Elle poussa une porte, la laissa ouverte à Naruto qui la referma soigneusement derrière lui après. Il n'y eu plus que le bruit des talons de la blonde, hormis son souffle excité. Les portes mystérieuses se succédèrent, comme un long couloir, au bout duquel on trouve l'amour, ou la chute.
Ils arrivèrent dans une pièce qui semblait la suite d'un enchainement de salle. Elle était sensiblement plus grande que les autres, puisqu'en son centre se trouvait une large piscine. Le bleu régnait en maitre, et cette couleur se reflétait sur le visage des deux personnes. Ino se retourna vers l'adolescent, lui pris les mains, et recula progressivement, jusqu'à ce qu'elle se trouve accoudée aux bords de la piscine. Elle se baissa progressivement, détacha silencieusement les boucle argenté de ses chaussures, et en retira ses pieds. Elle monta, pied-nus, sur le petit rebord de la piscine.
« Reste avec-moi. »
« Toujours » murmura avant de tomber dans l'eau dans un soupir.
Le claquement que fit les deux corps sous l'eau ne dérangeât personne, pas même les deux protagonistes. Leurs deux corps, brûlant et entremêlés chutèrent lentement vers le fond de la piscine. Contrairement à ce qu'il aurait pensé, Ino était maladroite. Elle avait des gestes mal placé, et une fois dans l'eau, elle était moins sensuelle. C'était plaisant pour Naruto de pouvoir se dire que c'était lui qui avait le contrôle. Il cala ses pieds au sol, et attrapa fermement les cuisses d'Ino pour la maintenir sous l'eau. Il l'abaissa jusqu'à lui, et l'embrassa, comme il l'avait tant rêvé. Ils s'embrassèrent autant de fois que l'eau leur permettait. Il passa sa main sur les fesses d'Ino et la maintint contre son buste. Elle passa sa main sur sa nuque en tentant de défaire le nœud qui retenait sa robe. Saignant de désir, Naruto s'impatienta et passa le haut de la robe au-dessus de la tête de la jeune fille et s'en débarrassa prestement. Il se dégagea d'elle, pris sa respiration un temps, et replongea aussitôt, comme si l'air en dehors de la piscine l'avait brûlé. Quand elle redescendit à son tour dans la quiétude de l'eau, il la maintint gracieusement par les chevilles afin qu'elle fasse glisser ses bas. Il s'appuya contre le mur, et elle s'accrocha à sa taille tandis qu'il enleva d'une main son t-shirt. Dos à la lumière, ils s'aimèrent durant toute la nuit, sans que personne ne viennent les déranger, et ils se promirent de rester ainsi jusqu'à leur mort.
Verso
Il avait appris qu'après cela, le ventre d'Ino avait produit la Mort. Une part de lui avait été déchirée à cette nouvelle, il était celui qui l'avait engendré. Monstre qu'il est, il avait déposé une graine mortelle dans le ventre de celle qu'il a aimé. Digne dans la décadence, il passa sur le fleuve rouge sang qui s'immisçait dans les jointures du carrelage t qui avait peu à peu recouvert une impressionnante surface. Naruto ne parlait plus. Il s'était enfermé dans son silence, et s'enterra dans sa haine pour le genre humain. Il maudissait toutes les paroles, aussi belles soient-elles. A cela, il préférait les sanglots d'une femme brisée, le bruit du craquement du dos d'un homme brisé par l'injustice, et le bruit que faisait la mort quand elle prenait un esprit. Il traversa le couloir, éclairait par une unique fenêtre dans laquelle, l'on apercevait un saule pleureur. Au bout de ce couloir, une femme s'affairait, il aperçut son dos plus ou moins dénudé par une robe échancrée. Elle parla.
« Mon amour ? »
Il frémit. C'était sa voix à elle, la seule qu'il tolérait dans ce monde, parce qu'elle faisait le bruit de tous les silences du monde. Il s'avança à pas feutré vers elle, et frissonna quand elle se retourna vers lui, la joie suspendue à ses lèvres. Son sourire se volatilisa aussitôt, et elle se rembrunit. Il se sentit fondre quand il sentit son regard se promener sur lui, dévisageant un étranger. Il lui tendit la main, avec l'agilité de ceux qui ne veulent pas s'exprimer. Elle refusa d'un signe de tête, et lui sourit gravement. Elle leva la tête, non pas comme le ferais une femme hautaine, mais comme quelqu'un qui essaierait de retrouver grâce auprès d'un être perdu.
Il aurait voulu lui dire qu'elle était toujours aussi belle qu'avant, aussi lointaine, qu'elle avait gardé tous ses mystères. Il aurait aimé lui souffler dans un silence harmonique, que même si sa jeunesse est passée, son amour n'est pas encore froid.
