Auteur : Drusilla
Paring : HG/SS, pour de bon cette fois.
Rating : M
Disclaimer : J'emprunte Severus et Hermione, un peu Poudlard et beaucoup de magie. Rowling sera, je suis sûre, partageuse.
Résumé : Les années qui s'écoulent ne changent rien à la douleur. C'est un mensonge d'affirmer que ça ira mieux avec le temps. La douleur ne s'atténue pas. Mais on apprend à vivre avec.
Merci à tous ceux qui m'ont reviewés. Je sais que le début de l'histoire surprends pas mal de gens, parce que rien ne semble avancer, mais c'était volontaire. Je ne pouvais pas juste enchaîner après Poudlard en les faisant tomber dans les bras l'un de l'autre. Hermione n'est pas encore totalement prête. Je vous rassure, l'histoire fait 7 chapitres donc vous n'aurez pas trop à attendre. Normalement ça devrait bouger au prochain chapitre (enfin ça bouge, je veux dire que vous devriez enfin trouver une avancée significative). J'ai bien peur que ce chapitre ne soit encore nécessaire à Severus pour qu'il se décide à... outrepasser son statut de professeur on va dire.
Chapitre 3 : Sans force
Les plaisirs de la vie étaient parfois tellement simples qu'ils pouvaient se briser en un instant. Qu'y a-t-il de meilleur qu'un bain après une journée d'enseignement ? C'était le réconfort de Severus, cruellement aujourd'hui interrompu par un appel de cheminette.
La personne à l'autre bout devait être incroyablement dans le besoin pour attendre avec tant de patience qu'il se soit rincé et habillé. C'était en réalité le directeur de Ste Mangouste en personne, un vieil homme épuisé par la vie lui aussi, avec des rides profondes et un air soucieux sur le visage.
- Monsieur le directeur, voici un appel que je n'attendais pas.
- Je suis navré Severus d'ainsi vous déranger, mais j'ai besoin d'aide. Les potions de Sardos et de Recouria sont très difficiles à réaliser, vous le savez. Jamsies, qui jusque là nous les faisaient nous a malheureusement quitté des suites de son cancer il y a presque un an.
- J'ai su, mais en l'absence d'appel de votre part, j'ai pensé que vous aviez trouvé quelqu'un d'autre pour vous fournir les potions les plus délicates. Certes les maîtres de potions ne sont pas légion, mais tout de même, il doit bien y en avoir une vingtaine dans le pays.
- C'est exact, et nous avons rapidement trouvé une remplaçante…
- Au salaire fourni, je n'en suis nullement étonné.
- Qui est aujourd'hui dans l'incapacité de nous fabriquer la moindre potion. Elle est elle-même hospitalisée et d'après ses médicomages, elle a peu de chances de s'en sortir.
Une chape de plomb tomba dans l'estomac de Severus. Des femmes maîtres de potions, il n'en connaissait que cinq… au monde. Une seule en Angleterre. La seule qui compte pour lui.
- J'aurais donc besoin que vous…
- Où est-elle ?, hurla-t-il.
- Severus ?
- Où est-ce qu'elle se trouve ? Que lui est-il arrivé ?
- Je savais que vous aviez été son mentor, mais j'ignorais que ça pouvait vous inquiéter. Elle est en service neuromedicomagie. Pourriez-vous tout de même lancer la production de Sardos ? On ne tiendra pas la semaine. L'autre peut attendre encore un petit mois.
- Trouvez quelqu'un d'autre, je pars immédiatement pour Ste Mangouste. Fermez la conversation, je prends la cheminette.
- Très bien. Je comprends. Je vais tenter avec Orion, il doit savoir les faire. Bonne journée Severus.
Dès que la tête du directeur disparut, Severus lança une poignée de poudre de cheminette et s'élança en direction de l'hôpital. Mille scénarios passaient dans sa tête. Il la voyait attenter à sa vie de toutes les manières possible, sans savoir ce qu'elle avait choisi.
Vivante, mais pas pour longtemps. Si elle avait fait quoi que ce soit de stupide, il le jurait devant Merlin, il lui foutait la paire de baffes qu'elle méritait. Si ça avait marché en 5ième année, ça pouvait bien marcher une fois de plus.
Une jeune femme rousse lui donna le numéro de chambre de l'insupportable miss je sais tout sans qu'il ait trop à insister. Une chambre toute blanche, vide, à l'exception du lit et de toutes les potions qu'on lui injectait directement dans le sang. Un sortilège lui permettait de respirer correctement, une grosse bulle bleue translucide autour de sa gorge.
Ses parents se tenaient debout, serrés l'un contre l'autre, tout petits. Leurs visages tirés indiquèrent à Severus que l'état d'Hermione était vraiment préoccupant. Ils semblaient incroyablement usés, et Severus réalisa soudain qu'il n'était surement pas le seul à essayer de maintenir cette gamine en vie.
A leurs regards interrogateurs, il balbutia qu'il avait été son tuteur en potions. Que pouvait-il dire d'autre ? C'était la seule place qu'elle l'avait autorisé à tenir dans sa vie, tout en lui demandant plus. Mais leurs relations complexes ne concernaient pas ses parents. Qu'importe aujourd'hui qui il était. Il était l'homme assis sur son lit, à lui tenir la main.
Elle était chaude. Trop chaude. Sa peau humide rejetait l'eau vitale à son corps et les potions d'hydratations n'allaient pas servir à grand-chose. Puisant à fond dans ses ressources magiques, il conjura une bassine emplie d'eau et un tissu. Créer de la matière, même s'il s'agissait juste de reconfigurer les molécules existantes, était un acte épuisant dont peu étaient capables.
Il ne se donna pas le temps de récupérer, il humidifia le tissu et commença à le passer sur ses lèvres et son visage. Il se moquait du halètement stupéfait des deux moldus, tant à l'apparition de la bassine qu'à l'attitude qu'il avait. La seule chose qui comptait, c'était une Hermione brulante de fièvre.
Les heures passèrent dans un lourd silence. L'eau continuait de rafraîchir Hermione sans que sa fièvre ne bouge. Une médicomage passa informer la famille de l'état de la jeune fille. Il apprit avec horreur qu'elle avait une méningite. En temps normal il aurait ricané qu'avec la taille de son cerveau, il ne devait pas beaucoup avoir la place d'enfler.
Mais il n'était pas l'heure de son humour cynique. La seule personne capable de le comprendre était inconsciente. Ca avait beau ne pas être sa faute, il avait une furieuse envie de la secouer. Fort. Longtemps. Assez pour faire entrer dans sa tête la valeur de sa santé à ses yeux.
Car le médecin avait bien expliqué qu'elle ne se battait pas pour vivre.
Il resta à ses côtés jusqu'à ce que le soleil décline derrière les vitres. Lorsqu'une infirmière vint sommer tous les visiteurs de partir, les parents de la jeune fille quittèrent la pièce sans protester. Il se contenta de son meilleur regard noir envers ce qu'il reconnut comme une ancienne poufsouffle. L'infirmière déglutit et bâtit en retraite sans demander son reste. Certains réflexes restent ancrés à vie.
Seul à présent dans la chambre, il se permit de caresser doucement ses cheveux et de se pencher vers elle. Ses lèvres effleurèrent son front brûlant en un tendre baiser. Puis doucement il glissa jusqu'à son cou et murmura doucement au creux de son oreille :
- Si tu te laisses mourir, gare à toi.
Il s'installa plus confortablement contre son corps et dans une parodie de couple pathétique, s'endormit près d'elle, l'estomac vide et le cœur serré.
Il dut se rendre en cours le lendemain, mais revint dès la fin de la journée. Ses parents étaient de nouveau là, au même endroit, comme s'ils n'avaient jamais quitté cette pièce. Il se demanda un instant s'il avait le droit de les accuser de laisser leur fille mourir. S'il avait le droit de leur reprocher d'avoir laissé Hermione partir pour Poudlard. Mais il y avait trop à dire et rien à la fois. Ce n'était pas leur faute, ce n'était pas la sienne et encore moins celle d'Hermione.
Il reprit sa place et invoqua à nouveau une bassine d'eau pour humidifier ses lèvres. Il parvenait de temps en temps à lui faire boire quelques gouttes d'eau, sans vraiment changer grand-chose à son état. L'infirmière ce soir là ne prit pas la peine de le regarder, elle fit sortir les parents et quitta immédiatement la chambre.
Ce fut la même infirmière qui l'interpela alors qu'il rentrait de ses cours. D'une voix guillerette elle l'informa qu'Hermione avait repris connaissance et que la jeune fille allait s'en sortir. Il lui refit son regard noir rien que pour la voir détaler. Il n'avait plus sa place dans sa chambre.
Laissant derrière lui l'hôpital, il rentra à la solitude de ses appartements.
