Recto
Ils s'étaient aimés dans l'eau et s'embrassèrent tendrement sur le bord de la piscine. Leurs corps ruisselaient de liquide javellisé, et leurs yeux brillaient de désir et de fougue. Ils s'embrassèrent une dernière fois avant de séparer leurs lèvres dans un bruit résonnant dans toute la pièce. Elle le regarda plus précisément pour la première fois de sa vie.
Elle le trouva beau.
Elle détourna son regard sur son épaule, et y posa sa tête dans une extrême lenteur. Naruto leva les yeux, et regarda au travers la baie vitrée au plafond, les étoiles. Le temps était clair, et les millions d'étoiles se mélangeaient entre elles. Hormis, son souffle sur sa nuque, Naruto n'entendait que le clapotis de l'eau encore agité par leurs ébats précédents. Elle releva la tête, le fixa de son regard azuré, et dit l'ineffable avec ses yeux.
Puis un léger cri ébranla leur si précieux silence fusionnel. La tête du jeune homme se redressa, et il se leva de tout son séant. Il passa la porte du vestiaire entièrement nu et attrapa deux serviettes afin de s'en couvrir. Il en tendit une a Ino qu'elle noua autour de sa poitrine, laissant dépasser le bas de ses cuisses encore humides. Ils sortirent l'un un coté de l'autre par le couloir qu'ils avaient longé avant. Puis ils avançaient, plus la pesée de l'air n'était lourde. Ils passèrent la dernière porte et ils se retrouvèrent dans la grande salle ou s'étaient tenu les festivités. A présent, cette salle était vide, seul un homme était debout, et à ses pieds, un corps gisait, inanimé, le cœur arrêté. Le jeune blond contourna l'homme encore debout, pour identifier le cadavre. A ce moment il croisa les yeux embrumé de son récent ami.
« Naruto, mon ami, aide moi. »
Il avait prononcé ces paroles presque inaudiblement, cela ressemblait à une dernière expiration, c'était sa mort prochaine. Mais de qui ? Le mort, lui, l'était déjà, Sasuke n'en n'avait que faire, lui de mourir, mais Naruto, lui-même, c'est avec effroi qu'il constata sa chute funeste. Il le regarda d'un regard blanc, essayer de na pas regarder son futur, et il se baissa, attrapa le corps par les bras, et le traina sur le sol crème du lycée. Il poussa la porte extérieure à l'aide de son dos, et se releva quelques instants, le va les yeux, et pleura amèrement cette soirée.
Ino s'avança vers Sasuke, l'enlaça de ses maigres bras. D'un geste vide, mais révélateur, Sasuke répondit lentement à ce geste, et passa ses bras musclés autour des épaules de la jeune femme.
Naruto était mort maintenant.
Verso
L'homme tue son prochain. Certains le font à cause de l'amour, d'autre pour l'argent, pour la vengeance, ou même, par jalousie. L'homme vit, et il tue, pour cela. C'est un peu comme le facteur chance, pour tuer, l'homme doit vivre. Comment l'homme mort pourrais-t-il tuer ? Seul le regret pourrais tuer l'assassin de cet homme-là, et seulement lui.
« Ino, je crois que mon amour pour toi, n'est pas encore terni… »
Elle le regarda gravement, joignit ses mains sur sa taille, et caressa son ventre.
« Je sais aussi que au fond de toi, tu es morte, comme moi. Voir même un peu plus. Il ne reste plus rien en toi à aimer mise à part le vide. Suis-je alors fou allier pour penser nuit et jour à ton vide ? »
Elle lui fit non de la tête. Elle ne pensa même pas à pleurer, ce vide en elle lui avait tout pris, même ses larmes. Il la contourna, posa son arme sur la petite table de chevet, déposa la valise en cuir marron au sol et s'assit sur le lit. Les ressorts s'affaissèrent et le grincement était insupportable.
Encore et toujours, entre eux deux, seul le silence était toléré.
Il lui tendit la main et elle la prit, tremblotante. Il caressa de son pouce le creux que les rides avait tracé dans ses mains. Il la fit se pencher jusqu'à lui, et posa la main vieillie et tachée de jaune d'Ino sur son visage diaboliquement enfantin. Il l'engagea grâce à son regard à parler.
« Ta voix et plus basse Naruto »
« Elle s'est éteinte, comme ton assurance dans la tienne. »
Elle déglutit à cette remarque. Il lui en voulait. Avait-elle du chagrin ? Oui, certainement. Ce qu'elle avait pu faire jadis, inspirait encore la haine et l'horreur a Naruto, et cela se lisait n' importe où sur lui. Sa voix grave en était le symbole. Il porta la main sur sa cuisse et la caressa, il la serra entre ses doigts. Ils n'en faisaient plus le tour, Ino avait grossit. Il porta ensuite son autre main sur sa joue, et l'embrassa, tremblant de passion et de haine. Il se recula, et fronça les sourcils, vexé. Il se tint droit, étonnamment supérieur avant de dire :
« Voyons, fait un effort, on dirai que tu embrasses un cadavre ! »
Ino le fixa, avala sa salive retroussa ses fines lèvres sèches, et ferma les yeux réprimant un sanglot invisible.
« Peut-être parce que tu en es un. »
