Auteur : Drusilla
Paring : HG/SS, pour de bon cette fois.
Rating : M
Disclaimer : J'emprunte Severus et Hermione, un peu Poudlard et beaucoup de magie. Rowling sera, je suis sûre, partageuse.
Résumé : Les années qui s'écoulent ne changent rien à la douleur. C'est un mensonge d'affirmer que ça ira mieux avec le temps. La douleur ne s'atténue pas. Mais on apprend à vivre avec.
3 review seulement pour le chapitre 3 ? Faut-il que je menace systématiquement de laisser tomber pour qu'on review ? Les gens qui m'ont dit aimer et de continuer au chapitre 2 n'ont-ils pas aimé le chapitre 3 ? Je ne comprends vraiment pas.
Chapitre 4 : Je t'aime
Les journées de Severus étaient faites de solitudes. C'était un état de fait depuis sa naissance, et il s'était toujours interdit de s'en plaindre. La solitude, il l'avait découvert, valait mieux que la souffrance de l'absence. Pourtant à présent, il souffrait à son tour. Loin d'elle, il avait la sensation de n'être qu'un corps vide, inutile.
Il aurait du depuis longtemps passer voir comment elle allait. Il s'était écoulé un long mois, 29 jours pour être exacte depuis qu'il avait fait demi-tour à l'hôpital. Il savait qu'Orion préparait toujours les potions de Ste Mangouste, et aucun article dans les journaux de potions n'était signé de son nom. Elle ne semblait pas encore avoir repris le travail.
Il hésitait à passer s'enquérir de son état. Il craignait son accueil. Ses parents avaient bien du lui dire qu'il avait rafraîchit son front. Qu'il n'avait pas su tenir sa place. Qu'aurait-il pu dire pour sa défense ? Qu'il refusait de la laisser mourir ? Que le monstre d'égoïsme qu'il était ne pouvait accepter d'endurer ce qu'elle endurait ?
Elle était plus forte que lui. Lui n'était qu'un lâche, caché derrière un pseudo statut de professeur, de mangemort, bref, de tout ce qui pouvait l'éloigner des gens. Elle, elle avait le courage, ne semblait pas connaître la peur. Là où il rampait comme un serpent, elle rugissait comme une lionne. Animal sauvage et incontrôlable, avec la trempe de gifler Draco Malfoy.
Et il dut une fois de plus reconnaître son courage lorsqu'il la découvrit devant la porte de ses appartements. Il rentrait des cours, fatigué de la bêtise des élèves. Elle suffit à lui rendre le sourire et il s'imagina un instant avoir le plaisir de sa présence chaque soir en rentrant. Que la vie alors serait douce !
Elle le salua d'un signe de tête, et entra à sa suite dans ses appartements. Il posa sa longue robe sur le fauteuil, sans pudeur face à son torse nu. Elle ne fit aucun commentaire et quand il revint de sa chambre avec une chemise sur le dos, elle leur avait servi deux verres de whisky pur feu.
Résistant à la tentation de le boire cul sec, il s'installa à ses côtés sur le canapé, préférant ne pas lui faire face. Elle se tourna tout de même de sorte qu'il puisse voir son visage et il constata qu'elle était parvenue à imiter son expression d'étonnement, un sourcil levé et un sourire insolent aux lèvres.
- Tuteur en potion hein ?
Elle laissa échapper un ricanement ironique et il fut bien obligé de se joindre à elle. Pathétique. Il avait été pathétique. Il hésita à lui demander ce qu'il aurait du dire, mais préféra garder ça pour lui. La réponse risquait de faire très mal.
- Je suis heureux que tu ailles bien.
- Je récupère. J'ai encore besoin de beaucoup de sommeil, mais mon corps guérit peu à peu.
- Je suis vraiment étonné que ton cerveau ait trouvé encore assez de place pour enfler, se moqua-t-il.
- Et bien c'est qu'il n'est pas encore à la taille du tient, répondit-elle d'un ton léger.
Il lui reconnut la victoire d'un pâle sourire et but une gorgée. Elle le contemplait en silence, perdue dans ses pensées. Il ne voulait pas l'interrompre, mais une question l'obsédait.
- Pourquoi n'ai-je vu ni Potter ni Weasley à l'hopital ?
Elle haussa les épaules, mais son visage avait perdu son sourire. Elle avait perdu deux amis chers, et même si dans son océan de douleur ce n'était qu'une petite vague, elle était une douche froide quand elle l'atteignait. Il le sentit et n'insista pas. Il avait sa réponse. Hermione était aussi seule que lui.
- Tu vas reprendre le travail ?
- J'ai été recrutée par Ste Mangouste pour améliorer les traitements actuels. Sauver des vies est toujours gratifiant. Alors pourquoi pas ?
- Ca te ressemble bien ça. Tu t'y épanouiras.
- Merci Severus.
Il eut envie de l'embrasser soudain. Ca le prit aux tripes, l'obligeant à se détourner. Pour se donner une contenance il alla poser son verre sur le comptoir de la cuisine. Merlin qu'il avait envie d'elle à cet instant. De la femme merveilleuse qu'elle était devenue. Mais il ne fallait pas. Elle allait repartir. Déjà elle se levait. Et il ne pouvait la retenir.
Il resta de dos, incapable de la regarder. S'il se tournait, il ne la laisserait pas partir. Elle ne dit rien, lui non plus et le silence ne fut interrompu que par la porte qui se ferma sur elle. Le verre dans sa main se brisa.
Trois explosions de chaudrons plus tard, et un autre mois depuis sa visite, Severus dut se résigner à frapper à la porte de son nouveau cottage. Dumbledore avait accepté de lui en donner l'adresse quand il lui avait fait part de son désarroi. La potion ne voulait pas se stabiliser, et les conseils avisés d'un autre maître étaient les bienvenus.
Elle mit du temps à venir répondre, surement occupée par une expérience. Il s'était préparé à revoir la femme qui lui avait rendu visite. Mais un pâle fantôme, une copie délabrée, vint lui ouvrir. D'Hermione Granger, il ne restait qu'une carcasse abimée.
L'état de maigreur de la jeune femme avait de quoi l'affoler. Son visage tiré indiquait une absence de sommeil répétée. Il le savait parfaitement, il avait déjà fait cette tête. Comment trouver le sommeil quand on assiste régulièrement à des massacres ? Si son regard n'avait pas été si vif, il se serait inquiété d'une rechute de sa méningite. Mais elle allait bien, si tenté que cette phrase ait un sens la concernant.
La gifle restait une option intéressante, mais ce n'était pas le meilleur moyen de commencer une conversation. Il n'était pas venu crier, il avait besoin d'une précision. Il donna donc à la conversation un ton neutre.
- Hermione, c'est un plaisir de te revoir. Pardonne mon intrusion, mais j'ai une potion récalcitrante et après lecture de ton article du mois dernier dans Potion Prodige, j'ai pensé que tu pourrais m'aider à la stabiliser. Tu es restée très vague.
- Volontairement. Donne-moi la liste des ingrédients.
Elle s'empara du parchemin qu'il lui tendit, lu lentement la liste et hocha la tête.
- Oui, j'ai en effet eu des problèmes pour faire cohabiter les deux derniers. Ils viennent de races très différentes qui ne sont pas faites pour cohabiter. Même des petits bouts. J'ai utilisé l'algue Sorbe, elle neutralise la potion et la rends moins explosive. Pour ce que ça vaut. Ca reste une potion hautement instable.
- Je te remercie, je tenterai donc, en espérant que l'algue n'interagisse pas avec la poudre de pierre noire.
- Laisse-moi savoir si tu rencontres un problème, d'accord ?
- Bien sûr. Mais si tu es curieuse du résultat, je pourrais te l'exposer pendant un diner chez Tony, le petit restaurant Italien du chemin de traverse.
C'était risqué, il le savait. Si elle refusait, alors il resterait simplement l'amoureux à sens unique. Il n'aurait pas d'autre chance, et dix ans après, elle ne pouvait faire son deuil. Si elle n'était pas remise aujourd'hui, il en serait de même demain. Il essaya de ne pas gigoter comme un petit enfant. Son contrôle était trop parfait pour qu'il laisse voir sa nervosité. Fierté masculine oblige.
Hermione n'avait pas encore répondu. Elle le fixait calmement, cherchant quelque chose dans son regard. Quoi que ce fût, elle finit par le trouver car elle détourna le regard vers la fenêtre, s'arrêtant brièvement sur la cheminée. Il ne la pressa pas de répondre, ce n'était pas qu'une invitation à dîner à laquelle elle aurait pu dire oui sans se préoccuper.
C'était une demande d'avenir. Une supplique pour arrêter cette comédie pathétique dont ils étaient les principaux acteurs. La décision lui revenait. Oui ou non. Son bonheur à lui et sa souffrance à elle. Leur peur commune déguisée en fausses excuses. Oui ou non.
- Oui. C'est une bonne idée.
- Je devrais avoir fini demain soir.
- Malheureusement je vais devoir faire preuve de patience, c'est l'anniversaire de mon père et il serait de mauvais gout que je n'assiste pas à la soirée. Pourrons-nous faire cela le jour suivant ?
- Mes soirées sont toutes à vous, choisissez celles dont vous voulez disposer.
- Commençons donc par mardi en ce cas, nous verrons ensuite.
Mardi. Ce mot résonnait autant comme une chanson que comme une promesse. Mardi. Il hésita à lui parler, à s'enquérir de ce soudain changement, mais ce n'était pas prudent. Elle pouvait encore se rétracter, et poser une telle question aurait ravivé en elle un mauvais souvenir. Aujourd'hui était jour de joie, pas de larmes. Il sourit donc tendrement et hocha la tête.
Leur séparation se fit comme toujours, à savoir qu'elle replongea la tête dans son livre jusqu'à ce qu'il soit sorti. Il quitta donc son appartement par la porte, et dévala la volée de marche. Il manqua se heurter à un jeune homme et son cœur manqua un battement en le voyant. Dix ans n'avaient rien ôté de son charme. C'était lui. Il pouvait le jurer. C'était son ange.
La douleur revient chasser la joie avec force. Il se moquait de connaitre ce miracle, il se moquait de savoir ce qu'il se passait. Il souffrait trop. Et puisque fuir était sa spécialité, il allait retourner au fond de ses cachots.
